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dimanche 29 juillet 2012

Le chevalier noir s'élève...et enterre les autres !


8 ans ont passé depuis que Batman a endossé la responsabilité des meurtres commis par Harvey " Double-Face" Dent ! Batman ne s'est plus jamais montré, Dent a été porté aux nues et Gotham a gagné sa guerre contre la pègre. Cependant, l'arrivée d'une cambrioleuse de charme et d'un terroriste masqué va forcer Bruce Wayne à redevenir l'homme chauve-souris. Mais a-t-il encore le feu sacré ?

J'ai déjà évoqué le fait que Christopher Nolan opère comme un magicien. Et donc que son film Le prestige est une sorte de mode d'emploi de son mode de fonctionnement ! Avec sa trilogie Batman, j'ai maintenant une preuve de ce que j'avance !

Tout tour de magie est composé de trois parties ou actes. Le premier s'appelle la promesse. Le magicien vous montre une chose ordinaire, mais évidemment elle ne l'est pas : Batman Begins était la promesse ! Un film qui posait des bases tout en contenant une histoire autonome. Le second acte s'appelle Le tour : le magicien accomplit un numéro et fait disparaître quelque chose : The dark knight était le tour, Nolan jouait avec nous et nos nerfs grâce au Joker et Batman disparaissant dans la nuit. Mais faire disparaitre un objet n'est pas compliqué, il faut le faire réapparaitre. C'est pour cela qu'il y a un troisième acte appelé Le prestige ! Et The dark Knight Rises est prestigieux ! Moins qu'Inception par contre, mais j'y reviendrai !

Christopher Nolan et son frère Jonathan ont joué avec nos attentes. Et ont composé avec un élément dramatique : la mort tragique de Heath Ledger, dont la composition du Joker lui a valu un Oscar posthume. En effet, The dark knight rises est un film qui ne devait pas voir le jour dans sa forme actuelle. Depuis 2005 et la sortie de Batman Begins, on savait via diverses interviews que la saga devait se conclure dans un film qui aurait en toile de fond le procès du Joker. En proposant une histoire qui se déroule 8 ans après The Dark Knight, les auteurs proposent quelque chose de presque neuf.

Bruce Wayne embrasse au début du film l'un des aspects récurrents des héros ou anti-héros nolaniens : la douleur d'avoir perdu la femme de sa vie. Rachel Dawes dans le cas qui nous occupe, personnage totalement original n'apparaissant nullement dans le comic. Il se cloître dans son chagrin et son manoir, les rumeurs d'un nouvel Howard Hughes sur son compte vont bon train (Nolan a voulu pendant des années réaliser un film sur Hughes mais The Aviator de Scorsese a enterré son projet). C'est l'arrivée de Selina Kyle, voleuse de charme et de biens qui va le faire sortir de son cloisonnement, la pister lui redonnant le sourire, cela l'amuse un peu de jouer au chat et à la chauve-souris. Mais c'est l'arrivée de Bane, un redoutable terroriste fanatique héritier de Ra's Al Ghul, qui va faire sortir Batman de sa grotte ! Et là fini de rigoler, Batman va en baver !




Nolan coupe court à tout ce que l'on pouvait attendre de cette suite. Il semblait évident , vu la fin de The dark Knight, que le 3me opus verrait Batman continuer sa croisade avec les flics aux basques. Que nenni , il a remisé cape et masque. On s'attendait à un adversaire légendaire et emblématique ? Nolan nous sort Bane, adversaire relativement neuf dans l'univers de la chauve-souris ( il est apparu dans la saga Knighfall au début des années 90 ).

Tout comme pour The Dark Knight,Nolan choisit de ne pas complètement faire de Bruce le personnage principal , c'est un film où chaque personnage a de l'importance et un beau temps de présence à l'écran : leurs interactions marquent durablement les esprits et petit à petit tout ce petit monde nous mène vers un maelstrom émotionnel. C'est la grande force du film : ses personnages et leurs sentiments.  

Mais que serait des personnages sans des acteurs brillants derrière eux ? Christian Bale est encore une fois excellent dans le rôle de Bruce Wayne et ce alors que Nolan l'emmène vers des recoins jamais explorés dans les deux précédents films. Tom Hardy en Bane, personnage constamment masqué, arrive à faire passer énormément de choses par son simple regard. Et quand ces deux là se rencontrent pour en découdre, ils sont littéralement habités par une force brute ! Les deux bonnes surprises sont Joseph Gordon-Levitt dans le rôle d'un flic idéaliste qui croit encore fermement que Batman peut faire changer les choses, sa conviction et sa foi en cette idéal traversent le film de part en part et il n'est pas foncièrement faux de penser que le vrai héros du film, c'est lui ; et Anne Hathaway en Selina Kyle/Catwoman quant à elle est à tomber par terre. Son jeu est subtil, sibyllin, félin ( son costume et son déhanché aide un peu)…et terriblement violent quand les situations l'exigent. Ses tourments intérieurs la portent jusqu'au bout du film.






Néanmoins, le film n'est pas exempts de menus défauts : l'image ne rivalise pas avec le niveau de détails de celle d'Inception et le montage est parfois un peu étrange dans ses ellipses narratives qui donnent l'impression qu'une histoire devant se dérouler sur plusieurs mois se déroule en fait sur quelques jours. 

Broutilles évidentes quand le reste du film, son rythme, son souffle épique et son intimisme  le tirent vers le haut de gamme absolu ! La musique d'Hans Zimmer n'est pas en reste et transcende parfois certains passages et sert de vecteur émotionnel et non plus démonstratif ou illustratif de l'action proprement dite. Pour ses raisons purement techniques,je place Inception au somment de la filmographie de Chris Nolan...Mais seulement d'une tête d'avance !

À un niveau purement cinématographique, le film joue sur les antagonismes évidents ( les looks de Batman et de Bane) mais aussi plus subtils dans le sens où ils ne sautent aux yeux qu'à la seconde vision alors qu'ils apparaissent dans des scènes d'actions ( revoyez les 2 combats de Bane contre Batman : l'un est clairement l'opposé de l'autre en termes de contexte, décors,musique, etc…).  Christopher Nolan continue aussi de nous abreuver de son amour pour les films de James Bond avec une scène d'introduction choc ou encore le personnage de Lucius Fox qui ressemble énormément à Q  (fournisseur de gadgets mais aussi figure paternelle évidente, au même titre qu'Alfred ou James Gordon ). 

Il y a encore beaucoup à dire sur ce film mais il faudrait rentrer dans les détails et ce au risque de trop en révéler. Ça sera donc pour la fin de l'article : une fois la critique finie,nous pourrons passer en mode d'analyse !






Nolan réussit un double exploit : non seulement il conclut une trilogie composée de 3 films aux tons différents chacun et qui se tient de bout en bout ( des éléments de Begins et de The dark knight servent de moteurs à The dark Knight Rises ) mais il pulvérise la concurrence super-héroïque, celle composée de héros plus grand que nature et qui en mettent plein la vue mais oublie leur scénario dans leur loge.

Comme toujours chez Nolan, ses propres thématiques (voire obsessions) se retrouvent dans son approche du film et des héros. D'aucun lui reprocheront de le faire, trouvant qu'il dénature alors l'œuvre de base et l'adapte en prenant trop de liberté ( comme il l'a fait sur Le prestige, très proche et très différent du roman). À ceux-ci je réponds : si vous voulez voir un Batman comme dans le comic book,lisez un comic book. Nolan livre un Batman de cinéma, fait pour le cinéma et dont l'histoire cinématographique dans son entièreté  se tient !

Avec The Dark Knight Rises, Christopher Nolan surclasse tout le genre super-héroïque et a salé en quantité les terres derrière lui. Continuer à faire des films de super-héros après son passage n'est donc pas que risqué, c'est suicidaire créativement  ! *

Le prochain défi grand de Christopher Nolan serait de mettre en scène lui  un être aussi connu et emblématique que Batman : James Bond ! L'agent 007 et ses aventures, dont Nolan est friand, vont sans doute atteindre des sommets insoupçonnés s'il arrive à convaincre les producteurs qu'il est la bonne personne pour cela. En attendant, Christopher Nolan a repris les rênes d'un projet de Spielberg : Interstellar !




*l'exception sera sans doute Man of Steel, nouveau départ de Superman au cinéma et réalisé par Zack Snyder et produit et co-écrit ( en sous-main, comme son frère Jonathan avant lui sur Batman Begins ) par…Christopher Nolan , qui impose du même coup son compositeur sur le film ! 


SPOILER ALERT : à partir d'ici,nous aborderons certaines thématiques du film et certaines thématique purement Nolaniennes. N'allez donc pas plus loin si vous ne l'avez pas encore vu. Attention cependant, il est peut-être nécessaire avant d'attaquer que vous vous remettiez en mémoire l'analyse que j'avais écrite sur Christopher Nolan sous peine d'être un peu perdu. 



Vous êtes encore là ? Ne venez pas dire que vous n'avez pas été prévenus !

Comme je le disais plus haut, Bruce Wayne devient enfin un héros nolanien. Si la perte des êtres chers a toujours été un moteur de ses héros, c'est souvent par la mort de la femme de leur vie que les héros de Christopher Nolan se retrouvent dans la situation dans laquelle le spectateur les trouve au début du film. Bruce colle à ce schéma depuis qu'il a perdu Rachel Dawes. La mort de ses parents semble enfin digérée puisqu'il a abandonné le masque !


Ce sont d'ailleurs deux "clones" de Rachel qui le remettent en selle , deux jolies brunettes qui ne se laissent pas intimider : Miranda Tate lui laisse entrevoir que l'amour est possible et Selina Kyle le pousse à renouer avec son côté détective.
Bien entendu, tout s'inverse par la suite. Car l'antagonisme est l'une des thématiques de The Dark Knight Rises : Bruce est masqué jusqu'au nez et encapé, Bane est tout en muscles saillants et son masque cache sa bouche. Leur premier affrontement se fait mano a mano,la nuit sous terre, sans aucune musique quand leur dernier combat se déroule au sein d'une bataille rangée ayant lieu en plein jour avec la musique brute d'Hans Zimmer en arrière fond sonore.
Miranda est la porte de sortie de Bruce vers une vie normale quand Selina le pousse à reprendre certaines de ses habitudes ? C'est Miranda alias Talia Al Ghul qui se révèle être la personne à attraper et Selina la femme qui lui donne une perspective d'avenir !  Nolan vous a montré une situation et l'a complètement changée : Prestige !  

Un autre grand thème est celui de la filiation ! Bruce, même s'il possède encore des réminiscences de son père, a toujours recherché la présence de père de substitution : Alfred est bien entendu l'exemple le plus évident. C'est l'homme qui l'a élevé après tout et c'est à lui qu'il fait comprendre le plus clairement possible qu'il est vivant,qu'il a une femme et que sa vie va enfin pouvoir prendre un chemin que les parents rêvent de voir prendre pour leurs enfants : être heureux ! Mais James Gordon et Lucius Fox ne sont pas en reste non plus: la restauration du Bat-signal et la référence au correctif logiciel du pilotage automatique du Bat(wing) leur apprend aussi qu'il est sans doute bien portant. 
Le personnage de John "Robin" Blake fonctionne sur le même schéma, logique puisqu'il est destiné à prendre la relève de Batman. Il admire autant Batman que Gordon et cherche à apprendre d'eux et tenter de les égaler. Malgré son dégoût face au mensonge que Batman et Gordon ont créé pour cacher la vérité sur Harvey Dent, Blake restera jusqu'au bout indéfectiblement à leurs côtés !
Talia cherche à détruire Gotham pour honorer la mémoire de son père, mort avant d'avoir pu se réconcilier avec elle. Un père qu'elle a déserté parce qu'il ne supportait pas son protecteur/grand frère de substitution / voire peut-être même amant ( il n'est pas interdit de le penser, leur relation reste ambigüe et les lecteurs de comics savent qu'ils ont couché ensemble ). Avec un tel thème, il est étonnant que Christopher Nolan n'ait même pas suggéré à demi-mots que Selina Kyle est la fille naturelle du mafieux Carmine Falcone, chef de la pègre Gothamites dans Batman Begins ! Mais cela aurait sans aucun doute alourdit un film déjà très riche ! Inutile de provoquer une indigestion chez le spectateur! Au final, ce sont ces liens émotionnels forts et complexes qui créent la tension dramatique du film ( allez, Bane qui chiale quand Talia évoque leur passé, ça reste beau ) !

Enfin, on retrouve son goût pour la science-fiction au travers de certains gadgets comme le fusil EMP (écran magnétique propulsé, ça coupe tous les circuits électriques) ou encore le cœur à fusion capable de produire une énergie plus propre ( ça ne sera pas faisable avant de longues, très longues années ) tout comme son amour du film policier : certaines séquences ( je pense entre autre à celle où Blake fonce fusil au poing vers l'hôpital ) ont la force des scènes chocs de Heat, film que Nolan a toujours présenté comme une source d'inspiration pour The Dark Knight. Et que penser du programme " Table Rase " qui renvoie au concept Hitchcockien du MacGuffin

mardi 24 juillet 2012

Brave


En 2010, Pixar sortait Toy Story 3. Probablement le meilleur film d'animation américain de ces 20 dernières années ( sans compter Le Roi Lion, ne déconnons pas non plus). Une apocalypse émotionnelle doublée d'un récit aussi profond dans le fond que propre dans la forme. Du grand art, tout simplement !

En 2011, c'est Cars 2 qui était le Pixar de l'année et quelle déception : un film pour enfants sans aucune accroche pour les spectateurs ayant dépassés les 10 d'âges (mental). Autant dire que lorsque j'ai vu les premières images de Brave (Rebelle en VF, mais je hais ce titre) j'ai soudain senti que Cars 2 était un accident industriel ! Alors, Brave est-il le film qui efface ou du moins pardonne les erreurs de Cars 2 ? Oui et non…

Pixar est un studio cofondé par Steve Jobs (d'ailleurs, un clan du film est le clan Macintosh, clin d'œil à feu le papa de Apple. On y trouve aussi un clin d'œil à Hitchcock avec le clan Macguffin ) et John Lasseter. Mais il ne fait vraiment partie de l'empire Disney que depuis quelques années : Pixar voulait quitter Disney, Disney l'a racheté. Mais les deux structures ont continué à agir séparément ! Néanmoins, il se peut que l'ambiance Disney commence à contaminer les divers aspects de leurs productions ( ça sent très mauvais pour Marvel, autre acquisition de Disney).

Merida est la fille du roi Fergus et de la reine Elinor,elle est aussi l'aînée et sa main sera donnée au premier né du clan qui réussira une série d'épreuves. Profitant d'une faille dans les règles, Merida se bat pour sa propre main et courrouce sa mère, qui l'a formée contre son gré de garçon manqué à devenir une princesse et une reine d'exception. Les clans sont furieux, la guerre gronde (enfin, une guerre façon Disney donc une guerre dans une salle de banquet) et pour rajouter au bordel ambiant, Merida fait la connaissance d'une sorcière sympa mais toquée qui lui accorde un sort : celui de changer sa mère. Les emmerdes ne font que commencer.




Brave a le cul entre deux chaises : c'est un film hybride mi-Pixar mi-Disney. Ce que les bandes-annonces n'avaient pas mis en exergue, on nous vendait un film d'aventure épique et malheureusement l'épique est réduit à sa portion congrue dans ce film. Il y a plus d'humour que d'action (bon c'est un humour qui fonctionne à plein régime) et on n'échappe pas aux chansons (bien que celles-ci lorgnent vers Toy Story : un chanteur en voix-off).  Au final, les qualités Pixar l'emportent sur les défauts Disney classiques ( cul-cul, simplisme. Tout ce que Le roi Lion n'avait pas en somme), l'animation est d'une beauté à couper le souffle et atteint par endroits un niveau de détails hallucinant : regardez l'herbe dans le vent, elle a l'air encore plus vraie que celle de mon jardin ! Et ne faites pas attention au côté un peu plastoc qui émane des photos : en mouvement, les expressions faciales sont magnifiques !



La musique de Patrick Doyle, bien que jouant à fond la carte irlando-écossaisse, tombe à plat et n'arrive pas à insuffler ce qu'il faudrait au bon moment ( rien que ça ,ça vous diminue l'épique  promis d'un cran). Rien d'étonnant de la part d'un compositeur qui ne fournit qu'une bonne B.O tous les 36 du mois : sa dernière en date plus ou moins écoutable et pouvant rester en tête est celle de Thor ( et il avait réussi l'exploit de ne pas être inspiré sur un film Harry Potter,bravo ! ).




Brave ,pourtant, conquiert l'adhésion du public parce que ses qualités l'emportent sur ses défauts mais le film ne se place pas dans le panthéon des grands classiques instantanés de Pixar. Dommage car il y avait un réel potentiel épique en plus du comique de la situation que Merida provoque avec le sort accordé par la sorcière ravagée du ciboulot ! Alors malgré son côté Disney, ne boudez pas Brave ! Et en V.O si possible, pour profiter du délicieux accent écossais de l'actrice Kelly MacDonald !

lundi 23 juillet 2012

À miauler de plaisir !


Urban Comics, éditeur VF de DC comics, a entamé presque dès son apparition une collection présentant le travail de grands scénaristes sur un personnage donné : Geoff Johns sur Green Lantern, Grant Morrison sur Batman (j'y reviendrai) et enfin Ed Brubaker sur la féline Catwoman.

Brubaker est un adepte du roman noir et les lecteurs de Daredevil peuvent en témoigner. Son travail sur Selina Kyle est antérieur à son travail sur l'homme sans peur, mais n'allez pas croire que ce travail soit moins bon.

Le maire de Gotham a engagé un détective privé , Sam Bradley, un ancien flic gothamite,pour retrouver la trace de Catwoman et la mafia de New-York est très intéressée par le résultat de ses recherches.le problème c'est que Catwoman est morte. L'enquête est avant tout un prétexte pour narrer la vie de Catwoman, de ses débuts comme call-girl à fille en vue de Gotham souvent aperçue au bras du play-boy milliardaire Bruce Wayne. Lorsque Bradley comprend que Catwoman est en réalité Selina Kyle, l'enquête prend un tour étrange…d'autant plus que Batman décide de rentrer dans la danse.

Une fois Selina revenue sur le devant de la scène, Brubaker redéfinit la belle : son costume, son allure, son combat. Car la belle  n'est plus la voleuse tentant d'attirer l'attention d'une chauve-souris géante, elle va se mettre à protéger un quartier que même le chevalier noir évite : celui  des prostituées.  Et à peine cette décision prise elle se retrouve à enquêter sur une affaire de meurtres en séries. On reprochera sans doute à Brubaker de faire du Brubaker et de ne pas vraiment quitter sa zone de confort mais Gotham est LA ville idéale pour ce genre d'ambiance sombre qui fait la particularité des polars.  Ce style explosera quelques années plus tard dans Gotham Central, série narrant le quotidien des flics gothamites parfois dépassés par les évènements lorsqu'ils se retrouvent face à des super fêlés de première !




Ed Brubaker signe un récit rythmé, prenant et qui n'évite pas de brosser le portrait de ses protagonistes. Aux dessins on retrouve Darwin Cooke, dessinateur dont le style est très axé old school sans pour autant être vieillot. Au contraire, son trait fin capte la rapidité des évènements et son découpage de l'action est un sans faute ( Cooke est un ancien story-boarder, ceci expliquant cela).




Bref, voila un bien bel album qui fait honneur à la VRAIE Catwoman quand son incarnation actuelle est amputée de trop de particularités propres à la belle.

jeudi 12 juillet 2012

The Teutonic Knight Rises


Dernier opus musical "batmanien" pour Hans Zimmer, "The dark knight rises" marque la 4me collaboration (mais la 5me effective : il avait produit la B.O de The prestige ) du compositeur allemand avec Christopher Nolan.  Mais malgré le fait qu'il s'agisse d'une suite et que certains thèmes musicaux sont repris, on aurait tort de penser qu'il s'agit d'une énième redite !

Au début,il y avait un réalisateur convaincu que la seule personne capable de mettre en musique Gotham City s'appelait Hans Zimmer. Mais Zimmer n'est pas convaincu,d'autant plus que Kingdom of Heaven, le film de Ridley Scott, approche aussi à grand pas et qu'il jouit d'une raisonnable marche de manœuvre avec le père Scott. Nolan lui propose une carte blanche pour composer. Zimmer cherche la confirmation en signifiant qu'il aimerait composer avec son ami James Newton Howard ( 6th sens, Atlantis, Green Lantern ) avec qui il cherche depuis des années un projet commun : Nolan accepte, Zimmer ne composera pas Kingdom of Heaven ( et n'a plus bossé avec Ridley Scott depuis ) et la B.O de Batman Begins est une petite réussite.

7 ans plus tard (et auréolé du succès de la B.O d'Inception ), Zimmer revient sur Batman et cette fois-ci il est seul aux commandes (The dark knight était encore un travail à deux) Ça s'entend et ça fait du bien !

Brutal, violente,organique.La musique de The dark knight rises est tout ça à la fois. Hans Zimmer est allé puisé dans toute son expérience pour livrer un emballage musical digne de ce nom pour la conclusion de la trilogie gothamite de Christopher Nolan. Les fans du compositeur y trouveront des références claires (mais pas du recyclage ) à des B.O's emblématiques du maestro ! 



Les synthés fusionnant avec l'orchestral de Black rain, les cordes de The thin red line et d'Inception, les cuivres de Gladiator et les chants exotiques ! Le tout est lié par le soin apporté à rendre cohérente une telle somme de travail.

En liant ses différents styles et son expérience acquise au fil de ses presque 25 ans de carrière à Hollywood, Hans Zimmer délivre l'une des meilleurs compositions de sa carrière. Une synthèse d'originalité dramatiquement héroïque (ou héroïquement dramatique selon les moments) qui fera date. S'il ne gagne pas l'Oscar pour cette composition, alors il ne le gagnera plus jamais…

En 2013 il reviendra pour mettre en musique Superman dans la film "Man of steel". Je suis plus qu'impatient !

Crépuscule.


À l'approche de la sortie de "The dark knight rises" ( le 25 Juillet au ciné.Soyez-y !) , le dernier opus de Christopher Nolan dédié à Batman, Urban Comics édite en VF une saga que les fans réclament à cors et à cris depuis des lustres : Knightfall !

Knightfall est,comme l'indique l'autocollant sur la couverture (visible en magasin ),la saga qui a inspiré le film. 

Inspiré est le mot car Nolan est bien connu pour tordre l'intrigue des livres qu'il adapte (revoyez et relisez Le prestige). Bien que légèrement opportuniste, l'édition de ce premier (gros) volume de plus de 350 pages est l'aboutissement d'un acharnement : celui des fans !

Le précédent éditeur de DC comics en VF, Panini le vendeur d'autocollants, était harcelé sur leur forum et plus tard sur leur page Facebook par des hordes de batfans. 
Et la réponse pour justifier la non-édition était que la série était trop vieille, que ça ne trouverait pas son public, bref que personne ,sauf 5 pékins, n'achèterait jamais cette saga. 
Urban ,également sur Facebook, tenait un discours un peu différent, admettant se pencher sur la question mais ne rien prévoir pour leur première année de publication ( cette année donc ). Et puis l'annonce tombe : oui, ils éditeront Knightfall, prévue en 5 tomes ! 
Déjà rien que d'avoir entendu mais surtout avoir écouté leur lectorat est une preuve de respect que Panini n'a jamais eu envers les lecteurs de comics !

Batman va mal. Il est affaibli physiquement et psychologiquement. 
Son corps le trahit et son manque de sommeil n'arrange rien. Mais le crime ne dort jamais et de facto Batman non plus ! 
Au début de l'histoire, nous retrouvons donc Bruce Wayne consultant une femme médecin (qui n'est pas insensible au charme du milliardaire).  
Dans l'ombre, un homme masqué, Bane, une force de la nature shootée au Venin (une drogue capable de décupler les forces ) observe.Il veut chasser de la chauve-souris, et il a un plan ! 
Pour affaiblir Batman, il organise une évasion massive à l'asile d'Arkham. 
Pour éviter que l'enfer ne se déchaîne, Batman va devoir repousser des limites qu'il a ignorées pendant de trop longues années !

Le titre donne le ton, le chevalier va chuter (Knigthfall est en fait un jeu de mot intraduisible qui joue avec nightfall,la tombée de la nuit ). Mais nous tombons pour mieux nous relever !

Les 14 chapitres ici proposés se concentre donc sur cette chute et offre un panorama plus ou moins complet de l'univers du chevalier noir : les difficultés de la Police à faire face à des criminels sortant de l'ordinaire sans compter les demandes d'un maire sécuritaire,un passage en revue des adversaires aussi emblématiques que méconnus et un rapide tour de l'entourage immédiat de Bruce Wayne.

Bien que la saga se tienne scénaristiquement et artistiquement ,il s'en dégage une sensation très vieille école pour un comics datant du début des années 90. 
Impression renforcée pour les lecteurs de comics actuels parce que ,et les connaisseurs le savent,  Marvel et DC étaient à la traîne en matière de colorisation moderne à cette époque: Image Comics, leur nouveau concurrent mutuel au début des 90's, avait presque tout misé sur la notoriété des dessinateurs , une approche plus moderne de la mise en couleur et d'un usage du papier glacé quand Marvel et DC en était encore aux méthodes traditionnelles de mise en couleur à la main et d'impression sur du papier journal.
Papier journal qui supporte mal certaines couleurs,les rend baveuses ou change carrément la teinte en "buvant" l'encre.



La gamme de couleur de Knightfall est donc limitée. Cela peut rebuter le lecteur mais Urban a eu le bon réflexe d'imprimer le livre sur du papier mat, ce qui a l'avantage de ne pas faire ressortir le côté "vieillot" de l'ensemble, ce qu'un papier glacé n'aurait pas manqué de mettre en exergue !

Knightfall n'est pas un chef-d'œuvre de profondeur psychologique mais reste néanmoins un moment capital pour l'histoire de Batman.Il ne demande pas une connaissance approfondie de la continuité et offre son lot d'action comme de moments plus posés ou enclins au suspens, une sorte de blockbuster gothamite de haute volée.

Knightfall a durablement marqué le monde éditorial de la chauve-souris : des sagas comme Hush ,Minuit à Gotham ou encore R.I.P s'inspirent clairement du schéma établi dans Knightfall.

On regrettera qu'Urban n'ait pas inclus les origines du grand vilain de l'histoire, Bane, dans cette album mais bien dans un autre tome : La revanche de Bane qui divulgue les origines de cet homme aussi malin que musclé tout en proposant une histoire qui se situe après Knightfall et qui voit Bane s'associer à Ra's Al Ghul. 


dimanche 8 juillet 2012

Il y a quelque chose de pourri au royaume des héros.


Et si Superman pétait soudain un super-câble ? Qui serait en mesure de l'arrêter ? Mark Waid, scénariste chevronné ayant travaillé tant pour DC que pour Marvel se pose la question.

Ne pouvant jouer avec les icônes connues ( Superman a été décrit au pire , et encore, dans un univers alternatif, comme un héros communiste russe), il crée dont les siennes.

Le Plutonien est le plus grand super-héros de la Terre mais pour une raison inconnue, le voila qui se met à tuer, détruire et semer le chaos sur son passage. Ses anciens alliés tentent de découvrir pourquoi et surtout comment l'arrêter. Comment arrêter Dieu dans ses œuvres de destruction lorsque malgré nos pouvoirs l'on n'est qu'un insecte face à lui ?

Waid a la bonne idée de jouer à fond les codes des comics, que cela soit ceux de Superman ou de tous les autres. On retrouve donc des ersatz de Batman, Hawkman,etc…et des héros plus originaux. Il explore les zones d'ombres de personnages censés être irréprochables, crée un passé commun rempli de menaces extra-terrestres et dimensionnelles, le tout sans que cela ne ressemble à un cheveu dans la soupe.

Face à cette situation de crise, les masques tombent, les secrets remontent à la surface. Le Plutonien n'est pas le personnage principal, il est le déclencheur d'un drame qui va toucher autant le monde que ce petit groupe de personnes lancées dans une quête désespérée. Certes, les héros pas si nets, Alan Moore avait déjà traité le sujet dans Watchmen. Mais Waid ne prétend pas marcher sur les mêmes plats-de-bandes et son récit ne suit absolument pas le même schéma narratif.




Les dessins de Peter Krause ne sont pas honteux mais on est loin de certains maestro officiant dans les grandes maisons que sont DC et Marvel. Rien de grave à cela en soi mais on aurait aimé un dessinateur plus couillu dans la représentation de la folie génocidaire du Plutonien.
Histoire sur la folie, la recherche de reconnaissance d'êtres divins (les dieux ne veulent-t-ils pas être aimés des humains à la base ? ), Irrécupérable explore les travers des super-héros par les yeux d'un scénariste aimant véritablement le genre, à la différence de la série The Boys, écrite par Garth Ennis qui déteste les supers et ne se privent pas de le montrer( n'hésitant pas à exagérer le trait, mais je ne suis pas là pour parler de The Boys ).



3 tomes sont disponibles chez Delcourt et le 4me est prévu pour le mois d'octobre.

samedi 7 juillet 2012

White night

Moon Knight est , dans une optique basique et réductrice, le pendant Marvel du Batman de DC Comics. Tous deux partagent certains points communs mais ont des approches et des psychés bien différentes.

Assez apprécié des lecteurs, Moon Knight n'arrive pourtant pas à durer longtemps lorsqu'il possède son propre titre. 


Marvel cependant n'hésite pas à souvent retenter le coup de lui donner une chance de briller.

Après deux séries (Moon Knight et Revenge of the Moon Knight ), Marvel tente le tout pour le tout avec Marvel Knights : Moon Knight. Aux commandes l'on retrouve Brian Bendis et Alex Maleev, les scénariste et dessinateur qui ont présidé il y a presque 10 maintenant au destin de Daredevil (l'autre héros Marvel a avoir été influencé par la chauve-souris gothamite) lors d'un run exemplaire. Ce qui fait que lorsque ces deux-là travaillent ensemble, les lecteurs s'attendent a) à un nouveau chef-d'œuvre et b) à une redite de ce qu'ils ont déjà fait, à savoir mixer Super-héros et polar noir. Pour ces deux raisons, Spider-woman n'avait pas trouvé son public et fut stoppée après 7 numéros ( en lieu et place d'un chef-d'œuvre, nous n'avions qu'une putain de bonne histoire d'espionnage) et Moon Knight a bénéficié de 12 numéros.

Moon Knight, c'est Marc Spector, mercenaire de son état qui, lors d'une mission en Egypte, se prend une balle après avoir sauver des innocents. Rampant jusque dans un temple,il est sauvé par le dieu Khonshu (ou Khonsou),divinité lunaire qui en fait son avatar sur Terre. Revenu à New-York et disposant de moyens financiers considérables, Marc se lance dans une guerre contre le crime et s'aide de fausses identités pour brouiller les pistes. Mais il apparaît que ces fausses identités ne sont en fait que des preuves d'une pathologie : Marc souffre du syndrome des personnalités multiples. Le bon côté, c'est qu'il est capable d'en créer de nouvelles pour s'aider.Dès lors,il se peut que les visions qu'il a de Khonshu ne soit que des hallucinations…


Panini Comics édite les 7 premiers épisodes de la série dans ce tome 1.

Marc a déménagé à L.A pour refaire fortune et a créé une série télé se basant sur sa vie de mercenaire. Poussé par Captain America, Spider-man et Wolverine, Spector accepte de devenir le héros de la ville et de s'attaquer à un nouveau caïd. Mais les héros qui l'ont contacté sont-ils vraiment ce qu'ils semblent être ?


Brian Bendis tire parti de la capacité de Spector à se créer de nouvelles personnalités secondaires et brouille les pistes entre réel et fantasme. Il tisse aussi des liens avec le monde Marvel ( ce qu'il tentait de faire au minimum sur Daredevil ), le tout dans une ambiance sombre certes mais pas dépressive (encore une fois, à l'opposé de Daredevil ). Il met du temps à faire décoller son intrigue mais il se concentre sur les relations entre les personnages (imaginaires ou non) et c'est l'un des points forts de Bendis : caractériser ses personnages et les faire parler (beaucoup !) en leur donnant une voix propre.

Les dessins de Maleev sont comme d'habitudes très âpres, mais moins photo-réalistes qu'à l'accoutumée (comme sur Spider-Woman ou N. ). Il tente d'innover, mais ne met pas en couleur lui-même ses dessins,contrairement à son travail sur N.. Cela choque un peu au début celui qui connaît le travail de Maleev mais on s'y habitue très vite.

On attendant sans doute trop de ce Moon Knight qui aurait pû être un remake déguisé de Daredevil. Bendis choisit de faire autre chose tout en navigant dans les eaux qu'il connaît. Cela en fait une très agréable déception. Car même si le récit est parfois cousu de fil blanc (bah vu le costume du héros,c'est normal non ? ) il n'en reste pas moins bon. Mais en deçà de son chef-d'œuvre sur les aventures de l'homme sans peur. 

mercredi 4 juillet 2012

Le choc des Titanes !


Wonder Woman aura subi des changements dans sa ligne temporelle deux fois de suite. La première fois c'était il y a quelques mois dans le cadre de sa série régulière. Aujourd'hui, ce changement est le fruit de la saga "Flashpoint" ( que j'ai évoquée dans l'article précédent sur ce blog.Oui, celui sur Catwoman, pour ceux du fond près du radiateur !). 

Alors, la qualité a-t-elle évolué en ce qui concerne ce titre dévoué à la part féminine de la Trinité DC ( Superman,Batman et Wonder Woman forment en effet ce que l'on appelle la Trinité, encore une preuve supplémentaire du caractère divin des super-héros) ?

Diana Prince est une amazone expatriée chez les humains. En pleine nuit, une inconnue surgit dans son habitation munie d'une étrange clé et d'une demande tout aussi étrange mais directe : "Protégez-moi !". Et il y a de quoi, la jeune fille en question a été engrossée par Zeus, roi de l'Olympe qui a disparu peu de temps après. Et Héra sœur-épouse de Zeus est d'un caractère jaloux : elle veut la peau du futur nourrisson et celle de la mère avec ! Aidé d'Hermes,Diana va entamer un périple pour sauver une innocente et son bébé à naître. Mythologique hein ? Sauf que tout ceci se passe de nos jours ! Et que ça apporte un vent de fraîcheur pour tout amateur de mythologie qui se respecte !

Je ne reviendrais pas ici (enfin si, juste un peu) sur les liens qui unissent mythes et super-héros mais avec le nouveau titre dévolu à Wonder Woman on peut dire que la boucle est un peu bouclée ( de la même manière que les séries dévolues à Thor et à Loki chez le concurrent d'en face : Marvel ! ).  

Ici, point de super-vilains mais des figures mythologiques bien connues du panthéon grec. Et remis au goût du jour par le scénariste Brian Azzarello et le dessinateur Doug Chiang. Les dieux ne sont donc pas totalement représentés comme l'aurait fait les grecs…et c'est tant mieux, on nage plus ici dans le trip "les vrais dieux ont donné naissance aux mythes humains" ce qui permet de jouer avec des figures connues, de tordre certains éléments les concernant (surtout visuellement) et de surprendre l'amateur de mythologie antique. Le scénario n'est pas en reste puisqu'il développe des liens forts entre les personnages, lance des sous-intrigues, ménage rebondissements et action démentielle ( hé, on parle de baston entre héros et divinités assez énervées là ! ) et s'offre le luxe de ne jamais vraiment faire appel au coté super-héroïne de Wonder Woman : c'est une amazone mythologique (quoique pour ne pas choquer le lectorat américain, Wonder Woman et ses sœurs n'ont jamais été représentées avec un sein coupé ) contre un panthéon ! 
Il aurait été facile d'introduire vite fait son allié Superman (autant représentation christique que dieu solaire) dans l'histoire mais non, Azzarello semble décidé à démontrer qu'elle n'a pas besoin de ça. Wonder Woman est donc une excellente surprise après les épisodes poussifs et peu emballants proposés il y a peu ( qui eux aussi tentaient de revoir en profondeur la mythologie et se plantaient lamentablement).




Urban comics, l'éditeur VF de la série , propose en fin d'ouvrage divers bonus comme les couvertures alternatives, des travaux d'ébauches et les recherches graphiques sur les représentations des dieux grecs.

On regrettera cependant que la culotte étoilée soit de retour alors que le costume proposé dans les mauvais épisodes dont je parlais était de toute beauté et que les premiers dessins utilisés pour la publicité de ces nouveaux épisodes représentaient la belle en pantalon et bottes de cuir. Mais la politique, oui madame, s'en est mêlée : un sénateur des États-Unis trouvait antipatriotique qu'elle ne porte plus la bannière étoilée. On devrait lui rappeler qu'elle est grecque au départ alors les symboles de l'Amérique, elle devrait s'en foutre comme de l'an 40.Surtout qu'en plus, elle vit à Londres en ce moment…ce qui en fait, de facto, une sorte de Britannia moderne ou encore d'une Boadicée,personnage plus ancien encore.




Si le concept des dieux antiques vivant encore parmi nous vous intrigue, je ne peux que vous suggérez la lecture de 3 romans qui se basent sur un tel postulat : American Gods et Anansi Boys par Neil Gaiman et Vegas Mytho par Christophe Lambert (non, pas l'acteur).