dimanche 22 février 2026

Le sourire de Mona Lisa et les dents de Gollum.

 


La Joconde , Gollum. Très similaires. Ah, j'en vois qui doutent. Laissez le Génie - je suis né le 15 avril, comme un certain...Da Vinci - éclairer votre lanterne.

Pchoufff ! ( oui, c'est euh, le bruit d'un éclair qui fait de la fumée après...ouais, à l'écrit c'est pas terrible ).



Bref, nous sommes à Florence ( aaaah, Florence...) en 1305.

À la chapelle Scrovegni se joue l'histoire de l'art. ( en même temps vous pensiez bien que j'allais pas parler cuisine. Je pourrais. Mais quel rapport, j’ai plus de genoux ! ).

Le peintre Giotto dépeint des personnes en 3 dimensions dans un espace en 3 dimensions.
Voila, la perspective est née. Le papa se porte bien. C’est que,mine de rien, il a fallu le temps avant que l'art Européen se décide à quitter le modèle de la 2D.

On ne percevait ni le poids, ni l'épaisseur etc... Certaines personnes semblaient occuper le même espace ( et pour montrer que certaines personnes étaient plus importants que d'autres, on modifiait la taille. La technique perdurera sous le nom de perspective signifiante plus tard mais je saute plus d'étapes qu'un obsédé sexuel).





Mais la réintroduction par Giotto de la perspective - présente dans l'art ancien - oui, tout n'est que recommencement éternel, comme Le roi Lion, tout à fait - visait à représenter la réalité telle qu'elle apparaît à nos yeux, et ce fut l'un des moments marquants de la Renaissance.
Une vague d'artistes suivit bientôt ses pas...



Mais ces peintres n'étaient pas comme les artistes tels qu'on les imagine aujourd'hui, insoumis et bohèmes - ils étaient des érudits, des scientifiques et des mathématiciens. Des James Cameron du pinceau ! ( j'en connais qui voient déja où je veux en venir. Je suis prévisible n'est-ce pas ? )
Giotto a montré que les peintures pouvaient créer une illusion du monde réel, mais cela soulevait une foule de problèmes qu'il fallait résoudre.
Contrairement à l'art médiéval, les gens ne pouvaient pas être représentés comme des personnages plats n'occupant aucun espace réel.
Pour rendre leur travail réaliste, les peintres devaient comprendre comment créer de la profondeur et de l'éclairage, former une perspective appropriée et animer les humains.
Fra Angelico a été parmi les premiers à essayer : 




Et c'est en partie pourquoi Léonard s'est tellement intéressé à l'anatomie humaine. Ses cahiers étaient remplis de conseils aux jeunes artistes, compilés par son héritier Francesco Melzi dans un traité intitulé « De la peinture ». Et voici quelques-uns de ses croquis. C'étaient là, expliquait-il, des connaissances vitales pour un peintre. L'apparence humaine extérieure ne pouvait pas être représentée de manière réaliste sans connaissance de sa forme intérieure.
Des connaissances qu'il - et d'autres - ont appliquées dans leur art. ( bref, je comprends pourquoi on édite souvent les croquis et les peintures à part mais ça a peu de sens quand on veut comprendre le making-of ).




Le peintre Paolo Uccello, quant à lui, était tellement obsédé par le point de fuite qu'il s'est apparemment retiré de la société et a passé des nuits blanches à essayer de le comprendre.
La chasse dans la forêt (1471) montre ses efforts à la fois pour le comprendre et pour le visualiser.

 

Leon Battista Alberti en 1431, Piero della Francesca en 1474, et Luca Pacioli en 1498 ont écrit des traités avec un soin presque maniaque à tenter de représenter les mathématiques dans un monde physique.



Et les progrès réalisés par ces peintres sont étonnants.
Des figures humaines en trois dimensions qui manquaient de dynamisme aux formes humaines pleines de vie et d'émotion, en passant par de la perspective basique aux fresques qui donnaient l'illusion de la réalité.
Une ère de progrès rapides.


En Europe du Nord, où le potentiel de la peinture à l'huile avait été lâché sur le monde par Robert Campin et Jan van Eyck dans les années 1430, les artistes ont commencé à représenter des matériaux avec un photo-réalisme troublant.
Les peintres de la Renaissance avaient appris à recréer....la réalité dans l'art !



Allez hop , avance rapide de quelques siècles jusqu'à la naissance de l'imagerie générée par ordinateur dans les années 1970, et soudain les artistes - numériques cette fois - ont été confrontés aux mêmes problèmes des 14e et 15e siècles.
Car les images de synthèses ( CGI pour faire court) , comme la peinture, tente de créer une illusion de réalité.



Les poses maladroites et les mouvements raides des premiers CGI ne sont pas si différents de ceux du début de la Renaissance, lorsque les peintres n'avaient pas encore appris à donner vie à leurs personnages.
Une situation qui, dans les deux cas, a rapidement changé. ( bon, les outils numériques aussi ont pas mal évolués en puissance durant ces dernières décennies ).


Un élément clef de l'animation des humains - ou de toute créature - est le gréement (mot emprunté au monde maritime : c'est l'ensemble des mats et cordes nécessaires )  en 3D, le processus de création d'un squelette virtuel avec lequel guider les mouvements de la figure.
Parfois, des systèmes squelettiques et musculaires virtuels entiers sont même créés pour assurer un réalisme maximal (on en revient à notre bon Léonard).


Ce qui semble familier à ce qu'Alberti a écrit dans les années 1430 :
"En peignant un corps, nous plaçons d'abord ses os et ses muscles, que nous recouvrons ensuite de chair et de vêtements, de sorte qu'il n'est pas difficile de comprendre où se trouve chaque muscle en dessous."





Mais ce n'est évidemment pas tout.
La lumière est également d'une importance vitale dans toute illusion de réalité. L'œil humain est incroyablement puissant et nous pouvons dire quand les choses ne sont pas éclairées correctement et donc semblent "fausses".
Le nombre d'ombres nécessaires pour faire quelque chose de réaliste est hallucinant : 
( la première chose , au cinéma ou à la télévision qui vous fait tiquer sur une incrustation d'un acteur ou d'un décor, c'est la luminosité qui ne colle pas avec le reste d'ailleurs. Ça peut être beau comme une cathédrale, si c'est la mauvaise lumière, tout s'écroule. Raison pour laquelle certains CGI pourtant voyants s’insèrent sans soucis dans la fluidité de lecture d'une scène : leur éclairage, lui , est travaillé comme jamais. Les épisodes II et III de Star Wars en sont un bon exemple. )


Et donc les artistes CGI ont longtemps travaillé pour représenter correctement la lumière, ce qui est souvent ce qui fait ou défait fonctionner une scène - en particulier avec un écran vert, lorsque l'éclairage ne correspond pas.
C'est pourquoi il existe des spécialistes et des programmes spécifiquement dédiés à l'éclairage CGI.
 


Et, bien sûr, la représentation des textures est un élément essentiel de CGI. Encore une fois, cela peut soit donner à quelque chose un aspect manifestement irréel, soit suspendre totalement notre incrédulité.
C'est ce que Jan van Eyck s'efforçait de faire au début des années 1400.






Pour être plus précis, regardez quelque chose comme du tissu (l'origine du tissu remonte à la nuit des temps,on estime l'apparition aux alentours de longtemps avant Jésus Christ ).
Remarquez comment Filippo Lippi parvient à représenter le genou du Christ sous sa robe, imitant la manière réelle dont les tissus se replient sur des formes solides. Ces choses ont également été un grand défi dans la création de CGI.




Qu'en est-il de l'émotion ? C'est l'une des choses les plus difficiles à animer et c'était aussi l'une des choses les plus difficiles à peindre - à la fois en raison de son expressivité et des textures et mouvements complexes du visage humain. Léonard a beaucoup écrit sur le sujet (en plus d'en peindre). En gros résumé : il disait qu'un peintre devait toutes les connaître, les reconnaître et les anticiper sur son sujet sinon le portrait aurait l'air plus mort que la mort elle-même.
Tout cela est encapsulé dans le personnage de Gollum, du Seigneur des anneaux, créé grâce à un mélange de capture de mouvement et d'animation entièrement numérique.
Il est considéré comme le premier personnage vraiment impressionnant fait de CGI, capable d'exprimer une émotion et une apparence semblant réelles. Oui, Jar-Jar ne compte pas. Même si George Lucas a bien déblayé le terrain ( vous n'imaginez même pas comme les Star Wars sont des films expérimentaux qui essuient les plâtres pour les autres ).



Bref,notre Gollum a quelque chose en commun avec la Joconde, le tableau le plus célèbre de Léonard, dans lequel il a illustré la technique révolutionnaire du "sfumato" - un flou des couleurs et des contours autour des yeux et de la bouche pour imiter la véritable expressivité humaine.
La conquête du réel commence vraiment. Voila pourquoi ce petit tableau peu impressionnant est si important et révolutionnaire.



Les artistes CGI et les peintres de la Renaissance étaient confrontés au même problème - comment créer une illusion de réalité.
De la diffusion de la lumière à la façon dont la peau humaine s'étire, cette tâche nécessite une étude approfondie du monde naturel et beaucoup de travail acharné. Léonard et ses contemporains ont peut-être décoré des églises tandis que les artistes CGI modernes travaillent dans des films et des jeux vidéo, mais les deux tentent la même chose.
Et, dans les deux cas, il est impossible de ne pas admirer leur talent artistique et leur savoir-faire.



mercredi 18 février 2026

Pas cimer.

 

Et dans une autre vie,
J'étais un roi barbare,
Que dans mes écuries,
Mes plus beaux chevaux noirs
Attendaient que la guerre
M'appelle à d'autres jeux,
Et dans cette autre vie,
Que j'étais heureux !
Un roi Barbare, Michel Sardou.



Annoncé en grandes pompes fin 2023 si ma mémoire est bonne et sorti en Mai 2024 (oui, j’ai du retard dans mes lectures et je ne lis pas par ordre d’achats, flagellez-moi vauriens ! ) , La Sonde et La Taille de Laurent Mantese est un roman de fantasy barbare , fan-fiction éditée par Albin Michel Imaginaire et voulant nous narrer la dernière aventure de Conan le cimmérien , mieux connu du grand public sous le sobriquet de « le barbare » (dans une optique des années 60 de souligner que le héros il est très musclé et bas du front comme celui des films plus tard ).

C’est d’ailleurs sur la musique de Basil Poledouris que l’éditeur débuta sa campagne promotionnelle sur son site internet. Il y a pire comme choix de partition. 



Conan le cimmérien ( car originaire de Cimmérie, au Nord du continent où il vit ses aventures, dans un espace temporel fantasmé précédant l’antiquité ) est né sous la plume de l’écrivain texan Robert E. Howard. 




Héros de nouvelles vendues aux magazines pulps , Conan connaît un joli succès. Ses aventures mêlent actions sauvages à l’épée, monstres plus ou moins zoologiquement proches des animaux que l’on croise de nos jours ou des aberrations infernales, et femmes (jolies et peu vêtues ) en danger. Des éléments qui font de lui un héros populaire dans le noble sens du terme il y a presque 100 ans maintenant.


Howard , par folie ou sens du marketing , dira que Conan est réel et lui apparaît en rêves pour en faire le narrateur de ses exploits. Il avoue également que les nouvelles de Conan, si elles sont écrites dans le désordre chronologique le plus total, sont comme des récits que les voyageurs arpentant les routes de cette époque fictive se racontent au coin du feu. 


Désordre chronologique oui, car la première apparition de Conan sous forme d’encre et de papier narre l’aventure d’un Conan devenu roi d’Aquilonie dans sa quarantaine et devant démêler les fils d’un complot. Nous sommes loin du jeune homme se baladant en pagne de peaux de bête qui cogne d’abord et pense par hasard ( cette image d’ailleurs est une image d’Epinal héritée des comics Marvel  ). Howard commence donc par la fin , Tarantino n’a rien inventé. 




Peut-être est-ce pour rendre hommage à Howard que Laurent Mantese décide que son romans sera la fin des aventures de Conan ? La der’des der’ ? Commencer par la fin ? 


Bref, Conan, le roi d’Aquilonie a mis à genoux six autres nations. Désormais âgé d’au moins 80 ans et souverain des 7 couronnes ( c’est original , GRR Martin serait fier ) , Conan a décidé que la septaine où il reçoit les doléances des connétables de son petit empire se déroulerait dans une vieille forteresse, tout au nord, dans sa Cimmérie natale. ( J'irai revoir ma Cimmérie, c'est le pays, qui m'a donné , ma première épéééééée ♫♪♫ ).
Là où les montagnes les plus blanches côtoient les forêts les plus noires, denses et mornes. Dans le territoire où son peuple décimé a laissé place aux loups affamés.
Vieux, usé et fatigué , Conan se repose essentiellement sur ses alliés proches et sur l’affection de Colin, un orphelin lourdement handicapé physiquement et mentalement qu’il aime comme son propre fils. 

Mais Conan est un roi affaibli : si ses actes et décrets ont permis au peuple de vivre mieux ( aux dépends des riches qui vivent si bien qu’ils ne les approchent toujours presque jamais ) , la vie ironiquement le remercie en lui offrant un kyste à une gonade et des calculs rénaux remontant dans son urètre et bloquant déjà en partie celui-ci. Pour guérir, il devra passer par une opération donnant son titre au roman ( et se déroulant si tôt dans l'intrigue que c'est à se demander pourquoi en faire le titre et pourquoi le résumé du 4e de couverture semble en faire un point d'orgue ).

Face à un roi diminué, ce ne sont pas seulement les courants d’air qui hantent la citadelle mais aussi les intrigants, prêts à toutes les bassesses et les compromis moraux les plus ignobles – avec les religieux extrémistes d’une nouvelle secte monothéiste et les mercenaires les plus vils – pour prendre le pouvoir par la force.

Comme Conan autrefois ? Non. Il l'a fait seul. Et pas pour des raisons mégalos et mesquines.



Laurent Mantese manie la plume avec une rare aisance. Mais aussi avec la lourdeur du cliché de l’intellectuel qui a tout appris SAUF l’humilité.
Son histoire étalée sur 600 pages aurait été narrée en 150 pages maximum par l’auteur historique du héros.
Pourtant, le roman débute plus ou moins bien. Si Mantese dévoile d’entrée de jeu son style d’écriture, il l’utilise pour poser une menace surnaturelle qui viendra harceler les protagonistes plus tard dans un chapitre qui attrape à la gorge.

Mais pour gonfler le reste de son texte , Mantese se lance dans un pensum sur : la civilisation, la violence, la religion et ses liens avec l’état provoquant d'horribles remugles.
Et lorsque enfin il met en place une scène où il pourrait se dérouler quelque chose, Mantese use et abuse de deux artifices réguliers : raconter par le détail comment plusieurs protagonistes pissent et chient dans les latrines ou les fourrés , ou se lancer dans des phrases à rallonges décrivant les pires atrocités possibles pour exposer qu’il a un dictionnaire dans la tête. 
Entre deux phrases longues comme des paragraphes boulimiques, Mantese place une référence ou l’autre à l’œuvre de Howard, pour nous rappeler que «  Si si , ce héros aux cheveux blancs est bien Conan et pas un roi quelconque ayant jadis eu une bonne hygiène physique et mentale. » Mais ce roman, qui a semble-t-il eu du mal à se vendre, se serait-il aussi « bien » vendu sans le joli bandeau rouge sur sa couverture ?
Vive le domaine public !


Ce ne sont pas des chapitres mais des descriptions de tableaux baroques ( non, rococos ! ) à faire pâlir les dessins d’Oliver Ledroit dans la BD « Requiem ». Le désavantage d’un tel style en littérature,  c’est qu’il ferait passer les ralentis de John Woo ou de Zack Snyder pour du Tony Scott sous cocktail d’amphétamine-cocaïne. 


La dernière aventure de Conan comporte cependant un chapitre certes remplis de matières visqueuses mais aussi d’une tension insoutenable : l’opération de Conan pour se débarrasser du mal qui lui ronge les bourses et le pénis. Le vieil homme doit être drogué ET maintenu par des hommes forts pour éviter que la douleur ne le rende violent envers ses médecins (pourtant bien intentionnés). Et lorsque le complot surgit, ce Conan fatigué, blessé…disparaît de son propre livre pour ne revenir que par magie assez fort pour récupérer son fils adoptif et foncer dans les bois pour échapper à Tranche-Gueule, chef des mercenaires et (potentiellement) le personnage qui a failli être intéressant dans toute cette merde (oui, je vous l’ai dit, tout le monde chie dans cette histoire). Tranche-Gueule, ce personnage qui possédait le potentiel d'être un nouveau Grymonde ( Les 12 enfants de Paris, Tim Willocks ) mais qui sera peu servi par son créateur.


Plus le récit avance, plus les aberrations  s'enchaînent : Conan réussit des exploits dignes de sa jeunesse , les alliances qui se nouent sont basées sur des chimères qu’un enfant de 8 ans démonteraient et quand enfin LA menace ne se cache plus et traque le petit groupe errant dans la forêt, c’est un mauvais remake de Predator qui nous est servi (un hommage ? ou un manque d’inspiration ? Les deus ex machina finaux poussent à croire que l’hommage est une excuse facile ). 


Ce n’est pas le seul clin d’œil à la carrière d’Arnold, le chêne Autrichien, qui hante ce livre. Dès la couverture, la (superbe, ne soyons pas de mauvaise foi) illustration de Didier Graffet colle plus à l’image de Conan tel que les films l’ont dépeint que Howard dans ses écrits ou Margaret Brundage sur les couvertures de Weird Tales, la revue qui accueillait les récits du cimmérien. 






À force de se regarder écrire et d’aimer se relire, Laurent Mantese nous emmène non pas dans une aventure prenante et haletante mais dans la seule façon qu’on les arrogants et les supérieurs pour se réchauffer : la branlette intellectuelle étalée à la face du monde.


Conan est avant tout un héros de nouvelles, il est taillé pour la forme courte et, de Howard ( qui n'en a écrit qu'un seul de roman : L'heure du dragon ) à ses suiveurs, peu on été tenté de trop en faire et de dépasser les 250 pages en V.O ( disons environ 300-320 pages en français ). 

Philosophe, Laurent Mantese était placé pour savoir que l'arrogance précède la chute. Et quelle plus grande arrogance, quel plus bel exemple d'hubris que celui de vouloir apposer son nom sur " la dernière aventure de Conan " quand les mythes sont immortels et destinés à habiter d'autres êtres capables de parler d'écrire , des êtres peut-être encore à naître ?
La dernière aventure ? Jusqu'à ce qu'un autre auteur en vienne à écrire la sienne. Et ainsi jusque la fin de la littérature et de l'aventure humaine...





Alors pour coller à son amour des fluides visqueux, je dirais : risquez-vous à lire ce roman seulement et seulement si vous ne craignez pas les cumshots d'arrogance littéraire non solicités dirigés vers vos visages  toutes les 80 pages. Parce qu'il ne s'agit que de ça : marquer sa soi-disant supériorité par les visions des liquides corporels décrits dans les détails (même odorants) et en ajoutant , dixit une interview ce qu'il manquait à l'univers de Conan. 
Parce que l'auteur de base de cette icône, ce simple comptable texan qui aspirait à autre chose, bien entendu , devait être corrigé par un érudit...
Elle est là l'erreur qui contamine tout le roman : pas dans l'étalage de la nature organique ( de la peau la plus souple à la décomposition la plus nauséabonde ) , non, cela la littérature le fait depuis des siècles , venant nous rappeler qu'elle n'est pas cantonnée à passer le polish sur la réalité. Elle est protéiforme et c'est là une de ses forces de frappe.
Non l'erreur fatale est de corriger un tir qui n'avait nulle besoin de l'être car il n'aspirait pas à être autre chose, à changer de nature. 
Jouer avec un personnage & son univers et les dénaturer sont deux choses différentes. L'une est un hommage, l'autre un outrage signé au fer rouge pour le simple plaisir du correcteur qui se trouve loin des avis du créateur originel* et qui jette au visage d'un lecteur pas forcément consentant son propre liquide (l'encre) pour marquer un territoire qu'il ne lui appartenait pas de dénaturer. 
Mais qui était le seul moyen de se faire remarquer...seul pari réussi de ce texte du reste.


*mort depuis longtemps. Et d'une façon ( le suicide ) que l'auteur juge de manière abjecte dans cette interview fleuve où l'on se demande ce qui est le plus important entre répondre à la question où étaler son savoir pour le seul plaisir de le faire et non pour élever le lecteur. Mantese me semble être l'archétype total de l'instruit et éduqué persuadé que sa parole est bonne mais qui se refusera à voir en quoi elle tape à côté. L'enfer est en effet pavés de bonnes intentions. Et les pavés sont lourds quand ils sont cuits ainsi. 


dimanche 15 février 2026

Citizen Wayne.

 


Tom Taylor , scénariste révélé par l’adaptation en comics du jeu video «  Injustice » ( un jeu de baston partant du principe que Superman vrille dictateur après le meurtre de Lois Lane par le Joker alors que Batman mène la résistance – chacun des héros ayant une équipe composée tant de héros que de vilains, notion devenues floues dans ce monde parallèle ) a vite gravi les échelons et entre deux «  Et si… » ( Batman la dernière sentinelle , où un Batman vieilli quitte Gotham pour enquêter autour du monde , DCeased où l’équation anti-vie de Darkseid transforme le monde en zombie façon Marvel Zombies mais bien après la hype ) , le petit Taylor a fait son trou dans les séries liées à la continuité principale de l’univers DC. 


Selon moi, pas pour le meilleur. Si Taylor a un don pour croquer les personnages, ses intrigues en revanches sont loin d’être captivantes. 

Son arrivée sur Detective Comics, la série sœur de la série Batman, avait tout du cauchemar pour bat-fan. D’autant plus que la chauve-souris a eu son lot de montagnes russes scénaristiques ces dernières années. 


Alors, est-ce que Tom Taylor va encore jouer les xanax humain en écrivant les aventures d’un insomniaque notoire ? 

Et bien non ! Vous m’en voyez le premier surpris. 


L’action débute dans une sorte de cellule, trois semaines dans le futur : un homme, aux cheveux blancs, est assis sur une chaise. Il semble en mauvaise posture. Batman, à côté de lui , s’adresse à une personne hors champs en cherchant à comprendre ce qui a mené tout ce monde dans cette situation.

Flashback : alors que Batman intervient sur un braquage commis par un jeune délinquant armé d’une arme à feu , il se rappelle d’un soir où, enfant , son père et sa mère discutait de la vie des hommes et de la valeur modulaire de celle-ci selon les individus. Thomas Wayne, chirurgien de génie, prenant à part son fils, lui explique que peut-importe qui est qui , une vie doit être sauvée. 




La vie du délinquant ne sera pas sauvée. Lorsqu’il le rattrape, le gamin a été tué. Le 9e en un mois à arborer le même profil : délit mineur, mise en maison de redressement, sortie menant à des crimes plus violents. 

Bruce Wayne, quant à lui , se voit proposer par une ancienne employée ( et dernière enfant aidée par la fondation Martha Wayne du temps où celle-ci était vivante ) une étrange proposition : rajeunir , redevenir ce qu’il était il y a encore 10 ans. Un traitement réservé à « l’élite financière ».

La proposition le tente. Mais le tourmente. Qui est-il pour profiter d’une telle rallonge ? Mais après des années à malmener son corps nuit après nuit , même lui ne peut nier qu'il n'a plus 20 ans.

Tom Taylor va alors faire ce qu’il fait le mieux : arpenter les personnalités de ses personnages principaux. Et , inspiré sans doute , les faire évoluer dans une intrigue qui tient tout autant du thriller de science-fiction batmanesque classique que de la critique peu subtile (mais un poing de Batounet dans la gueule, est-ce subtil ? ) d’un système judiciaire et d’une idée de la justice basée sur la vengeance.

La clémence réfléchie face au châtiment aveugle.





Taylor pose les pions de son intrigue mais aussi d’une intrigue appelée à s’étendre au-delà de ce premier album , un fil rouge qui devrait sans doute relier la plupart des aventures qu’il réserve au (noble) chevalier noir. 

Les ingrédients ne sont pas des plus novateurs : le passé de Thomas et Martha Wayne est un peu revisité ( une idée à la mode ) , Bruce Wayne agit en Largo Winch ( avec drague et plus si affinités incluse ) en enquêtant sur des sociétés de la tech et leurs liens avec les prisons privées ( ce comic a été écrit AVANT les récentes révélations sur le fonctionnement de ICE d’ailleurs ) et une société secrète ( encore une ) agit dans l’ombre de Gotham. 





Rien de nouveau sous le Bat-signal. 

Mais Taylor a saisi comment aligner ces divers aspects pour que les sous-intrigues se relancent ( voire se relancent entre elles ) et les personnages principaux ( de la Bat-famille, aux amis héroïques en passant par des secondes rôles tous nouveaux ) lient l’ensemble grâce à une belle caractérisation venant renforcer l’idée majeure que Batman incarne : la vengeance n’est pas la justice et celle-ci doit miser et investir sur l’après punition et non sur un ressassement incessant du passé. Même quand cela fait mal, même quand cela est obsessionnel. 


Surtout, Taylor, comme Chip Zdarsky , répond clairement à la critique mainte fois faite à ce personnage ( par des personnes en ayant une connaissance trèèès limitée et souvent liée à quelques films ) : Batman préfère casser des gueules que d’ouvrir des écoles. 

Qui lit Batman sait que c’est faux. Mais peu d’auteur livraient plus que 3 phylactères pour le prouver. Batman a un plan pour Gotham. Car il le sait, il l'a vu ( et cet album le montre clairement ) : la mort de ses parents ne n'a pas affecté que sa petite personne. Et le trauma créé n'a pas engendré que des Batmen. Les échos de ces meurtres vont bien plus loin que ceux provoqués dans l'esprit de leur fils bien aimé ( et un peu taré si l'on en croit Selina"Catwoman"Kyle ) : comme souvent avec Batman, les vilains les plus intéressants sont ceux que Bruce aurait pu devenir mais a choisi ( parfois par noblesse d'âme, parfois par culpabilité ) de ne jamais devenir. Convaincu que suivre une voie simple ne fera que rajouter aux malheurs du monde.

Et ce plan pour Gotham est une critique sous des airs de divertissements des conneries que nos « élites » préfèrent mettre en place. 






Aux dessins, nous retrouvons Mikel Janin, qui avait travaillé sur Batman avec un autre Tom. Tom King. Janin montre ici une autre facette de son talent car les deux scénaristes lui font mettre en scène des situations bien différentes. Cependant, si le trait de Janin est agréable à l’œil c’est également un dessinateur qui a du mal à tenir le rythme des 22 pages mensuelles d’un comic book et son trait devient moins précis au fil des pages. Rien de rédhibitoire mais l’impression de voir un autre dessinateur prendre peu à peu le relais se fait parfois sentir.


Au final , Tom Taylor débute son run avec les honneurs, replaçant Batman dans des zones sales et moites de Gotham quand ses collègues de la série Batman depuis 2020 l’ont surtout fait évoluer dans les néons et la folie visuelle parfois exubérante et exténuante pour le lecteur. Un retour aux fondamentaux qui joue tout autant les cartes de la sécurité que celles des nouveautés. 


Avec au milieu, un Batman plus héroïque et noble que jamais et un Bruce plus humain et déterminé à changer les choses. 

J’aime le Batman de Tom Taylor, et voila une affirmation que je pensais inconcevable à dire un jour. Et le 4e de couverture ne ment : voila une belle occasion de prendre le train en marche sans être perdu, Taylor s'inscrivant certes dans une continuité bien établie mais , petit malin, utilise une partie du casting gothamite vu dans le dernier film en date.




Le bat-renouveau est en marche et j'attends de pied ferme : la lecture du second tome, et l'arrivée de Matt Fraction sur le titre Batman qui semble lui aussi décidé à renouer avec la période où lire du chiroptère gothamite ne donnait pas envie de hurler de douleur. 




jeudi 29 janvier 2026

East of West : la fin d'un monde est-il une apocalypse ?

 L’année ? 2064. 



Au fin fond du désert et de la nuit, un éclair frappe le sol d’une structure géologique en stalagmites. 

3 êtres sortent alors de terre. Ceux-ci sont des enfants. Surpris de ne pas être pas 4.

L’histoire avec un grand H ? Pas la nôtre. 

L’histoire telle que nous la connaissons a dévié.
La partie de l’Amérique du Nord que nous nommons USA est depuis 1908 constituée de 8 territoires différents : 7 nations et un territoire neutre situé dans le cratère formé par l’impact d’un météore et baptisé Armistice. 

En pleine guerre de sécession américaine, les tribus indiennes survivantes du génocide ont unis leurs forces et leurs folklores pour devenir la Nation indienne infinie. Pris entre le feu du Sud et les flèches infinies, le Nord est acculé dans une guerre qui s’éternise. 

Dans chaque camp adverse au nordiste, un prophète lié à une nouvelle religion émergente se révèle porteur d’un message incomplet.

Puis, c’est l’exilé Mao a qui est envoyé une révélation ( le mot français pour…apocalypse ). 
Ensemble, ces fragments forment une histoire complète : Le Message. Qui annonce la fin du monde. 
Et les 3 enfants réveillés par l'éclair en l'an de grâce 2064 , les trois qui devraient être quatre, semblent porter ce message. 


Jonathan Hickman est un scénariste américain qui s’est fait la main en indépendant avant de rejoindre Marvel Comics et de chambouler leur multivers.
Scénariste marathonien ( une graine plantée dans une série X pouvant éclore et tout ré-écrire dans une série Y des années plus tard ),le terrain de jeu de Marvel est immense et Hickman s’y est amusé. 


Mais lorsqu’il s’agit de lancer une série indépendante des gros éditeur, Hickman choisit de créer sa propre mythologie, changeant le cours de l’histoire pour suivre l’histoire que lui veut raconter. Après tout pourquoi pas ? L'histoire avec un grand h n'est qu'une affaire de conjectures, de rendez-vous manqués et de hasards (mal)heureux. Et en créant un échiquier à ce point éclaté, la métaphore est des plus évidente : l'Amérique est un pays fragmenté, sectionné , aimant les ghettos à qui sont donnés des jolis noms : Little Italy Chinatown , etc... Le Territoire où tout le monde était admis mais où chacun devait rester entre-soi. 

En apparence, voila une histoire simple : les cavaliers de l’apocalypse sont réveillés  dans un Western du futur, les leaders des nations américaines sont convertis à la fin du monde et rien ne pourra empêcher ça. Parce que les élites la veulent, alors que leur volonté soit faite ? 




Sauf que…

La Mort, le cavalier blanc, ne s’est pas réveillé avec ses frères et sœurs. Il erre dans le désert depuis des années, accompagné de deux membres de la Nation infinie répondant aux noms de Loup et Corneille. Pourquoi ses frères et sœurs cherchent-ils à l’éliminer ? Et quel rapport avec les flash-backs parfois abruptes (une case au milieu de la narration ) ramenant 15 ans en arrière où les 4 étaient plus unis que les mousquetaires de Dumas ? 


Tant de questions ( et tant de réponses ) qui vous attendent dans un récit dont toutes les clefs ne vous sont pas immédiatement tendues mais qui se révéleront à vous en temps et en heure. Posant avec froideur et minutie son univers et ceux qui l’habitent, Hickman joue avec nous. 



Hickman livre ici également une critique acerbe de la religion l'air de ne pas y toucher : si nos 4 larrons sont nommés comme les cavaliers de l'Apocalypse, Hickman les lie à d'autres entités sans jamais le dire clairement ( Hickman parie sur l'intelligence et la culture de ses lecteurs ).
Des Anges. Du grec ángelos ( phonétique of course ) signifiant littéralement...messager !
Les 4 cavaliers seraient donc les derniers anges envoyés par Dieu (ou une autre force ) sur Terre. 
Cela peut sembler dissonant mais rappelez-vous que les Anges sont des créatures bien peu amicales et dont le look est loin d'être celui que les arts leur ont prêté. Et qu'ils sont toujours apparus avant de biens belles saloperies : la destructions de cités entières , des inondations mondiales , le viol d'une vierge...

Les personnages étant des arrivistes politiques ( pléonasme ) ou des pistoleros redoutables lancés dans une quête de longue haleine, tous peuvent sembler froids et peu profonds.
De simples archétypes ( y-a-t-il plus archétypal que «  Les 4 cavaliers » ? ) lancés dans un monde bourrés de tropes connus ( comme une oracle sans yeux , la bête de la fin de temps, les saloons,… ).



La vengeance est un plat qui se mange froid, mais qui s’exécute à chaud. La froideur supposée du scénariste est un mythe.


Pourtant, derrière ces apparents icebergs se mouvant et calculant leur prochain coup, il y a des fêlures, des lésions, des cœurs.
Chacun avance en brandissant la vertu de la raison quand les racines de leurs actions sont profondément liées à leurs sentiments.
Le conflit intérieur habite chacun et le drame se révèle donc au fil des pages pour qui aura la patience de relier les fils entre eux et d’en démêler bien d’autres. Les sentiments des personnages sont tellement au centre du jeu politique qui se déroule sous nos yeux que certains chapitres très intellectuels et politiques sont entrecoupés de cases montrant des instants de paix et de joie , les personnages ayant atteint une forme de catharsis. Hickman nous dévoile le cœur difficilement, après tout, cet organe est enseveli sous des os et des muscles.
La dissection prend du temps. 






Mais pour qui prendra le temps de se lancer dans cette opération, c’est un monde rempli de concepts fous , d’action parfois pétaradante parfois plus posée mais toujours d’une violence rare quand les puissants décident de mettre au pas les peuples. 


En créant son propre monde ( et les codes qui lui sont liés ) , Hickman peut aborder par le jeu de la métaphore les dérives d’une nation ( les USA ) qui déjà à l’époque de sa sortie ( la série a été écrite entre 2013 et 2019 ) refusait de se regarder en face.
Tour à tour réflexion sur le pouvoir spirituel, temporel et personnel, East Of West encapsule les obsessions d’un scénariste pour les travers d’une société qui répugnent à faire sa critique mais adore voire les failles des autres, surtout lorsque l'opération permet de prendre de haut .. et de prendre tout court. 


Aux dessins, nous retrouvons Nick Dragotta, dont le trait élégant et faussement simpliste ( des tas de détails se cachent partout , l’épure est pensée pour maximiser les effets dans le cadrage ) décolle la rétine du lecteur au point qu’il peut voler la vedette à son scénario. Un scénario qui ne s’aborde pas à la légère ( ce n’est pas votre lecture pour la salle d’attente ou d’aisance ) mais qui n’oublie jamais de capter l’attention et de nous mener d’un point à un autre sans nous perdre mais sans nous faire l’affront de nous prendre par la main comme des enfants de 3 ans. 


UN.PUTAIN.DE.CHEF-D’ŒUVRE.  




jeudi 25 décembre 2025

Joyeux Noël à tous !

                               

                                  


dimanche 7 décembre 2025

Médecin , guéris-toi !

Alastair Reynolds est un nom bien connu des amateurs de science-fiction et de space opera en particulier. 

Celui-ci , en se mettant des limites ( comme le fait qu’aucun vaisseau ne va plus vite que la lumière ) doit constamment chercher de nouvelles façons de créer un univers vaste et inconnu à explorer difficilement. 


Dès lors que l’on sait dans quelle catégorie l’auteur gallois boxe , il est surprenant de le retrouver sur un récit d’exploration polaire situé au…XIXè siècle ! 




Le Dr Silas Coade est chirurgien de bord sur une goélette, le Déméter ( oui comme le navire dans Dracula ). Son quotidien est de rafistoler les petits bobos des marins , de supporter Miss Cossille qui ne rate jamais une occasion de le reprendre et de divertir l’équipage en leur lisant les pages de son projet de roman qu’il écrit lorsqu’il ne travaille pas. 

Le Déméter vogue à la recherche d’un étrange édifice dont l’armateur, Topolsky, a eu vent quelques temps auparavant grâce au témoignage de marins ayant servi sur le navire Europe. 


Tout se déroule plus ou moins calmement jusqu’au jour où Coade doit trépaner le colonel Ramos. Après avoir sauvé la vie du malheureux, les deux hommes deviennent amis et vont tous deux petit à petit remarquer quelque chose d’étrange à la périphérie de leur cognition. 


En dire plus serait purement criminel et détournerait le lecteur des surprises et fausserait sa faculté à remettre dans l’ordre les divers éléments qui lui sont fournis pas à pas au fil de l’ouvrage.

Sachez seulement que, comme la couverture vous l’indique un peu, que Reynolds n’a pas laissé tomber son goût pour l’espace mais qu’il vous cache le comment du pourquoi (ou inversement). 


L’auteur utilise une mécanique peu originale pour faire fonctionner sa machine mais le tour de magie n’est pas là. Le tour, c’est de raconter une histoire de la meilleure façon possible. Et à ce petit jeu , même une fois le twist révélé ( au ¾ du roman), Reynolds a choppé son lecteur par le cortex et ne le lâche plus. 

Ses personnages sont bien campés, passant vite de simples tropes à des créatures avec une profondeur et des aspirations. 

Ceux-ci sont lancés dans une ( des ?) aventure humaine plus grande que la vie et que la compréhension, flirtant de loin mais de fait avec les récits du célèbre reclus de Providence. 


En résulte un roman aussi intimiste qu’il n’est grand dans les dimensions explorées par notre groupe de héros , qui manie le sens du spectaculaire sans en faire trop et qui ouvre une fenêtre sur l’univers d’un auteur fasciné par l’immensément grand (il est ingénieur, ayant travaillé sur les télescopes de l’Agence Européenne pour l’Espace ). 
L'ouvrage a été traduit par le briscard Pierre-Paul Durastanti pour Le Bélial qui , comme souvent , nous livre le texte sous couverture souple ornée d'une illustration qui met à l'amende celle de la V.O. 


Je terminerai cette très courte chronique par : «  Donnez moi 100 millions et j’en fais un film épique et poignant !  Mais filez moi ce pognon enfin !!!!! »