mercredi 23 juillet 2014

Vivre un jour de plus.

Il y a 4 ans, une icône du petit écran nous quittait, laissant orphelins des millions de spectateurs avides de qualité
.
Après avoir été au feu 8 saisons (et un téléfilm) durant, Jack Bauer disparaissait dans la nature, fugitif poursuivi par son propre gouvernement et la Russie. Le dernier chronomètre de la série, repère visuel emblématique, ne se terminait pas sur une heure de la journée mais par un décompte jusque zéro, laissant penser que tout finissait.

Avant de parler de la genèse de cette nouvelle saison, j'aimerai un instant revenir sur la série en elle-même.
Lorsque "24" débarque à la télévision, en Novembre 2001, elle n'était pas destinée à obtenir une telle longévité. Mais les évènements tragiques de Septembre vont changer la donne. Si le pilote de la série devait bien être diffusé en Septembre (comme la plupart des nouveautés ), la destruction du World Trade Center repousse la diffusion et force les scénaristes à repenser plusieurs détails.

Ensuite, le fait que le héros pourchasse des terroristes alors que l'Amérique vient de le subir sur son sol va faire de Jack Bauer, une icône.

La seconde saison le verra d'ailleurs pourchassé un pseudo Ben Laden.
Car l'Amérique a besoin d'exorciser ses démons et cela se ressentira (et se ressent encore) dans ses fictions.
La série, co-créée par un militant républicain, sera souvent attaquée sur ce côté-là. (analyse débile et clivage intellectuel crasse : il y a tout autant des républicains ouverts que des démocrates toxiques).
La série offre le premier Président Noir de l'histoire (dans cette réalité fictive ) et il est clairement démocrate d'ailleurs. Au fil du temps, un second président noir siégera à la Maison Blanche. Les deux dernières saisons, avant la nouvelle, verront aussi la Première Présidente.



De multiples sujets seront abordés et souvent en rapport avec l'actualité les cyber-attaques, les armes bactériologiques, les drones de combat, wikileaks, peut-on torturer pour sauver des vies, la torture est-elle vraiment utile ( Bauer utilise plus souvent la peur de souffrir que faire souffrir pour obtenir des infos même si, en effet, il a franchi la ligne plusieurs fois), la vengeance peut-elle tout justifier, etc. , le background politique est très intéressant et questionnant si l'on fait attention à tous ces aspects qui ne sont pas dans le registre de l'action ou du suspens pur .

Peu de temps après la mort de la série, la rumeur persistante d'un long-métrage centré sur un Bauer en fuite quelque part en Europe arrive sur le net. La FOX, confirmera très vite qu'en effet, l'idée est en développement.  Dès lors les mises à jour sur le projet arrivent régulièrement sur les sites spécialises jusqu'au jour où le couperet tombe : le film, jugé trop cher, ne se fera pas.
Déception et désappointement des fans.

Et puis, par un beau matin, la nouvelle tombe : 24 revient à la télévision, dans un format plus court. L'idée d'un Jack Bauer planqué en Europe est conservée et c'est à Londres qu'il refera surface. Au même moment, le nouveau Président des USA, James Heller (ancien ministre de la défense) est en visite officielle dans la capitale britannique et est accompagné par sa fille, Audrey…l'ex de Jack.
Le chrono est lancé, Bauer est de retour.

4 ans sans voir une série , c'est long. Et durant ce laps de temps, d'autres séries conceptuelles (ou non) ont occupé le terrain.
Si l'horrible Homeland (héritier autoproclamé de 24 ) avait tenté de faire oublier Jack Bauer ( j'en rigole encore, et en tremble aussi d'effroi), d'autres œuvres télévisuelles ont élevés les standards et , de facto, nos attentes ( Game of thrones, par exemple).

Et c'est un peu là que le bas blesse dans ce retour. Les scénaristes, les créateurs et le réalisateur principal de la série sont tout bonnement restés bloqués 4 ans en arrière.
Les tics d'écritures sont toujours les mêmes et ne sont pas forcément adaptés à un format amputé de 12 épisodes.

Surtout que cette saison s'appuie en grande partie sur la mythologie des saisons 4 à 6 qui ont été les plus soap-opéra du show (même si la saison  5 avait tellement bien ciselé cet aspect qu'elle gagna un Emmy Award, mérité, dans la catégorie meilleure série dramatique) et que cette approche phagocyte le temps de l'intrigue terroriste principale et que le coup de "la famille terroriste" nous avait déjà été servi par avant. Les clichés inhérents à la série, qui forment par ailleurs son ADN, seront respectés.
C'est un peu la force et la faiblesse de la série : son ADN est tellement reconnaissable et immuable que la recette ne change pas , on est en terrain connu. Mais bon, le terrain connu de cette qualité, on va pas trop se plaindre.








Kiefer Sutherland assure toujours dans LE rôle de sa vie, le personnage  a pris des rides mais n'a rien perdu de sa pugnacité ni de son charisme. Le personnage reste l'un des plus fascinants du petit écran tant grâce à l'écriture qui respecte Bauer et enrichit son background de saison en saison que grâce à son interprète.



Une fois n'est pas coutume, Chloé O'Brian fait partie de l'aventure. Personnage introduit dans la saison 3, elle est devenue l'alliée par excellence  de Jack et sans doute la seule amie qui lui reste. Et encore une fois, c'est un nouvel aspect de Chloé que l'on découvre. Si la facilité qui découle d'un tel personnage est souvent apparente ( elle peut vous hacker la NSA avec un smartphone déchargé), il n'en reste pas moins que son rôle n'est pas là que pour la tapisserie.



Rayon nouveauté, on notera le personnage de Kate Morgan, sorte de Bauer au féminin, qui démarre sa dernière journée de boulot  avant de rentrer aux States. L'agent Morgan était mariée à un traître qui a vendu des secrets à la Chine et le retour de Bauer et la proximité d'une attaque vont lui donner l'occasion de tenter de se racheter.

Si Kate ne sert pas à rien, elle peine cependant à faire oublier feu Renée Walker, ancienne partenaire de Jack et amie proche qui sera assassinée dans la saison 8 peu après qu'elle et Jack se soit mis en couple.  (C'est à la suite de son décès que Jack avait entamé une vendetta redoutable envers ceux qui avaient commandité sa mort. Et cette saison a le bon goût de ne jamais cracher à la mémoire de Renée ou de sa mort en ne remettant pas Audrey dans les bras de Bauer : ces deux là sont encore fort émus par leur passé mais ont fait le deuil de leur relation et c'est très bien ainsi. ).

Yvonne Strahovski, échappée de Dexter, donne corps à un personnage torturé mais pas assez profond pour vraiment marquer la mythologie de la saga ( elle n'est ni Renée Walker ni Michelle Desler). Cependant, le job est fait correctement et elle n'est pas là pour mettre en valeur le héros.




Pour pallier au manque de 12 épisodes et toujours se dérouler sur 24 heures, les producteurs avaient annoncé que l'intrigue subirait des ellipses narratives. Certes, le coupe de l'ellipse est bien présent mais en toute fin et sent un peu le coup facile pour justifier de garder 24 comme titre…  On regrettera aussi que le teaser de la série, tourné en un magnifique plan séquence ne fasse absolument pas partie du show !!!!



Mais  même si le plat est servi sans surprise , il n'est pas sans saveur.
Un peu comme une sortie dans son resto chinois préféré, celui où on commande toujours le même plat parce qu'on a beau le connaître par cœur, c'est le meilleur.
Et puis merde quoi, "24", même moyen, reste au dessus de tout, même après quelques années d'absence et vient cruellement rappeler qu'Homeland a été la plus grosse arnaque de ces années sans Jack.
La saison se terminant de manière ouverte et sur un cliffhanger insoutenable, il est à parier que Jack reviendra. Tant mieux, il m'avait trop manqué pour lui adieu si vite une seconde fois.






mardi 22 juillet 2014

Territoire Indien

Ce qui commence dans le sang, finira dans le sang.

Jason Aaron est l'un des scénaristes phares de Marvel. Il allie intrigue sérieuse et capacité presque surnaturelle à savoir lier entre elles les folies narratives que l'on peut croiser dans les séries de super-héros, obtenant une mixture hétérogène avec de l'eau et plusieurs types d'huile. Mais ce grand pété a démarré sa carrière avec une série qui prend pied dans une réalité moins altérée que celle des comics Marvel : Scalped.

Dashiell " Dash" Bad Horse a quitté la réserve de Prairie Rose quand il avait 13 ans.
Aujourd'hui il est de retour, armé de son mauvais caractère et de sa manie à s'attirer des ennuis.
Mais l'homme a du potentiel , son passé de boxer et de soldat ayant fait le Kosovo parle pour lui,et le chef de la réserve , Red Crow, le prend sous son aile et le fait entrer dans la police tribale. Son nouveau boulot va lui permettre (et nous permettre) d'arpenter les rues de la réserve. Pour Dash, rien n'a changé : l'endroit est sale, pauvre, rongé par la violence et la drogue. Pour le lecteur, c'est un choc, une réalité qu'il connaît mal (d'autant plus s'il est Européen).
Un tiers monde au milieu du rêve américain.

Entre drame familial, péchés passés ( la mère de Dash, Gina, et Red Crow ont été activistes dans les années 70 et ont été impliqués dans un meurtre avant de prendre des chemins séparés), polar, investigation, etc… La série dépeint une réalité dure qui ne sert pas que de toile de fond à un récit fiévreux, tendu et loin du manichéisme. Aaron livre un récit très documenté, aborde les sujets qui fâchent ( et égratigne tout autant les travers des américains et des amérindiens tant lors de l'intrigue que lors de flash-backs historiques ).

Comme je le disais plus haut, Aaron, chez Marvel, utilise tous les codes et genres des comics pour écrire ses histoires. Il fera pareil ici en mêlant le polar noir, intrigue politique et intrigue mafieuse, terrorisme : tous les genres touchant de près ou de loin au genre policier sont ici abordés sans jamais que le sauce ne prenne pas car le tout est dosé avec soin.




Les dessins sont assurés en grande partie par R.M Guéra qui assure des planches réalistes mais aux traits parfois sales : cela renforce l'ambiance de la série qui, finalement, ne dépeint que peu de moments de joie ou de bonheur.

Scalped, est une œuvre dure, palpitante et passionnante dont la structure narrative en labyrinthe demande un investissement au lecteur. Et cet investissement est payant tant le voila plongé dans un récit implacable dont le final ne peut que faire bouillir le sang.



Une série complète en 10 tomes, chez Urban Comics et une série indispensable pour quiconque aime les intrigues policières se situant loin de l'aseptisation télévisuelle du sujet

vendredi 4 juillet 2014

Les aventuriers du flingue perdu.

Urban comics n'est pas que le détenteur des droits de DC Comics en VF, c'est aussi un éditeur qui fouine chez les autres éditeurs américains ( sauf Marvel , bien entendu) et qui étoffe donc son catalogue en se diversifiant.

J'ai lu un jour que le western était le genre ultime , le genre qui vit par lui-même et est capable d'absorber les codes des autres genres tout en gardant son identité propre. Raison pour laquelle des séries comme American Vampire (en partie seulement, le western n'étant pas le fond de commerce de la série mais de celui d'un personnage en particulier ), ou encore East of West fonctionnent dans leur mécanique ( que l'on aime ou pas ces séries est hors-sujet, il s'agit ici de dire que les greffes étranges sur les codes du western ne sont pas rejetées par le corps).

L'éditeur vend la série en la qualifiant être aux antipodes du western poussiéreux. Hérésie que cela, le Western poussiéreux est une image d'Epinal et les contre-exemples sont tellement nombreux que l'affirmation en est presque ridicule.


Urban a donc sorti le 20 Juin le premier tome de The Sixth Gun, une série fantastique prenant place peu après la Guerre de Sécession.
La série raconte l'histoire de six armes "magiques" ou "infernales", des revolvers maudits objets de moult convoitises et dont la possession confèrent certaines aptitudes (différentes selon l'arme, varions les plaisirs). L'on suit les traces de Drake, gentleman flingueur et pas toujours très honnêtes qui tente de mettre la main sur le sixième pistolet avant Mrs Hume et ses hommes de mains aidés par des agents de la Pinkerton, célèbre agence de détectives qui sera l'ancêtre de la C.I.A ( je simplifie ). Mr Hume,quant à lui, piégé dans un état entre la vie et la mort attend que son épouse le libère de son destin funeste pour récupérer son arme. Mais le révolver est la possession de Becky, jeune femme qui va bientôt voir son existence bousculée et basculer dans un monde qu'elle ne soupçonnait pas.

L'Ouest américain, l'ouest sauvage. Une terre mythique et mythologique. Un terrain propice pour ce genre de chevauchée menée tambour battant, et pour cause : l'histoire américaine a été marquée par les cow-boys, les indiens et les bandits. Des êtres bien réels sont devenus l'objet de véritables mythes : Billy the Kid, Pat Garrett, les Dalton,Sitting Bull,etc… La réalité et la légende se confondent souvent lorsque l'on évoque l'Ouest Américain où se côtoient le culte des armes à feu et les croyances mystiques amérindiennes. Saupoudrer du fantastique pur dans ce décor va de soit. Et le cocktail fonctionne bien, grâce à une belle alchimie entre l'écriture de Cullen Bunn et les dessins de Brian Hurtt qui opère une sorte de fusion entre le réalisme et le cartoon du plus bel effet.




Cullen Bunn met ses pièces en place sans perdre de temps, au bout de l'épisode un, presque tout est là pour faire démarrer la machine à vapeur. Si le scénario convie esprits, morts-vivants et magie noire, le sujet n'est pas l'horreur pure même si certaines scènes sont sanglantes ou suppurantes, les dessins ne sont pas là pour créer une ambiance anxiogène. Nous sommes plus dans une sorte d'Indiana Jones de l'Ouest sauvage que dans Une nuit en enfer où la sécheresse d'Ennio Morricone viendrait se fondre dans l’orchestration à la John Williams.
Les dialogues sonnent souvent justes et certains personnages manient le sens de la répartie avec bonheur. Ce premier tome coûte 10 €, un prix de lancement qui durera jusque la fin de l'année. Notons que le tome deux est sorti ce jour, Urban comics ayant apparemment une grande confiance en son produit : ça tombe bien, moi aussi !

samedi 28 juin 2014

Transformers : l'âge d'une bande de cons.

Michael Bay retrouve ses robots transformistes après l'interlude Pain & Gain.

Changement de statu quo et de casting pour relancer une saga qui avait fait le tour de son sujet dès le premier film ( oui, j'ai bien aimé le troisième mais j'assume mon propos ) à tel point que la mythologie autour des films ne cesse de s'enrichir et de se décharner en même temps, tant chaque nouvel élément vient contredire ce qui fut mis en place précédemment.
Mais commençons par le commencement voulez-vous ?

Je dois vous prévenir d'entrée de jeu car désormais j'emploie la méthode Game of Thrones : le matériel de base servant de matière première à certaines adaptations étant disponible depuis des lustres, je ne considère pas que je peux vous spoiler mais juste mettre en lumière le manque d'intérêt que vous pouviez porter à la chose avant que ça ne devienne à la mode (je ne vous juge pas). Vous avez eu des années pour vous mettre à jour et si vous ne l'avez pas fait, et bien c'est dommage mais c'est votre problème, pas le mien ( sauf si vous étiez dans le coma, auquel cas je vous demande de m'excuser).

5 ans ont passé depuis la bataille de Chicago.
Les autobots ne sont plus alliés des USA et les decepticons restants sont pourchassés par la C.I.A qui en profitent pour également poursuivre les autobots et revendre leurs carcasses à une société cherchant à créer une nouvelle révolution technologique ( oui, ils singent Apple et ce jusque dans la calvitie de Steve Jobs ).

Le chef de ce programme de la C.I.A s'est allié ( on ne nous dira pas comment ) avec un alien transformers d'un genre inhabituel et dont les ambitions, floues et contradictoires,rappellent par moment un Brainiac du pauvre (pour savoir qui est Brainiac, cliquez ici ).
Cade Yeager, mécanicien en robotique has-been , répare et revend des tas de vieilleries pour subvenir à ses besoins et ceux de sa fille , Tessa. Un jour, il rachète un vieux camion pour le retaper en tirer ce qu'il peut. Il découvre vite qu'il est tombé sur Optimus Prime. Et dès ce moment, sa vie et celle de sa fille vont être changées.




Bon alors, le premier tiers du film se tient : la présentation des situations et des nouveaux personnages est rapide, il y a de l'action, de l'humour pas trop lourd ( Mark Whalberg a un comportement protecteur envers sa fille qui rappelle celui de Bruce Willis dans Armageddon du même Bay ) et voir des gentils se faire descendre comme des chiens donne un petit pincement au cœur. Et puis voila. Les deux autres tiers alignent les 3 L : long, lent et lourd.

Long, même avec un rythme adéquat, vos fesses l'auraient senti passé : le film dure 2H45.
Lent : malgré une action presque non-stop, comme l'empathie pour les personnages n'existe pas ( au choix : des dialogues affligeants qui donnent envie qu'ils la ferment ou se fassent buter pour qu'ils la ferment, une caractérisation  des personnages proche de celle d'un porno des années 80,etc…) et bien on s'en fout de ce qui peut bien se passer à l'écran et on finit par risquer de s'endormir, seuls les bruits et les explosions parviennent à tenir vos yeux ouverts.
Lourd : les situations WTF s’enchaînent à vitesse grand V, les personnages (dont certains sont des génies parait-il) se révèlent plus cons que mes pieds ( ouh la la, Galvatron est un méchant, comment est-ce possible quand les pièces d'origine proviennent de Megatron, le salaud ultime de l'univers ? En plus, avec un nom pareil. Moi aussi je me demande comment ça a pu merder dans les grands largeurs ce projet…).


"Je comprends pas pourquoi mon Optimus Prime 2.0 ressemble tant à Megatron alors que j'ai bossé depuis le cadavre de ce dernier pour mettre au point mon prototype. Franchement, je ne pige pas." Steve Jobs 2.0

Alors, non, tout n'est pas à jeter, il y a quelques bonnes idées dans ce foutoir sans nom : l'action est souvent filmée à niveau d'homme , on voit des humains chassés par d'autres humains ou des humains peu lâchés par la caméra pendant que des géants/dieux se mettent sur la tronche comme des bourrins sans éducation.
L'idée de prendre une technologie alien pour en l'améliorer en en faisant un produit déclinable est aussi bien vue et dans l'air du temps (on ne fait que ça de nos jours : améliorer ce que l'on a : il n'y a plus de rupture technologique depuis un moment) et  il y a même parfois une recherche, minime mais réelle pour donner un nom cohérent au produit : on s'inspire de Bumblebee, le bourdon, pour créer Stinger, le dard. Mais c'est tout et c'est peu.

Un couteau pour Transformes (donc de la taille d'une épée pour humain) se transforme bien pratiquement en fusil d'assaut avec une gâchette calibrée pour l'homme. Du très grand art.

L'amélioration et le modèle de base. Sans être un bobo-hipster désespérant (oui, vous avez repéré un pléonasme), je préfère le vintage sur ce coup-ci.

Les facilités d'écritures et de scénarios sont du pur foutage de gueule : Optimus se répare tout seul en scannant un  nouveau camion (et obtient donc un nouveau look quand il prend une forme humanoïde, logique) alors qu'il semblait juste avant ça que le remettre en état demanderait un sacré travail boulot. Et là boum, c'est magique.
Les autobots qui se cachent, comme BumbleBee, ont un nouveau look niveau véhicule mais une fois sur deux jambes, Bee est toujours le même (illogique et ce depuis le premier film où son look n'a jamais changé quand il marche d'ailleurs. C'est d'une cohérence dans l'illogisme qui confine au génie).
Même Steve Jablonsky, qui avait signé la musique des trois premiers volets, n'arrive plus à limiter les dégâts,signant la pire B.O de la saga : sans âme ni saveur.



Mais surtout, surtout…on retrouve encore la marque de fabrique de tous les films depuis Revenge of the fallen : envoyer chier la mythologie du premier film.
Dans Transformers, on nous expliquait que, et je cite : Avant le début des temps , il y avait "le cube". Personne ne sait d'ou il vient, seulement qu'il détient le pouvoir de créer des mondes et de leurs donner vie.
Ce fameux cube a crée Cybertron, la planète des transformers et lorsque la guerre entre autobots et decepticons a éclaté, le cube a disparu.  C'est la base de tout le premier film : Megatron, le leader decepticons, a retrouvé la trace du cube sur Terre, a été piégé dans les glaces de l'ère glaciaire etc…
Dans le second volet, on nous explique que Megatron n'est pas le leader, c'est un séide du Fallen.
Dans le troisième volet, on nous balance que Mégatron venait sur Terre pour rencontrer Sentinel Prime et mettre au point un plan pour amener cybertron sur Terre pour forcer les humains à devenir esclaves de leur race et reconstruire Cybertron comme des petites fourmis serviles.
Et dans ce volet, on vient nous balancer que "les créateurs de Tout" viennent reprendre leurs créations.
Attends, c'est pas LE CUBE le créateur de tout ? Parce que c'est ce que croit Optimus dans le premier et il semble avoir oublié ce détail dans ce volet (la fin est explicite ! ).
Même le titre est un mensonge puisque la seule extinction dont on vous montrera quelques images, est celle des dinosaures. Des gros dinosaures bien faux qui sont une insulte à ceux de Jurassic Park et de The Lost World ( qui ont respectivement 21 et 17 ans au compteur nom de dieu ! ).

Bref, la saga Transformers repose sur du vent, un vent qui souffle dans la direction qu'il faut aux scénaristes car ils sont incapables d'écrire dans les limites établies par eux-mêmes, et ce film est le film de trop.

lundi 23 juin 2014

Le jour sans fin le plus long.

Adaptation d'un roman japonais lui-même décliné en manga nommé All you need is kill, Edge of Tomorrow est le film de SF que personne ne semblait attendre. À tel point qu'il est en train de se prendre une sévère branlée au box-office alors qu'il ne le mérite absolument pas. Pire, Warner Bros, le studio qui l'a produit a maintenant tellement peur de la SF au cinéma qu'il a décalé la sortie de Jupiter Ascending, le prochain film des réalisateurs de Matrix, le faisant passer de Juillet à Février pour être certain de ne pas avoir une mauvaise année fiscale. Ambiance….

Le monde est assailli par une pluie de météorites et très vite, d'étranges créatures surnommées mimics se répandant sur la surface du globe. Toute l'Europe est aux pattes des envahisseurs. Toute ? Non, une île résiste encore et toujours ; l'Angleterre.
Le sergent William Cage est un planqué : porte parole de l'armée Américaine, il exhorte depuis des années les gens à se porter volontaire dans une guerre contre la menace alien. Il survit loin du front et en est fier.
Du jour au lendemain, il est envoyé au front et meurt dans les premières minutes de l'assaut, juste après avoir réussi à tuer un mimic étrange. Cage se réveille alors la veille de la mission et il ne tarde pas à comprendre qu'il est coincé dans une boucle temporelle : renaissant à chaque mort, il va peu à peu apprendre sur le tas comment devenir une machine de guerre et peut-être sauver l'humanité.

Dire que l'on attendait plus rien de Doug Liman est un doux euphémisme. L'homme a lancé la saga Jason Bourne au cinéma et s'est ensuite perdu dans des productions peu emballantes, à l'image du désastreux Jumper.
Et là soudain, l'état de grâce. La réalisation, si elle n'a rien d'originale, est nerveuse, musclée. Les phases de relâchement, pour le personnage comme pour les spectateurs, ne sont pas tirées en longueur. Le montage joue à fond du potentiel de l'histoire et l'overdose de répétitions n'est jamais atteinte tant on alterne entre allitérations qui se suivent ou ellipses qui nous font comprendre que le personnage a vécu des choses que l'on ne nous a pas montrées pour ne pas alourdir le récit.
Les acteurs principaux sont très bons : Tom Cruise, en pleutre presque content de son sort avant d'être envoyé à l'abattoir est étonnant et casse son image de sauveur imbattable ( forcé qu'il est de s'entraîner pour le devenir ) , Emily Blunt , en combattante très humaine mais aussi très froide et méthodique quand il le faut vient confirmer qu'il est grand temps qu'elle explose au cinéma !







Les niveaux de références sont aussi bien trouvés : c'est une sorte de Seconde Guerre Mondiale 2.0 qui se déroule : l'assaut final lancé d'Angleterre, le débarquement en Normandie, l'Europe infestée d'un ennemi monstrueux pris en tenaille sur deux fronts, etc…tellement évidement et ancré dans l'inconscient collectif que la plupart des spectateurs ne feront pas le rapprochement.
On a ensuite une lecture plus militaire : finalement, à la guerre comme à l'entrainement, toutes les journées se ressemblent pour un soldat. Le concept est juste poussé plus loin puisque la même journée se répète pour le sergent Cage. Sa solitude est touchante : il a beau tissé des liens avec certaines personnes, dont Rita, le personnage incarné par Blunt, il est condamné à se souvenir de moments que ses "amis" ne peuvent connaître. Il voit inexorablement ses camarades mourir encore et encore et encore. L'histoire d'amour qui se construit est vraiment traitée de manière subtile et poignante (combien de fois pouvez-vous voir l'amour de votre vie se faire abattre avant de péter un boulon ?).
On pense aussi aux jeux vidéos dans ce qu'ils ont de plus ludiques : tu commences un niveau, tu meurs, tu recommences en évitant les pièges que tu as vus la première fois, etc…




Edge of tomorrow est un excellent film de science-fiction/action, peut-être le meilleur de Tom Cruise dans ce genre depuis Minority Report et assurément quelques coudées au dessus de Oblivion sorti il y a un presque un an. Et il ne mérite pas de se faire snober de la sorte ! Courez en salle, il faut sauver le soldat Cage !


lundi 9 juin 2014

Cœur de Silence.

Silence (ou Hush, en V.O) est un adversaire particulièrement récent dans le bestiaire de Batman.Un adversaire assez intime puisqu'il s'agit de l'ami d'enfance de Bruce Wayne. Thomas Elliot , brillant médecin issu d'une famille riche est aussi jaloux de Bruce Wayne qui a eu la chance de voir ses parents mourir et ne plus l'importuner. Battu après avoir mis au point un plan audacieux et cruel, il est de retour.

Il faut placer cette histoire dans son contexte. La série "Batman", écrite par Grant Morrison vient d'entrer dans l'arc narratif R.I.P lorsque Paul Dini, scénariste de "Detective Comics" se lance dans la rédaction de cette histoire. Silence revient à Gotham pour tuer son meilleur ennemi avant l'organisation du Gant Noir ( celle derrière R.I.P).

Adepte des plans tordus, Silence va trouver le point de pression idéal pour agir sur Bruce ET Batman. S'en prendre à Selina Kyle.



Palpitant. Voila le mot pour résumer cette petite saga en six parties.
Paul Dini connaît son bat-verse sur le bout des doigts et joue avec les petits apports qu'il a lui-même mis en place (les flashbacks sont savoureux dès lors qu'on connaît le run de l'auteur sur Batman, run qui devrait être prochainement disponible en intégralité chez Urban Comics, joie).  Dini joue avec la tension du lecteur et de Batman et nous montre un chevalier noir prêt à presque tout.

Sans se lancer dans de grands discours introspectifs, juste en montrant les actions de Batman, le lecteur est amené à comprendre, si jamais il en doutait vraiment, que Selina Kyle est la femme de la vie de Bruce Wayne et qu'il pourrait franchir quelques lignes morales s'il venait à lui arriver malheur, voir pire.
Le dessinateur Dustin Nguyen (personnellement, un de mes préférés ayant travaillé sur la chauve-souris gothamite) offre des planches pleines de punch : son découpage de l'action est aux petits oignons et les ambiances entre ombre et lumière sont à la limite de la perfection ( le maître de ce genre reste bien entendu Mike Mignola).




Cœur de Silence est un récit réussi, mené tambour battant sans pour autant zappé les relations entre les personnages et est l'occasion de  nous montrer un Batman à sang chaud, plus meurtri et impliqué que d'habitude.

jeudi 22 mai 2014

Quelle ère est-il ?

14 ans.
La franchise X-men au cinéma a 14 ans.
Mine de rien, cela fait donc 14 ans que les super-héros ont pris possession de nos salles de ciné.
Oh certes, on a vu Superman et Batman débarquer bien avant, mais l'engouement pour le genre n'a pas été de leur fait.

Après quelques errements ( X-men : l'affrontement final et X-men Origins : Wolverine) la franchise avait besoin de sang frais : c'est pourquoi Bryan Singer, le réalisateur des deux premiers épisodes de la saga a mis en place son come-back. Mais, lié par contrat à la Warner ( à qui il devait encore un film, Jack et le haricot magique, dont je le soupçonne de l'avoir sciemment bâclé pour être vite tranquille et se venger gentiment de ne pas avoir pu continuer son histoire de Superman entamée avec Superman returns), il laisse les commandes à son ami Matthew Vaughn et devient simplement producteur.
X-Men First Class débarque et donne un second souffle à la franchise en s'intéressant aux événements qui ont fait se rencontrer Chales Xavier et Erik Lensherr.

Lors de la sortie de First Class, Matthew Vaughn parlait de ses plans pour la suite, en particulier de lier la "balle magique" de l'affaire JFK à Magneto. Mais, comme un effet de miroir, Vaughn doit quitter le projet pour raisons privées (en vérité, il part réaliser l'adaptation de Secret Service, un comics scénarisé par son pote Mark Millar, le créateur de Kick-Ass). Singer, producteur, négocie son retour en tant de réalisateur et décide de prendre un chemin fou et risqué : lier les deux sagas.

Days of future past est avant tout un arc narratif de la série Uncanny X-men paru dans les années 80 ( deux ans avant Terminator, James Cameron n'a jamais caché son amour des comics).
Dans un avenir sombre, les mutants sont parqués ou éradiqués. Rachel Summers (fille de Cyclope et Jean Grey), renvoie l'esprit de Kitty Pride dans son jeune corps pour empêcher le meurtre du sénateur Kelly, point de départ de la traque aux mutants.



Cette saga, retentissante pour l'époque avait été adaptée dans le dessin animé des années 90 (et se servait du mutant Bishop en lieu et place de Kitty).

Cette nouvelle adaptation voit cette fois-ci Wolverine remonter le temps et débarquer dans son jeune corps.
Le résultat est …ébouriffant, stimulant, bandant ! Bryan Singer a encore augmenté son niveau de jeu technique et se paye donc le luxe d'écraser son propre X-men 2, souvent considéré comme le meilleur de la saga. En une scène, mettant en scène un mutant capable de super-vitesse, il démontre un savoir faire qui renvoie sa scène d'ouverture avec Diablo/Nightcrawler dans X2 pour une bagatelle à la portée de n'importe qui.


Des doutes sur Quicksilver ? Vous n'en aurez plus après ça. 

Je parlais d'un jeu de miroir plus haut dans les situations qui ont amené Vaughn et Singer a réaliser les derniers épisodes. Ce jeu de miroir est aussi bien présent dans le film en lui-même.
La scène d'ouverture d'abord. X-men s'ouvrait sur l'horreur des camps de concentration nazis.
Days of future past s'ouvre sur les campes de concentration que l'humanité a mis en place contre les mutants et ceux qui les aident. Mais le jeu de miroir ne se limite pas à citer la saga, il est aussi présent dans le film.
Le futur est froid et sombre et se déroule uniquement de nuit ( Terminator citait X-men, X-men citera donc Terminator. L'art se nourrit et s'influence de lui-même tout en se démarquant et se diversifiant ) quand le passé, les années 70, est baigné de soleil et de couleurs. Les héros du futur sont tous des soldats en uniformes, les héros du passé sont en habits civils,Wolverine est doublé à l'adamentium dans le futur, ses os n'en sont pas recouverts dans le passé (n'ayez crainte, il tranche toujours aussi facilement dans le lard) ,etc…Tout résulte d'une réflexion sur la réflexion (ouuuh, je vous sens perdus d'un coup).


Les thématiques du film sont nombreuses et variées. Les thématiques sociales sont un fondement de la saga : la fin d'une guerre (celle du Vietnam) servant de point de départ à une nouvelle (contre les mutants), la frilosité et la peur du changement des sociétés, l'acceptation (ou non) des personnes différentes ou en sous-nombres ( les mutants ce sont les noirs qui se battent pour leurs droits civiques, ce sont les juifs qu'on extermine, les musulmans qu'on conspue, les gays que l'on tabasse). Même les théories quantiques sur le temps sont abordées. Le script est riche mais jamais lourd.

L'enjeu du film empêche tout relâchement, à peine sent-on que le deuxième acte est plus lent, car il remet l'échiquier en place, avant le troisième et dernier acte d'une redoutable efficacité narrative. Rien n'est à jeter, que ce soit dans la réalisation, soignée, la photo ou le montage. L'écriture est sérieuse sans oublier le fun ( on rit souvent mais sans tomber dans le rire moqueur : il ne s'agit pas de ridiculiser les héros, il s'agit , pour eux comme pour nous, de relâcher un peu de pression et de repartir au feu!).

Et au feu, on retrouve James McAvoy qui nous offre un Xavier bien différent de la première fois: désabusé, en proie au doute et limite junkie. Michael Fassbender confirme, si besoin était, tout le bien qu'on peut penser de lui : son personnage est encore une fois le plus intéressant et tire la couverture à lui à chaque apparition et ce même s'il n'est plus le personnage principal du film.
Hugh Jackman nous sert le même Wolverine que d'habitude (la recette n'a pas besoin de changer de toute façon) et Jennifer Lawrence offre autant de nuance à son personnage de Mystique que le pouvoir mutant de cette métamorphe.




Le film, jouant sur les retombées des voyages dans le temps ne va rien s'interdire et les surprises seront au rendez-vous. Enfin, ne partez pas avant la fin du générique, une scène post-générique est incluse et si elle pourrait être cryptique pour le néophyte, le fan de comics va pisser dans son pantalon.

Rendez-vous dans deux ans (si tout va bien) pour X-men : Apocalypse !