mercredi 29 septembre 2010

Voyage au bout de l'ennui.


Après avoir affronté un Predator dans la jungle urbaine de Gotham,voila que le chevalier noir va affronter un autre monstre sacré du cinéma hollywoodien : Alien. Le choc des titans va-t-il de nouveau avoir lieu ? Réponse dans un album édité par Soleil dans sa collection US Comics.

Avant toutes choses il convient de bien déterminer que c’est la licences aliens et non alien qui est associée à Batman. En effet ,dans une logique commerciale imparable, la Fox (détentrice des droits de la bêbête qui vous sort du corps en perforant votre thorax) s’est dit qu’elle et ses actionnaires gagnerait plus à diviser la licence selon les films (Alien est le 1er films,Aliens est le second). Un cross-over batman/alien serait donc associé à une autre licence que batman/aliens. Ici donc, se trouve un cahier des charges qui reprendra certains éléments du film de James Cameron (tout en gardant les bases de celui de Ridley Scott,cela va sans dire que des aliens sans les œufs,facehuggers et autres joyeusetés ça n'est plus marrant) et c’est bel et bien l’univers mis en place par le réalisateur d’Avatar qui est mis en valeur. Donc bastons,armes à feu et suspense.
Enfin,mis en valeur est une bien grande expression mais j’y reviendrais.

Batman quitte sa Gotham adorée pour la jungle tropicale d’amérique du sud. Il tente une mission de sauvetage. Á peine débarqué, la chauve-souris tombe nez à museau avec une groupe de marines dont certains objectifs vont croiser ceux de notre dépressif pourfendeur du mal. Je ne vais tourner autour du pot : c’est mauvais. Bourré de clichés (Batman et le leader du groupe en viennent souvent aux mains,chacun tentant d’imposer son statut de mâle alpha…pour un marine allez je veux bien que ça passe mais pour Batman qui est censé être un fin psychologue ça la fout un peu mal de le voir tenter de devenir un bourrin monolithique de base), de conneries scénaristiques aussi comme Batman déambulant dans la jungle, environnement hostile s’il en est avec son costume noir intégral (il doit avoir chaud sous ce soleil) et avec sa cape qui dans un tel lieu ne peut que le déservir (essayez de marcher avec un bout de tissu qui s’emmêle dans les feuillages tous les 2 mètres).
 Le reste est sans saveur et sans réelles surprises tant la dynamique du groupe est pompée sur les différents films : Batman est le héros donc il s’en sortira, déjà ça c’est plié mais le jeu de massacre au un par un ne marche pas ici car on ne s’est absolument pas attaché au personnage, au contraire dès le début de l’aventure on les prend presque tous en grippe et évidemment il y a un traître dans le groupe qui voit dans ses charmantes bêbêtes une manne financière aveuglant toutes traces de moralité…mais le récit est bien trop court pour que tout cela soit rendu crédible et/ou intéressant. C’est d’autant plus étrange que le scénariste Ron Marz bien que n’étant pas un orfèvre est pourtant souvent plus qu’honnête, sa reprise de la série Witchblade depuis quelques années l’a démontré.
Visuellement par contre c’est autre chose. Bernie Wrightson assure à ce niveau. Son trait détaille aussi bien l’horreur des monstres que les divers décors et le tout est très agréable à l’œil et suffisamment éloigné du travail d’Adam Kubert sur Batman VS Predator pour qu’on n’ait pas l’impression d’une redite. L’introduction écrite par Frank Darabont est d’ailleurs uniquement centrée sur le talent du monsieur et on comprend pourquoi puisqu’il n’y a que ça de valable dans cet album.

lundi 27 septembre 2010

Contact & Inducement.

Les Stryges sont de retour dans un album au chiffre maudit : le 13. Maudit comme cette espèce qui s’éteint et qui avait placé de grands espoirs en Debrah Faith, la femme qui répondait au surnom de « L’ombre » a en effet hérité lors du dernier tome d’un empire financier. Mais elle semble avoir décidé de suivre la voie de l’affrontement et les stryges exigent sa mort. Pendant ce temps,Kevin Nivek,ancien agent responsable de la sécurité du Président et compagnon de route de Debrah lors d’aventures passées croupit dans une prison depuis 7 ans pour un crime qu’il n’a pas commis.

Cette excellente série de Bande-dessinée est enfin de retour après presque deux ans d’absence…et vu le niveau je serais presque prêt à patienter encore deux ans pour avoir la suite. Presque car n’étant pas masochiste je ne peux souhaiter une aussi longue attente. « Le chant des stryges » est divisé en saisons (comme les séries télés) de 6 tomes chacune. Et voici que la 3me commence. Et pour un tome d’introduction il démarre sur les chapeaux de roues. Tout en nous présentant la nouvelle situation (l’histoire débute le 24 décembre 2011,soit 7 ans après la fin du tome 12 !) des personnages principaux, le scénariste Eric Corbeyran n’en oublie pour autant pas de nous emmener dans une récit plein d’action et de rebondissements …le seul reproche à lui faire serait de parler de sa propension à faire de la pub pour les séries dérivées (il y a 4 spin-offs en tout) de son univers au travers de flash-backs ou de dialogues alors qu’il n’y avait pas lieu de vraiment le faire. Mais cela ne gêne pas le récit en soit et comme cette série me manquait je suis d’humeur à pardonner cet excès d’auto-promotion. Les dessins de Guerinau sont encore au top,il gagne même en expérience dans son découpage de l’action (si si c’est possible) et rend la série fluide et agréable à l’œil. Quant en nouveau coloriste (le 4me de la série) il continue sur la lancée des 2 précédents,à savoir une colorisation à l’ordinateur. Si elle est loin d’être honteuse elle est pourtant terriblement éloignée de la superbe colorisation à la main que l’on admirait sur les 4 premiers albums de la série…je pinaille mais j’aimais énormément l’ambiance que cela donnait au début de la série et je crains de ne jamais revoir une telle touche à l’avenir.

Si vous avez aimé X-files (avant que ça ne parte en gonades) et/ou Fringe sachez que « Le chant des Stryges » s’en rapproche beaucoup dans les meilleurs aspects de ces séries tout en ne s’éparpillant pas dans des épisodes solitaires. On reste dans une seule trame principale adictive au possible.

jeudi 23 septembre 2010

Sie ist ein große connasse ouais!

Êtes-vous un nazi ?

Si cette question vous hante, il existe désormais un moyen rapide (enfin c'est relatif...) d’avoir la réponse à cette question existentielle qui vous pourri l’esprit. Il suffit de regarder le film « La Rafle » réalisé par Rose Bosh (sic) et de noter votre réaction finale. Selon elle,si vous ne pleurez, vous en êtes un. Et je ne parle pas ici de pleurer parceque vous aurez jeté votre argent par les fenêtres en allant le voir au cinéma ou en achetant le dvd/blu-ray (tiens et si on s’est endormi lors du film,on est quoi ?Un khmer rouge ?).

Pour elle ne pas pleurer démontre que nous serions des enfants gâtés,accros au cynisme et refusant de montrer nos sentiments car cela serait considéré comme une faiblesse. Je ne vais pas y aller par quatre chemins,je vais lui montrer mes sentiments actuels : Rose Bosh,tu es une grosse connasse prétentieuse, autoproclamée experte en profil psychologique sur la base d’une réaction ou non à ton film qui est loin d’égaler « La liste de Schindler »,n’est pas Steven Spielberg qui veut ma grande !

Bon,je pense que je dois des excuses à mes lecteurs étant donné que j’en ai probablement choqué quelques uns et j’en suis sincèrement navré. Mais bon en même temps fallait-il attendre de moi et de ma mentalité hitlérienne autre chose ? Je vous enverrais ma photo quand ma petite moustache sera assez fournie pour ne pas faire ridicule,promis.

Madame Bosh vient donc en un claquement de doigt de gagner 15.000 points Godwin ,un record qui sera à n’en pas douter inscrit au Guiness Book des records et qui se verra sans doute traiter de « Mein Kampf » irlandais par la pseudo-réalisatrice anciennement pseudo-journaliste. Dans l’histoire je suis le méchant mais c’est pourtant elle qui vient de gazer ce qui lui restait de crédibilité. Sur ce je vous laisse,il y a un documentaire sur Auschwitz en ce moment sur Arte et je me dis qu’en coupant le son et en mettant Wagner à fond je devrais être capable de me taper quelques pognes avant de souper…

PS : attention,il y a énormément d’ironie (de mauvais goût j’en conviens) dans l’article ci-dessus. Dans la vraie vie je rejoins la phrase d’Indiana Jones dans « La dernière croisade » : Les Nazis ; je hais ces gars-là !...et eux pourtant n’ont pas tenté de me tuer plusieurs fois sur deux films de temps.


samedi 4 septembre 2010

Retour vers le futur.

Joss Whedon. L’homme a une certaine notoriété depuis quelques années : il a créé Buffy,Angel,Firefly ( et sa suite cinématographique Serenity) et l’éphémère mais néanmoins excellente Dollhouse. Il est aussi scénariste de comics et son passage sur les X-men est un grand moment d’histoire mutante.Et son aventure avec les super-héros n'est pas finie puisqu'il sera scénariste et réalisateur du film "Les Vengeurs". Il a aussi continué l’aventure Buffy grâce aux comics en lançant une saison 8 des aventures de la Tueuse. Et au cours de cette saison 8,lors d’un voyage dans le temps,Buffy a rencontré Fray : la tueuse du futur. Les lecteurs américains,eux,avaient rencontré Fray bien plus tôt,dès 2003 en fait. Étrange politique que de sortir l’intégrale de la mini-série (8 épisodes) bien après son apparition dans Buffy mais nous ne sommes pas à une incongruité près de la part de Panini (oui je sais il fait marquer Fusion Comics sur la couverture,mais c’est un label appartenant à Panini). Bon les critiques négatives sont finies,passons au positif.

Melaka « Mel »Fray est une voleuse particulièrement douée qui bosse pour Gunther,un mutant qui vit dans un aquarium géant. Elle a une grande sœur ,Erin,qui travaille pour la police. Les deux ne se parlent plus beaucoup depuis un incident survenu des années plus tôt. Fray vit dans un monde futuriste que Whedon décrit,dans son introduction,comme étant classique : les riches plus riches,les pauvres plus pauvres et les voitures qui volent ! Il s’agissait de son premier comic book et il ne se voyait pas l’âme d’un Alan Moore ou d’un Warren Ellis. En plus des humains,on croise de nombreux mutants dans ce monde…c’est pourquoi les « noctos » ne sont pas pris comme une menace plus dangereuse que les autres. Une nuit pourtant,un démon nommé Urkonn apparaît à Fray et lui révèle son destin : elle est LA Tueuse. Celle qui apparait chaque génération pour combattre les vampires.

Whedon adapte ici un scénario universel : c’est l’histoire de Luke Skywalker qui se découvre un lien avec les Jedi et va à la rencontre de l’univers. C’est l’histoire de Néo,qui découvre qu’il est l’élu et qui va à la rencontre du monde réel,c’est l’histoire ancestrale ,le monomythe que décrivait Joseph Campbell dans son livre « le héros au mille visage » . Un schéma récurrent que l’on retrouve dans presque toutes les cultures. Urkonn symbolise le maître,le sensei,qui représente l’appel de l’aventure et on retrouve toutes les autres symboliques dans Fray : le coup de pouce du destin,l’arme légendaire (souvenez vous de Siegfried et de l’épée de son père,de Luke et du sabrolaser de son père,du requin et des dents de sa mère…ici les fans de Buffy voient sans doute de quelle arme Fray va hériter en cours de route),les retournements de situation,la bataille finale face au dragon (et ici Whedon nous montre son amour des Western et de ses barouds finaux qui se terminent dans le sang et les larmes mais aussi avec un soleil levant comme signe que le mal n’a pas encore vaincu et que l'aventure continue).



Whedon,qui connait bien les mythes et la littérature tant classique que populaire (les 7 saisons de Buffy et les 5 d’Angel l’ont bien démontré) arrive pourtant à faire en sorte que la comparaison ne nous saute aux yeux qu’une fois le livre refermé. Et ça c’est la marque des grands auteurs.


Les dessins de Karl Modine sont d’une grande qualité. Les rues sales sont sales,les filles ne sont pas des bombes fatales telles qu’on en croise tellement dans les comics. Et son découpage et son dynamisme sont au diapason avec l’histoire. En bref,si vous aimez Buffy,cet album est le meilleur album de Buffy en BD que vous pourrez lire. Si vous n’aimez pas Buffy et bien il y a de fortes chances pour que Fray puisse vous plaire car le contexte est radicalement différent et très reader friendly puisque Whedon réexpose les bases de sa mythologie de la Tueuse pour ceux qui ne connaitraient pas la blondinette de Sunnydale. C'est du pur Whedon : souvent drôle avec une louche d'action,une pincée de drame,un brin de cynisme aussi parfois et des personnages attachants qu'il soigne aux petits oignons. Foncez!

jeudi 26 août 2010

Star Wars Episode IX


Le dernier volet de la trilogie écrite par Timothy Zhan pour la saga Star Wars tient toutes ses promesses, et plus encore. Trahisons, manipulation, suspense et action. Le tout emballé plus finement que jamais dans l’univers SW. Ce que Lucas a raté, Zhan l’a réussi : les intrigues politiques sont implacables, complexes et pourtant fluides (vous avez compris facilement tous le préchi-précha de la « prélogie » vous ?) et les dialogues sonnent vrai contrairement à ce que Lucas écrit (pas étonnant que ceux sur lesquels il n’a pas bossé aient un meilleur niveau à ce niveau-là, Lucas est un mauvais dialoguiste…et c’est un fan de Star Wars qui vous le dit).

Ce qui distingue Zhan ce sont aussi les nouveaux personnages qu’il introduit auprès de ceux que l’on connait déjà. Ainsi il a apporté à cet univers un des personnages les plus charismatiques : Mara Jade, contrebandière et ancienne « main de l’Empereur ». Il ne faut pas se tromper, la véritable star de cet opus c’est elle. Ses tourments intérieurs dû à son allégeance à l’Empereur qui vacille, son envie de tuer Luke Skywalker plus pour se débarrasser du dernier ordre télépathique de son ancien maître que par véritable désir, mais aussi son alliance avec lui obligée par les évènements et l’envie d’empêcher l’éclatement d’une nouvelle guerre des clones ! Mara est la vedette de l’épisode et il n’y a pas à se plaindre, la pirouette finale lui permettant de se débarrasser de l’ultime commandement de l’Empereur est d’ailleurs très bien vue. On sent que Zhan a des plans pour elle…mais ça c’est une autre histoire. Que la Force soit avec vous !


ps : comme cette trilogie n'est en fait qu'une seule et très longue histoire,j'aurai sans doute dû critiquer l'ensemble plutôt qu'un volume à la fois...mais bon,tant pis hein :-p

mardi 24 août 2010

Le Monde ne suffit pas.

Un article sur le site internet du journal « Le monde » et titré : « Les super-héros sont des super-machos » a été porté à mon attention il y a très peu de temps. Il y est fait allusion à une étude de psychologues sur l’influence ( négative!) du super-héros actuel sur nos jeunes têtes blondes, et surtout nos têtes blondes mâles ! On aurait pu penser que « Le Monde »,journal prestigieux et sérieux aurait nuancé son article en interviewant d’autres psy, auteurs ou fans…bref variez les sources avant d’assener cela comme une vérité universelle bien connue et qu’une étude sérieuse vient enfin d’entériner !

Mais analysons les déclarations voulez-vous ?

Premièrement, le titre. Il n’est pas inutile je pense de rappeler ce qu’est le machisme et pour cela, rien de tel qu’un bon vieux Larousse : Idéologie fondée sur l'idée que l'homme domine socialement la femme et que, à ce titre, il a droit à des privilèges de maître ; comportement conforme à cette idéologie. Un être supérieur au sexe faible donc et qui ne se gêne pas pour le faire savoir et pour en exiger tout ce qu’il croit lui être dû de la part d’êtres inférieurs (les femmes donc).

S’il est supérieur à la femme, pourquoi porte-t-il des collants, accessoire ô combien féminin ? Plus sérieusement, l’archétype super-héroïque étant fortement calqué sur l’archétype chevaleresque (avec toutes les valeurs positives qui en découlent), comment peut-il seulement être envisagé qu’il soit macho, idéologie bien opposée à la chevalerie ? (oui, dans les faits, les chevaliers n’étaient sans doute pas irréprochables, mais je parle bien d’un archétype, pas d’un type).On pourrait sans doute, au travers du prisme déformant des comics des années 30 à 60, étudier l’image de la femme qui est renvoyée par les médias. Souvent sans emploi, un brin nunuche et dépendante d’un homme pour survivre. Mais il ne s’agit pas là d’une situation propre aux super-héros. Il s’agit de la situation de la société de ces époques, et donc de son reflet dans les comics dans le but de décrire un monde conforme (ou du moins très proche) du notre, pas d’en faire l’apologie. Au contraire, si Lois Lane avait besoin de Superman ce n’est pas tellement qu’elle avait besoin de lui en tant qu’homme…mais bien parce que cette casse-cou de première se mettait dans des situations pourries ! Et qui devait faire le ménage ? Superman ! Si ça ce n’est pas une situation inversée par rapport à l’image du macho ! L’émancipation féminine des années 60 à nos jours est bien intégrée dans les comics, toujours dans ce soucis de coller au monde actuel au départ avant d'aller de soi, le côté nunuche et mère au foyer s’estompera (ne minimisons pas le rôle des ligues féministes qui avec leur tact habituel ont sans doute bien fait preuve de pressions aussi, mais c’est un autre débat).




Le professeur Sharon Lamb (qui malgré son nom de famille ne reste pas silencieuse) nous dit qu’il y a une énorme différence entre les super-héros d’hier et d’aujourd’hui. Sur ce point elle n’a pas vraiment tort. Mais là où ça se corse c’est quand elle lâche que, je cite "il y a une énorme différence entre le super-héros des films d'aujourd'hui et le super-héros des comics d'hier. Le héros d'aujourd'hui est trop proche d'un héros d'action qui participe à un flot continu de violence, il est agressif, sarcastique et ne revendique quasiment jamais l'idée d'agir pour le bien de l'humanité. Quand ils ne sont pas dans leur costume de super-héros, ces hommes, à l'image d'Iron-Man, exploitent les femmes, étalent leurs richesses et traduisent leur virilité avec des armes surpuissantes".




Elle cite Iron-Man en exemple, alors penchons nous sur le cas de Tony Stark. Donc notre cher tête de fer participe à un flot de violences continu…l’action a toujours été un moteur des histoires de super-héros. Hier bien plus qu’aujourd’hui le héros devait affronter une menace physique à chaque numéro ! De nos jours, des auteurs comme Brian Bendis par exemple, se permettent de tenir un numéro de purs blabla (oui je sais, Bendis n’écrit pas Iron-Man, mais vu son rôle dans Avengers, ça compte pour moi !). Et le public suit. Parce que l’action ça va 35 ans mais après on s’en fout un peu. On veut les voir vivre, bouger, interférer ! L’action n’est plus le moteur, ce flux continu de violence, mais bien une conséquence que le héros recherche rarement ! Au contraire, le héros vivrait bien mieux sans ! Mais son devoir passe avant ses désirs ! Un grand pouvoir amène de grandes responsabilités.Si ça ce n’est pas faire de la pub pour l’abnégation, je ne sais pas ce qu’il lui faut !





Pour l’exploitation des femmes, là encore elle a dû sauter une guerre. Donc Tony exploiterait tellement Pepper Potts (son assistante rousse et sexy. D’ailleurs le nombre de rousses sexys dans les comics est assez élevé) qu’il la nomme PDG de Stark Enterprise dans le film Iron-Man 2 (avec le salaire qui va avec…et la répétition du laïus comme quoi sans elle il n’est pas grand-chose). Quel sale sexiste hein ? Et en plus ce sale riche ose se servir de son argent! Ensuite, je tiens à souligner que s’il y a certes un besoin sans doute inconscient de prouver sa virilité au travers de ses armes, 1° ce n’est pas énorme et 2°s’il montrait sa virilité de manière frontale, il serait considéré comme un pervers ! Faudrait savoir ce que vous voulez à la fin ! Mais si je pousse plus loin, Spider-Man n’a pas d’armes surpuissantes, juste de la toile qui lui sort des poignets…une toile que madame le professeur ne manquerait sans doute pas de nous faire remarquer qu’elle sort blanche, gluante et en abondance ! A ce stade, il convient peut-être de se demander si la pauvre n’a pas été traumatisée par un frère machiste qui lisait des comics. Mais de là à en tirer des conclusions de cause à effet.




De son côté, la journaliste aussi nous sort de jolies absurdités. Ainsi, les hommes sensibles d’hier ont été remplacés par des hommes forts. Je pose la question, ça ne serait pas l’inverse plutôt ? Là encore je cite « Comment oublier les difficultés d'un Clark Kent pour séduire la belle Loïs Lane, qui n'a d'yeux que pour son alter ego Superman. Peter Parker, alias Spiderman, n'a jamais abusé de ses superpouvoirs pour prendre les dames dans sa toile. » Alors, en prenant comme exemple les deux plus grands coincés du cul du monde des comics (et je dis ça tout en étant un fan de Spider-Man), elle fait preuve de partialité aberrante. Deux boy-scouts ne font pas une règle absolue. Ce respect absolu du pouvoir accordé ne se retrouve pas forcément chez les autres ! Prenons Wolverine par exemple. Mr Logan est l’exemple même de la virilité faite mutante : une confiance en soi absolue (faut dire qu’un pouvoir de guérison ça aide à être sûr de s’en tirer sans bobos !), des poils partout, un cigare énorme ! Des années durant, c’est sa façon d’être (qui parfois vous déplait) qui a séduit les femmes. Le Wolverine actuel est plus sensible, plus regardant aux désirs des femmes qu’il convoite, capable de pleurer (X-men 2 !, oui je parle beaucoup des films aussi, mais ils sont une composante importante de l’image du super-héros de nos jours !). Alors oui,notre mutant griffu fume comme un pompier...mais il est sans doute le seul sur cette terre qui ne risque pas le cancer en fumant et ça les lecteurs le savent "Wolverine a un facteur auto-guérisseur"! En gros : ne tentez pas ça,vous n'êtes pas comme lui !






On notera que l’existence des super-héroines, des femmes fortes et capables de mettre à terre John Rambo est complètement passée sous silence. Ou alors, et c’est assez étrange de la part des chercheurs, elles sont amalgamées à leurs collègues masculins ? Buffy est donc le modèle de machisme ultime, et quel mec ce Wonder-Woman. C’est passer sous silence que nous vivons une époque où on est en plein dans le "super-nanas qui ont des couilles" façon Sarah Connor ou Ripley dans Alien... On cause de Resident Evil aussi?









Lorsque Sharon Lamb déclare que les super-héros sont des monstres d’agressivités à la confiance en soi exacerbée, il devient clair qu’elle se base sur ses préjugés et non sur la lecture des comics actuels.
Pour moi, un monstre d’agressivité serait quelqu’un de complètement incontrôlable, prêt à en découdre à la moindre occasion, quitte à provoquer cette occasion : un beauf, un connard de base incapable de s’exprimer autrement que par les coups qu’il est capable de donner et d’encaisser. Le super-héros ce n’est pas ça !
C’est une métaphore ! Une métaphore sur le courage de se lever quand les autres ont baissé les bras !Ou de se relever quand on a été mis à terre! Une métaphore sur faire ce qui est juste quand l’injuste triomphe, et ce au mépris du danger, au mépris de l’image que l’on renvoie ! Une métaphore sur ce que l’humain peut avoir de meilleur en lui. Car même avec leurs défauts (qui peuvent être grands), ce sont leurs qualités qui nous font nous souvenir d’eux, qui nous font les admirer. Et lorsque les qualités l’emportent sur les défauts c’est le meilleur aspect de l’humain qui est magnifié. Parce que derrière l’avalanche de superpouvoirs irréalistes il y a autre chose. Il y a une idée. Une idée qui peut être naïve mais qui n’en est pas moins belle et merveilleuse. L’idée que le bien triomphe du mal. Que la lumière déchire les ténèbres. Que le combat des justes n’est pas un combat perdu d’avance.Qu'à la nuit la plus noire succèdera une journée des plus lumineuse. Que malgré les épreuves, les souffrances et les morts, l’homme est capable d’aspirer à un idéal, utopique sans aucun doutes, qu’il tentera d’atteindre au plus près que son imperfection lui permet. Mais aussi qu’il faut souvent se battre contre la vilénie pour y arriver. Le super-héros véhicule donc que l’ont peut triompher et se transcender mais uniquement si on se tire les doigts du cul ! Qu’importe les rebondissements commerciaux que les auteurs de comics ou de films incorporent dans leurs scénarios, au final c’est l’essence du héros qui nous imprègne et cette essence, si vous y êtes vraiment sensible, ne peut que vous influencer positivement ! Naïf moi ?...Peut-être. Mais au moins je sais de quoi je parle quand je me penche sur un sujet. Ce qui n’est pas le cas des psys ou des journalistes.







Ps : merci à Ash qui se reconnaitra pour son aide sur certaines vannes.

samedi 14 août 2010

Star Wars Episode VIII


"La bataille des Jedi" est le second volet de la trilogie faisant suite au Retour du Jedi. On se demande où le traducteur a été cherché le titre . Si en effet deux Jedi se battent à un moment dans le roman,ce petit accrochage ne justifie aucunement le titre de bataille. Le titre original était Dark Force Rising…et cela jouait sur les mots puisque la force sombre en question n’est pas forcément celle que l’on pense au départ…bref un mauvais point à la traduction.

Ce volet reprend juste après la fin de « L’héritier de l’empire ». Mara Jade et son patron contrebandier sont pourchassés par la flotte impériale. Et ce plus pour obtenir des informations de la part de Talon Kaarde que pour lui faire payer son aide à Luke Skywalker. Le dit Skywalker qui se rend près de Joruus C’Baoth,un jedi qui aurait survécu à la purge…mais ce dernier semble avoir perdu la raison et cache à Luke son pacte avec le Grand Amiral Thrawn,le dirigeant actuel de l'Empire. Pendant ce tamps,Leia essaye de retourner tout un peuple contre L’empire,et ce n'est pas gagné d'avance.

Timothy Zhan passe ici à la vitesse supérieure. Son premier volet était un volume de présentation : nouvelles situations, nouveaux personnages.On introduit tout ça dans une intrigue solide qui pose les bases et maintenant on peut enfin jouer avec toutes les pièces mises sur l’échiquier. L’enjeu ? Une force d’assaut perdues il y a des lustres et qui ferait bien les affaires de la Nouvelle République comme de L’Empire déchu. Un seul homme semble savoir où elle se trouve…et il est entre les mains de Thrawn. Pour le libérer, Mara n’aura d’autres choix que de chercher alliance avec Skywlaker,l’homme qu’elle veut assassiner. Le suspense d’une telle situation est halletant,les complots politiques autour du pouvoir républicains complexes et prenant. Pour peu on se croirait dans un thriller d’action situé dans une galaxie lointaine,très lointaine…le matériau de base de Lucas est ici sublimé par un auteur chevronné de science-fiction.

On notera cependant certaines incohérences avec la saga cinématographiques. Si les wagons sont parfaitement raccrochés avec les épisodes IV à VI , il n’en est pas de même avec les épisodes I à III. En effet,Zhan écrit sa trilogie au début des années 90 et rien de ce qui constituera l’histoire des épisodes se déroulant avant la Rébellion n’est encore connu (à part bien sûr qu’Anakin Skywlaker deviendra Dark Vador). Bref,la chronologie est un peu mise à mal,des évènements du passé révélés par Zhan n’étant pas les mêmes (quand ils ne sont pas carrément en contradiction totale avec les films des années 2000 comme la perte du bras droit de Vador qui est censée être arrivée après la bataille de la 1ere Etoile Noire...alors qu'il l'a perdu dans l'episode II : L'attaque des clones.). Le chapitre final du roman se termine sur un cliffhanger de malade,je vous retrouve donc très vite pour parler de « L’ultime commandement » !