lundi 3 juin 2013

Star Trek : Catch me if you Khan !

En 2009, la franchise vivotante qu’était Star Trek était ramenée sur le devant de la scène par J.J Abrams (Mission :Impossible 3, Super 8, Alias, Fringe,…je continue ou il faut que je développe ? ). 

Grâce à un tour de passe-passe spatio-temporel, Abrams revenait vers le Capitaine Kirk, Mr Spock et tout l’équipage de l’U.S.S Enterprise originel sans faire un remake ou une adaptation de la série des années 60.

À la fin du premier ( mais aussi 11me film ) , James T.Kirk devenait officiellement Capitaine du vaisseau et se lançait donc dans une mission d’exploration.

Le film démarre alors que notre équipage préféré termine une tâche ardue : sauver une civilisation ayant à peine découvert la roue de finir en poussière au pied d’un volcan. Le tout doit se faire sans que la peuplade ne soit au courant que des visiteurs de l’espace sont présent et ce pour respecter la directive première de Starfleet : ne pas interférer dans le développement d’une civilisation pré-spatiale (mais bon, tout ceci ne prend pas en compte le principe d’incertitude d’Heisenberg si vous voulez mon avis sur la question). 

Cette séquence d’ouverture aura des répercussions au cours de l’intrigue principale : un terroriste, John Harrison, réussit à faire exploser les archives londoniennes de Starfleet. Kirk réussit à se faire mandater pour le capturer alors qu’Harrison a fui en territoire Klingon, loin de la juridiction de la Fédération des Planètes Unies qui vit une guerre froide avec l’Empire Klingon depuis des décennies.




Je suis meilleur !
En quoi ?
En tout !

Ce dialogue, situé vers la moitié du film, définit ce second épisode de l’ère J.J Abrams. Pour faire une analogie simple et compréhensible par tout le monde, si Star Trek avait été La Guerre des Étoiles, alors Star Trek Into Darkness serait  presque L’Empire Contre-Attaque.



Ma comparaison n’est pas anodine : souvenez vous que ces deux films de la saga de Lucas étaient proches et pourtant terriblement différents ! 
D’un grand film d’aventure nous passons ici à une quête vengeresse de la part de Kirk contre un adversaire redoutablement fort et intelligent incarné par un Benedict Cumberbatch (Sherlock ) totalement habité par son personnage. Il donne raison au grand Alfred Hitchcock qui théorisait en affirmant que plus le méchant était bon et meilleur était le film  ( les exemples abondent : Le silence des agneaux, The dark knight, etc…) !



La dynamique est donc totalement différente. Mieux, la dynamique entre les personnages aussi est nouvelle : ils ont évolués ensemble durant un laps de temps indéterminé, créant des nouveaux liens d’amitiés mais aussi des habitudes de travail en équipe.

Cela renverse toute la mécanique : d’un film qui glorifiait un certain individualisme des moutons noirs à forte tête ( Kirk, Spock) qui arrivaient à triompher on passe à une dynamique de groupe tout autre et vouéée entièrement à la réussite de la mission et la survie du groupe. La somme des parties laisse place à un tout ! Ce détail est d’autant plus flagrant lorsque l’on observe la valse des officiers à divers postes sur la durée du long-métrage. Je n’en dis pas plus pour ne pas tout déflorer mais faites-y attention !



Les séquences purement spatiales sont aussi plus nombreuses. Si le premier film , renouant en filigrane avec l’esprit d’explorations aventureuses de la série, nous faisait visiter plusieurs planètes et civilisations, il est notable que cette partie est plus réduite dans cet opus. Et les plus longues séquences « à terre » se déroulent justement sur notre planète bleue. Et quelles séquences, dramatiquement poétique et portée par le piano de Michael Giacchino au début jusque l’apocalypse mécanique du final, notre petit lopin est le théâtre inattendu d’une portion importante de l’action du film.

Tant que je parle de Michael Giacchino : le compositeur attitré de J.J Abrams semble avoir pris goût à la citation musicale réfléchie. Après s'être rapproché de John Williams pour la B.O de Super 8 , il cite de temps à autres James Horner pour Star Trek : The Wrath of Khan...et semble dire à ces deux vétérans de la musique de films qu'il y a un nouveau shérif en ville ! 






Les scènes se déroulant dans le vide de l'espace sont bien entendus très impressionnantes : que cela soit des combats spatiaux rappelant les canonnades d’autrefois ou des poursuites en vitesse de distorsion (la vitesse lumière, en gros) en passant par des sorties individuelles dans le vide en espérant éviter des débris, le spectacle est assuré et les amateurs d’action pure en auront pour leur argent. 

Mais heureusement, de l’action, il n’y a pas que ça. Entre deux bouffées d’oxygène, les personnages s’exposent. Exposent leurs doutes, leurs failles mais aussi leurs forces de caractères et leurs aptitudes. L’humain est souvent au centre des œuvres de J.J Abrams. Le soucis récurrent ( dans ses films comme dans ses séries ) c’est qu’on a souvent l’impression  que ses personnages se dévoilent trop facilement à travers le verbe, expliquant un peu trop leurs affres. Une légère broutille mais qui saute aux yeux du cynique renfermé qu’il m’arrive d’être. Mais impossible de prétendre que les protagonistes de l’histoire n’ont aucune épaisseur sans être de mauvaise foi.



Et ces épais personnages sont plongés dans une intrigue redoutable de précisions. Les faux-semblants sont légions, les coups tordus aussi. Ce qui ne peut qu’augmenter le suspens ! Et quand un réalisateur arrive à vous faire ressentir du suspens, à vous faire vous accrocher à votre siège parce que vous vous en faite pour un personnage qui ne peut pas mourir si loin du générique de fin , alors on peut dire que le boulot est assuré au niveau des développements spectaculaires de l’histoire.  On regrettera une ou deux facilités scénaristiques pour arriver à certaines situations mais là encore, elles sont minimes et absolument pas gênantes. 

Comme tout bon film de SF se doit de le faire, Star Trek Into Darkness questionne notre présent en se dissimulant derrière le filtre du divertissement futuriste. Bien que plus en filigrane que dans les autres œuvres associées de la franchise, ces questions n’en demeurent pas moins présentes. Hors, un filigrane, dès qu’il est sous un certain angle, n’est pas moins visible que les autres motifs de la toile !

Enfin, les clins d’œil, citations référencées et référentielles à un épisode ou l’autre de la saga cinématographique sont légions et sont une valeur ajoutées pour le fan de la saga. Les dialogues et les situations en miroir par rapport à un certain film des années 80 sont savoureux mais surtout, surtout, ne sont pas opaques pour le spectateur néophyte ! Ce qui porte le néophyte est tout autant une caresse dans le sens du poil pour le connaisseur ! Et ça mes amis, ça se nomme de l’orfèvrerie scénaristique ! 

Un petit mot sur la 3D convertie du film.Soit je me fais vieux et je me ramollis soit nous sommes bien en face d'une 3D convertie avec soin et presque indiscernable d'une 3D native ! Un joli travail qui ne vient jamais gâcher l'image ou le montage.

Bref, en un mot comme en cent : foncez ! Foncez prendre un ticket pour une promenade (mais pas de santé) dans les étoiles .Foncez hardiment là ou personne n’est allé auparavant !




dimanche 2 juin 2013

Mauvais sang.

Plus ou moins un an après la parution d’un premier tome, Urban Comics revient au vampirisme avec le second opus de sa collection «  American Vampire :Legacy ». Cette collection reprend en fait les minis-séries annexes à la série mère «  American Vampire ». 

Scott Snyder continue donc d’explorer son petit monde à travers les aventures des chasseurs de vampires (contre le regard des vampires Skinner Sweet et Pearl Jones dans la série principale).

1954. Londres. Le siège londonien des Vassaux de Vénus, l’organisation anti-vampire, est attaqué. 
Les assaillants ont volé le contenu d’un coffre fort ultra-sécurisé. 
À l’intérieur se trouvait le cercueil d’un vampire redoutable, premier de sa race et capable d’asservir à sa volonté les vampires de son genre : les carpatiques ! 
À Paris, Felicia Book mène une vie rangée avec son fils adoptif, Gus, enfant de feu Cash McCoogan. 
Elle essaye tant bien que mal de lui cacher qu’il fut infecté du virus du vampire américain étant bébé et qu’elle a sacrifié le remède qui l’aurait délivrée de son statut de dhampire ( si si, ce terme existe ! ) pour qu’il puisse avoir enfin une vie humaine ( techniquement, Gus a 18 ans mais il n’en fait que 12-13 ans : il peut enfin vieillir ! ).
 Son ancien supérieur la retrouve pour l’aider à retrouver le cercueil. La véritable identité du suceur de sang glace celui de Felicia : il s’agirait de Dracula…

Enfin, du vampire qui inspira Dracula. Car Snyder va ici décortiquer certains points du livre de Stoker  et de l’histoire anglaise en les assaisonnant à sa sauce.

Scott Snyder est peut-être ce qui est arrivé de plus rafraichissant au mythe du vampire ces dernières années. Professeur de littérature à l’Université de New-York, l’homme connait ses classiques et va , dans sa série, trouver le moyen de faire cohabiter les diverses incarnations des vampires grâce à une idée toute simple : l’évolution ( la théorie de Darwin, pour ceux du fond près du radiateur). Guère étonnant que depuis quelques temps maintenant il se soit attaqué à une autre chauve-souris géante : Batman !




Cette mini-série va éclairer le lecteur sur le pourquoi de la prédominance de la race carpatique sur Terre : ça c’est pour le côté pratique. Pour le côté « plaisir de lecture », Snyder va nous balader dans un récit haletant, lorgnant sur l’horreur bien sûr mais aussi sur l’espionnage et l’action. Un cocktail détonnant et plaisant qu’un soupçon de suspens viendra relever. Impossible de lâcher le livre avant la dernière page tant Snyder nous entraîne dans son univers avec une aisance rare. Les personnages principaux continuent de s’étoffer, leur histoire ( tragique ) est révélée et leur destin , pas toujours enviable, va prendre des chemins parfois dramatique.

Aux dessins, nous retrouvons non pas Sean Murphy comme dans l’opus précédent mais Dustin Nguyen. Lui aussi a pendant un temps mis en images les aventures de Batman, tout se recoupe. Son style à la limite du cartoony et du réalisme prend ici une autre dimension par les tonalités de couleurs utilisées. De plus, certaines cases sont colorisées par le principe de l’aquarelle et cela donne un effet remarquable aux scènes, souvent historiques, de l’histoire. Son découpage est fluide et permet de suivre l’intrigue sans temps morts.





Bref, en attendant qu’Urban réédite les deux premiers tomes de la série mère (et le troisième dans la foulée , en juin ), « American Vampire Legacy » est le palliatif parfait. Les vampires sont de retour, ils ont les crocs et l’hémoglobine refait enfin son apparition dans un récit de buveurs de sang !!! Plus qu’une lecture conseillée, une lecture obligatoire !!! 

mardi 28 mai 2013

Django , déchaînez-vous !

À l'occasion de sa sortie en dvd et blu-ray, retour sur le dernier film écrit et réalisé par Quentin Tarantino !

Après avoir rendu hommage à des genres qu’il pouvait transposer à l’ère actuelle, Quentin Tarantino a commencé, avec Inglorious Basterds (2009) , à s’attaquer à des films de genres complètements dépendants de l’époque à laquelle ils se déroulent. Après « le film de guerre  40-45», QT s’attaque aux westerns, qu’ils soient américains ou spaghetti al dente et bolognaises ( ah si, vu la quantité de sang dans le film, il a clairement envoyé la sauce ! )

Le Dr King Shultz, un dentiste reconverti en chasseur de primes, est à la poursuite de trois truands. Sa seule piste est un témoin : Django. Problème, Django est un esclave du sud des États-Unis quelques années avant la Guerre de Sécession. Schultz retrouve Django avant qu’il ne soit vendu et lui propose un pacte : l’aider à trouver ses cibles et il rendra sa liberté à Django. Les deux hommes se mettent donc en chasse et deviennent amis. Ils forment une équipe d’exception sur diverses missions et lorsque Django décide de retrouver sa femme de qui il a été séparé, notre ex-dentiste se joint à lui.

Un Quentin Tarantino, c’est toujours un événement en soit. Parce que l’homme a parfaitement compris les mécanismes de narration des films et qu’il possède en outre une culture cinématographique à faire pâlir d’envie n’importe quel cinéphile un tant soit peu sérieux !



Django Unchained est différent des autres films de Tarantino. En effet, si le film est encore clairement divisible en séquences, Quentin Tarantino laisse tomber son découpage sous forme de chapitres, découpage qui l’accompagne depuis ses débuts ! Sa verve et son sens des dialogues sont toujours aussi aiguisés mais les répliques cultes et les lignes d’humour fins mais à l’effet explosif ont-elles aussi disparues.  Comme si le sujet grave au centre de son film, l’esclavagisme, avait pris le pas sur le verbeux du cinéaste. Néanmoins, on parle de Tarantino et si les dialogues sont en dessous de ce à quoi il nous a habitué, nous restons quand même plusieurs crans au dessus de la concurrence !

Et ces dialogues sont joués par des acteurs très en formes. Jamie Foxx a une classe folle mais reste assez classique. C’est du côté de Christoph Waltz et de Leonardo DiCaprio qu’il faut chercher pour prendre son pied. Le premier ,en passant d’un chasseur de juifs à un chasseur de primes , reste dans le domaine de la traque d’humains mais dont les motivations sont tout à fait différentes. Doté d’un caractère affable et d’un bon fond, son personnage attire la sympathie dès les premières lignes de dialogues. DiCaprio , quant à lui, semble s’amuser comme un fou à jouer les salopards finis ! Samuel L.Jackson campe le secrétaire de DiCaprio, un esclave plus esclavagiste que le Ku Klux Klan et complètement exécrable !



Si le film souffre de quelques longueurs ( 2H43 de métrage ) , il n’en reste pas moins un très joli spectacle visuel. Outre une photo soignée, certaines images sont d’une beauté graphique étonnante  (le sang giclant dans le champ de coton, les couchers de soleil).
Le montage s’offre quelques surprises, comme un flash-back calme en pleine chevauchée (et nous valant une scène savoureuse sur les encagoulés du sud ).
La mise en scène et la réalisation sont bien entendues soignées et confèrent au film une ambiance, si pas follement originale, tout à fait palpable d’histoire tragique dont le dénouement se fera dans le sang, les larmes et la violence.




Car arrivé aux moments de bravoures, Tarantino va faire parler la poudre comme il a jadis fait parler le sabre Katana dans une scène interminable de fusillade où le rouge deviendra la couleur principale sur l’écran ! Et si les scènes de palabres sont parfois un peu longues,sa maîtrise formelle de la mise à mort est une fois de plus comparable à un opéra sanglant. Un Dies Irae monumental prenant aux tripes et qui ne vous lâchera qu’une fois la dernière note jouée !
Moins jusqu'au-boutiste dans sa démarche qu'Inglorious Basterds, Django Unchained n'en reste pas moins un bon gros morceau de cinéma qu'il serait mal avisé de dédaigné malgré ses quelques lourdeurs.


D’un point de vue technique, le blu-ray est une merveille. L’encodage est un sans faute et l’image proposée ici est un ravissement pour les rétines ! Les oreilles aussi en auront pour leur argent puisque les rendus sonores sont parfaitement rendus. Attention toutefois à ne pas pousser le volume trop loin, vos voisins pourraient appeler les flics , pensant qu’une fusillade se déroule dans votre salon. Les bonus sont par contre d’une pauvreté affligeante et on se demande bien pourquoi Tarantino n’intervient pas plus et dans plus de documentaires pour nous parler de son film et de ses influences. Une déception terrible à ce niveau !

dimanche 19 mai 2013

Mais elle n'aime rien cette fille !


Elle nous avait lâché l’info dans cette interview il y a quelques mois, c’est désormais chose faite : Myriam Leroy sort son second bouquin, toujours aux éditions Renaissance du livre.

Encore une fois, il s’agit d’un recueil/best-of d’une chronique hebdomadaire qu’elle tenait à la radio,ici Pure FM. Elle a tenu cette chronique deux années durant, avant d’être remerciée car les coups de gueule n’étaient plus au programme à l’avenir : lissons le paysage audio-visuel et vivons au pays des bisounours !

Mais plutôt que de zieuter au microscope anthropologique un certain type de la population comme les bobos, Mlle Leroy dézingue allègrement  dans la joie et souvent la bonne humeur d'une mauvaise foi assumée, tous les sujets sensés mettre les gens d’accord. Inception, Intouchables, les vacances, les enfants, Game of thrones etc…tout y passe.

Dans un style bien à elle, plein de références belgo-belges ( charité bien ordonnée) ou pop-culturelles , Myriam Leroy nous entraîne dans un tourbillon de défauts évidents (enfin, plus ou moins : mauvaise foi, vous vous rappelez ? ) , de coup de couteau dans le politiquement correct, de TNT dans l’avis général !
Certes, elle enfonce parfois des portes ouvertes (mais pas ouvertes pour tout le monde ) mais n’oublie jamais de quand même forcer la serrure avant …quant aux portes fermées, elle les arrache pour allumer le bûcher des sujets de ses vaticinations.

Son petit livre (125 pages ) s’ouvre sur la lettre d’une mère de famille voulant s’opposer à la sortie de l’ouvrage, parce que donner son avis oui, mais un avis négatif, « c’est vraiment trop méchant pour le monde », le tout avec les fautes de syntaxes et d’orthographe lancées comme ça, sans prévenir. Au milieu de l’ouvrage, un festival : menaces de morts, insultes, appels au suicide, j’en passe et des meilleures (là encore, les fautes de français font mal aux yeux).

Myriam Leroy se fait défoncer par des personnes sectaires qui ne supportent pas la remise en question où que l’on ose toucher à ce qu’ils aiment ( car ça serait les attaquer eux ? Sectaire vous dis-je ! Et le premier qui dit que je suis comme ça avec Steven Spielberg ou Christopher Nolan se prendra un coup de machette dans les couilles et devra les bouffer une par une, compris ? ). 




Alors que le tout est nappé d’un second degré que l’on pourrait découper au couteau tant il est visible. La meilleure preuve ? La dernière chronique s’intitule « Myriam Leroy n’aime pas Myriam Leroy ». Mieux, ceux qui la suivent sur Twitter savent qu’il s’agissait aussi bien souvent d’un jeu littéraire ! Combien de fois, paniquée le lundi matin, ne demandait-elle pas à ses petits followers qui l’aiment dans leurs cœurs de beurre s’ils n’avaient pas un sujet de chronique pour elle car l’échéance du mardi approchait ?

Vous savez quoi ? La moitié de ce bouquin descend des choses que j’aime…et pourtant j’ai rigolé (ou parfois juste souri) à chaque chronique. Parce que c’est drôle, frais, joliment écrit et que bordel, être méchant, même par procuration, ça fait un bien fou. Et rien que pour ça, j’aime que Myriam Leroy n’aime pas !


Et petit bonus : Myriam Leroy n'aime pas la France !

lundi 13 mai 2013

S'il était si bien surveillé, comment ils ont fait pour le laisser filer ?


Si ma génération ( les pré-trentenaires, et oui ma petite dame) ne considère sans doute plus Robert Redford comme LE fantasme absolu ( et son fils spirituel, Brad Pitt, est lui aussi en train de perdre cette aura), il n’en reste pas moins que l’acteur/réalisateur arrive encore à monter des projets sur son simple nom : signe qu’au-délà du sex appeal, il y a aussi une bonne dose de talent, chose qu’il n’a plus à démontrer depuis…Pffiou, sans doute avant ma naissance.

Il revient avec ses deux casquettes principales (acteur ET réalisateur)  avec le thriller The Company You Keep (traduit en français par le quelque peu hors sujet Sous Surveillance ).
À la fin des années 60, un groupe anti-guerre du Vietnam voit une de ses factions se radicaliser violemment. Des bombes sont posées dans des bureaux gouvernementaux. Leur action se terminera lors d’un braquage de banque mortel : les auteurs disparaissant dans la nature, sans laisser de trace. 30 ans plus tard, Sharon Solarz, femme au foyer sans histoire, se fait arrêter par le F.B.I. pour son implication dans le hold-up de la banque.

Son arrestation va lancer un jeune journaliste arrogant et un brin arriviste, Ben Sheppard, sur les traces des autres membres du groupe. Très vite, il va découvrir et publier l’histoire de Jim Grant, un avocat veuf et père d’une fille de 11 ans, qui se trouve être en réalité Nick Sloan, un membre supposé de la bande. Sous le feu des projecteurs, Grant disparaît. Le F.B.I se lance à ses trousses ainsi que Sheppard, seule personne chassant Grant pour trouver plus qu’un fugitif : la vérité !

Si l’on se penche un peu sur la carrière de Redford en tant que simple réalisateur, on distingue vite que ses thèmes de prédilections sont l’histoire américaine et les mythes modernes de son pays. Il n’est donc guère étonnant de retrouver ses deux aspects dans ce film. La période trouble de la guerre du Vietnam est un terreau encore fertile pour lancer une intrigue et la figure emblématique du journaliste lancé dans une quête de vérité et de justice est un archétype qui n’est pas prêt d’être usé, surtout aux USA où le 4me pouvoir jouit de toute une mythologie bien ancrée par des années de fictions cinématographiques, télévisuelles et romanesques sur le sujet !



Ce long-métrage possède en réalité deux rôles principaux :
-Jim Grant, joué par Redford himself (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ), lancé dans une course poursuite pour échapper aux agents fédéraux à ses trousses. L’acteur a encore de sacrés restes, priez pour être aussi bien conservés à son âge avancé (il va sur ses 77 ans mine de rien).
-Ben Sheppard, journaliste brillant mais en quête de scoop quel qu’en soit le prix, clé du succès pour garder son job même si le prix humain est élevé. Il est interprété par Shia LaBeouf qui démontre que oui, il sait jouer la comédie et même autre chose que les gentils ahuris se frittant avec des robots géants venus de l’espace.

Si tout l’aspect thriller est assez convenu dans son déroulement et dans sa résolution, il n’en reste pas moins très efficace et prenant. Les acteurs sont convaincants et les dialogues suffisamment bien écrits pour couler naturellement. La mise en scène est elle-aussi assez classique ainsi que la réalisation : pas de grandes envolées de caméras ou de mouvements complexes à mettre en œuvres. Et la majorité des dialogues sont présentés en champ/contre-champ, à quelques variations près.



Mais  , dans ce canevas classique, on trouve sans aucun doute ce qui a attiré Robert Redford sur le projet au delà des thèmes de bases qui font son cinéma. Car le film, subtilement, au travers des dialogues et des relations entre les personnages, fait apparaître toute une série de questions pertinentes : peut-on justifier la violence, quelle part de nous-mêmes peut-on perde en laissant derrière soit son identité, que reste-t-il des idéaux de jeunesse quand l’ont devient adulte ? Des questions passionnantes auxquelles Redford ne répondra pas car il n’y a pas de réponses claires et définitives. Et il a le bon goût de ne pas imposer ses pensées.

Pour les cinéphiles, les destins de Grant, pourchassés par le gouvernement et de Sheppard, en quête d’une histoire explosive, renvoient directement à deux films dans lesquels Robert Redfort tenait le premier rôle : Les trois jours du condor et Les hommes du président (ou accessoirement La Classe Américaine. Oui mon petit Lio, j’ai osé !). Ce dernier film explique sans doute pourquoi le personnage de Shia LaBeouf , au départ assez antipathique, acquiert plus de profondeur au fil de l’intrigue. J’imagine en effet très mal Redford cherchant à taper sur un journaliste qui décide de faire son boulot correctement en sortant de ses confortables pantoufles rembourrées !



Plusieurs gueules du cinéma anglo-saxons actuels et passés ont accepté de jouer , parfois 10 minutes, pour Redford. Cela va du très bon Stanley Tucci à des pointures comme Susan Sarandon ou Nick Nolte ( et je ne cite que ceux-là : le nombre de visages connus et assez hallucinant, surtout quand on a pas lu l’affiche avant, ce qui était mon cas : la surprise était totale et très agréable).

Néanmoins, ces questionnements et ces références cinématographiques masquent parfois mal les défauts flagrants du film. Si Robert Redford a encore de très beaux restes, il est à la limite de l’incrédibilité en homme sensé avoir quoi, la soixantaine ? Ensuite, la temporalité du film est étrange. Si les événements du film se situent 30 ans après des faits survenus en 1969 ( ce qui semble être confirmé par l’âge approximatif d’un des personnages nés plus ou moins à cette époque ) alors toutes les références à Google, Facebook et Twitter sont complètements anachroniques. Idem pour les technologies des téléphones portables et tutti quanti !



Au final, The company you keep, est un thriller parfois un peu bancal dont les principales qualités arrivent de justesse à contrebalancer des défauts quelquefois assez flagrants et qui vaut plus pour le questionnement qu’il devrait provoquer chez le spectateur que pour son intrigue à proprement parler. Mais faire penser et réfléchir  son auditoire n'est pas donné à tout le monde et reste l'un des tours de force les plus frappants dont est capable le cinéma avec un grand C ! Et rien que pour ça...

vendredi 3 mai 2013

L'homme de fer, l'homme à tout faire.


Changement de réalisateur pour la saga Iron-Man au cinéma. Adieu Jon Favreau, acteur comique de second plan recyclé de lui-même en réalisateur et bonjour Shane Black, réalisateur/scénariste du très bon Kiss Kiss Bang Bang (avec un certain Robert Downey Jr, tiens tiens ) en 2005, son premier film. Alors ce changement est-il salutaire ? Oui, indéniablement oui !

Kiss Kiss Bang Bang, c’était le film de la résurrection pour Robert Downey Jr. Celui qui lui a remis le pied à l’étrier après une traversée du désert monumentale. Souffrant de problèmes d’addictions, Downey a vu Hollywood lui tourné le dos. Il a repris sa vie en main grâce à des années d’efforts. Et Shane Black lui a offert de revivre sous les projecteurs ! Pourquoi aller rechercher un acteur tel que Robert Downey Jr pour son premier film ? Pour être certain de faire le buzz ? Pas si sûr non, car Shane Black lui-même revenait de l’enfer, ces deux là étaient fait pour se relancer mutuellement !


Car si son nom ne vous dit rien,les films qu’il a scénarisés vous sont connus et pas qu’un peu.  L’arme Fatale et L’arme fatale 2, c’est lui ! Avec son dosage presque parfait d’action violente, d’humour (souvent cynique) et d’introspection du héros, Black a crée un nouvel archétype dans le cinéma. Parce que sans Martin Riggs, pas de John McClane ( Die Hard ) voire même de Stanley Goodspeed ( Nicolas Cage dans The Rock ).

Shane Black est donc vite remarqué par les studios qui changent les règles. Très souvent, un studio achète un scénario à un prix raisonnable et le fait retravailler par d’autres auteurs pour arriver à un résultat (parfois très éloigné du script acheté) qui lui convienne. Black devient un chouchou illico presto, on achète ses scénarios lors d’enchères à des prix mirobolants. Le dernier Samaritain, Au revoir à Jamais et Last Action Hero le rendent riches. Mais ce succès, loin de lui monter à la tête, le rend dépressif. Et les crashs consécutifs de Last Action Hero et de Au revoir à Jamais en rajoutent une couche. 
Dès lors ( dans les années 90 ), Shane Black n’est plus sollicité pour écrire , il ne reçoit même plus de coups de fil pour Noël. Son «  trésor » de guerre lui permet de vivre plus ou moins correctement même s’il est parfois obligé de louer sa maison pour des tournages les mois où aucun royalties ne tombent. C’est petit à petit qu’il se relèvera. Et en 2005, Hollywood assiste à sa renaissance en compagnie d’un acteur génial !



Iron-Man 3 est son second film, en 8 ans.

Avant d’entamer la critique à proprement parler, j’aimerais définir quelques notions si vous le voulez bien !
Univers Marvel : Monde de BD remplis de super-héros qui existe depuis plus de 50 ans.



Ultimate Marvel : Monde de BD remplis de super-héros qui existe depuis plus de 10 ans. Il s’agit d’une remise à zéro des concepts les plus vendeurs de Marvel mais qui démarraient vierges de toute continuité trop lourde, pour que de nouveaux lecteurs se familiarisent avec les héros Marvel sans être dégoûtés de louper toutes les références. Cette réinterprétation est plus qu’un remake mis à niveau de l’époque puisqu’elle ne reproduisait pas toujours les mêmes schémas et jouait avec les connaissances supposées du lecteur.



Univers Marvel Studios au ciné : Monde de fiction cinématographique vieux de 5 ans ( Les X-Men et Spider-Man sont apparus avant mais les droits appartenaient aux studios Fox et Sony ) . Ce monde est une réinterprétation dans un autre média, une sorte de Ultimate Marvel Ciné qui se nourrirait des deux univers vendus dans les comics.



Fanboy : dévot presque sectaire qui aime les comics de façon religieuse et qui ne supporte pas qu’un détail même minime soit changé dans les réinterprétations cinés mais qui le prend avec le sourire et émerveillement quand il s’agit de la version Ultimate imprimée sur papier. 
Le fanboy est un troll des forums qui se croit légitime car il agit en bande semi-organisée. Et je préviens tout de suite : je refuse d’engager le débat avec des fanboys incapables de faires la différence entre comics et "art de la mise-en-scène" : laissez un commentaire à vos risques et périls.

Ces notions sont destinées aux néophytes qui vont voir les films sans connaître les comics ou le monde dangereux des forums du net , car elles reviendront dans cette critique.

Les USA subissent les assauts d’un terroriste qui se fait appeler le Mandarin ( Ben Kingsley). Ce dernier a lancé de multiples attaques contre des intérêts américains. Le Président a mis sur le coup War Machine (l’armure grise dans Iron-Man 2), rebaptisé Iron-Patriot et repeint aux couleurs du drapeau. Le pilote, James Rhodes (Don Cheadle) est un ami de Tony et lui fait savoir qu’Iron-Man n’est pas demandé, c’est une opération militaire et les super-héros sont priés de rester à l’écart . Mais quand un ami de Stark se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, Tony, fou de rage, lance un défi au Mandarin, lui promettant de le tuer et de finir par lui donner son adresse personnelle. La réaction ne se fait pas attende, Stark est attaqué et supposé mort.




Avant toutes choses, sachez que ce film est en réalité plus une suite à Avengers (autant dire que ça part très mal donc ) qu’à Iron-Man 2. En effet, la dernière aventure de Tony Stark n’a pas eu lieu dans le dernier film centré uniquement sur ce héros. C’est donc dans ce film-ci que Tony Stark va devoir gérer les conséquences psychologiques des événements survenus à New-York où il a failli mourir lors d’une invasion alien bidon et indigne du cinéma bollywoodien  ( bollywood : le hollywood indien, cheap et kitsch même de nos jours ,alors que rien que grâce aux ventes en Inde, ce cinéma rapporte plus que le cinéma américain) ! 

Mais on peut se demander pourquoi il ne demandera pas l'aide de certaines de ses connaissances. Si dans les comics, chaque héros possède une galerie de vilains qui lui prennent du temps et donc l'empêche d'aller résoudre les soucis des autres, il n'en va pas de même dans cet univers de cinéma qui voit plus de héros dans les rues que de menaces ( ce qui laisse donc vachement plus de temps pour filer un coup de pouce aux copains!!!!).

Tony Stark nous compte des événements survenus en 2000 et nous précise que ceux-ci allaient donné naissance aux démons de sa vie future. Et c’est sur cet aspect que le film sera vraiment lancé. Les aventures en tant qu’Avengers ne concerneront pas l’intrigue principale mais bien la psyché de Stark : sa prise de conscience de l’existence des aliens, des dieux et autres joyeusetés trouble cette homme rationnel et scientifique ! Il ne dort plus et passe son temps d’insomnie à travailler sur ses armures, quitte à un peu laisser de côté sa petite amie. De 7 armures conçues sur 3 films, Stark passe dans cette quatrième aventure à…42 !



Malgré les changements de scénariste et de réalisateur, le film ne marque pas une coupure dans la saga. Shane Black ne se pose pas en conquérant cherchant à tout prix à marquer son territoire. Non, il se place dans la continuité de ce qui a été fait avant lui tout en cherchant à hausser le niveau, ça s’appelle le respect. Le respect pour le travail des autres et le respect pour le spectateur qui vient chercher ce qu'il avait aimé tout en espérant être surpris !
N’allez pas pour autant croire que les changements ne sont pas là, ils sont bien présents !

Dès l’ouverture du film, le ton est donné : AC/DC a disparu. Pas d’effet facile musicalement pour mettre dans l’ambiance, Black nous y plonge par le dialogue et les situations. 
En 5 minutes il a exposé le tempérament de Stark et posé les bases des problèmes qui viendront le tourmenter durant le film. L’un de ses problèmes étant le fameux virus EXTREMIS bien connus des lecteurs de comics. Le mode de fonctionnement diverge de son équivalent papier mais les bases restent les mêmes. On regrettera que ses effets changent d’intensité d’un individu à un autre. Idem pour le personnage du Mandarin : les fanboys vont hurler à la trahison et détesteront le film pour ce simple détails sans se soucier du reste du métrage. Hors, ceci est une adaptation. Une adaptation c’est la traduction d’une œuvre vers un autre type d’œuvre. Et TOUS les traducteurs du monde vous le confirmeront : traduire c’est trahir ! Mais est-ce vraiment une trahison et non un jeu ? Le spectateur lambda est vierge de toutes données sur Le Mandarin et le lecteur de comics croit tout savoir. En trahissant, Shane Black ne met-il pas tout le monde au même niveau ? Ne réussit-il pas à surprendre tout le monde ? La réponse est : oui ! 
Et c’est là le plus important ! Car il s’agit d’un film. Le cinéma est un média de masse et le film se doit de parler aux gens et non pas à une petite caste d’érudits qui veulent voir un comics sur grand écran. Bin lisez-en , au cinéma on projette des films ! 
Je n’en dirai pas plus, mais sachez que Ben Kingsley livre ici une prestation mémorable dans le rôle du Mandarin et l’on sent tout le grand plaisir qu’il a pris à être sur le plateau du tournage ( ce qui lui arrive rarement, il avoue lui-même juste encaisser le chèque quand le projet est mal engagé.), presque autant que dans le Hugo de Scorsese ! Il a le regard brillant de l'homme qui aime ce qu'il fait , et c'est comnunicatif !




La grande qualité d’Iron-Man 3 c’est d’avoir diminué drastiquement, voire même carrément gommé, la majeure partie des défauts d’Iron-Man premier du nom quand le second volet les avaient amplifiés au delà du bon sens. Premièrement, le scénario étant terminé AVANT le tournage du film, les acteurs ne peuvent ( ne doivent ) plus improviser en tentant de garder le cap du film. 
Black est avant tout un scénariste et donc protège son bébé de scénario. Robert Downey Jr ne doit donc plus en faire des caisses ni des tonnes (ni des tonnes de caisses) pour compenser la vacuité de certaines séquences (ne redoutez rien, il reste très expansif). 
Les répliques font mouches (à défauts d’être cultes ) et l’humour reste très présent mais sans phagocyter le film. Il est là, il y en a beaucoup mais encore une fois il ne s’agit pas de faire rire pour cacher le vide. Les personnages ont de la répartie et quand l’humour provient d’un élément qui ne fonctionne pas, cela relance la machine dramatique (un peu comme dans Mission :Impossible Ghost Protocol  quand le matériel déconne et que le corps accuse le kilométrage !Drôle sur le moment mais galère galère pour le héros ).

Le tout fait penser aux films des années 80 et du début des années 90 mais réalisé avec les moyens actuels. On retrouve certaines situations, comme celle de voir un mioche aider le héros ( sans que cela soit crispant…année 80 quoi ! ). On voit aussi que Shane Black utilise certains de ses gimmicks habituels : l’ambiance de Noël et un final dans un port ( Arme fatale 1 et 2 ), la destruction de l’imagerie Hollywoodienne ( qui était au centre de Last Action Hero et qui se focalise ici sur une séquence au Chinese Theater de L.A, haut lieu hollywoodien : google est votre ami pour en savoir plus, je vais pas toujours vous mâcher le boulot non plus ! ) ou alors la dynamique du buddy movie : le héros n’est jamais vraiment seul à agir. Martin Riggs avait Roger Murtaugh, Tony Stark, lui, changera de partenaire au fil du film et des péripéties.



L’une des incohérences flagrantes du scénario, à savoir une armure déchargée alors que la plaque thoracique de Stark est supposée alimenter ses armures, nous permet de mettre Tony au cœur de l’action mais en étant bien plus exposé ! Et là, il va devoir monter qu’il est un vrai génie capable de tirer parti de son environnement  pour s’en sortir et pas juste un type très intelligent en armure. Ce qui n’enlève rien au suspens ni au sens du spectaculaire, la fin étant un joli morceau de bravoure avec son ballet des armures.

Néanmoins, Iron-Man 3 n’est pas un chef-d’œuvre. Déjà parce qu’il revient de loin cinématographiquement parlant, ensuite, parce que Shane Black a beau être plein de bonnes intentions, ce  n’est que son second film et il n’a pas encore tout à fait la main : personne ne passe d’un bon polar noir à une grande machine de guerre (oui fans de comics, il y a un jeu de mot) comme ça à moins de savoir s’entourer comme il faut ( genre Sam Mendes sur Skyfall ) et le studio ne lui a clairement pas laisser faire sur ce coup-là. Il admettait lui-même en interview qu’il y avait 100 bonnes idées à exploiter pour ce film et que Disney en avait rejeté 25 et Kevin Feige, le big boss de Marvel Studios, en avait rejeté le même nombre également.  
Enfin, si le menace est plus originale dans son traitement du terrorisme que l’habituel  « Moyen-Orient dangereux et Américains tous vertueux », on a du mal de s’en faire pour les personnages même quand ceux-ci peuvent être sacrifiés (certains personnages sont interchangeables alors que Tony , Pepper et Rhodey ne risquent pas grand-chose). 

La musique de Brian Tyler assure le job mais ne restera pas dans les mémoires à la sortie de la salle. Tyler est le troisième compositeur consécutif sur la saga. Saga qui manque cruellement de cohérence musicale, hors la musique donne toujours un peu d’identité. Et si cette identité est mouvante…
Enfin, la 3D est un gadget qui ici ne sert strictement à rien mais qui a le bon goût de ne pas gâcher la luminosité des plans, ce qui est appréciable lors des séquences de nuit qui restent compréhensibles, ouf.




Pour faire court : Iron-Man 3 est un excellent pop-corn movie bien moins crispant que les deux premiers opus qui ne reposaient que sur Robert Downey Jr et l’esbroufe des images de synthèses (et un peu les formes avantageuses de Scarlett Johanson dans le second volet puisqu’à la moindre occasion le réalisateur faisait un gros plan sur le postérieur de la demoiselle ou sur son soutif, au choix.Cruelle régression pour une actrice qui ne misait pas tout sur son physique, mais je m’égare). 
Rythmé, drôle, agréable à l’œil et doté d’un casting solide en plus de l’habituelle Gwyneth Paltrow, nous avons Rebecca Hall et Guy Pearce (parfois en train de sur-jouer, il est vrai), qui arrive à cacher les incohérences minimes mais bien présentes.




Iron-Man 3 marque peut-être l’envie de Marvel d’aller vers autre chose que seulement exploiter son catalogue, en allant chercher des auteurs plus intéressants qu’intéressés ( Jon Favrau était un fan d’Iron-Man mais un piètre conteur, Black c’est l’inverse ). Petite incongruité, le film, d'une durée de 2H10, est 12 minutes plus long en Chine, certaines scènes avec des acteurs chinois ayant été tournées spécialement pour ce marché spécifique. Il est probable (mais pas certain) que ces séquences seront disponibles sur le Blu-ray du film qui devrait sortir fin août-début septembre.




En sachant que Robert Redford a accepté de jouer dans Captain America : the winter soldier qui sortira en 2014 parce qu’il avait apprécié le scénario qui n’est ni plus ni moins qu’un thriller d’espionnage politique mâtiné d’action, je me dis que je ne me trompe peut-être pas sur leurs intentions. 

dimanche 21 avril 2013

Dans les serres assassines.


10 mois après La cour des hiboux, Urban comics édite La nuit des hiboux, seconde et dernière partie du premier long arc narratif de Scott Snyder et Greg Capullo qui s’étire sur 12 épisodes, excusez du peu.
Le premier tome comportait 7 épisodes tirés de la revue mensuelle Batman et s’achevait sur l’image de tous les Ergots de la cour ( les guerriers habillés en hiboux stylisés ) lâchés sur Gotham dans le but d’occire les notables et autres personnes d’influence susceptibles d’amoindrir voire d’oblitérer le pouvoir de la cour sur la ville.
C’est donc sans surprises que Bruce Wayne figure sur leur liste, mais les ergots ignorent une chose, qu’ils ne vont pas tarder à réaliser : Bruce Wayne est Batman. Et la Chauve-souris a de sacrées réserves !

Autant le dire tout de suite : non, La nuit des hiboux n’est pas du niveau de La cour des Hiboux. Tout d’abord, parce que pris séparément, il s’agit surtout du dernier acte de l’histoire, conçue pour aller crescendo : on a donc plus affaire à une aventure riche en action plus qu’en réflexion. Néanmoins, ce défaut n’en est plus vraiment un dés lors que l’on lit toute la saga d’une traite !

La résolution de l’intrigue n’est pas des plus réussies non plus : aucun indice n’avait été laissé au lecteur pour voir venir le coup ! Et si surprendre son lectorat est loin d’être une tare, dans un comic dont le trait principal est que le héros soit un détective, ça la fout un peu mal. Reste que Snyder joue avec la mythologie de la famille Wayne (au risque de surcharger cette dernière qui a été fortement exploitée dans le run de Grant Morrison) , prouvant là que ses intentions ne sont pas que jouer avec celle de Gotham City.  Les dessins de Capullo n’ont pas perdu de leur superbe, et c’est toujours un plaisir visuel intense que de le retrouver ( à tel  point que j’avais acheté la série Haunt surtout pour son trait ).




En plus des 4 épisodes  dessinés par Capullo, ce tome contient TOUS les back-ups de la série. Le premier se situe juste après le premier chapitre et est dessiné par Rafael Albuquerque ( qui travaille avec Snyder sur American Vampire ) , il fait le lien entre le chapitre 1 et le chapitre 2.
Tous les autres sont relégués après l’intrigue principale et ont pour protagoniste principal Jarvis Pennyworth, le père d’Alfred, qui fut au service des Wayne jusque sa mort dans la troisième année de la vie de Bruce ( Scott Snyder marquerait-il son territoire en expédiant la version qui veut qu’Alfred ait vu Bruce naître ? Cela créait un lien semi-filial bien plus fort.).
Jarvis a découvert que la cour existe et a décidé de ne pas s’y soumettre. Il écrit une lettre enjoignant à son fils de ne jamais venir se mettre au service des Wayne, vœu qui avait été le plus cher de ce bon Jarvis. Cette partie est un éclairage important sur certains points de l’intrigue et peut se lire comme un petit thriller horrifique de bonne facture. Le tout est lui aussi assuré par Albuquerque.







Ensuite, nous avons droit à un épisode centré sur Dr Freeze. Bien que n’étant pas présent au moment où les Ergots ont attaqué, nous apprenons que ses travaux ont un lien avec le réveil de ceux-ci car certains assassins de la cour étaient congelés depuis des siècles. Connaissant le savoir encyclopédique de Freeze sur le froid, cela coulait de source. Malheureusement, comme avec Alfred et Jarvis, Snyder décide de changer une composante de l’histoire de base en rapport avec Nora, la femme de Freeze. Ce changement radical atténue l’aura dramatique du personnage et renforce son côté psychopathe, c’est qu’il faut faire toujours plus fort, toujours plus gore ma petite dame.



Le recueil se termine sur un épisode antérieur à l’histoire du premier tome et revient sur Harper, la jeune fille qui avait sauvé Batman dans le tome précédent. Si ses raisons d’aider Batman son finalement assez logiques, son obsession ne l’est peut-être pas (mais bon, elle a 16 ans, l’âge où les filles cessent d’être vraiment normales).

Au final, ce second tome est loin d’être mauvais, mais la sensation d’avoir surtout assisté à une déferlante d’action pour résoudre l’intrigue reste bien présente. Les épisodes supplémentaires sont de bonnes factures mais le tout aurait gagné à posséder une cohérence graphique, Capullo ne signant que moins de la moitié du tome. On ressent aussi une certaine facilité dans l’exposition des motivations de l’antagoniste principale. Ce n’est pas la montagne qui accouche d’une chauve-souris mais cela reste un peu faible à mon goût ( car, comme je l’ai dit plus haut, Grant Morrison avait mieux exploité la mythologie des Wayne).

Aux USA, lorsque les Ergots sont lâchés sur Gotham, les séries de la Bat-Family sont entrées en cross-over. Ces épisodes ne sont pas inclus dans le présent recueil. Ils sont disponibles dans les revues Batman Saga 9 et 10. Deux épisodes de Nightwing, un épisode de Batman&Robin, un épisode de Detective comics , un épisode de Batman The dark knight et un épisode de Batgirl. Enfermé dans la bat-cave, Alfred lance un appel à la bat-family pour sauver certaines personnes présentes sur la liste de cibles des Ergots. Ce sont les tentatives des héros auxiliaires pour sauver ces personnes qui sont racontées.

Les épisodes de Nightwing sont sans doute les plus intéressants car scénarisés par Kyle Higgins, complice de Scott Snyder sur le premier travail du scénariste sur Batman. En effet, ces deux là avaient écrit la très bonne mini-série Gates Of Gotham dont certains éléments sont repris ici. Dick Grayson, le premier Robin, tente de sauver le maire et se frotte à un adversaire de taille. Dans le même temps, une histoire prenant place au début du XXme siècle nous est contée : celle d’un amour impossible entre un enfant de la balle et la fille d’un notable gothamite. Bien entendu les deux intrigues vont se rejoindre et les lecteurs devinent vite qui est l’Ergot que Nightwing va devoir affronter pour survivre. Prenant et sans temps mort, le scénario de Higgins s’apprécie sans doute plus si l’on a lu le premier tome de Nightwing sorti il y a quelques mois ( ce que je n’ai pas fait : je vais rattraper mon retard, il m’a donné envie le bougre ). Mieux, en profitant de la mythologie gothamite que lui et Snyder ont étoffée il y a quelques temps, il permet à Dick Grayson de pleinement prendre sa place dans l’histoire de cette ville et non plus uniquement dans l’histoire de Batman !






L'épisode de Batman The Dark Knight est à lire parallèlement avec l'épisode #9 de Batman : il revient sur la genèse, encore, de l'Ergot menaçant de l'histoire, celui qui a pour cible Lincoln March, un ami de Bruce. L'originalité est que cet ergot est celui entrevu dans l'épisode #9 de Batman.Mieux, l'épisode va même un peu plus loin que ce que Snyder avait raconté. Au scénario, on retrouve Judd Winick, qui remplace pour l'occasion Paul Jenkins. Pour le meilleur, Winick est un habitué de la chauve-souris et il distille une atmosphère noire et violente tout le long de cet épisode. David Finch aux dessins assure toujours de la même façon que sur les deux volumes qu'il a déja réalisés sur Batounet.
Notons qu’une série dérivée, Talon (Ergot) va voir le jour suite à la fin de l’aventure mouvementée de Batman. Il y a peu de chance qu’elle ne soit pas publiée à l’avenir par Urban.





L’épisode de Batman&Robin est uniquement centré sur le Robin actuel : Damian Wayne, le fils de Bruce Wayne et de Talia Al Ghul. Ce petit diable en botte verte, élevé durant 10 ans par la ligue des Assassins de Ra’s Al Ghul va devoir protéger un membre éminent de la garde nationale. Non seulement son adversaire lui donnera du fil à retordre ( ce qui est compliqué face à Damian ) mais il le forcera aussi à nous dévoiler ses talents de stratège ! Le petit est le digne héritier de son père et porte les germes pour être un Batman redoutable dans les années à venir. Peter Tomasi prouve une fois encore qu’il a parfaitement saisi le personnage de Damian et c’est un véritable plaisir que de voir le dernier-né de la bande s’offrir une aventure en solo.



L’épisode de Detective Comics se déroule à l’asile d’Arkham. Le directeur est une cible et Batman déboule pour lui sauver la peau. Batman, oui ! Qui est tellement pris dans la série qui porte son nom qu’il a eu le temps de faire un crochet par là-bas alors qu’il était en route pour sauver Lincoln March, son nouvel ami rencontré dans La cour des Hiboux. Tony Daniel, le scénariste et dessinateur de cette série a beaucoup de mal depuis le redémarrage des séries DC et cet épisode ne fait pas exception. Si son trait est toujours aussi beau, ses histoires ne le sont plus tellement. Rajouté à ça que la colorisation tire sur le pastel et l’ambiance est légèrement foutue.



Enfin, l’épisode de Batgirl est à l’image du reste de cette série ! Une purge mal écrite et juste sauvée par les dessins. Gail Simone nous embrouille dés le début en tentant de nous présenter les origines de l’Ergot que Barbara Gordon va affronter. Les ficelles pour tenir éloigné le commissaire des lieux de l’action sont trop grosses, et les méthodes explosives de l’assassin à la solde des hiboux sont ridicules car reposant sur un élément météo totalement aléatoire !!! Et lorsque l’épisode se termine, on en est encore à se demander qui était l’Ergot car les liens semblant évidents pour la scénariste sont loin de l’être pour le lecteur. Et je pense qu’il s’agit ici du meilleur épisode de la série jusqu’ici, c’est vous dire. Urban ne semble pas avoir jugé bon de publié les épisodes de Birds of Prey ,de Red Hood & The outlaws  ou encore de Batwing reliés à l’événement.Mais comme elles sont pour le moment inédites en VF, cela semble logique.





Quant à l'épisode de Catwoman dédié à l'invasion de Gotham par une bande de rapaces nyctalopes, il est disponible dans le tome 2 de sa série régulière, toujours chez Urban Comics. Ne l'ayant pas encore lu, échaudé que je suis par le premier tome, je ne saurais me prononcer sur la qualité de celui-ci. Je reste cependant étonné qu'elle ait été impliquée dans cette histoire car ses liens avec le bat-family ne sont plus les même depuis la ré-écriture de sa vie suite aux événements de Flashpoint ( qui , suite à une brouille temporelle, ont ré-écrit pas mal de choses dans l'univers DC et pas toujours pour le meilleur, pauvre Sélina Kyle).