lundi 14 mars 2011

Daredevil : 2 cornes, 1 polar. La période Brubaker.(4/5)

Ed Brubaker est un bon. Un solide scénariste qui manie les genres mais il en est un dans lequel il excelle : le polar ! Si sa science du dialogue n'égale pas celle de Bendis, il caractérise suffisamment ses personnages et mène rondement ses intrigues, ce qui compense. Au point où je peux difficilement dire si j'ai préféré la période Bendis ou la période Brubaker. Comme je le disais,Brubaker est un as dans le domaine du polar : que cela soit du polar pur jus comme dans sa série " Criminal " ou un peu plus super-héroïque comme " Sleeper" ou "Incognito" (toutes ces séries sont dessinées par Sean Philips, la fidélité envers certains dessinateurs est récurrente chez Brubaker et Daredevil ne fera pas exception!) ou encore la très bonne série " Gotham Central" qu'il faisait tourner en alternance avec le scénariste Greg Rucka. Pour Daredevil il va suivre la voie tracée par Bendis : faire de la vie du héros un enfer. Et avec l'aide de son compère Michael Lark au dessin,le plaisir des mots rejoint le plaisir des yeux.

Comme je l'ai dit précédemment, le style de Maleev est devenu le style de dessins de la série et puisque le nouveau scénariste continue sur la lancée ,il fallait donc un homme capable suivre le mouvement. Et un tel homme Brubaker en a un sous la main : Michael Lark. Pour écrire Daredevil,Brubaker a du abandonner les rues pourries de Gotham City…et il l'a fait en emportant son dessinateur ! Les deux hommes se connaissent donc bien et leur alchimie n'est plus à démontrer lorsqu'ils arrivent sur la série de tête à cornes ! Un plus indéniable qui fait démarrer les choses sous les meilleurs auspices !

La première mission de Brubaker et de Lark sera de faire sortir le diable de sa boîte. En effet,Matt est en prison et pour sortir il devra s'évader…en passant par la case "association contre-nature".Et ensuite,prouver qu'il était innocent! Il commence sa quête pour prouver son innocence en tentant de questionner un étrange personnage qui s'est fait passer pour Daredevil durant son incarcération ! Une fois cet écueil passé on pourrait penser que les choses s'améliorent, mais non ! Murdock va en baver de plus en plus et pas seulement lui, ses proches aussi et surtout sa femme ! Perturbé et ne sachant plus quoi faire ,Matt va commettre des erreurs de jugements et succomber à certaines tentations. Le héros a cessé d'être tout blanc il y a déjà plusieurs années et Brubaker nous le rappellera autant que Bendis ne l'avait déjà fait (et Brubaker a eu moins de numéros pour le faire). Comme un clin d'œil à ses fans, il fera appel à son complice Greg Rucka le temps d'un arc narratif pour l'aider dans l'écriture. L'arc " Cruel et inhabituel" donne une grande importance à une enquête menée par Dakota North, une détective privée qui travaille pour le cabinet " Nelson,Murdock et Blake ". C'est une ancienne de la C.I.A et elle a été engagée sur les recommandations de son amie Jessica Jones qui ne pouvait plus tenir ce rôle ( pour cause de polichinelle dans le tiroir).


Rucka a prouvé qu'il était très à l'aise dans l'écriture de personnages féminins forts sur Gotham Central en faisant de l'officier Montoya l'héroïne officieuse de ce comic book pourtant choral. Il était donc tout indiqué pour s'attaquer à Dakota North !

Vers la fin,Brubaker semble peu inspiré. Il crée le personnage de Lady Bulseye. Et une version féminine d'un personnage qui existe déjà ce n'est pas franchement original à la base. Pourtant Brubaker va l'utiliser de manière bien différente que si il s'était agi de remplacer Bulseye qui était indisponible puisque pris par d'autres scénaristes dans le cadre plus global du Marvelverse. C'est à l'occasion de l'arrivé de cette tueuse experte que Michael Lark est remplacé pour la première fois. Par Clay Mann qui s'en tire plus que bien et qui devient en un épisode un artiste à suivre.

Le temps d'un épisode, Clay Mann remplace Michael Lark. Pour le meilleur !


David Aja remplaçant Lark le temps d'un épisode centré sur Le Caïd.

Lark sera remplacé une seconde fois lors d'un épisode centré sur le Caïd, par David Aja (qui lui aussi a déjà travaillé pour Brubaker,sur Iron Fist!).Un épisode clé qui raconte la vie de rédemption de Wilson Fisk…une vie qui lui sera enlevée par l'organisation criminelle connue sous le nom de " La Main" ( et qui donc est à la base du clan des Foot dans les Tortues Ninja, comic qui se voulait comme une parodie des comics de l'époque où il fut créé, mais c'est une toute autre histoire!).La Main possède le don de réssusciter les gens mais ceux-reviennent à la vie comme adepte et serviteur de la Main (et certains alliés de Murdock vont être assassinés et raménés à la vie!!). Que veut La Main ? Se trouver un nouveau chef et elle met en place une sorte d'épreuve pour définir qui mérite de prendre sa tête. Que Daredevil, ennemi récurrent soit un candidat potentiel étonne, car jamais au grand jamais Murdock n'accepterait d'en prendre la tête…à moins que…comme je le disais plus haut : il lui arrive parfois de succomber à certaines tentations...


mercredi 9 mars 2011

Daredevil : 2 cornes, 1 polar. La période Bendis.(3/5)

À partir du numéro 26,c'est le tandem Brian Michael Bendis au scénario et Alex Maleev aux dessins qui reprend les rênes de la vie de l'homme sans peur. Et ce n'est pas peu dire qu'ils vont la mettre sans dessus dessous.

Bendis s'est fait connaître en scénarisant une série dérivée de Spawn : Sam et Twitch ou encore le thriller Torso inspiré d'une enquête menée par Eliott Ness. Il n'est donc pas étonnant qu'il plonge Daredevil dans un environnement proche du roman noir et du polar ( pour une analogie simpliste mais directe : comme Christopher Nolan avec Batman dans The Dark Knight).

Bendis coupe aussi Daredevil autant que faire se peut de la continuité Marvel et pour ainsi profiter d'une liberté d'action accrue (pas de parasitage dû à des cross-overs à répétition!!).

Les dessins d'Alex Maleev confèrent à l’ensemble une ambiance sombre et menaçante. Le bougre s'est fait la main sur Batman,héros urbain d'une ville pourrie, il était donc tout indiqué pour s'occuper du curieux cas de Matt Murdock. Si son trait est très figé au début, il gagne en fluidité et en vie au fil des différents épisodes. En imprimant sa marque sur Daredevil, il a définit un style graphique propre à la série qui est encore suivi par ses successeurs jusque maintenant.

La force de Bendis,outre son imagination pour mettre le héros dans la mouise , se sont les dialogues qu'il écrit. il donne une voix propre à chaque personnage, ce qui permet de les définir encore plus que ne le fait déja le scénario (rappelons qu'aux USA, le scénariste n'inclut les dialogues qu'une fois les dessins réalisés).




Profitant à fond du passé de la série et de ses protagonistes,Bendis tisse peu à peu sa toile (certains lui reprochent de faire du remplissage et d'étirer artificiellement ses intrigues). Une toile qui va voir Matt Murdock franchir certaines limites. Et lorsqu'on franchit certaines limites il faut s'attendre à prendre un coup de bâton en retour.
Bendis a bien compris que Murdock est un personnage assez impulsif de nature et l'impulsivité vous fait faire des conneries. Et plus il en fait,plus il risque d'être encore plus impulsif pour s'en sortir : un cercle vicieux que Bendis calme un peu en fin de parcours. Un parcours où il aura joué avec les nerfs des lecteurs et de Matt tout en explorant la notion relative d'identité secrète, des responsabilités qui vont avec (et ces responsabilités sont légèrement différentes selon l'éducation et le caractère que l'on a, la confrontation verbale entre Matt,Peter Parker et quelques autres est là pour le prouver) et les mesures à prendre quand elle révélée au grand jour ( Matt engage Jessica Jones comme garde du corps. Jones est une héroïne crée par Bendis dans sa série Alias et une scène de Daredevil est d'ailleurs reprises dans cette série avec des détails en plus,quand certains détails n'apparaissaient que dans Daredevil. Une scène croisée intéressante mais anecdotique si l'on ne suit qu'une des deux séries).

Jessica Jones la nouvelle venue dans l'univers Marvel désarçonnée face à Typhoïd Mary,ennemie intime du Diable rouge.

Bendis conclut son long parcours sur Daredevil en laissant le héros dans une merde noire dont il ne peut se sortir qu'en adoptant la tempérance et en laissant son caractère de cochon un peu en dehors de l'équation.

À Ed Brubaker et Michael Lark de continuer les mésaventures de Matt Murdock...quant au tandem Bendis-Maleev,il a remis le couvert plusieurs fois, que ce soit sur Spider-Woman (une série en 7 numéros seulement,faute de ventes suffisantes snif snif) ou sur Scarlet (pas encore dispo chez nous). Leur prochaine collaboration se fera sur Moon Knight, second "batman" marvelien après Daredevil. Et je ne résiste pas à l'envie de vous montrer un bout de ce comic que j'attends avec impatience !!!!






mardi 8 mars 2011

Daredevil : La Renaissance. ( 2/5 )

Dans les années 90,Daredevil n'a plus vraiment la cote.Il n'est que l'ombre du diable qu'il était: les ventes sont désastreuses et les scénarios encore plus. La piètre qualité ne fait qu'entraîner l'homme sans peur vers les abysses.

Seul un miracle pouvait sauver le Diable de Hell's Kitchen. Il y en a eu deux ! Marvel veut en effet à l'époque redonner un coup de fouet à sa production et redorer son blason de " Maison des idées". Marvel engage Joe Quesada et Jimmy Palmiotti et les place à la tête d'un nouveau label : "Marvel Knights". Ce label avait pour but de relancer divers héros (ou groupes de héros) maltraités au fil des ans par des équipes créatives peu inspirées. Dans le viseur des 2 compères se trouve Daredevil qu'ils veulent vraiment relancer en grandes pompes (les autres titres lancés au début du label avaient eux été imposés par Marvel si je me souviens bien) : ils recrutent Kevin Smith au scénario des 8 premiers numéros. Smith est un cinéaste mais aussi un grand fan de comics, il suffit de regarder son film " Les Glandeurs" (Mallrats en V.O) pour s'en convaincre. Quant aux dessins,c'est Quesada lui-même qui s'en chargerait.

Pour relancer la machine,Smith imagine une histoire permettant de passer en revue tout le beau monde gravitant autour de l'homme sans peur. Des personnages importants mais aussi une intrigue qui permet de reparler des croyances religieuses de Matt Murdock (il est catholique). Tendu de bout en bout (il verra de nombreuses blessures et quelques morts dont une particulièrement choquante),le récit trouve une conclusion aussi tragique que lumineuse et relance Daredevil vers le chemin des intrigues soignées.


Le second arc narratif sera scénarisé par David Mack. Mack est connu pour son comic " Kabuki" auquel il imprime un style visuel et artistique particulier. Ce style sera " copié" par Quesada ( sans aucun doute sur les directives scénaristiques de Mack) pour servir l'histoire. Une histoire classique de vengeance et de manipulation mais servie avec brio. Le Caïd décide de briser Murdock (encore !!) qui n'en demande pas tant,surtout après la tragédie qui l'a marqué dans les épisodes précédents. Le Caïd lui met dans les pattes Maya Lopez,une jeune fille sourde et muette, en espérant que ce handicap rende Murdock plus enclin à se lier à la jeune femme. Une femme dotée d'une habilité surprenante : elle peut reproduire à l'identique tous les gestes qu'elle a observé : se battre,jouer du piano,etc...elle peut potentiellement tout faire! Pendant que Matt se rapproche de Maya, Wilson Fisk convainc cette dernière que l'assassin de son père n'est autre que..Daredevil !


L'amour et la haine se déchaînent alors dans un maelström émotionnel intense. Cet arc voit le départ de Joe Quesada du titre. En effet ce dernier est devenu entre temps rédacteur en chef de toute la maison Marvel. Le titre vivotera quelques mois avant qu'une autre équipe ne s'empare du titre et le marque de façon indélébile. Mais ça c'est " suite au prochain épisode" comme le dit la formule consacrée !

Daredevil : Introduction (1/5)

S’il est communément admis que je suis fan de Batman,il n’en est pas moins vrai que je porte un attachement tout particulier à un héros tout aussi torturé (si pas plus) : Daredevil.

Daredevil c’est l’avocat aveugle Matthew « Matt » Murdock. Tout jeune il a sauvé un vieillard en lui évitant de se faire écraser par un camion transportant des déchets radioactifs. Malheureusement le conducteur arrivait trop vite et son embardée pour éviter le garçon s’est terminée en accident. Les fûts de déchets se sont renversés et Matt en a reçu sur le visage. Ses yeux sont morts en un rien de temps. Mais sous l’action des radiations, ses autres sens se sont surdéveloppés. Il vit dans un monde sombre mais un monde remplit de bruits et d’odeurs qu’il perçoit mieux que quiconque. Son ouille lui permet même de « voir » à la manière d’une chauve-souris (j’en vois déjà qui se disent qu’ils viennent de comprendre pourquoi je l’apprécie du coup ).

Matt a été élevé par son père Jack,un boxeur pro. Il lui a raconté toute sa vie que sa mère était morte mais Matt découvrira plus tard que c’est faux. Sa mère, Maggie, est rentrée dans les ordres alors qu’elle était enceinte et après avoir accouché elle confia l’enfant à un Jack mis devant le fait accompli. Jack a mis beaucoup de temps à se remettre du départ de Maggie et à accepter la présence de ce fardeau en couche-culotte. Il a élevé le petit à la dure sans pour autant ne pas l’aimer. Son éducation catholique rongeait sa conscience et la vie de Matt.Matt que les enfants du quartier surnommait « casse-cou » (Daredevil) pour se moquer de son respect envers les règles…respect tout relatif puisqu’il ne commettait ses mauvais coup que sous le couvert d’un masque. Après l’accident du jeune homme,le comportement de Jack commença à changer, en mieux. Pendant ce temps,Matt découvre l’étendue de ses talents et est pris en charge par un mystérieux sensei du nom de Stick mais le tempérament de Matt lui fait renoncer a terminer sa formation. Mais Matt s’en moque un peu,il vit enfin malgré son handicap et la fac de droit est presque à portée. Mais c’est toujours quand le ciel s’éclaircit que le destin vous rappelle qu’il n’en a pas fini de vous en faire baver. Refusant de perdre lors d’un combat truqué, Jack est assassiné en représailles. Mais les assassins ont commis une erreur, celle de croire qu’ils ne seraient pas punis. Si leur appartenance à la Mafia leur donnait une immunité face à la justice des hommes,elle ne leur garantissait rien face à la vengeance d’un jeune homme qui venait de perdre (du mois cette nuit-là) tout espoir…et un homme sans espoir est un homme sans peur.



Cette nuit-là Matt les traque un à un dans un tourbillon de violence et de rage incontrôlées qui finiront par la mort accidentelle d’une prostituée. Une mort provoquée par Matt. Celui-ci s’en voudra pendant des années. Mais toutes les naissances se font dans le sang et les cris. Celle du justicier Daredevil ne fera donc pas une exception. Loin de moi l’idée de raconter toutes ses aventures. Je me contenterai de viser sa résurrection éditoriale. En effet, vers la fin des années 90,Daredevil est en perte de vitesse,les ventes ne sont plus ce qu’elles étaient du temps de l'homme qui a fait d'un petit héros de seconde zone un mythe : Frank Miller.Miller revoit les origines de Matt en les rendant dramatiques et surtout il introduit de nouveaux personnages tragiques comme Elektra, la petite amie de Matt à l'université qui deviendra son ennemie quand il est Daredevil. C'est aussi Miller qui fait du Caïd du crime, Wilson Fisk,l'ennemi le plus dangereux et acharné de Murdock ou encore de Bullseye l'assassin qui ne rate jamais son coup comme Némésis récurrente. Presque tout ce qui fait Daredevil aujourd'hui est basé sur les travaux de Miller. Miller a redynamisé le titre,fournit une nouvelle mythologie à la série et bouleversé durablement la vie du héros. Du suicide de sa petite amie à la destruction de son cabinet d'avocat par Fisk en passant par la trahison de son ex-fiancée qui vend son identité en échangé d'un fix, Miller aura fait sombrer Matt Murdock. Qui s'est relevé de tout...ou presque. Il aura besoin d'un coup de pouce pour sortir du fond du top des ventes.

Deux hommes vont sauver le Diable des tréfonds du classement des ventes : Jimmy Palmiotti et Joe Quesada…mais ça ce sont les histoires du prochain épisode !

Coup de projecteur.


Une fois n'est pas coutume,l'article qui suit n'est pas de moi. Il s'agit du texte d'une pétition.



Suite à la parution de l'article http://www.lesoir.be/culture/livres/2011-03-03/marcel-ayme-et-george-orwell-a-la-poubelle-825731.php dans le journal Le Soir, nous, citoyens, écrivains, éditeurs, enseignants, politiciens et autres acteurs de la société civile voulons témoigner notre indignation face à cet acte barbare que constitue la destruction de milliers de livres.

En effet, si nous concevons qu'une institution comme l'Association des Ecrivains Belges de langue française ne puisse conserver tous les ouvrages dans ses locaux, nous ne pouvons cependant accepter que ces livres finissent leur existence à la poubelle sans avoir auparavant pris les mesures suivantes :

Contacter tous les membres de l'AEB afin de les informer de la situation et leur demander si ils ne souhaitent pas venir voir les livres destinés à la destruction.
Contacter les responsables de l'opération « Mort au pilon » afin de voir si une collaboration serait possible.
Contacter des associations citoyennes telles que « Des livres pour l'Afrique », la Bibliothèque de rue qui offre aux sans-abris à Bruxelles la possibilité d'avoir accès à la littérature, …
Contacter l'Ambassade d'Haïti pour donner ces ouvrages à un pays en reconstruction.
Contacter les écoles, les hôpitaux, les prisons qui essaient, sans moyens, de constituer une bibliothèque.
Organiser des journées portes ouvertes afin que le public puisse venir chercher les livres qui l'intéresse.

Nous nous indignons aussi des propos tenus par Monsieur Jean-Pierre Dopagne, président de l'AEB, lorsqu'il affirme, dans le même article, que certains auteurs comme Balzac ne font plus partie du cursus scolaire, ce qui est faux.

Nous déplorons qu'une association littéraire, ayant pour mission de défendre la littérature, emploie des moyens aussi barbares et prive, par manque manifeste de réflexion et de connaissance des réseaux associatifs, des citoyens d'un accès à certains ouvrages qu'ils ne sont pas en mesure de se payer.

C'est pourquoi nous demandons à Monsieur Jean-Pierre Dopagne et aux membres de son Conseil d'administration qui étaient au courant du sort qui serait réservé à ces livres de prendre leur responsabilité et de stopper instamment la destruction de livres tant que toute solution alternative n'aura pas été envisagée



Non à la destruction de livres par l'AEB


dimanche 6 mars 2011

The brightest star !

Jack Knight est de retour !

Difficile de chroniquer ce troisième tome de " Starman" sans tomber dans la redite de ce que j'ai déjà pu dire à son sujet précédemment.

Dans ce 3me tome de l'intégrale de la série scénarisée par James Robinson on retrouve aussi les 4 numéros de la mini-série consacrée à Ombre,le super-vilain le plus original jamais inventé. Dans un récit à la 1re personne ce dernier nous narre ses premiers " exploits " et sa lutte presque 2 fois centenaire contre une famille, les Ludlow, vouée à l'éradiquer de la surface du globe. Robinson approfondit la psychologie d'Ombre et le fait si bien qu'on en vient presque à regretter que la fin de la mini-série nous ramène à la série-mère. Chaque épisode est dessiné par un artiste différent,illustrant ainsi chaque nouvelle époque traversée par l'immortel Ombre !

La série-mère, parlons-en. Le seul défaut que j'ai vraiment trouvé dans ce volume concerne la caractérisation de Batman. En effet, Jack va devoir s'allier au chevalier noir lors d'une tentative de sauvetage. Batman y est décrit comme un sale enfoiré sans humour et uniquement obsédé par Gotham. Bref il y a fort à parier que Robinson n'aime pas Batman et il nous le fait savoir! Mais bon,si c'est le seul défaut de ce comic on va pas se plaindre non plus ! Un comic "mainstream" avec les qualités d'un titre " Vertigo " ça ne se refuse pas !

Reste que le prix est élevé (50€) mais l'écrin est magnifique et la traduction de qualité.

Voila,pas de redite mais un article assez court du coup.

jeudi 3 mars 2011

Le crime ne paye pas.

En France et en Belgique,le marché des comics en VF est dominé par le groupe panini. Avec les licences Marvel,DC, Vertigo et quelques autres d'éditeurs moins connus,Panini occupe toute la Gaule comicvore ! Toute ? Non, quelques irréductibles éditeurs résistent encore et toujours. Parmi les plus célèbre on peut nommer Delcourt (qui est aussi le plus sérieux ) mais également la maison d'édition Soleil (avec sa collection Soleil US) ou encore Milady Graphics (branche des éditions Bragelonne). Un nouveau joueur est arrivé récemment , les éditions Emmanuel Proust. Celles-ci lancent donc non sans fierté un polar d'anticipation en 3 tomes: The last days of american crime. Le pitch est simple : d'ici deux semaines l'argent liquide n'existera plus, rendant ainsi caduque tous braquages etc…mais plus fort encore,une onde,l'IPA (initiative de paix américaine ) va être lancée. Une onde de contrôle mental empêchant les citoyens d'enfreindre la moindre loi. Cette information qui devait rester secrète provoque une vague d'émigration vers le Canada et le Mexique où les personnes réclament le statut de réfugiés politiques. Les frontières se retrouvent alors bouclées.


Graham est un briscard du crime et il a un plan. Le dernier casse avant que l'IPA ne soit activée. Il monte une équipe dans l'urgence avec Shelby une hackeuse et Kevin un homme de terrain. Mais dans l'ombre,alors que le crime est sur le point de s'éteindre, certaines personnes décident de profiter du dernier casse américain en s'appropriant le plan de Graham.

Chaudement recommandé par mon revendeur habituel de BD qui me vantait ses qualités en employant des phrases comme " ce qui se fait de mieux dans les comics américains", The Last Days of American Crimes est donc vite tomber dans mon sac de courses. Mais quand on y réfléchit deux secondes, mon chère revendeur ne lit aucun comics de super-héros…alors comment diantre pouvait-il affirmer que c'était ce qui se faisait de mieux si il ignore sciemment une grande part des comics ? Cela aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Voila un comic violent. Très. Trop. Une violence parfois outrancière. Sous prétexte que le crime va bientôt disparaître, l'auteur Rick Remender écrit des séquences d'une rare sauvagerie, comme si les malfrats voulaient jouer les bouchers une dernière et magistrale fois. Il décrit aussi la future reconversion de la mafia dans l'après-crime mais sans approfondir la chose. Le tout pour masquer les faiblesses de son histoire de départ : la braquage bien huilé. Car il ne s'agit que de ça, un braquage audacieux dans un cadre certes un brin inhabituel mais qui n'échappe pas aux grosses ficelles du genre : la balance, le traître,le twist final, le happy-end qu'on sent venir à 15 kilomètres (tel le rapace à tête rouge, créature ayant la plus grande faculté olfactive sur Terre) etc…Les péripéties qui jalonnent le parcours des protagonistes de la mise au point à l'exécution du plan sont loin d'être stressantes. Et les autres parties sont traitées par-dessus la jambe. Remender aurait dû se concentrer sur son histoire de casse et bosser bien plus son scénario. Mais avec un titre comme les derniers jours du crime, il s'est attelé à décrire les derniers jours du crime,et le crime est une notion très large. Et il n'avait tout simplement pas la place pour ça. Le mieux est l'ennemi du bien et à vouloir trop en raconter dans un espace restreint il loupe le coche sur tous les tableaux. Il y avait là matière à tirer une longue fresque des dernières activités criminelles tous secteurs confondus. Mais seulement si l'espace disponible l'avait permis et que le scénariste manie le polar… n'est pas Michael Brian Bendis ou Ed Brubaker qui veut.Sans compter que la réflexion possible sur le contrôle mental de la population aurait sans doute pu être poussée, décortiquée par le scénariste…mais il ne s'en sert que comme un vulgaire prétexte !!

Les dessins de Greg Tocchini oscillent entre le bon et le passable et celui-ci accentue les côtés gores et sanglants tout aussi inutilement que Remender n'écrit des scènes violentes que pour le plaisir d'écrire de la violence ( la scène du motel dans le tome 2 en est un parfait exemple, mais je n'en dirai pas plus pour ceux qui voudraient tenter la lecture). La raison de tout ce gore,cette violence,cette simplicité, ce happy end est explicable et saute au yeux : l'envie des auteurs que The Last Days of American crime devienne un film. Tout est réuni pour faire mouiller les slips des dirigeants de studios : de la violence, un peu de cul soft, une pseudo-dénonciation de l'état cherchant à tout contrôler y compris nos esprits, le crime comme dernière expression de vraie liberté…tout est réuni pour qu'Hollywood mette en chantier une adaptation.
















La traduction n'est pas honteuse mais il me semble avoir trouvé une ou deux fautes de grammaires. Rien de bien méchant (on a vu bien pire chez Panini) mais il serait heureux que cela ne se reproduise plus à l'avenir. Pour un galop d'essai cela peut à la rigueur se comprendre. Mais après il faut s'améliorer et ne plus reproduire les mêmes erreurs ! La qualité du papier est bonne. Un papier glacé dans une belle reliure et des bonus en fin de chaque tome sont présents. Appréciable mais pas au point de justifier un prix si élevé : 15€ par tome ( 17 à 18 en Belgique) de 64 petites pages. Cher,bien trop cher pour une œuvre somme toute très anecdotiques que seules les couvertures réalisées par Alex Maleev sauvent graphiquement. Une flacon magnifique mais sans l'ivresse.








Malgré tout ce que je peux dire,j'avoue être sans doute un peu ,mais juste un peu,trop dur. Quand on vous vent une histoire comme un chef-d'œuvre on s'attend à être secoué. Ce ne fut pas mon cas,j'en attendais peut-être trop qui sait ? En tous les cas,le site de l'éditeur annonce qu'il n'en reste pas là niveau comics car ce mois-ci devrait paraître le premier tome de l'adaptation du roman de Philip K.Dick " Do androïds dream of electric sheap ?" par Tony Parker (non,pas le basketteur rappeur). Ce livre avait été librement adapté par Ridley Scott sous le titre "Blade Runner". Si les éditions Emmanuel Proust corrigent leurs petites erreurs de jeunesse en matière de comics, peut-être transformeront-elles l'essai. Je l'espère de tout cœur,je suis un grand fan de Blade runner et j'avais bien aimé le roman également.