mercredi 25 avril 2012

Éternel recommencement.


Valérie Mangin est une scénariste de BD. C'est son mari, Denis Bajram qui lui a mis le pied à l'étrier en lui soufflant l'idée du Fléau des dieux, une  réécriture SF de la bataille de la Rome Antique contre Attila le Hun. Historienne et latiniste, Mangin a les connaissances nécessaires pour coller à l'histoire. Mais avoir de la culture ne signifie pas forcément  que l'on soit capable scénaristiquement.

Imperator est la 4me série à rejoindre Les Chroniques de l'antiquité galactique. En effet, vu le succès du Fléau, Mangin lance une seconde série : Le dernierTroyen, basée cette fois-ci non pas sur l'histoire avec un grand H mais bien sur l'Enéide et l'Odyssée et qui contait la naissance mythologique de l'Empire Romain Galactique. Suivra en 2010 La guerre des dieux, relecture de la guerre de Troie.

Que restait-il donc à raconter avec Imperator ? Et bien les origines réelles de l'empire. Et tout comme pour le Fléau, Mangin va s'inspirer de l'histoire. Une histoire bien plus récente puisque la base principale n'est autre que la fulgurante ascension du Duce Benito Mussolini.

7 ans avant la fondation de la Rome Galactique, l'humanité redécouvre la Terre. Celle-ci fut abandonnée pour aller conquérir l'espace. Mais en tant que berceau de l'humanité, elle représente un symbole puissant pour le premier Licteur du nouveau parti fasciste. Ouvertement alienophobe, il impose sur Terre un régime totalitaire et inhumain. Les descendants des terriens qui ne purent prendre part à l'exil spatial sont traités comme des moins que rien. Parmi eux, Gus et Julia, frère et sœur, s'en sorte grâce au vol de reliques historique qu'ils revendent. Mais Julia est une illuminée, elle voit dans l'avenir de son frère que celui-ci deviendra le premier empereur…au grand dam de Gus qui ne sait plus où se mettre lorsque sa sœur délire. Mais après un coup qui tourne mal, nos deux lascars se retrouvent avec toutes les troupes fascistes aux trousses.



L'exercice du prequel est casse-gueule (demandez à George Lucas !). Les fans veulent en savoir plus mais est-ce raisonnable de leur donner une explication ? Surtout quand l'on est incapable de retrouver le niveau de l'œuvre originale ? Valérie Mangin n'arrive pas retrouver le niveau du Fléau ( ce qui était déjà le cas sur les autres séries des Chroniques de l'antiquité galactique ) . Elle use de raccourcis faciles ( notre dictateur assainit la Terre en détruisant les reliques des anciennes villes , comme Paris ou New-York mais épargne bien entendu Rome…et Berlin, parce qu'il aime cette ville, ou le culte de la personnalité poussé à son paroxysme lorsque le visage du Sphinx est resculpté, l'histoire est un éternel recommencement, etc...  ), les dialogues ne sont pas toujours au top, ils manquent de fluidité et font parfois avancer la situation trop facilement. De plus, elle introduit des concepts jamais abordés dans le Fléau des dieux comme diverses races alien. Des aliens qui possèdent le monopole des transport spatiaux ( on est presque dans Dune et sa guilde spatiale là ).



Les dessins de Max Von Fafner sont étranges. Une sorte de mixage entre du Alex Maleev et du Tommy Lee Edwards ( deux dessinateurs de comics ) mais le rendu est encore plus figé que le leur. Il y a aussi un certain manque d'imagination et de folie visuelle ( les uniformes rappellent trop ceux bien connus de cette période de l'histoire. Lucas s'inspirait des uniformes nazis pour les officiers de l'empire, Fafner copie carrément ceux des fascistes. Les vaisseaux aliens ressemblent à s'y méprendre à l'USS Enterprise, etc…).

Imperator n'est pas mauvais pour autant, mais il n'arrive pas à égaler son ainé et ne décolle donc jamais plus  haut que les autres séries  galactiques de Mangin. La série est prévue en 6 volumes comme les autres séries ( à l'exception de La Guerre des dieux, prévue en 2 . Un tome 2 qui se fait attendre depuis plus de deux ans d'ailleurs).

lundi 23 avril 2012

Dites non à la 3D convertie !


Vous n'êtes pas sans savoir que le film " Avengers " sort ce mercredi 25 avril dans les salles. Vous ignorez peut-être que le film a subi une conversion en 3D.

La conversion 3D consiste à tenter, et j'insiste sur le verbe "tenter ", de créer un rendu semblable à un film tourné spécialement en 3D à l'aide d'une des caméras spéciales mises au point par James Cameron et ses ingénieurs pour tourner le film " Avatar ".

" Avengers " (tout comme " John Carter " le mois dernier) n'a pas été tourné avec l'une des ces caméras ! Et nous vivons dans un monde où même James Cameron avec ses 60 semaines de travail acharné et ses millions de dollars dépensés, a foiré la conversion de " Titanic ".

 La grande majorité des films 3D sont des conversions et ne fonctionnent pas : le relief est artificiel, les copies sont systématiquement sur-éclairées par les projos puis sous-éclairées par les lunettes, actives ou passives.Rien n'y fait,ça ne marche pas. Au contraire d'une immersion, on voit le film comme à travers une fenêtre, sans être pour autant dedans.

Bien entendu, les studios ont pensé aux réfractaires à la 3D et diffusent leurs films encore en 2D. Malheureusement, les salles de cinémas et les multiplex semblent ne pas vouloir jouer le jeu et préfèrent mettre en avant le film en 3D, reléguant la version 2D à un petit nombre de séances ou à des séances aux horaires impossibles pour certaines tranches de la population ( comme les étudiants du secondaire, par exemple!).

La raison tient principalement en deux points :
1° La séance 3D coûte souvent plus cher ( et ce sans compter l'éventuel achat des lunettes, accessoire indispensable pour que l'effet 3D fonctionne ! ) et rapporte donc plus d'argent . Dans le cas des étudiants, n'est-il pas honteux de presser comme des citrons des personnes sans véritables revenus ?

2° En proposant le film en 2D , et ce même lors d'un nombre limité de séance, les cinémas ne peuvent être critiqués sur leur choix de ne diffuser que de la 3D.Vous devriez avoir le choix puisque le choix existe !

Mais très peu de complexes de cinéma vous l'offriront à chaque séance. Hors, vous n'êtes pas disponible à chaque séance puisque vous avez une vie.

Dites non aux séances qui ne vous laissent pas le choix !

C'est pour cette raison que la critique du film risque d'arriver avec du retard : il va falloir savoir trouver une séance 2D et la caser dans l'emploi du temps du critique du web que je suis.

Sinon, rendez-vous en Août pour la sortie du blu-ray : en 2D lui !









jeudi 19 avril 2012

Un chevalier clair-obscur : 1re partie.


1.Introduction.

Une ruelle sombre. Un couple et leur enfant. La nuit a recouvert la ville de son noir manteau. Mais nous ne sommes pas dans n'importe quelle ville. Bienvenue à Gotham City. D'ici quelques instants, une famille aisée va se faire braquer pour un portefeuille et un collier de perle. Un cri, deux coups de feu, des perles séparées qui viennent se mêler à une flaque de sang…et au milieu, un jeune orphelin : Bruce Wayne.

Cette histoire, très simple, éveille chez chacun un frisson morbide. Car lequel d'entre nous n'a pas ressenti, tout jeune, la peur de perdre ses parents. D'être séparé de ce cocon chaud et protecteur que doit être la famille ?

Batman est de ces héros qui ont subi un traumatisme fondateur. Un évènement si atroce que leur vie ne peut que prendre un nouveau tournant. Mais Batman est surtout l'un des premiers ( si pas le premier) super-héros qui se retrouve avec cette base tragique comme point de départ . Bien des années plus tard, des héros comme Spider-Man , Flash ou encore Daredevil subiront une perte qui les fera basculer à jamais. Batman devient donc de facto un archétype fondateur du mythe du comic book.

Mais avant cela, il répondait lui-même à divers archétypes. Qu'il ait dépassé le simple stade de héros "inspiré" en devenant un héros "inspirant " n'est-il qu'un bonus appréciable?  Quelles sont les inspirations qui ont fondé Batman ? Quelles influences a-t-il subi au fil des années, quelles formes a-t-il prises ? Fut-il toujours ce héros sombre et tourmenté qui navigue à la limite de la schizophrénie ?



Je vous laisse avec le menu de ce long, très long, dossier en préparation. Je tenterai de livrer les articles dans un délai raisonnable pour que la majeure partie du travail soit rendu avant le mois de Juillet et la sortie de " The dark knight rises ". Ce n'est qu'une fois le film sorti que je m'attellerai  à la rédaction des derniers chapitres (pour des raisons évidentes qui vous sauteront aux yeux en fin de la table des matières).

Table des matières : 

1.       Introduction.
2.       Les origines du mythe.
2.2.    Un héros totémique : la symbolique de la chauve-souris.
2.3.    Batman avant Robin.
2.4.    Batman ET Robin.
3.       Construire une chauve-souris plus moderne.
4.       Gotham et son Panthéon.
4.1.    Gotham, une ville, une histoire.
4.1.1. Gotham, dans le Nottinghamshire, UK.
4.1.2. Sous la plume d'Irving.
4.1.3. La Nouvelle Babylone ?
4.1.4. Gaia urbaine.
4.2.    La Batcave : Olympe sous-terrain.
4.2.1 Batman sous le prisme mythologique.
4.2.2 La Bat-family
4.3.    L'Asile d'Arkham : Hadès aérien.
4.4.    Catwoman : Ce qu'on fait par amour l'est toujours par-delà le bien et le mal.
4.5.    Du costume comme de l'avatar divin.
4.5.1. Batman : les hommes ayant porté l'emblème.
4.5.2. Robin est mort, vive Robin!
5.       Le chevalier noir ou le croisé à la cape ?
5.1.    Batman sous le prisme " Arthurien".
5.2.    Batman détective.
5.3.    Le code de conduite ou pourquoi Batman ne peut tuer le Joker.
5.4.    Amours contrariées.
5.5.    Les flics du Gotham Central.
5.6.    L'alpha et l'oméga : Batman selon Frank Miller.
5.6.1.  The dark knight returns
5.6.2. Year One
5.6.3.  The dark knight strikes again
5.6.4. All Star Batman
5.7.    Sa vie, sa mort, sa résurrection : Batman selon Grant Morrison.
5.8.    Un éternel recommencement : Batman en perpétuelle réécriture.
5.8.1. Batman en  "crise" : les retouches à la légende.
5.8.2. Jeph Loeb et Tim Sale.
5.8.3. Matt Wagner.
5.8.4. Flashpoint :  véritable renaissance ?
5.9.    "Et si … ?"  Batman : terrain de jeu.
6.       Sa place dans une tapisserie plus grande.
6.1.    Batman guest-star.
6.2.    En tandem: Superman/Batman
6.3.    Dans la Trinité "Superman/Batman/Wonder Woman"
6.4.    Au sein de la J.L.A
7.       Batman dans l'audiovisuel.
7.1.    De Tim Burton à Christopher Nolan.
7.2.    La série animée : Bruce Timm l'adaptateur universel.
7.3.    Batman Beyond : Bruce Timm invente le futur du chevalier noir.
8.       Les fils de Batman: l'ombre de la chauve-souris au-delà de l'univers DC comics
8.1.    Batman/Daredevil : Qui est le véritable homme sans peur ?
8.2.    Batman/Moon Knight : De la chauve-souris ou de la lune, qui règne sur la nuit ?
8.3.     Batman/Nighthawk: Qui est le plus habile prédateur nocturne ?
8.4.    Batman/Nite Owl  : Qui hante nos villes ?  ( en raison de la sortie cet été de la mini-série " Before Watchmen : Nite Owl, ce sous-chapitre sera peut-être relégué à la dernière place du dossier.)
8.5.    Batman/Midnighter : Strat-égo !
8.6.    Batman/Spawn : Vertige graphique!

À noter que le présent dossier sera consultable séparément des autres articles sur le blog " Un chevalier clair-obscur " en cliquant sur le titre du-dit blog !


dimanche 8 avril 2012

Nuit noire, étoiles mortes.


Stephen King a sans doute été une femme dans une vie antérieure. Sinon comment expliquer qu'il arrive à si bien restituer leurs caractères dans ses écrits ? Ah mais bien sûr, le talent !

Un an après " Dôme" , le bon roi nous revient avec un recueil de nouvelles. 4 nouvelles pour être précis. Sur les 4, une seule ( la plus mince d'ailleurs) se révèle appartenir au courant fantastique. Les 3 autres sont plus terre à terre et parlent de crimes ordinaires…et des implacables répercussions que ceux-ci peuvent avoir sur la vie des auteurs , des victimes ou de leur entourage immédiat.

2 nouvelles sont centrées sur un personnage masculin et les deux autres sur un personnage féminin. Si chacune de ces histoires est bien écrite et prenantes, force est de constater que celles centrées sur une femme sont les plus réussies. King décrivant encore plus minutieusement  ce qui se passe dans leurs têtes , poussant l'exercice de l'étude de caractère très loin, à la limite ténue entre la raison et la folie provoquée par un évènement dramatique.

Qu'il traite du meurtre d'une acariâtre épouse dans l'Amérique des 20's , du viol odieux d'une écrivaine revancharde, d'un pacte avec le diable ou bien encore de l'effroi d'une épouse découvrant le petit secret de son mari, King nous happe et ne nous permet de le quitter qu'une fois la dernière page tournée.  Un trip plus que conseillé derrière le miroir des apparences trompeuses.


vendredi 6 avril 2012

Hip, hip, hip...Houba !


Après un "Rrrrrr" ( j'oublie ou je rajoute peut-être des "r") qui ne portait son empreinte que durant 30 secondes ( le texte d'ouverture), Alain Chabat revient enfin à la réalisation avec un film qui fait rire ! Depuis " Mission : Cléopâtre ", avouez qu'on y croyait plus !

Encore une fois, Chabat, grand fan de BD's ( de toutes origines ), décide de porter à l'écran un personnage emblématique du monde du 9me art franco-belge : le Marsupilami, créé par Franquin dans les aventures de "Spirou et Fantasio". 10 ans qu'il portait le film en lui, il était temps qu'il accouche !

Pourtant, dans le premier quart d'heure, un doute survient. Car, passée une introduction/générique pleine de poésie visuelle mettant en scène le fameux animal, force est de constater que le tout semble brouillon et pas très fin. Il faut dire, pour sa défense, qu'adapter une BD amputée de héros humains ( et oui, pas de Spirou et Fantasio dans le film. Fantasio étant pourtant le découvreur officiel de l'animal, ce qui ne sera pas le cas ici, hérésie ! ) puisque les droits n'appartiennent pas à Dupuis , ne doit pas être des plus aisés.  Du coup, certains personnages ne sont pas aboutis à 100 % ( et celui de Géraldine Nakkache,la botaniste Pétunia, ne sert strictement à rien et n'aura d'ailleurs aucune interaction avec les héros de l'histoire ! ).



Heureusement, le doute est vite balayé dès lors que les personnages sont tous posés et définis dans leur motivation. Si Jamel et Alain Chabat joue dans une zone relative de confort , il faut saluer Lambert Wilson en dictateur de Palombie ( enfin, dictateur… élu avec 99% des voix ! ) qui offrira une scène qui le suivra longtemps mais malheureusement trop longue et par là-même qui devient lourde sur les 3'31'' que dure la séquence.

Car le principal défaut c'est cela : la présence répétée de lourdeurs ! Alors bien entendu, on reste chez Chabat, et chaque lourdeur est aussi tôt suivie de 2,3,4 gags qui feront mouche. Il manie les divers types d'humours ( les dialogues, l'absurde, le visuel, les références sorties de leur contexte etc…) avec brio, ne se refusent presque rien et réussit souvent à nous arracher un rire franc voire massif quand il ne nous fait pas  carrément pleurer ! Et surtout, chaque apparition du Marsupilami est réussie et apporte quelque chose de neuf dans le film ( et offre certaines références à Spider-Man, autre héros adoré de Chabat ! ) et colle à plusieurs gags émis par Franquin en son temps !



Au sujet la représentation du marsupilami, l'angle envisagé a été de le rendre pseudo-réaliste, impossible de le rendre cartoony dans un environnement " réel". Exit donc quelques petits détails. Mais malgré cela, impossible de ne pas le reconnaître. Sans compter que son habitat naturel, son nid , etc … sont conformes à ce qu'on sait de l'espèce depuis " Le nid des Marsupilamis" ! En outre, le film nous livre l'animal en images de synthèse le plus réussis jamais vu dans un film français ! C'est bien simple, on jurerait un travail américain ( ILM , la compagnie de  George Lucas, qui a bossé sur les Star Wars, entre autres) ou Néo-zélandais ( Wetta, la compagnie de Peter Jackson, qui a bossé sur Le Seigneur des Anneaux , King Kong et Avatar, entre autres).



Au final, oui "Sur la piste du Marsupilami " est moins bon que "Mission : Cléopâtre" , souffre de quelques erreurs de montage ( au moins deux scènes montées dans le mauvais sens chronologique ) et s'adresse un peu plus aux enfants. Reste qu'on se fend la poire comme pas deux, et qu'à 6 mois de la sortie du 4me Astérix qui s'annonce aussi ( si pas plus ) catastrophique que le 3me, on serait fou comme un romain de se priver d'une œuvre qui ne prend pas l'amateur de BD pour un abruti inculte !

mardi 3 avril 2012

Le guide du queutard.


Thomas Day est un auteur français. On ne dirait pas comme ça, avec un nom à consonance anglo-saxone, je sais. C'est parce qu'il s'agit d'un nom de plume, nom d'un petit bonhomme. Il s'agit en réalité de Gilles Dumay, directeur de la collection Lunes d'encre aux éditions Denoël.

Avec Women In Chains, Day nous livre un petit recueil de nouvelles dont le thème est la violence faite aux femmes. "5 nouvelles.5 doigts capables de se refermer en un poing brutalement lancé dans le ventre d'une femme !" ( dixit la dédicace)

Au travers de ses nombreux romans ( La voie du sabre, L'instinct de l’équarrisseur, Le trône d'ébène,…), Thomas Day a souvent mixé la réalité avec un léger soupçon de fantastique ou de science-fiction ( voire parfois les deux en même temps, pourquoi se priver ? ). Il réitère le procédé ici également, autant dire que ses lecteurs seront en terrain connu. Les non-initiés seront peut-être un brin étonnés mais force est de constater que l'émergence du fantastique ou de la SF est plus diffuse que dans ses romans, une nouvelle ne laissant pas forcément le temps de planter tout un nouveau monde.

Au cours de ses 5 nouvelles, Day explore diverses formes de violences : le meurtre de masse à Juarez, la prostitution forcée, la chasse aux sorcières, le viol ou encore la violence conjugale. Ses héros ne sont pas que des femmes, ce qui offre un angle autre que l'éternel " tous les mecs sont des salauds ".
Ici le mal est autant commis par les hommes que par les femmes ( combien de bigotes gonflées d'amour chrétien n'ont pas appelé leurs hommes à brûler des femmes sur le bûcher ? ).

De plus, en fin d'ouvrage, Day revient sur ses textes et nous livre leur histoire, son inspiration, …. Les 3 premières nouvelles du livre sont également les plus grosses…et les plus réussies, ce qui n'enlèvent rien à la qualité des 2 dernières, loin s'en faut.

Un recueil court mais foutrement bien écrit, prenant et évitant les raccourcis faciles sur les "pauvres femmes"et les "hommes violents par nature" envers elles. 

dimanche 1 avril 2012

Noire, et il n'y a pas d'espoir...


La Panthère Noire est un héros Marvel qui apparaît plus souvent dans d'autres publications que dans un titre qui lui est consacré. Énième tentative de lancer un titre à sa gloire, "Black Panther: The Man Without fear" s'écarte beaucoup du cadre habituel dans lequel le héros évolue habituellement.

Petit retour en arrière : T'Challa est le roi du Wakanda, un état de Centre-Afrique dont la technologie et l'économie sont très en avance sur le reste du monde. Le pays possèdent les seules mines au monde de vibranium, un métal aux propriétés des plus surprenantes. Le Wakanda a gardé une certaine organisation tribale et le roi porte la tenue-totem de la Panthère Noire.

Mais depuis quelques mois, le vibranium a été détruit dans son intégralité et T'Challa a perdu ses capacités surhumaines obtenue grâce à son lien avec " le dieu panthère ".
T'Challa immigre alors aux USA, en quête d'un défi pour se retrouver et devenir l'homme qu'il était. Il laisse sur le côté sa femme, la mutante Tornade !

Avant de partir sur les routes, Matt Murdock ( Daredevil ) convoque T'Challa et lui demande de protéger Hell's Kitchen à sa place. La série " Daredevil : The Man Without Fear " devient alors " Black Panther : The Man Without Fear ". Et garde la numérotation de la série d'origine ! Tant qu'à faire.
Mettre le personnage dans un nouvel environnement pouvait se révéler payant. Á la place, on nous propose un sous-batman ( ambiance polar, silhouette noire, … ). Jusqu'au dessinateur ayant déjà officié sur des aventures du chevalier noir de Gotham !

                Oui, le costume de la couverture ne sera pas utilisé dans les pages intérieures.


Exemple frappant de " faux raccord". Le Balcon change d'altitude entre deux cases.

Tout sonne faux. Les situations, les dialogues, etc…le parrain du crime est un méchant très méchant, son fils est une ordure bien ordurière, bref, rien d'original ne nous sera proposé ! Et ce n'est pas la seconde aventure qui voit Kraven le chasseur tenter d'abattre la Panthère Noire qui viendra donner un intérêt à ce second premier tome ( logique de Panini : on sort un album sur le héros et 6 ans plus tard, on reprend la numérotation au début parce que ça fait longtemps que plus rien n'était sorti).

A éviter absolument !