dimanche 19 août 2018

UMACdonald's

Si j’écris ce blog depuis 10 ans ( dans quelques jours , mais j’arrondis , c’est plus joli ) , ma plume m’a, au fil du temps, ouvert les portes d’autres sites. Blurayactu.com, UMAC, UMAC2, le défunt Cable’s Chronicles.

J’ai côtoyé dans la vie réelle et la vie virtuelle des personnes passionnées, motivées par le désir de transmettre leurs passions et leurs avis. Cependant, toute cohabitation ne se fait toujours sans heurts. Ainsi va la vie et la nature humaine.

Un évènement survient, prenant des proportions cataclysmiques, telle une brindille rougeoyante qui finit par mettre le feu à la plaine et à la forêt. Parfois, il vaut mieux laisser le feu s’éteindre et regarder de l’autre côté et passer à autre chose.  C’est ce qui c’est passé avec le tenancier des sites UMAC et UMAC2 , Neault, que je ne citerai pas par ses nom et prénom.

En 2008, lorsque je lance ce blog, je lis déjà Neault depuis quelques années. De fil en aiguilles et de commentaire en commentaire , se noue une sorte de relation épistolaire entre lui et moi. C’est entre autre parce qu’il écrit que je décide de m’y mettre. Pour prouver et me prouver que j’en suis capable, que brûle en moi cette envie d’argumenter avec style, passion et vocabulaire.
S’il m’arrive d’être rentre-dedans , je n’ai jamais eu le côté Rock’n’Roll ( pour rester poli ) qui peut parfois régner sur ce blog.
C’est cette attitude qu’il me faut mettre en lumière aujourd’hui. Une attitude qui, sous couvert de ne pas respecter le « politiquement correct » , se permet de cracher son mépris, sa haine, sa morgue sur celles et ceux qui ne pensent pas dans sa logique.

Un des derniers articles en date, celui sur la X card pour ceux qui voudraient aller jeter un œil, m’a fait réaliser que, si chacun est libre d’avoir son opinion, le ton et la manière de communiquer sur ce site est souvent ….à gerber. Les rares écrits n’étant pas de Neault sont souvent plus ouverts et posés, mais les siens sentent mauvais. Et sa dernière recrue semble être un élève doué. Si le fond ne m’a pas semblé dénué d’intérêt, la forme en revanche caresse dans le sens du poil les bas instincts primaires du pilier de comptoir dans un exercice stylistique qui consiste à « enrober de sucre le diable-lui-même ». Oui, je cite V for Vendetta à dessein, cette œuvre d’Alan Moore honnie par Neault , je ne résiste jamais à faire des clins d’œil.
La goute d’eau qui met le feu aux poudres. Il est des êtres vils, misérables, miséreux et dangereux.
Et se défiler, ne pas les appeler par ce qu’ils sont, se taire est une honte, un acte déloyal envers tout ce qui mérite d’être défendu et d’humaniste.
Il n’est jamais trop tard pour dévoiler la nature morbide des personnes qui sont persuadés d’avoir raison car ils hurlent dans une caisse de résonnance avec une écriture travaillée qui ne sert qu’à cacher la petitesse et la faiblesse de leur esprit.

Lorsque Neault ouvre son blog à d’autres plumes, je suis invité à les rejoindre.  J’avoue, plus par diplomatie que par envie ou opportunité, j’accepte. Se pose alors un sérieux problème : qu’ai-je à dire de plus là-bas que dans ces pages ? J’opte d’abord pour une certaine facilité : je ne chronique pas les fascicules comics ici, pourquoi ne pas le faire là-bas ? Prenant petit à petit mes marques, je m’adapte. Une plume plus posée ici, plus violente et , disons-le, hautaine, de l’autre.

Cette façon d’écrire ne posera jamais problème, Neault semblant aimé que je m’attaque comme un chien enragé à ceux qu’ils considèrent le mériter.
Et puis survient le drame. Un article le force à s’excuser devant des responsables de Panini Comics ( pour un article que j’ai rapatrié par ici avant que les écrits ne soient supprimés ou inaccessibles – ce qui c’est passé bien entendu, le révisionnisme a été appliqué. Manœuvre charmante qui n’est que la pointe de l’iceberg ). Il encaisse mal, très mal. Panini est le mal incarné à ses yeux et se rabaisser ainsi doit lui être insupportable. Concevable interprétation de ma part.

La rupture se fait en mauvais termes. À l’époque, UMAC se met en veille pour que soit lancé UMAC2. Si les ambitions de départ semblaient vouloir être la FALCON X des blogs, les coulisses sont moins reluisantes. Alors qu’UMAC accueillait de la fiction, UMAC2 ne le fait plus. Je ne le découvre qu’en tentant d’en poster moi-même. Je n’y écris pas beaucoup (mon rythme étant ralenti ici, dur dur de maintenir un cap là-bas ) et j’avais l’opportunité de démontrer que non, je ne me désintéresse pas du site, loin de là.

Bref, la cessation d’activités prend effet lors d’une conversation sur Facebook. Alors que celle-ci démarre (et tant pis si tu as une vie ou si tu es occupé, ta petite lumière verte indiquant ta présence est suffisante pour que tu sois disponible à tous ! ) , je m’en désintéresse pour raisons privées. Après tout, les paroles s’envolent, les écrits restent et prendre connaissance des « directives éditoriales » ( car c’est de cela qu’il s’agit, la liberté de ton a commencé à perdre sa place ). Jeté manu militari , je confesse le prendre assez mal.  Et là, le franc tombe. Une mécanique se déclenche dans ma tête, révélant que je savais depuis le début que le clash était inévitable, que les convictions profondes de l’un s’accorderaient mal avec celles de l’autre.

J’ouvre un compte twitter parodique, UMACdonald’s, considérant désormais UMAC comme un fast-food culturel : ça a l’air bon, c’est même agréable à manger mais gare si vous en abusez. Je le fais pour rire un peu et surtout faire sortir le loup du bois, pousser le vrai visage de Neault à se montrer en public. Car la parodie n’est un poil à gratter que si l’on a quelque chose à cacher. Mais Neault n’est pas très Charlie (et même pas du tout, si vous savez lire entre les lignes de phrases écrites en bleu-marine).
Mais le loup est vieux et rusé. Il ne se compromettra jamais en public.
Et en privé, il doit penser que mon code de conduite m’empêchera de le dénoncer.

Il avait raison, jusque maintenant.
Alors, mesdames et messieurs, devant vous ce soir, le Spectaculaire Geoffrey va faire apparaître le vrai visage de cet homme, de son mépris et surtout, de sa violence verbale et de ses menaces physiques.





L’écureuil péteur en question, c'était ma meilleure amie à tenir éveillée après l'avoir fait vomir la boîte de Xanax qu'elle venait d'avaler. J'assume toujours avoir choisi la voie humaine sur ce coup-là. Si elle avait été en vacances chez elle et pas chez moi, j'aurai assisté moi aussi à des funérailles. Ma priorité va aux autres et pas à ma réputation ou celle d'un site qui n'existe que pour flatter l'ego d'un scribouillard même plus apte à le faire marcher seul.





À mes amis et connaissances rédacteurs occasionnels pour son site je dis ceci : un jour, cela pourrait être votre tour. Et vous valez mieux que la haine et le dédain d’un homme tel que lui. L’intimidation est l’arme des tyrans et des brutes. Mais ils n’ont du pouvoir que si on leur en donne.
Aujourd’hui, j’espère lui en retirer un peu.

Et j'avoue que si je n'avais pas déménagé, j'aurais attendu avant de poster tout ceci.
Sa passion des armes à feu et cette violence qu'il garde privée me font réellement peur. Je le considère comme dangereux psychologiquement mais également pour l’intégrité physique des personnes qui viendraient à lui déplaire.

Une parodie bête et méchante semble être considérée comme un acte égal ou supérieur à avoir profaner la sépulture de sa grand-mère pour la violer dans une tournante.
Quels actes une telle personne posera-t-elle le jour où son visage est découvert par tous ?
J'espère que vous ne le découvrirez pas dans le journal en même temps que ma nécrologie.
Car je crois aux pouvoirs des mots. Je sais que crier une chose et prendre le temps de l'écrire sont deux choses différentes et aux portées différentes. Menacer de manière épistolaire n'est pas anodin, c'est un acte posé et réfléchi et pas un réflexe vulgaire dont le seul but est de se soulager d'un coup. C'est une menace réelle envers mon intégrité physique.
Et j'ai souvent eu peur de le voir débarquer.


" Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit . " Jean Paul Sartre .



mercredi 15 août 2018

L'alchimiste full metal.

C’est une ville immense,que se disputent deux factions rivales : les alchimistes et les mécaniciens.
C’est une ville jaillie de la terre par la seule volonté des gargouilles, êtres de pierre, peuple qui s’amoindrit peu à peu.
C’est une ville au bord du chaos où vit Mattie, automate affranchie par son maître mécanicien, Loharri.
Cette dernière est devenue alchimiste et les gargouilles l’ont choisie pour les aider : la pétrification emporte chaque nuit un peu plus l’une des leurs et leur inexorable disparition leur fait peur.

Croisement entre fantasy style renaissance et steampunk , L’Alchimie de la pierre est un roman court et précieux qui explore la psyché humaine par le biais de la compréhension et du regard d’une androïde libérée de son maître et pourtant encore totalement assujettie à ce dernier, les chaînes qui relient les êtres sont complexes et certaines portent chez elle le sceau infamant de la programmation installée par son créateur.
La quête d’émancipation totale de Mattie est une métaphore de la lutte féministe sans tomber dans la caricature.


L’auteure, Ekatarina Sedia ,  a écrit plusieurs nouvelles et romans mais celui-ci est le premier à être traduit en langue française. Espérons qu’il ne restera pas orphelin car Sedia possède un style fluide, doux et agréable à lire. Une sorte d’hermine pour les yeux qui ne l’empêche aucunement de décrire certaines horreurs et blessures que la vie et la société aiment faire subir si souvent aux opprimés et rarement aux puissants qui ne tombent que pour reprendre le pouvoir d’une façon ou d’une autre.

Au fil des aventures et des rencontres de Mattie, Sedia déplie une fable sur la lutte des classes , les manipulations des foules , les certitudes idéologiques des factions en place ( hors, comme le disait Nietzsche : Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges ) , le combat du progrès industriel contre les défenseurs du naturel.

Riche en thèmes, le roman en effleure certains et en visite d’autres plus profondément.
Il s’agit surtout ici de narrer les ressentis de Mattie l’automate plus que de dresser le portrait d’une allégorie d’un modèle politique au final très Européen ( la ville semble suivre le schéma de la monarchie constitutionnelle et non celle d’une république, cet aspect, très européen, doit sembler d’un exotisme étrange aux lecteurs américains ) qui porte néanmoins une bonne partie du décorum sur ses épaules.
Un décorum agité par la gestion des Mécaniciens sur la ville, faction rappelant une droite fourre-tout, aussi libérale , inhumaine et extrême que réaliste. Le paradoxe le plus évident est que Mattie, machine faite de rouages et de boulons soit devenue alchimiste dont l’art dépend de ce qui pousse, de ce qui vit et ce qui meurt.

Cependant, Ekaterina Sebia se garde bien de décrire les luttes de pouvoir entre factions de manière manichéenne et les alchimistes ne sont pas présentés comme des chevaliers blancs face aux dragons du progrès mécanique.
Chaque personnage possède une caractérisation psychologique si pas fine, au moins suffisamment travaillée pour que les zones d’ombres et de lumières soient mises en avant, au lecteur de trancher qui est bon, mauvais ou tout simplement…humain, avec les tares et les dons que cela entend.

Personnage aux multiples facettes et dont la volonté de pleinement vivre pour elle anime les actions, Mattie ne peut que toucher le cœur du lecteur qui se voit, grâce au style de l’auteure et la beauté de son personnage, pris par la main pour traverser une ville et un système en plein chambardement.
Une œuvre douce et dure dans des contrées que l’on souhaiterait explorer plus avant.