jeudi 23 février 2017

Bioshock Gothique.

Près de 4 ans après l’échec au box-office de Lone Ranger, spectacle fou de western sauce Pirates des Caraïbes ( non, c’est pas sale ce que je dis ! ) qui n’avait pas trouvé son public ( ah ça, une histoire entièrement basée sur les méfaits de l’homme blanc, ça a toujours du mal à bénéficier d’un bon bouche-à-oreille) , Gore Verbinski revient avec A cure for Wellness, adapté sottement en A cure for life dans les salles européennes francophones ( parce que le public est sans doute trop con pour prononcer wellness ou comprendre le mot…ça va encore aider à ne pas sentir l’élitisme crasse des distributeurs qui se prennent pour des cadors intellectuels ).
Oui, je sais, je râle de plus en plus ouvertement dans ces pages virtuelles. Mais hé, elles sont à moi !

Pourtant, le réalisateur a jadis connu une époque d’état de grâce : son remake angoissant de The Ring et le premier épisode de Pirates des Caraïbes suffisent à le considérer comme ultra-bankable par les studios. Hélas pour lui, trois choses vont venir perturber sa carrière.

Premièrement, Pirates des Caraïbes-Jusqu’au bout du monde va se planter, aux yeux des studios. Ne caressant jamais son public dans le sens du poil ( négligeant l’adage que le spectateur lambda veut être surpris mais pas trop quand même ) et semblant en faire trop, ce troisième opus devient vite conspué. Grand film incompris et maudit par la même occasion,il reste l’épisode le plus intéressant dans ses choix narratifs et esthétiques. Il ne s’agissait pas d’un réalisateur frustré de ne pas être Peter Jackson mais d’un homme offrant (et s’offrant) un ride spectaculaire et inventif de près de 3 heures. Pas étonnant que Zimmer ait livré là une de ses meilleurs B.O ! Le film a coûté presque 300 millions (!!!) de $.
Dans ces conditions, les studios le trouvent dépensier (et ce même si il a rapporte près d’un milliard avec ce seul film ! Un bénéfice de 700 millions, c’est un plantage pour les exécutifs de Disney si le film coûte autant au départ.) . Alors qu’un quatrième opus est quand même envisagé, Verbinski , sentant le vent tourner, prend le large de la saga. Comment continuer à aller de l’avant si le studio sabre le budget et vous coupe les ailes dans le futur. Autant laisser ces désagréments à d’autres ( ce qui arrivera d’ailleurs).
Verbinski se consolera de ces tatanes sur la tronche avec le petit budget Rango, parodie de western en animation anthropomorphique  (entièrement conçue par ILM d’ailleurs).  Une petite récréation en attendant de retrouver la folie d’une grosse production avec son complice d’écriture sur ce film dingo : John Logan. Mais j’y reviendrai.




Deuxièmement, la crise économique mondiale débarque. Pour les studios ? Une broutille, une perte comptable conséquente mais pas horrible. Mais, comme toutes les entreprises de l’époque, Hollywood va profiter de l’excuse pour virer du monde et revoir ses stratégies.
Déjà bien orienté vers un public adolescent ( statistiquement, ce public se déplace bien plus que les autres dans les salles de cinéma) , Hollywood va tout mettre en œuvre pour encore plus lui faire les poches. Explications !
Aux USA (et sur ce niveau les USA sont hyper-centrés sur eux-mêmes : un film peut se planter chez eux et rapporter deux milliards à l’étrangers, ils considéreront la chose comme un échec artistique, allez comprendre) , il existe différentes classifications pour les longs-métrages. Alors que chez nous nous en sommes au simple E.A (enfants admis ) et E.N.A ( enfants , de moins de 16 ans, non-admis) , les français sont déjà plus complets avec des interdictions aux moins de 12 et 16 ans (et le X est international sauf aux States) , les États-Unis croulent sous une masse de classification . 5 en tout ( dont le NC-17, qui remplace le X. Pourquoi faire simple ? ). La grosse faille dont se servent les studios c’est qu’un film interdit aux moins de 17 ans (R) l’est uniquement si l’ado n’est pas accompagné d’un majeur. Bref, ils ne se coupent pas de ce public même s’il est parfois plus difficile ( c’est relatif) à atteindre.
Et plusieurs films classés " R " vont être moins rentables que prévus. Dont le fameux Watchmen de Zack Snyder en 2009. Et c’est donc dans le courant de cette année-là que les studios décident de suspendre la production de film " R" à gros budgets. Un ado qui doit se faire accompagner, ça fait vendre deux places, c’est sûr. Mais un ado qui ne doit convaincre personne, c’est plus rentable. Il peut sortir avec ses potes, etc…bref, on va leur fournir plus de films prévus pour leur tranche d’âge et ils vont consommer plus. Imparable ! Cela va avoir des conséquences sur le « troisièmement » ! ( oh, au fait, la grosse différence entre un R et un PG-13, ce n’est pas le niveau de violence mais de nudité. Un film R est plus sexuellement explicite. Caché ce sein mais pas ce lance-roquette . Si pas de nudité, les censeurs laissent plus facilement passer les jurons et les scènes violentes (Ameeeeeriiiicaaaaa )



Troisièmement donc. Rango est derrière lui, ILM fignole les détails et Verbinski cherche un nouveau projet. Il se trouve qu’il a été fort impacté par le jeu vidéo Bioshock, dont les droits cinéma sont détenus par Universal Studios. Il entre en négociations avec eux et obtient le job de réalisateur. Avec son compère John Logan, qui avait écrit Rango, il se lance dans l’élaboration du scénario.
John Logan , pour vous situer, c’est le co-scénariste de Gladiator, Skyfall, Spectre et le scénariste tout court de Aviator, The Last Samurai. Pas un petit-joueur donc. Ça tombe bien, Verbinski non plus ! Diantre, enfin un jeu vidéo qui bénéficie d’une équipe visionnaire et capable ? Des gens compétents ?
Nos deux lascars sont emballés par cette histoire d’utopie objectiviste qui tourne mal.

Aparté : l’objectivisme ? C’est une philosophie mise au point par l’auteur Ayn Rand et qui consiste à être un enfoiré égoïste avec des moyens (financiers, intellectuels…les deux en même temps, c’est mieux. Je schématise à mort à mort à mort) et à se rendre heureux soi et ses proches. Ses romans sont les bibles des libéraux absolus et conservateurs ( qui oublient qu’elle était pro-choix et anti-dieu. On retient que ce que l’on veut quand on veut faire de la politique et de l’économie.). Bref, écrasez les autres ou tout du moins ne les laissez pas profiter de vos travaux s’ils sont incapables de les comprendre ou de les apprécier à leurs justes valeurs.
Rapture, la ville sous-marine et cachée de Bioshock est conçue selon cette doctrine. Et comme une telle idée ne peut que virer facho, l’utopie devient dystopie ( et si on rajoute le fait que l’utopie est inatteignable pour l’humain, la chute était inévitable ). Fin de l’aparté, merci de votre attention et de votre compréhension face à ma vulgarisation extrême de l’objectivisme. Je vous invite à aller vous renseigner un peu plus quand même.





Le script avance bien, les story-boards se font, les concepts arts aussi. La pré-production avance malgré quelques anicroches : le réalisateur veut réaliser un PG-17 et le studio refuse.
Mais Verbinski ne lâche rien. Il est persuadé que son approche est la bonne. Alors que son film semble sur les rails, un autre film adapté d’un jeu vidéo, Prince of Persia, se casse minablement la gueule au box-office. Universal saisit le prétexte pour arrêter les frais avec un réalisateur qui, manifestement, a de l’ambition artistique à la place du portefeuille.Il faut vendre du pop-corn, pas faire marcher des neurones et leurs synapses.

Nous sommes à 8 semaines du début du tournage quand le studio annonce : le film, on le fera pas ! Dépité, Verbinski se retrouve tel Alejandor Jodorowsky avec son adaptation de Dune. Une masse de travail énorme n’accouchera donc que d’un film dans la tête du réalisateur.
Son ami Jerry Bruckheimer l’appelle alors pour lui proposer Lone Ranger. Il sort du désastre Prince of Persia et lui aussi a besoin d’un succès pour se remettre en selle. Lone Ranger les coulera tous les deux pour quelques années.
Ironie cosmique, c’est bien Disney (échaudé par Pirates 3) qui produira le film Tomorrowland, de Brad Bird, une histoire de ville secrète utopiste basées sur l’objectivisme et qui a mal tourné. Parce que pour que l’objectivisme fonctionne à plein régime, il faut absolument que tout le monde soit sur la même longueur d’onde et que personne ne remette le système en question (et ça , ça n’arrive jamais. Vous pouvez bannir ou exécuter vos opposants idéologiques, une fois qu’une idée sort de sa boîte, c’est terminé. Elle survivra et trouvera de nouveaux hôtes).
Voila…Lone Ranger, retour au début de cet article. La boucle est bouclée.
Verbinski doit donc de nouveau se remettre en selle. Il va mettre quelques années à le faire.








On ne travaille pas aussi longtemps sur un projet sans qu’il ne vous hante. Et pour exorciser ce film-fantôme , chacun sa méthode. Jodorowsky avait recyclé ses idées pour Dune dans la BD La caste des méta-barons.
Verbinski va le faire sur A cure for wellness. Les points communs seront évidents, et sans spoilers majeurs, juste les détails, je vais tenter de vous le démontrer dans cette critique qui débute enfin après une mise en contexte longue mais nécessaire ! Pardonnez-moi, mais je vais un peu continuer sur cette lancée.

Pour revenir sur le devant de la scène, pourquoi ne pas revenir à ce qui l’avait vraiment révélé au début ? Certes, son premier film, La souris, était fou-fou mais le public n’a pas vraiment suivi. Et le trop sage Le Mexicain n’aura pas marqué les esprits. Mais il y a … The Ring !

Remake américain d’un film d’horreur japonais, The Ring tient le haut du pavé en matière de remake. Non seulement l’histoire est adaptée correctement à l’occident sans dénaturer la nature profonde de la menace et de l’histoire de base, mais il se paye le luxe d’être travaillé différemment, de ne pas se contenter de faire du copier-coller. Des ajustements par-ci, des rajouts par-là (dont une séquence avec un cheval totalement flippante), Verbinski livre un film qui ne marche pas aux jump-scares faciles mais qui distille une ambiance, un malaise palpable durant toute la durée de son long-métrage  et qui aura assez de succès pour faire de Naomi Watts l’actrice du moment pendant quelques années encore.

Il élabore une donc histoire avec le scénariste Justin Haythe qui ira ensuite écrire le script tout seul.

Lockhart (le personnage n’est jamais nommé par son prénom) est un jeune cadre dans une compagnie financière. Petit prodige arrogant et malhonnête, sa gestion de certains dossiers pose problème alors qu’une fusion massive se profile. Cette fusion pourrait être mise en péril par les ficelles que Lockhart a utilisées mais une solution se dessine. Le directeur de la firme, Roland Pembroke, a écrit une lettre depuis un mystérieux centre de cure thermale, en Suisse. Clairement atteint de démence (il ne croit plus en ce système capitaliste, diantre quel malade mental ! ), Pembroke pourrait devenir le bouc émissaire parfait pour les erreurs de Lockhart. Le C.A charge donc Lockhart d’aller chercher Pembroke et de le ramener signer certains documents. Le couteau sous la gorge, Lockart accepte.
En Suisse, il découvre l’établissement et dans la foulée remarque qu’aucun pensionnaire ne veut le quitter. Victime d’un accident de voiture en rentrant en ville, Lockhart se réveille la jambe dans le plâtre dans le centre thermal. Il va profiter de ce séjour forcé pour retrouver Pembroke. Mais son exploration des lieux va se révélée ardues tant l’endroit et son histoire semblent baigner dans une atmosphère pesante.
Pourquoi le Directeur, le docteur Volmer et tout son staff soignant se comportent-ils si étrangement ? Et qui est Hannah, cette jeune fille perdue dans un environnement peuplé de personnes âgées ?


Le coup de l’hôpital qui ne vous veut pas que du bien, voila un thème déjà vu. Heureusement pour nous, le terrain est vaste et à peine défricher. On pensera bien entendu avant tout ( car plus récent ) à Shutter Island de Dennis Lehane (oui, il paraît que Scorsese a aussi tenté d’adapter le roman en film. Je reste toujours peu convaincu par cette adaptation à la virgule près mais trop sage)  ou encore la nouvelle d’Edgar Allan Poe  Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume qui a inspiré le Hysteria de Brad Anderson ( The Machinist) avec Kate Beckinsale, Michael Caine et Ben Kingsley.






Notons que le docteur maléfique est une figure qui marche bien, même dans les navets.
Nous avons été certes bercés par la figure du savant fou ( avec qui il partage des points communs ) mais le docteur, le médecin, appelez-le comme vous voulez est un formidable réceptacle pour nos peurs et phobies. Sa chasuble blanche étant la parfaite page sur laquelle nous écrirons nos angoisses profondes et les plus noires. Autant vecteur de guérison que de mort ( il ne vous annoncera pas que des bonnes nouvelles au cours de votre vie) , le médecin convoque aussi aisément la figure maléfique du sorcier noir dans nos petites têtes. Tout comme un Voldemort , il a étudié des années à l’abri des regards des pauvres mortels que nous sommes, parle dans un jargon incompréhensible qui sont autant d’incantations et même son écriture se révèle impénétrable sauf pour ses confrères ou les pharmaciens. Ajoutez à ça les scandales bien réels sur les erreurs médicales et les médicaments foireux et vous obtenez un cocktail détonnant. Bref,un docteur en médecine a tout pour faire flipper !

Mais Verbinski va quand même jouer avec nos doutes. Lors de ce plan magnifique d’un train entrant dans un tunnel et se reflétant sur lui-même, n’annonce-t-il pas une sorte de division de la réalité en deux ? Comme si le personnage allait se dissocier ? Ces séquences où Lockhart se perd dans l’hôpital et croit voir les murs se refermer ne semblent-ils pas indiquer qu’il perd la boule et le nord dans un dédale qui pourrait bien n’être que le labyrinthe de sa psyché et de sa santé mentale ? Perdre le spectateur est paradoxalement un bon moyen de le garder attentif pour que lui-même veuille connaître la vérité.




Après tout, notre héros ne quitte-t-il pas un univers froid, sombre et aliénant ( le New-York de la finance, dans un climat pluvieux ) pour rejoindre un village ensoleillé et plein de bon air frais ? Et oui, car l’horreur en plein jour, il faut une certaine maîtrise pour ça, et Verbinski crée des ambiances comme un chef. Il a toujours su s’entourer des bons. Citons bien entendu le directeur photo Dariusz Wolski sur la trilogie pirates qui donnaient aux textures une présence forte sur la pellicule ( la crasse, les vêtements séchés par le vent et les embruns) ou encore celui qui nous intéresse ici : Bojan Bazelli que le réalisateur retrouve après Lone Ranger (où il singeait Wolski avec talent ) mais surtout après The Ring. Ce n’est pas le seul écho à The Ring qui se trouve dans le film d’ailleurs, les deux œuvres possédant en leur sein une scène de violence animalière pas piquée des vers et violemment réaliste. Attention aux âmes sensibles.
C’est à une photo (et une ambiance) chromée et froide, teintée de glauque, que les deux hommes nous invitent ici. Sous la lumière de Bazelli, l’eau prend ici rarement une teinte transparente ou pure. Dès qu’elle sert à immerger un humain , elle devient au mieux trouble, au pire noire et lourde comme du plomb, à faire passer les flaques sombres du Se7en de David Fincher pour émanant d’un centre d’attractions aquatique !




Durant la première partie du film, les angles de vues vont être riches de sens et participer pleinement à la création d’un malaise chez le spectateur qui sont en fait autant d’indices sur les événements.  Une contre-plongée faisant ressortir un œil qui regarde par une loupe ( «  Faites attention aux détails ! » nous crie l’image). La voiture du héros arrive face aux grilles de l’établissement en pleine plongée ( il est tout petit face à la machine médicale ) , des grilles surmontées d’un caducée trompeur ( ce ne sont pas des serpents, mais des anguilles ) au premier plan qui donnent l’impression de déjà enfermer entre leurs dents le héros qui se trouve dans la limousine au second plan ( et après on viendra tenter de nous vendre que la 3D est l’avenir du cinéma. Mais enfin, le cinéma c’est déjà de la 3D projeté sur un espace 2D, c’est simple pourtant ! La perspective on maîtrise non ? ).
Des symboles fugaces mais forts et oppressants. Et si la jambe plâtrée du héros ne symbolise pas son impuissance ( face aux événements mais également sexuelle, la jeune demoiselle lui étant interdite durant tout le métrage ), que je sois damné !




Bien entendu, il n’y a pas que les symboles qui font l’ambiance. Il y a aussi ce que l’on fait faire aux personnages.
Dane DeHaan incarne ce jeune loup de Wall Street ( il paraît qu’il partage une ressemblance avec DiCaprio : à par le talent, je vois pas ) rusé mais pas si inhumain. Constamment sur le point d’exploser dans cet environnement qui met ses nerfs à l’épreuve, DeHaan ne pète les plombs qu’aux bons moments.
Il fait face à un Jason Isaacs perfide mais avenant, un Lucius Malefoy (oh, un docteur joué par un ancien sorcier, c'est fou ! )  affable autant que sournois et dont on ne sait jamais ce qui se cache vraiment sous le masque de chair de son visage.
Mia Goth quant à elle incarne avec délicatesse et parfois émerveillement Hannah, une femme enfant exclue du monde qui vit dans le retour d’un père absent qui ne reviendra que lorsqu’elle "sera guérie".






Ajoutez un personnel hospitalier froid et inhospitalier ( sans être agressif ou aigri comme dans un hôpital ordinaire ), comme des rouages d’une mécanique qu’ils savent toute puissante. Des comportements plus dérangeants aussi ( comme cette scène de masturbation où l’on ne voit rien mais qui distille un malaise répulsif sous votre peau ) et cette petite bouteille bleue censée contenir des vitamines mais dont on devine vite qu’elle est un enjeu crucial du mystère qui entoure l’endroit. Gore Verbinski ferre son poisson (nous) et ne nous lâche plus même lorsqu’il nous pousse devant le répugnant tout en suggestion ( votre cerveau fait tout le boulot, et c’est pas jojo ) ou le délire gothique.

Et c’est là que le film va diviser. Lettre d’amour absolu aux films de genre et à l’horreur gothique comme on en fait plus ( Edgar Allan Poe, Bram Stoker pour la littérature. Des tas de films de la maison de production Hammer pour le cinéma) ou rarement ( comme le semi-rattage, et donc semie-réussite, The Raven de James MacTeigue dont le héros était Poe justement ), Verbinski va se mettre dans la poche les amateurs et faire fuir les autres qui risquent de trouver les rebondissements ridicules et débiles. Et là, personne n’a tort, personne n’a raison. C’est vraiment une affinité avec un genre qui ici s’imprime totalement dans le film. Et si Gore Verbinski manie l’ambiance gothique, il va y imprimer ses frustrations de Bioshock ! Voila deux choses qu’il aime, et quand on aime on ne compte pas.

Au château perdu dans les Alpes Suisses ( en réalité, toutes les scènes européennes ont été tournées en Allemagne ) qui pourrait servir de domaine à un solitaire Dracula ou Frankenstein, le réalisateur va superposer le principe de communauté qui se coupe du monde pour faire des recherches dans un but tout sauf réellement altruiste ( la ville de Rapture ) , le tout dans une ambiance rétro-futuriste assumée ( Rapture, encore). L’objectivisme randien règne en maître !
Et si les limaces de mer pullulaient à Rapture, au château du Dr. Volmer ce sont les anguilles qui vont et viennent. Et si les «  vitamines » ne viennent pas vous faire penser aux ADM, je ne sais pas ce qu’il vous faut ( amis qui n’avez pas joué au jeu, je suis désolé de vous perdre sous mes considérations. Sachez que ce niveau de lecture n’est pas nécessaire à la compréhension du film).




Les différentes couches et strates du films sont nombreuses. Comme je le rappelais plus haut, quand on aime, on ne compte pas. Et le bas blesse ici. Verbinski aime tellement ses/ces sujets, qu’il ne va rien s’interdire, étirant son film sur 2h27.

Gourmand et généreux envers lui-même , Verbinski coure le risque de gaver son audience comme une oie. L’excès nuit en tout et ceux du réalisateur nuisent à son rythme. Ce qui provoque un ventre mou lors de certains passages et ce malgré une esthétique à se fracturer la rétine et des techniques stimulantes de montages ( le montage alterné, lorsqu’il est bien pensé, comme ici, est puissant mais encore faut-il que le spectateur soit pleinement conscient et pas un peu ennuyé ! ).

A cure for wellness serait une pièce-montée fabuleuse  sur laquelle on n’a pas posé une cerise sur le sommet mais au contour de tous les étages ! Les hypoglycémiques de ce genre de cinéma seront aux anges mais c’est oublier que la majeure partie du public est diabétique ! Et que le bouche à oreille qu’il profère casse l’image du film. Un film qui n’a pas vraiment bénéficié d’une campagne de pub idoine et qui va se planter !

Alors oui, Verbinski nous convie à un repas copieux ( presque indigeste ,presque) mais original ( ce n’est pas une adaptation ni un film de super-héros ) très loin du trop souvent prémâché d’Hollywood ou du gothisme de fast-food d’un Tim Burton post-Big Fish !
Un conte néo-gothique flamboyant de froideur dans sa mise en scène !

Je n’ai pour ma part pas su m’empêcher de voir des allusions à Batman, sans doute fortuites et tenant de la coïncidence, concernant les dernières apparitions du Joker dans la série éponyme. Que les lecteurs de Scott Snyder me donnent leur ressenti sur le sujet, ça m’intéresse.









lundi 20 février 2017

De l'importance du héros mythologique dans la construction personnelle.

Depuis l’aube des temps, l’homme est un conteur d’histoires.
L'homme a besoin de partager ses expériences , de trouver diverses façons de comprendre et de résoudre ses problèmes journaliers.
Lascaux, même si cela nous échappe, raconte
quelque chose.
Les histoires et ensuite les mythes font donc partie intégrante de notre patrimoine interculturel.

Pas une seule civilisation sans mythe !

Dans toute civilisation, de tout temps et en toutes circonstances, des mythes sont apparus,reflet de tout ce qui pouvait naître des activités de l'être humain et de son esprit.
Joseph Campbell.

Il n’est pas inintéressant de rappeler que le mot mythe vient du grec μῦθος , mythos. Sous son sens premiers, le terme désigne une fable, un récit !

Ces récits et leurs descendants modernes peuvent-ils aider, partiellement, à se construire en tant qu’individus?



Philip K .Dick a écrit : «  La réalité, c’est ce qui continue d’exister quand on a cessé d’y croire ! ».

Mais durant la lecture d’un mythe, d’une représentation théâtrale ou de la projection d’un film, notre esprit accepte le récit fictionnel comme étant réel (regardez par la fenêtre et voyez Superman voler, vous saurez que vous hallucinez mais ça ne vous choquera pas de le voir fendre les airs sur grand écran), c'est le principe de suspension consentie de l'incrédulité.

Non seulement c’est une transposition du mythe de la caverne de Platon mais c’est encore plus fort du fait qu’on sait que c’est faux et que cela est accepté (sans rejet par l’esprit) aussi facilement qu’un chèque de Kadhafi par Nicolas Sarkozy !
Dès lors, peut-on envisager qu’on puisse retirer une expérience de vécu d’une lecture, d’une représentation? Le mythe pouvait-il apporter quelque chose ?

Or le mythe, se subdivise en deux grandes catégories :
1° Il y a les mythes fondateurs, ceux qui expliquent l’origine du monde ( autrement dit, la Cosmogonie ) ; c’est Gaia émergeant du chaos originel, c’est Yahvé  (ou Jéhovah ) qui met 7 jours à tout créer (oui, le 7me jour il créa sa plus belle œuvre : le repos ! ).
Le mythe sert à expliquer la création de la Terre et son fonctionnement : chez les Grecs ( et les Romains qui leur ont tout piqué ) , les divinités sont des forces de la nature : Zeus manie son foudre, Apollon fait se lever le soleil, les relations mère-fille entre Déméter et Perséphone expliquent les saisons, etc…

2° Il y a le mythe comme représentation poétisée de la vie en société dans une époque donnée.
Les mythes se situent dans un contexte déterminé selon la culture dont ils émanent. Ils suivent cependant généralement une structure fort similaire, ce qui poussera le chercheur Joseph Campbell a posé la théorie du mono-mythe, le mythe à l’origine de tous les mythes. Son livre, Le héros aux mille visages/Les héros sont éternels, est d’ailleurs LA bible de tout scénariste hollywoodien qui se respecte !

C’est la seconde option qui nous intéresse ici.
Pour nous, par exemple, les mythes grecs peuvent nous éclairer tant sur leur mode de vie que sur leurs croyances. Mais pour un grec de l’antiquité, qu’étaient-ils ? Un agréable divertissement ? Une allégorie sur la vie ?
Tout le décorum sociétaire n’était là que pour plonger le lecteur ou l’audience théâtrale dans une situation connue. C’est la (ou les) figure du héros qui était importante et porteuse d’un message. Le héros, dans son acceptation globale (et pas uniquement gréco-romaine) est un être capable d’exploits surhumains (même si de nos jours, le simple fait d’aller contre son instinct de survie pour sauver quelqu’un fait de vous un héros). Comme le disent les américains, un héros est quelqu’un de «  bigger than life ! ».
 D’ailleurs, il est notable que le décorum des mythes grecs tels qu’ils nous sont parvenus est sans doute différent de ce qu’il était à la base.



En effet, la plupart des mythes grecs  ont  pour origine chronologique une période appelée « Le Moyen-âge grec » (mauvaise traduction de Greek Dark Age ) et située entre 1200 avant Jésus Christ et 776 (toujours avant J.C…mais non, pas John Connor enfin…) avec les premiers Jeux Olympiques. C’était ce que j’appellerai l’âge héroïque,où dieux et demi-dieux foulaient le sol de la Terre, guerroyaient pour la gloire ou l’honneur, où leur présence faisait et défaisait des nations. 
Troie est tombée pour quelques divins orgueils, Héraclès a aidé à unir le territoire Thrace et Zeus a engrossé la moitié des filles nobles du monde connu !

Et quel monde ! Troie en Asie Mineure, Andromède princesse enchaînée d’Ethiopie ,Prométhée qui,selon les mythes, est enchaîné ( décidément ! les grecs ont inventé plein de pratiques bizarres en fait.Le Sado-maso, ça serait donc eux, aussi ?) sur le mont Atlas ( en Afrique du Nord) ou sur le mont Caucase ( situé dieu sait où entre la Mer Noir et la mer Caspienne). Ce monde décrit, est pour les grecs de l’antiquité, terra incognita. J’entrevois deux hypothèses : soit les minoens et les mycéniens en savaient plus long sur la géographie qu’on ne le pense actuellement  (meilleurs explorateurs ? souvenirs du pays des hyperboréens si tant est qu’il exista ? ) soit, par le jeu des voyages et du commerce, certains mythes ont été importés.

Aucune civilisation  n’est vraiment fermée sur elle-même et la culture est poreuse, contaminante et contaminable envers d’autres cultures ! Il lui arrive même d’être agri…culture ! 



Ce Greek Dark Age dont on ne sait presque rien correspond à une période de troubles. À la même période, l’Egypte et le territoire Hittite connaissent des bouleversements, Mycènes s’est effondré. Des civilisations liées par le commerce et la guerre ! Si l’une disparaît, l’équilibre peut-il se rompre et entraîner les autres vers une chute ?
L’antiquité Grecque commençante, est donc une…Renaissance. On redécouvre l’écriture et les mythes de l’ancien monde ( dans le sens du monde ancien, celui que l’on a pas connu et qui précéda chronologiquement) sont couchés par écrit. Ils ont survécu oralement, dans la mémoire des populations, des rares artistes encore en activité,etc…C'est vers 650 avant notre ère qu'Hésiode couche la Théogonie.
Mais ces mythes ne reflètent sans doute plus le mode de vie de ces âges sombres presque effacés de l’histoire mondiale. Ils ont évolué. Le nombre d’aventures d’Héraclès,par exemple, a-t-il favorisé sa longévité et propagation comme certains illustrés plus modernes ? La question reste ouverte. 



Toutes les cultures font partie intégrante de l’histoire qui est une évolution ! Et les mythes , faisant partie de ces cultures, ne sont pas des récits fixes et immuables ! Ils peuvent être revus, corrigés pour intégrer de nouvelles données, des nouvelles valeurs morales, etc… Difficile de penser dès lors que les mythes grecs sont une copie carbone de ceux qui se racontaient à la cour d’Agamemnon ! C’est cette même logique qui est appliquée aux super-héros actuellement d’ailleurs ( mais je le répète depuis des années, ils sont une forme de mythologie et suivent donc les mêmes modes opératoires ! ).
La base est la même pour tous les films de Superman ou de Batman, mais les héros sont à chaque fois remis « au goût du jour », comprenez qu’ils sont placé dans un contexte plus actuel pour chaque film. Or l’actuel est une notion qui ne fait que passer !








Chacune de ces versions des héros était la plus moderne de son époque. Chacune était intrinsèquement le héros que l'on connaît tous mais le mythe a évolué. Et il évoluera encore ! Dés lors, des films comme "Troy" (avec Brad Pitt) ou "King Arthur"sont tout aussi légitimes que des adaptations plus fidèles à Homère ou à la matière de Bretagne car elles reflètent l'adaptation à notre époque en matières de récits pseudo-historiques.

C’est pour cela que les héros de Iliade ou de l’Odyssée se comportent comme des grecs antiques mais connaissent un monde plus grand, plus vaste ! Et ces mythes enflammeront l’imagination d’un roi macédonien: Alexandre le grand ! Ce monde oublié, il voudra le redécouvrir !
Cela lui coûtera tout. Mais les mythes auront fait passer un message dans son esprit !
Auront fait germer une idée !
Et comme le fera dire Christopher Nolan à DiCaprio ( dans une scène non retenue) d’Inception :

Une idée est le plus puissant des parasites ! Une simple idée issue de l’esprit humain peut construire des villes ! Une simple idée peut transformer le monde et réécrire toutes les règles ! 

Que le héros vive une aventure porteuse d’un message, d’une idée, il en était déjà ainsi dans la plus vieille épopée connue, celle de Gilgamesh : aussi puissant était-il, il était condamné à mourir comme tout le monde. On pourrait donc penser, qu’en filigranes, le message est que personne ne peut échapper à son destin. 
On retrouve cette notion d’inéluctabilité également chez les grecs. S’y ajoute aussi un autre grand thème : si vous ne prenez pas garde, vous vous ferez baiser par les dieux ( au sens propre comme au figuré ).

Prenez Héra par exemple, femme et sœur aimante mais terriblement jalouse ! Héraclès, fils bâtard de Zeus est pour elle un affront et elle lui en fera voir de toutes les couleuvres ( je suis content de moi là ).

D’un point de vue personnelle, je n’ai jamais compris pourquoi ce n’est pas Zeus qui s’en prenait le plus dans ses divines bourses car le fautif, c’est lui. La reine des coups tordus qu’était Héra n’aurait pas pu, je ne sais pas moi, droguer l’ambroisie de son mari et lui administrer l’antidote le soir ? Comme ça, si Monsieur découche, il passe une nuit infernale !  Héraclès offre aussi un bel exemple de la porosité entre cultures. Il se verra accaparé par les voisins des Grecs, les Romains sous le nom d’Hercule ( si je t'attrape je...).
Plus fort encore, les mythes irlandais le désignent sous le nom de Cùchulainn , fils du dieu Lug, lui aussi dieu-roi de son panthéon. 

Le Hercule Irlandais !

La notoriété d’Héraclès peut s’expliquer par le nombre incroyable d’histoires le concernant venues enrichir son récit de base ( à moins que sa popularité n'ait entraîné la rédaction de nouveaux textes). Un héros populaire dont les gens étaient friands. Et qui de fait, donna naissance à divers « clones ».

Le premier qui me sort que Héraclès et Hercule sont la même personne prendre une belle tatane dans sa tête de banane azimutée car cette affirmation serait aussi erronée que d’affirmer que Superman, Appollo et Hypérion sont le même super-héros !
Ces deux ersatz du kryptonien ( il en existe bien d’autres,je vais pas tous vous les faire ) portent  d’ailleurs tous les deux des noms mythologiques associés au soleil, sources des pouvoirs de Superman (Apollo,Apollon en anglais, dieu du soleil, Hypérion le titan occupant la place avant la Titanomachie lancée par Zeus ). Batman n’est pas en reste, lui qui aura Midnighter ou encore Nighthawk comme copies affirmées voire revendiquées ! 








Pour le thème de l’inéluctabilité, prenons l’histoire de Persée, fils de Danaé fille d’Acrisios ! Hors, notre bon Acrisios avait été informé par un oracle que son petit-fils, un jour, le tuerait. Pour empêcher que sa fille ne mette au monde un enfant,Acrisios la fit enfermer. Zeus, amoureux de Danaé, se changea en pluie d’or pour contourner l’enfermement ( l’or n’ouvre-t-il pas toutes les portes ? Aujourd’hui nous sommes moins regardants, l’argent le fait tout aussi bien). Zeus et Danaé consomment comme des lapins et 9 mois plus tard…
Passons sur tous les détails de l’histoire de Persée, c’est le destin d’Acrisios qui est ici important. Quand son petit-fils est devenu grand, après son triomphe sur Méduse et son mariage avec la belle Andromède, il participa à des jeux. Lors d’une épreuve de lancé, il rate son coup et tue un spectateur…qui se révèle être Acrisios !
En tentant d’échapper à son destin, Acrisios a scellé sa mort. En tentant de modifier son futur, il n’a fait que le mettre en place. Aucune action ne peut vous empêcher de subir votre destin. 

On ne le répétera jamais assez, ne jetez pas vos discoboles n'importe où, il pourrait y avoir des blessés !

Ironiquement, c’est l’effet inverse qui se produit avec Cassandre. Elle a beau claironner que tout va mal finir et que Troie est encore plus foutue que l’économie de Détroit, personne ne l’écoute. Et bien entendu, Troie tombe ! Le destin est immuable : que l’on choisisse d’agir pour le changer ou qu’on ne prenne pas en compte les oracles, le destin, chez les grecs, ne se modifie pas ! 

Quels effets, de tels messages, peuvent-il avoir sur la construction personnelle des gens qui baignent dans ce genre de littérature ? Une acceptation de leur sort ? Après tout, les mythes sont une part de leur religion. L’opium de ce peuple. 

Mais les héros, malgré un destin souvent funeste ou homicide, accomplissent aussi des miracles ou des actes désintéressés ! Ces actes, peuvent-ils impacter le sens moral des gens ? Les inspirer ? 

À l’époque, comme aujourd’hui, les histoires avaient quelque chose à exprimer sur la société, sur la réalité vécue. Faut-il voir le mythe de l'Atlantide comme une histoire dramatique, une allégorie sur la suffisance d'Athènes et de facto une mise en garde contre sa chute ou encore une allitération sur la fin de la civilisation minoenne ( dont la fin semble de plus en plus concorder avec une ou l'autre catastrophe naturelle de grande ampleur ) ?

La société, bien entendu, est un concept mouvant.

Quittons l’antiquité et attaquons si vous le voulez bien, le moyen-âge.
Finis les mythes mettant en scène des dieux, des demi-dieux et autres créatures fantastiques. Nous sommes à une époque de ténèbres mentales, d’aliénation sectaire menée par l’organisation la plus puissante de l’époque : L’Église !

La Bible est le texte de référence. Le seul texte « mythologique » à ne pas être interdit. Et pour cause.
Les religions dites révélées ont toujours réclamé pour elles la possession de LA vérité et font toujours tout pour contester celle des autres ( au pif : l'inquisition, les croisades, les mises à l'index,la mutilation génitale des statues...).
De nos jours, un individu est d’ailleurs passible de la peine capitale en Arabie Saoudite s’il pénètre sur le territoire avec un ouvrage religieux non-islamique. Et en France et aux États-Unis, il y a des militants (nombreux) qui espèrent faire entrer le blasphème sur la liste des délits. Mais je m’égare.
Les mythes sont donc plus qu’hérétiques pour l’Église.Il faudra attendre la Renaissance pour que l'humanité redécouvre son immense patrimoine !





Il y a pourtant une littérature moyenâgeuse qui va se mettre en place. La Geste arthurienne. Descendante des chansons de geste, dont la première si je ne dis pas de conneries a été La Chanson de Roland. La Chanson de Roland est encore de nos jours exploitée dans les cours d’histoire alors qu’il s’agit d’une image d’Epinal. En réalité, point de jeune et héroïque Roland, juste un nobliau trentenaire ( à l'époque, 30 ans c'est vieux, très vieux), Hruodland, qui s’est fait buté minablement lors d’une escarmouche. Le tout a été passé aux moulinettes poétiques et patriotiques habituelles, rien de plus rien de moins. Mais notez que cela a exalté des générations entières à se comporter comme des héros, des chevaliers. Des générations qui se sont donc en partie construite là-dessus. Une chanson ! Imaginez alors le pouvoir de textes plus élaborés…et chrétiens ! 




Car la geste arthurienne est noyée sous le christianisme : la quête du Graal, la coupe du Christ ! Les valeurs chevaleresques calquées sur les valeurs chrétiennes ( regardez un peu ce qui arrive au parjure Mordred ou encore à Guenièvre et Lancelot pour avoir été amants illégitimes ! ) . La matière de Bretagne naît, grandit et s’enrichit encore et encore, même aujourd'hui ! Du pain béni pour et par l’Église qui ne devait pas tenter d’éradiquer cette littérature (ou alors nous aurions beaucoup moins de sources les enfants ! ).

Et encore une fois, le mythe s’adapte à son époque . Arthur est inspiré par un chef breton ( la Bretagne romaine, soit l’Angleterre) unificateur des tribus bretonnes mais surtout figure qui aurait à la fois vaincu les Saxons et accepté ensuite les migrants saxons venus pacifiquement, devenant le père des anglo-saxons !
Ce chef apparu au début de moyen-âge ( au dark age ) est recyclé un millénaire plus tard dans un contexte collant à l’époque de la rédaction de la geste ! Comme les grecs avaient remis « au goût de l’époque » les récits du Greek dark age ! 



Cette geste arthurienne va devenir une publicité ambulante pour les valeurs chrétiennes et chevaleresques : Lancelot, Perceval, etc….devenant des modèles à atteindre pour qui est sensible à tout cela (ne me faites pas dire que tous les chevaliers voulaient être chevaleresques, la plupart avait sans doute pour but de jouir de leurs privilèges et s’acquitter des devoirs en râlant ! ). 

Si l’Église, ayant toujours voulu imposer ses idées n’y a pas trouvé à redire, n’est-ce pas là une sorte de preuve , ou plutôt d’indice, qu’elle avait compris que le récit pouvait instiller quelque chose d’assez fort dans l’esprit des gens pour les faire agir d’une façon ou d’une autre ? Ou tout du moins, les inspirer (un lavage de cerveau c’est plus complexe et cette influence est plus restreinte, tout le monde ne sait pas lire en ce temps obscur, loin de là!).
La propagande est une invention qui a de l’âge ! 

On le voit donc, au fil des siècles, des millénaires, les mythes ont instillé des concepts dans les esprits et ont donc aidé ( ou pas , c’est selon comment on le prend ) à construire certains aspects de la personnalité des lecteurs, auditeurs et j’en passe et des meilleurs ! 

De nos jours, si je doute que les mythes classiques ou moyenâgeux puissent inspirer , les récits plus récents ( dès les romans de capes et d’épées de Dumas, plus ou moins ) peuvent jouer ce rôle. Ils ne font pourtant que reprendre des archétypes classiques mais dans un environnement contemporain et surtout loin de l’aspect désuet de héros passés de mode. Sans compter que les instances religieuses ( de quelques obédiences qu’elles soient ),qui ont toujours une main mise importante sur certaines littératures, ne peuvent pas suivre face à la masse d'ouvrages qui sortent chaque semaine! L'accès pour tous à la lecture et l'écriture a bien entendu fait exploser l'offre qui n'est plus aux seules mains des moines copistes !

Certains héros modernes sont de nouveaux héros "classiques", vecteurs de valeurs et intégrés dans leur époque pourtant mouvante. James Bond , éternel gentleman sur la fin de sa trentaine, a vu le monde changer et son décorum a donc évolué avec l’Histoire. Lui, est resté le même. Un héros incorruptible , intransigeant avec le mal, ne supportant pas de voir un ami ou une femme se faire malmener. Son pendant américain le plus proche est bien entendu Jack Bauer. 




Ces deux agents très spéciaux possèdent une mythologie riche qui nourrit leurs aventures. Ce sont aussi des outils de propagandes occidentales, ne le nions pas ! 

Tout comme Bond, la plupart des héros de bande-dessinée ( qui ne sont pas que pour les enfants mais qui sont souvent leurs premières lectures pour des raisons débiles : y a des images, c’est pour les gosses. Et ta sœur ? Elle bat le beurre ?  Le cinéma aussi ce sont des images et t’emmènerait pas ton gamin voir Se7en, si ? ) ne vieillissent pas. C’est leur environnement qui change et évolue. Spirou, Tintin, Batman ou Superman sont nés dans des publications des années 30. 75 ans plus tard ( Spirou et Superman ont le même âge ) , ils n’ont pas pris une ride. Si Spirou évolue sans que les auteurs se soucient d’une telle chose, les éditeurs de Superman (et de tout le panthéon DC comics )  remettent souvent les héros au goût du jour, en redéfinissant leurs origines dans un contexte plus moderne. Idem au cinéma où les récents Batman Begins et Man of Steel viennent corroborer mes dires. Se faisant, ces héros touchent finalement toutes les générations !

Le super-héros, cette mythologie moderne, peut-il apporter quelque chose à la construction personnelle ? Ses valeurs peuvent-elles inspirer certains jeunes au point de fortifier leur sens moral ? Je réponds par l’affirmative en nuançant : sans certains dons moraux comme l’empathie ( qualité qui se développent souvent durant ou peu après l'adolescence, et encore, pas chez tout le monde), les valeurs héroïques n’ont aucune chance de germer : la terre spirituelle est stérile sans certaines prédispositions !





Oui, ce sont des panthéons modernes, c'est bien plus frappant quand les héros sont en groupe.



Un héros peut-il positivement influencer un enfant ? Je le crois. Pour un adulte fait, je suis beaucoup moins certain, sauf dans le cas d'une épiphanie fulgurante de puissance 10.

Lorsque Captain America est créé en 1941, Pearl Harbor n’a pas encore été attaqué. L’évènement arrivera des mois plus tard. L’Amérique n’est donc pas en guerre. Mais voila, Captain America est un appel des auteurs à ne pas fermer les yeux sur ce qui ce déroule en Europe. La couverture du premier numéro montre d’ailleurs le héros en train de mettre son poing sur la figure de l’oncle Adolf !  Il n’y a bien entendu aucune statistique disponible sur le nombre de jeunes touchés par cette image qui iront s’engager dans les troupes U.S mais il est presque certains que cela a joué un rôle.
Captain America est aussi le vecteur d’une idée de son temps : la science comme solution miracle aux problèmes humains. C’est la science qui a rendu le chétif Steve Rogers en un homme grand, musclé et délivré de la maladie (et , ironiquement, un parfait aryen )



Dans les années 60, la bombe atomique est passée par là. La science n’a plus cette aura de bienfaitrice. Les héros seront les résultats de terribles accidents souvent atomiques : Peter Parker  est mordu par une araignée rendue radioactive par une expérience , Bruce Banner est irradié de rayons gamma sur un site d’essai de bombe et devient Hulk. Pire, les radiations dans l’air ont créé la race des mutants dont les X-men sont les représentants les plus connus.
Non, le message a changé : la science peut être un danger si l’on ne fait pas attention. La science, devenue déesse de son temps, a fait connaître son ire de ne pas avoir été traitée comme il se doit : science sans conscience est ruine de l’âme, chez Marvel elle devient également ruine du corps ! 




Plus tard, ce n'est plus la force nucléaire qui sera présentée comme une menace mais la force génétique. Spider-man sera clonés plusieurs fois dans le but de détruire sa vie. Le Peter Parker de l'univers Ultimate sera mordu par une araignée génétiquement modifiée, tout comme le Peter Parker des films. Plus tard, Miles Morales, l'actuel Ultimate Spider-Man sera lui aussi mordu par une araignée OGM.



Spider-man et Scarlet Spider. L'original et le clone issu des expériences du Dr Warren pour pourrir la vie de Peter Parker. 


Mais ces êtres modifiés, maudits par leurs différences, sont habités par des concepts moraux ! Des concepts moraux qui transcendent les cultures. Non, ils ne sont pas les porte-drapeaux de l’impérialisme américain. Ils sont américains et donc pensent et agissent comme tel mais c’est aux lecteurs internationaux de faire preuve de recul. On ne reproche jamais à un personnage européen de se comporter en européen.  Mais il s’agit bel et bien d’une mythologie moderne, ancrée dans son temps ! 

Mais cela n’empêche pas certaines notions antiques de franchir les barrières du temps : Thor le dieu du tonnerre Asgardien (ou Ase si l'on veut être vraiment précis. Mais parfois, le public a besoin qu'on lui balise le chemin) est devenu un héros Marvel, emmenant avec lui son panthéon . Wonder Woman est une amazone, adoratrice des dieux grecs et membre de la Trinité DC qu’elle forme avec Superman et Batman.

Les dieux classiques, en plus d’être une source d’inspiration, sont parfois devenus membres complets d’une nouvelle mythologie. Et dans la réalité parallèle «  Earth 2 », Wonder Woman est adoratrice des dieux romains. Ceux-ci ont payés un lourd tribut lors d’une invasion extra-terrestre et seul Mercure est encore vaillant. La fin du premier épisode le verra, mourant, transmettre son pouvoir au futur Flash. La boucle est bouclée, le premier Flash, dans les années 30, avait le look de ce dieu aux bottes et au casque ailés !







« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » , telle est la devise de Spider-Man. Elle exhorte a ne pas se débiner lorsque l'on a les moyens d’aider. Nul besoin de super-pouvoirs pour faire le bien.  Les X-men quant à eux sont une métaphore sur le racisme et la ségrégation qui gangrènent les années 60 aux USA. Plus tard, les mutants seront les représentants de toutes les minorités et des exclus car différents : le gros du lectorat gay, juif ou étranger lit les séries liées aux mutants. Charles Xavier et Erik « Magneto »Lensher sont les Martin Luther King et Malcolm X de l’univers Marvel ! Quelle influence peut avoir sur le jeune lecteur ces notions ? J’ose croire que l’on emporte avec soi une part de nos découvertes fictionnelles. Si l’on est touché l’espace de la lecture, si un lien empathique s’est créé, pourquoi se détricoterait-il  une fois le livre refermé, le film fini ? 

La continuité des mythes grecs vers des héros modernes ne se limite pas aux comics. Les mangas aussi ont puisé leur inspiration dans la Grèce antique. Saint Seiya ( Les chevaliers du Zodiaque ) en est un bon exemple. Les valeurs de fraternité entre les hommes, de sacrifice et de courage y sont portées par les chevaliers d’Athéna ( notion européenne, au Japon point de chevaliers mais des Saints, d’Athéna, car ils sont capables de miracles ).
Et on en est à pas moins de 7 séries différentes centrées sur les chevaliers sacrés ! Et lors d’une aventure propre au seul dessin-animé, Seiya et ses compagnons croiseront le fer avec les guerriers divins du royaume d’Asgard ! 












Enfin, comment ne pas parler de Dragonball qui puise une part de son inspiration dans des mythes asiatiques ( comme la légende du roi singe ) mais aussi dans la mythologie moderne des comics ? Les origines de San Goku ont bien trop de points communs avec celles de Superman pour que cela soit innocent. 

Et là aussi l’œuvre n’est pas dénuée de valeurs fortes comme le dépassement de soi, l'appel de l'aventure initiatique,le refus de renoncer et la protection des plus faibles face à des tyrans immoraux et prêts à tout !


Abordons le cinéma.
En tant que média de masses, il est peut-être le moyen d'expression moderne qui touche le plus de personnes sur la planète !
J’ai , par la bande, abordé le cinéma de super-héros, je n’y reviendrai donc pas. La mythologie, surtout gréco-romaine, a été une source d’inspiration pour le cinéma. Hercule a été le porteur d’un bon nombre de nanars italiens (conscients de leur non potentiel, les italiens font maintenant du cinéma sur les terrains de foot d’ailleurs ) et hollywoodiens. Plus récemment, nous pouvons signaler Le Choc des titans, son mauvais remake ( mais l’original ne volait pas déjà bien haut ) et sa suite La colère des Titans ou encore Immortals qui revenait sur l’histoire de Thésée. Mis à part une mise en image léchée ( les dieux et les créatures en jettent ), ces films sont loin d’être inoubliables.








Une saga moderne a pour elle d’avoir largement pioché dans les mythologies et leurs mécanismes sans que cela ne se ressente pour le profane. La saga Star Wars.

Il a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…
Cette accroche est tout bonnement géniale. Elle contient en quelques mots tout l’apport du mythe que le spectateur est sur le point de voir : le mythe est souvent une histoire située dans un passé lointain et presque oublié et sa situation géographique est …exotique ! Quoi de plus ancien qu’une époque oubliée, quoi de plus exotique que des planètes inconnues ?  Tout, je dis bien tout, dans Star Wars est mythologique et brasse des figures connues et reconnues. Et les films ont beau être inégaux, les apports mythologiques ont toujours été traités avec soin car découlant non pas d’une volonté absolue de les inclure mais d’une connaissance encyclopédique sur le sujet.

Bien que, techniquement, les 6 épisodes d'origine sont l’histoire de la chute et de la rédemption de Dark Vador/Anakyn Skywalker ( sa chute renvoyant autant à Lucifer qu’à Icare), c’est le parcours de Luke Skywalker qui est le plus à même d’illustrer la puissance mythologique du récit ! La nouvelle trilogie semble lui offrir un nouveau rôle qu'il nous faudra découvrir dès l'épisode VIII en Décembre 2017.




Le héros des mythes commence son aventure en quittant son village, souvent poussé par un vieux mage. Il devra affronter des épreuves, apprendre la vie et revenir chez lui pour faire partager son nouveau savoir et changer les choses. Là, d’un coup, je viens de vous parler de Luke Skywalker, de Neo, de Frodon Saquet ( et de Bilbon tiens aussi ) ou encore de Jake Sully dans Avatar (mais je ne vais attaquer que Star Wars, qui est déjà un sujet vaste et que vulgariser ici m’ennuie un peu car c'est bien réducteur.Mais c'est un article, pas un essai ).

Luke va suivre le vieux sage Obi-Wan Kenobi ( une figure à la Merlin ou encore à la Gandalf le Gris ).
Obi-Wan "Ben" Kenobi est l’un des derniers chevaliers Jedi, versé dans l’art du contrôle de la Force. Luke est le fils d’un Jedi assassiné par un chevalier noir (vous sentez l’influence arthurienne ? ).
Tel un Siegfried de l’espace, Luke recevra l’épée de son père ( le sabre-laser pouvant être comparé à une épée magique, il est facile de relier tout ceci à Excalibur également ) et devra secourir une princesse en détresse. Si Siegfried terrassait un dragon pour sauver la dame, Luke prendra d’assaut l’étoile noire. Et ça, ce n’est que pour le premier volet de son aventure !





Dès L’Empire contre-attaque et jusqu’au Retour du Jedi, les influences deviendront plus subtiles et parfois plus empreintes de philosophies que de mythologies. Yoda est une sorte de farfadet nordique qui a fait le tour de bien des questions (normal, en 900 ans ont a le temps de se pencher sur plein de chose ). Il est sans doute le personnage de la saga le plus marquant, ses remarques philosophiques étant simplement émises et font souvent mouche :
«  Regarde moi, est-ce par ma taille que tu peux me juger ? Et bien tu ne le dois pas.», les apparences sont trompeuses et il faut voir avec ses yeux comme avec ses facultés mentales et spirituelles.



«  Un grand guerrier ? Mmmm, personne par la guerre ne devient grand ! » , cela se passe de commentaire, je tomberais dans le pathos.

« Toujours en mouvement est l’avenir ! » ; contrairement à Vador qui serine à Luke « Tel est ton destin ! », Yoda offre une vision opposée : nul destin n’est scellé , il n’y a de destin que ce que nous faisons de nous-mêmes ( James Cameron ). Vador le redécouvrira d’ailleurs et le payera de sa vie.

Obi-Wan était décrit comme un guerrier vieillissant au service d’un idéal juste, il était d’ailleurs général lors de la guerre des clones. Yoda apporte plus de perspectives au rôle d’un chevalier Jedi. Les techniques de guerre doivent être apprises pour le seul fait de les connaître et pour se défendre face à ceux qui les emploieraient pour l’agression. Yoda, dans les films centrés sur Luke, n'apparaîtra d'ailleurs jamais l'arme à la main : " Tes armes, tu n'en auras pas besoin..." dit-il à Luke avant une épreuve. Luke ne l'écoute pas et échouera.L'expérience de la vieillesse est bien souvent ignorée par la jeunesse qui doit faire ses propres expériences et poser ses propres choix..

Le manichéisme tend à s’estomper. Y compris en la personne de Dark Vador qui se révélera être le père de Luke. Le personnage le plus noir de l’histoire du cinéma de l’époque va devenir le sauveur de la Galaxie : c’est bel et bien lui qui tuera l’Empereur, le maître du côté obscur ! Soudain, il devient un être habité par le conflit entre les forces de la lumière et des ténèbres et il placera l’avenir de son fils au dessus de ses désirs tyranniques.Ses méthodes resteront le meurtre...appliqué à la défense légitime de son enfant, le dernier lien avec son humanité qu'il croyait perdue.



L’Empire, puise son imagerie dans un mythe plus récent. Un épisode de l’histoire moderne que l’humanité a tellement assimilé au mal absolu qu’il en a été en partie mythifié : les nazis. Les uniformes des officiers impériaux ressemblent énormément à ceux des officiers de la S.S. Tout comme l’Allemagne, l’Empire s’est armé en dépit des traités, etc… On notera même une sorte de xénophobie,ils sont tous blancs et il n’y a aucuns non-humains dans les rangs impériaux ! Et les rares aliens appelés en renforts sont extrêmement mal vus . L’alliance rebelle, elle, regorge d’extra-terrestres dans ses rangs ! L’image a bien fait passer les différents discours des deux camps en faction !

Lorsque Luke regagne enfin les siens, il est le dernier des Jedi. Ou plutôt, n’est-il pas le premier des nouveaux ? Son apprentissage va changer le statu-quo de la Galaxie ( de son monde ) mais aussi de son Ordre et devrait profiter à tous : à la Nouvelle République à naître qui pourra s'appuyer sur des nouveaux Jedi mais surtout aux futurs nouveaux Jedi à qui Luke apportera une vision moins dogmatique : l'attachement personnel qui le lie à son père ne le mènera pas sur le chemin du côté obscur, c'est même tout l'inverse qui se produit.
Les nouveaux Jedi seront moins limités que les anciens. Cela ouvrira diverses voies dans l' univers étendu de Star Wars (les comics, les romans, les Jeux Vidéos ) : la possibilité de se marier et d'avoir des enfants pour les Jedi, l'émergence des Chevaliers Impériaux (chevaliers entraînés à obéir, ce qui les rend moins tentés par le côté obscur, et dévoués à un homme et non à un côté ou l'autre de la Force) un siècle et demi plus tard, etc... Le rachat de la licence par Disney et la mise en chantier de nouveaux films vient créer une ligne du temps parallèle à toutes ces histoires annexes.


Mara Jade, la "main de l'Empereur" a été le prototype des chevaliers impériaux si l'on y fait attention.

Luke Skywalker et Mara Jade-Skywalker, sa femme. L'amour commence toujours par une dispute.

Groupe de chevaliers impériaux, 150 ans après la mort de Luke Skywalker.



Luke et la famille Skywalker ne sont plus au centre de l'histoire. Star Wars explore une nouvelle direction.

Le héros, pour celui qui n’est pas apathique, est une figure forte et inspiratrice. C’est une métaphore de ce à quoi nous pourrions prétendre si nous poussions certains traits de caractère à leur apogée et si nous en délaissions (ou du moins si nous voulions bien en amoindrir) quelques uns moins glorieux. Et s’ils arrivent à faire passer ne fut-ce qu’une once aussi petite soit-elle d’eux-mêmes dans l’esprit des lecteurs, alors leur existence fictionnelle aura servi à autre chose qu’à amuser le public…elle aura participé à sa construction. Pour le meilleur espérons le, il y aura toujours des gens pour penser qu’Hannibal Lecter fait un boulot formidable…


Ils sont capables de grandeur, Kal-El, ils en ont la volonté. Il ne leur manque que la lumière pour les guider. Plus que toute autre raison, c'est pour leur capacité au bien que je t'ai envoyé parmi eux. Mon fils unique.

Tu donneras aux peuples de la Terre un idéal à atteindre.Ils se rueront sur tes pas, ils trébucheront, ils tomberont. Mais le moment venu, ils te rejoindront dans le Soleil. Le moment venu, tu les aideras à accomplir des miracles.