samedi 19 juin 2010

Galactus se lit mais ne se dévore pas.

Galactus est ,dans l’univers Marvel,le dévoreur de monde. Qu’allait donner la ré-interprétation de ce personnage dans l’univers Ultimate ? C’est le souvent très bon Warren Ellis qui s’est chargé de répondre à cette question dans 3 mini-séries formant une seule et même histoire mais chaque mini ayant une identité propre (et l’album ayant pour titre « La trilogie »),je critiquerai chaque partie indépendamment.

Ultimate Nightmare.

Un étrange message apparaît sur toutes les ondes,radios,télés,etc…Cette transmission provoque une vague de suicide de par le monde et Nick Fury,patron du SHIELD,remonte le signal avec quelques Ultimates pour y mettre fin. Charles Xavier,leader des X-men a la même idée et envoie Jean Grey,Colossus et Wolverine enquêter. Tout ce beau monde se retrouve alors très vite dans un ancien bunker soviétique perdu en pleine toundra…mais les deux équipes ne sont pas entrées par la même porte et chacune ignore que l’autre est là.

Ellis joue ici avec nos nerfs,avec une ambiance de huis-clos mâtiné de relents de la guerre froide. Le récit est bien mené mais faire s’ignorer les deux équipes durant presque toute l’histoire est une erreur car le lecteur a du mal à situer la chronologie des évènements qui arrivent aux X-men. Ensuite les fans de Ellis auront l’impression d’avoir déjà lu un histoire assez semblable. Un épisode de sa série en 12 tomes, Global Frequency, reprenait exactement le même schéma : un bunker isolé et une équipe qui se lance dans son exploration et qui découvre des êtres qui furent humains et qui connurent la joie de se voir « améliorer » avec des implants cybernétiques (thème plus ou moins récurrents chez Ellis puisqu’on peut retrouver cela dans ce comic,mais aussi dans Global frequency donc,ou encore Black Summer récemment).

Pas très original de la part d’Ellis pour le coup mais comme je l’ai dit le scénario tient assez bien et les lecteurs occasionnels de l’auteur ne devraient pas se plaindre. Les dessins sont assurés en alternance par Trevor Hairsine sur 4 épisodes et par Steve Epting sur l’épisode 3. Si les deux dessinateurs ont des styles assez classiques (surtout Epting),force est de constater que Hairstine est celui qui s’en sort le moins bien. Pas tant dans le découpage de l’action mais plus dans l’anatomie des personnages,dont les visages peuvent vite ressembler à ceux d’aliens apparentés à l’homme lorsque ceux-ci ne sont pas masqués.


Ultimate Secret.

Cette « opus » fait entrer en scène les 4 Fantastiques dans l’équation de la saga. Ceux –ci sont appelés en renforts après qu’un étrange guerrier alien ait sauvé un élément technologique de la destruction. Celui-ci,nommé Mahr Vell, les préviens qu’il est un Kree et qu’il était venu sur Terre assisté à l’intrusion de Gah Lak Tus,une entité destructrice de mondes. Mais son supérieur rendu fou a décidé de tout faire pour que l’humanité ne s’en sorte pas. Les fantastiques,les Ultimates et Mahr Vell décident d’aller s’approprier les infos dont ils ont besoin pour tenter de contre Gah Lak Tus à bord même du croiseur Kree en orbite autour de la Terre. Tout cela ne sera pas une partie de plaisir.

Sans aucun doute la meilleur part de cette trilogie. Ellis ne se répéte pas en changeant complètement de lieu de l’action (une base militaire qui ressemble surtout à un immeuble de bureaux) et un croiseur extra-terrestre coloré. Il introduit Captain Marvel et sa technologie qui lui fournit une ammure que Tony Stark(Iron Man) rêve d’étudier ! Les autres auteurs de l’univers Ultimate ne réutiliseront pas Captain Marvel et son potentiel alors que sa technologie aurait pu fournir de belles pistes narratives,dommage. Niveau dessin c’est le très bon Steve McNiven qui signe les deux premiers épisodes,ensuite il laisse sa place à Tom Raney qui n’arrive pas à faire oublier l’excellence de McNiven. Raney dessine de manières moins fine et moins précise et lui aussi a parfois un problème avec les visages. Ellis en profite pour aborder sa passion de la conquête spatiale dans cette partie (et écrivant un dialogue qui sera repris tel quel dans une autre histoire scénarisée par ses soins et prenant place dans l’espace : Ocean),lui permettant de faire le tour de ses thèmes récurrents tout en livrant une œuvre de commande.

Ultimate extinction.

La partie la plus décevante,tant au niveau dessin qu’au niveau du scénario. La fin du monde est proche,certains agents de Gah Lak Tus lui mâchent le travail sur Terre. L’intrigue s’alambique inutilement et artificiellement pour faire durer la série sur plus de numéros,pas forcément la faute complète d’Ellis,Marvel devant un peu pousser derrière,mais il aurait pu mieux soigner la fin. Les dessins sont de Brad Peterson qui avait officié avec beaucoup de talent sur la réécriture des origines du Dr Strange sous la plume de Joe Michael Straczynski. Et là quelle déception,les dessins sont hachés,les personnages semblent figés,aucune impression de mouvement et la colorisation et l’encrage ne sont pas au top non plus.Peterson est très loin de son niveau et c’est dommage.

Au final,cette trilogie est en demi-teinte. Loin d’être la bouse décrite un peu partout,elle reste cependant en deça de ce que l’on pouvait attendre de la part de Ellis qui,bien qu’il le dise souvent, écrit toujours en dessous de son niveau quand il bosse pour du comics classique chez Marvel ou DC, reste pourtant capable d’un niveau élevé comme en témoigne son passage durant 12 numéros sur la série marvel Thunderbolts.


Les bonus promis sur la jaquette sont ,comme d'habitude, absents et les couvertures originales ont été rétrécies pour pouvoir en mettre deux à trois par pages...

1 commentaire:

Neault a dit…

J'ai fait l'impasse sur cette réédition, malgré les bons côtés que tu évoques. Je suis de plus en plus sélectif avec les Deluxe, notamment à cause du peu de valeur ajoutée apporté par Panini.
Pas de bonus et en plus réduire la taille des covers (ce qui n'est pas une première), on rêve...