dimanche 6 décembre 2009

S'il te plait,construis moi un humain.

Bienvenue à La Nouvelle-Orléans. Son soleil, son bayou, son tueur en série… Car tout n’est pas rose au pays de Louisiane, un tueur frappe "chirurgicalement" depuis quelques semaines et emporte à chaque fois un trophée : les oreilles, des mains, des organes internes…bien sûr avec un titre comme « Frankenstein » on se dit qu’on voit où veut en venir le tueur…mais si le tueur n’était pas celui que l’on pensait ? L’inspecteur O’connor et son coéquipier sont sur le coup. Mais un homme mystérieux, à la stature imposante et au visage couvert de balafres mais également étrangement tatoué suit lui aussi l’enquête, et semble en savoir plus que les autres sur ce qui (ou quoi) pourrait avoir commis de telles atrocités.

Bon, en lisant les lignes du dessus vous vous doutez bien que ce n’est pas une adaptation du roman de Mary Shelley dont il est question ici…mais d’un roman (1er volume d’une trilogie apparemment, rien que ça) de Dean Koontz,auteur dont l’œuvre ne m’est pas familière pour un sou ,je m’abstiendrai donc de juger la fidélité de l’adaptation par Chuck Dixon,vieux briscard des comics qui a aussi bien travaillé chez Marvel que chez DC (Marvel Knights,Catwoman,etc…). Le parti pris de la série B sérieuse est de mise ici (en fait je qualifie de série B sérieuse une série B qui serait écrite avec conscience professionnelle …mais qui au final ne peut que faire revenir au galop son naturel par certaines situations..pittoresques !) mais le rythme, soutenu,ne permet malheureusement pas de vraiment faire exister les personnages ou du moins de bien nous les présenter en dehors de l’héroïne,un brin mieux lotie que les autres à ce niveau. C’est également se rythme qui transforme certaines scènes qui aurait dû poser une ambiance en petite scénettes trop vite expédiées,mais il faut élaguer et couper,aller au plus court lorsqu’on adapte un roman en scénario de BD et que l’on ne dispose que d’un nombre limité de numéros à paraître. Ça ne passe pas trop mal pour peu que l’on ne recherche pas la profondeur d’un roman d’auteur et que le coté surréaliste ne vous choque pas (bon,et ce n’est pas parce que j’aime lire des BD’s d’hommes en collant et volant sauver la veuve et ses orphelins que le surréaliste ne me choque jamais non plus…) ,pour ma part j’ai un peu tiqué là-dessus au début mais les diverses pistes scénaristiques lancées par l’auteur m’ont suffisamment intrigué pour que je lise le second volume lors de sa sortie.

Les dessins sont assurés par Brett Booth,qui est un graphi-clone (oui j’invente aussi des néologismes de temps en temps et comme ils sont faits d’assemblages j’ai pensé que cela collerait avec l’article que vous êtes en train de lire avec tant d’assiduité ,on verra avec le temps si ils entrent dans la langue française mais, étrangement , je ne suis pas confiant,allez savoir pourquoi…) de Michael Turner et de Marc Silvestri (vous ne savez pas qui il sont ? Google est votre ami ). Il y a parfois des petits accros dans la façon d’agencer ses cases mais c’est un détail qui devrait s’améliorer avec le temps, cependant l’encrage de ses dessins est si pauvre que cela donne une impression de mauvaises impressions tant les traits sont fins, à la limite de l’inexistant.

L’album est paru chez Milady Graphics,la branche BD’s des éditions Bragelonne , qui démontre sa volonté de devenir un acteur dans l’édition de comics en VF,le papier est de bonne qualité,la traduction correcte (rien n’a failli m’arracher les yeux,mais je l’ai lu assez vite et tard aussi, et comme je ne suis pas infaillible…) et le prix abordable ,un nouvel arrivant sur le marché qui attaque le géant Panini Comics qui détient le quasi-monopole ça fait toujours du bien,surtout si cela est fait avec sérieux. Ils ont d’ailleurs publié avant cela le bon Black Summer,mais j’y reviendrai plus tard. Et du coté de chez Delcourt, pour un peu plus cher nous n’aurions eu que 4 épisodes et non 5 par album, mais cela s’explique sans doute par la couverture en carton souple chez Milady et en carton dur et résistant chez Delcourt, chacun sa stratégie.

1 commentaire:

Neault a dit…

Ah ben tiens c'est une de mes prochaines chroniques.
Je connaissais Dean Koontz par contre je n'ai pas lu les romans de la trilogie "Frankenstein", du coup je ne peux pas non plus juger de la fidélité de l'adaptation. Parfois ce n'est pas plus mal, ça permet d'avoir un regard différent sur la version BD.

Tiens ça me fait penser que je ne sais pas du tout ou en est "The Stand" de King. J'avais lu le premier épisode VO il y a déjà un bon moment et je n'en ai plus entendu parlé ensuite.