copyright : Olivier Vatine.
jeudi 25 décembre 2014
mercredi 24 décembre 2014
Avoir les crocs.
Ici s'achève la trilogie du Dernier Loup-garou.
Jake Marlowe n'est plus, Tallulla a donné naissance.
Vie, mort. Un cycle éternel. Comme celui de l'amour et de la guerre.
La guerre : l'Église Catholique ( la plus grande génocidaire de l'histoire religieuse ) a trouvé un moyen de se réapproprier le pouvoir spirituel en devenant le premier culte à divulguer publiquement l'existence des vampires et des garous mais aussi en devenant le premier culte à leur faire la chasse dans le monde moderne. Se présenter en sauveur a toujours été leur crédo, et quand les gens n'en ont rien à foutre d'être sauvés de leurs péchés, sauvons-les de monstres plus frappants.
L'amour ensuite : Remshi, le plus vieux des vampires, se remémorent sa dernière maîtresse, morte il y a des milliers d'années. Hors, Tallulla pourrait en être la réincarnation ( la phrase vous fait rire ? lui aussi). Tallulla, elle, se détache de son amant, Walker et rêve de Remshi dans des songes interdits aux moins de 18 ans.
Glen Duncan change sa façon de raconter ses histoires avec ce dernier tome : fini la narration à un narrateur : place à plusieurs. L'auteur avait déjà prouvé qu'il savait passer avec aisance d'un personnage à un autre ( en changeant la façon de s'exprimer, de penser, les références littéraires ou culturelles, etc…une sacrée plume ! ) et Rites de sang le prouve souvent : au moins 4 narrateurs nous livrent cette histoire qui semble décousue et qui, pourtant, ne peut que mener au dénouement…que l'on attendait pas forcément d'ailleurs.
Hélais, la sauce ne prend plus aussi bien que la dernière fois. La faute à qui ? Pas celle de l'auteur en tous cas…C'est ce que j'appelle l'effet Retour Du Jedi.
La magie et l'émerveillement sont toujours là, ils sont toujours palpables : mais si les premiers tours nous voyaient spectateurs, le dernier – de par notre curiosité, notre esprit – nous voit être devenu disciple : nous avons assimilé la magie, comprit instinctivement comment elle fonctionne; et si nous ne savons pas l'utiliser, nous discernons sa divine mécanique. Cela impacte notre vision de l'œuvre, la rendant moins percutante subjectivement alors que le boulot est objectivement toujours aussi dantesque, si pas plus.
Car la plume habille, la culture générale imposante ( lisez avec un dictionnaire encyclopédique à vos côtés : on apprend des choses , c'est génial ! ), la patte de Duncan est là et toujours là. (et les lecteurs de la Tour Sombre de Stephen King devraient être contents de retrouver un certain poème classique et épique dans ces pages).
Ici s'achève la trilogie du Dernier Loup-garou.
Mais Jake était le dernier, les autres sont là. Et la vie étant un cycle, rien ne dit que Tallula ne nous reviendra pas.
Jake Marlowe n'est plus, Tallulla a donné naissance.
Vie, mort. Un cycle éternel. Comme celui de l'amour et de la guerre.
La guerre : l'Église Catholique ( la plus grande génocidaire de l'histoire religieuse ) a trouvé un moyen de se réapproprier le pouvoir spirituel en devenant le premier culte à divulguer publiquement l'existence des vampires et des garous mais aussi en devenant le premier culte à leur faire la chasse dans le monde moderne. Se présenter en sauveur a toujours été leur crédo, et quand les gens n'en ont rien à foutre d'être sauvés de leurs péchés, sauvons-les de monstres plus frappants.
L'amour ensuite : Remshi, le plus vieux des vampires, se remémorent sa dernière maîtresse, morte il y a des milliers d'années. Hors, Tallulla pourrait en être la réincarnation ( la phrase vous fait rire ? lui aussi). Tallulla, elle, se détache de son amant, Walker et rêve de Remshi dans des songes interdits aux moins de 18 ans.
Glen Duncan change sa façon de raconter ses histoires avec ce dernier tome : fini la narration à un narrateur : place à plusieurs. L'auteur avait déjà prouvé qu'il savait passer avec aisance d'un personnage à un autre ( en changeant la façon de s'exprimer, de penser, les références littéraires ou culturelles, etc…une sacrée plume ! ) et Rites de sang le prouve souvent : au moins 4 narrateurs nous livrent cette histoire qui semble décousue et qui, pourtant, ne peut que mener au dénouement…que l'on attendait pas forcément d'ailleurs.
Hélais, la sauce ne prend plus aussi bien que la dernière fois. La faute à qui ? Pas celle de l'auteur en tous cas…C'est ce que j'appelle l'effet Retour Du Jedi.
La magie et l'émerveillement sont toujours là, ils sont toujours palpables : mais si les premiers tours nous voyaient spectateurs, le dernier – de par notre curiosité, notre esprit – nous voit être devenu disciple : nous avons assimilé la magie, comprit instinctivement comment elle fonctionne; et si nous ne savons pas l'utiliser, nous discernons sa divine mécanique. Cela impacte notre vision de l'œuvre, la rendant moins percutante subjectivement alors que le boulot est objectivement toujours aussi dantesque, si pas plus.
Car la plume habille, la culture générale imposante ( lisez avec un dictionnaire encyclopédique à vos côtés : on apprend des choses , c'est génial ! ), la patte de Duncan est là et toujours là. (et les lecteurs de la Tour Sombre de Stephen King devraient être contents de retrouver un certain poème classique et épique dans ces pages).
Ici s'achève la trilogie du Dernier Loup-garou.
Mais Jake était le dernier, les autres sont là. Et la vie étant un cycle, rien ne dit que Tallula ne nous reviendra pas.
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Geoffrey
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mercredi 3 décembre 2014
Emballé dans un paquet cadeau, avec un beau nœud rose.
Mine de rien les cocos, le réveillon c'est déjà dans trois semaines.
D'où la question existentielle "On met quoi sous le Sapin cette année ?".
Et Noël rimant avec magie, penchons-nous sur l'option "la magie des étoiles" (vu que le premier teaser de Star Wars est sorti, suivons la vague !).
Chez Huginn & Muninn, le livre Les guerres des étoiles revient sur la période pré et post-Star Wars en tentant d'être le plus exhaustif possible. Jérome Wybon nous explique que le phénomène Star Wars n'est pas sorti de nulle part mais que son succès, sorti de nulle part lui, a ouvert la voie à toute une série de films et de séries télévisées que l'auteur passe en revue.
Chaque film est décortiqué sommairement, nous ne sommes pas dans un uber-making of non plus.
Chez Akiléos, sortie du Making-of Star Wars cette année (l'an dernier avait vu la sortie du Making-of L'empire contre-attaque). Également écrit par J.W Rinzler, ce making-of est une source d'informations phénoménale pour tout fan qui se respecte un minimum. Autant chronique au jour le jour de la conception du film que making-of complet, il devrait ravir tout amateur de Star Wars ou de cinéma (car que l'on aime ou pas la saga de Lucas, elle aura marqué l'histoire du cinéma et c'est un morceau de cette histoire qu'il nous est donné de lire ici).
Pour rester dans les étoiles, Alex Nikolavitch, chez Les moutons électriques, sort un nouvel essai thématique (après Mythes et Super-héros et Apocalypses que je vous invite cordialement à lire) : Cosmonautes, qui nous entraîne sur la voie des pionniers de l'espace et du manque d'intérêt qui suivit !
D'une grande érudition et doté d'une plume agréable, Alex Nikolavitch nous convie à un grand voyage en sa compagnie. On regrettera cependant que l'éditeur ait changé ses habitudes : finies les premières pages illustrées couleurs sur papier glacé et adieu papier granuleux de qualité.
D'où la question existentielle "On met quoi sous le Sapin cette année ?".
Et Noël rimant avec magie, penchons-nous sur l'option "la magie des étoiles" (vu que le premier teaser de Star Wars est sorti, suivons la vague !).
Chez Huginn & Muninn, le livre Les guerres des étoiles revient sur la période pré et post-Star Wars en tentant d'être le plus exhaustif possible. Jérome Wybon nous explique que le phénomène Star Wars n'est pas sorti de nulle part mais que son succès, sorti de nulle part lui, a ouvert la voie à toute une série de films et de séries télévisées que l'auteur passe en revue.
Chaque film est décortiqué sommairement, nous ne sommes pas dans un uber-making of non plus.
Deux ou trois coquilles, parfois ubuesques comme deux mots mélangés ensembles, parsèment malheureusement l'ouvrage. Ouvrage richement illustré et de très bonne facture si l'on fait abstraction des dites coquilles.
Chez Akiléos, sortie du Making-of Star Wars cette année (l'an dernier avait vu la sortie du Making-of L'empire contre-attaque). Également écrit par J.W Rinzler, ce making-of est une source d'informations phénoménale pour tout fan qui se respecte un minimum. Autant chronique au jour le jour de la conception du film que making-of complet, il devrait ravir tout amateur de Star Wars ou de cinéma (car que l'on aime ou pas la saga de Lucas, elle aura marqué l'histoire du cinéma et c'est un morceau de cette histoire qu'il nous est donné de lire ici).
Pour rester dans les étoiles, Alex Nikolavitch, chez Les moutons électriques, sort un nouvel essai thématique (après Mythes et Super-héros et Apocalypses que je vous invite cordialement à lire) : Cosmonautes, qui nous entraîne sur la voie des pionniers de l'espace et du manque d'intérêt qui suivit !
samedi 22 novembre 2014
Cœurs croisés
19eme album pour Largo Winch (donc début du 10eme diptyque narratif de la série) , toujours sous la plume de Jean Van Hamme et le crayon de Philipe Francq.
La série fête cette année ses 24 ans d'existence… et nous rappelle que le temps de " 1 album par an" est révolu depuis quelques temps.
Au fil des années, l'intérêt pour Largo Winch a diminué. Oh , non pas que la série soit devenue mauvaise mais le terrain balisé ( c’est James Bond dans la finance, dixit le scénariste et cela va avec un certain statu quo dans l'ambiance: peu d'aventures ont un effet boule de neige et la continuité est surtout marquée par la galerie de personnages qui s'étoffe et non par les rebondissements) et quelques facilités & grosses ficelles parasitent le souffle d'aventure et de suspense depuis quelques albums déjà.
Reste que Van Hamme a encore des idées d'histoires intéressantes et un sacré don pour vulgariser tout le décorum de la série, que cela aille de la géopolitique, de la technique scientifique et de la finance. La gestion du "Groupe W" telle qu'il la présente est d'ailleurs un modèle économique viable.Et plus moral que beaucoup.
Parler de l'intrigue de cet album nuirait au plaisir de lecture. Van Hamme convie des personnages récurrents et d'autres croisés dans quelques albums pour monter une intrigue complexe mêlant espionnage industriel, espionnage tout court, terrorisme et conscience financière.
Quelques facilités narratives sautent aux yeux mais permettent d'insuffler un rythme certain à l'intrigue. Effet pervers (encore que, le mot est fort), Largo devient un second rôle presque effacé tant l'histoire, chorale, prend de la place. Mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?
Au fil des années, la série a gagné une galerie de protagonistes attachants (et certains que l'on aime détester) qui participent aux intrigues parfois complexes, parfois simples mais pas simplistes. C'est cette mosaïque de personnages qui donne son identité à la série et au final, le personnage titre est désormais traité à égalité avec les autres membres du casting. On suit un univers plus qu'un héros.
Le scénario est truffé de rebondissements et d'assez de rythme pour ne pas toujours les voir venir.
Malheureusement, c'est aussi comme ça que démarrait le diptyque précédent avant de se terminer par un album plus faible. Destin que je ne souhaite pas à cette intrigue-ci car elle pourrait déboucher sur un changement assez significatif pour la suite de la série si Van Hamme ne la joue pas "pilote automatique" ( les lecteurs de la première heure verront sans doute à quels épisodes précédents je fais référence après lecture de Chassé-croisé)
Au niveau des dessins, Philipe Francq assure toujours comme une bête. Le trait est détaillé, navigant entre réalisme (les vêtements, les décors documentés) et fantasme (tout le monde est beau et les femmes encore plus que les hommes). Dupuis flatte d'ailleurs la rétine puisque cet album est le premier à être édité dans un format plus grand que celui dans lequel la série a débuté. Nouvelle maquette, nouveau logo, tout y passe.
Pour l'occasion, l'éditeur de Marcinelle réédite toute la série dans ce nouveau format tout en proposant une valeur ajoutée : la colorisation des premiers albums a été repensée.
En effet, une série avec une telle longévité a traversé les avancées techniques en matière d'encrage, de colorisation et même de dessin ( certains, comme Denis Bajram par exemple, ne dessine même plus sur un support papier ).
Les puristes et les collectionneurs s'étrangleront peut-être que cet album jure avec le reste de leur collection et se sentiront soit obligés de racheter les aventures de Largo, soit feront de la résistance. La décision de Dupuis sera critiquée de toute façon. Tempête dans un verre d'eau.
jeudi 6 novembre 2014
Interstellar , nos rêves sont plus grands que le ciel.
" Nous nous sommes toujours définis par notre capacité à surmonter l'impossible.
Et nous comptons ces moments.
Ces moments où nous osons viser plus haut. Briser des barrières. Toucher les étoiles. Faire de l'inconnu du connu.
Nous comptons ces moments, fiers de nos prouesses.
Mais nous avons perdu tout ça.
Ou peut-être avons nous juste simplement oublié…oublié que nous sommes encore des pionniers.
Et que nous n'en sommes qu'au début.
Notre apogée ne peut pas être derrière nous ! Car notre destin est au-dessus de nous."
Le nouveau film de Christopher Nolan aurait pu ne pas être signé de sa main.
Alors que Christopher prend du galon en tant que réalisateur, son frère, le scénariste Jonathan Nolan (avec qui il a coécrit une bonne partie de sa filmographie actuelle) se fait lui aussi un nom. Et c'est vers Jonathan que se tourne un réalisateur chevronné pour lui écrire un script de conquête spatiale basé sur les travaux du physicien Kip Thorne. Le nom de ce réalisateur ? Steven Spielberg.
Mais Spielby est over-booké et le projet est reporté, sans cesse. Christopher sort The Dark Knight Rises et explose le box-office. Libéré de Batman, Nolan cherche un nouveau projet. Quand les négociations pour réaliser un James Bond tombent à l'eau, Chris négocie pour reprendre le scénario de son frère et y apporter des éléments qui lui sont propres.
Interstellar, tel qu'il nous est présenté en salle, n'est donc pas un film de Spielberg réalisé par un autre…mais un film purement Nolanien (je vous invite d'ailleurs à lire ma chronique sur les thèmes et obsessions du réalisateur ici. Interstellar vient prouver que je n'ai pas tort mais cela pourrait vous donner des indices sur le déroulement du film), avec des influences dedans.
Des influences cinéphiliques digérées qui font que le produit final est original et s'inscrit dans la ligne d'auteur du réalisateur. Oui, Nolan a vu 2001, oui Nolan a vu Le trou noir. Oui, Nolan passe après eux. Mais il a des choses à dire, des choses à raconter, une sensibilité différente, une vision différente. Et si les points de départs sont purement Spielbergiens ,le père absent, l'admiration de l'aviation, la lutte à corps perdus face à une machine implacable ( la désertification ici ), la ligne d'arrivée est cohérente avec le reste de l'œuvre de Christopher Nolan : c'est ce que François Truffaut appelait un auteur !
Dans un futur indéterminé, l'humanité est à l'agonie. Une lente et terrible désertification se profile. D'immenses dust bowls ravagent les villes et les récoltes. Le choix de mener sa vie comme on l'entend a presque disparu, le monde a besoin de fermiers et pas d'intellectuels. L'humanité renie ses exploits et ses découvertes : faire rêver ne doit plus être inculqué, le monde a besoin de concret (petite mentalité étriquée de bureaucrate). C'est dans ce monde bientôt mort qu'évolue Cooper,dit Coop. Fermier veuf , il élève son fils Tom, propulsé successeur désigné de son père et sa fille, Murphy. Intelligente et brillante, Murph possède une complicité énorme avec son père, ancien pilote de la NASA qui n'a jamais pu partir dans les étoiles. Quand l'occasion d'enfin partir se présentera sous la forme d'un trou de ver capable de faire franchir des distances incroyables en peu de temps dans l'espace, Coop devra choisir entre revoir ses enfants ou faire un petit pas pour l'homme et un saut de géant pour la survie de l'humanité.
Navigant entre drame familial tendance mélo, peinture alarmante de ce que le futur peut nous préparer comme retour de manivelle et œuvre de Hard SF , Interstellar n'en perd pourtant jamais le nord ni son public. Et ce durant 2H49 de métrage. L'ambition de compter une odyssée de l'espace basée sur les sciences dites dures tout en créant le cœur émotionnel autour des sciences dites molles ( âneries que cette dénomination d'ailleurs) et la métaphysique accouche d'un film ambitieux et didactique sur des notions scientifiques célèbres mais finalement assez nébuleuses pour le grand public.
Et la vulgarisation marche à plein pot. Parce que ces notions forment la base des aventures des héros du film, les dangers qui les guettent ne sont plus théoriques ou hypothétiques, place à la pratique. Et quand on est pionnier d'un domaine, la pratique se découvre à la dure !
Science-fiction…science-fiction… Dans son acceptation la plus pure, la plus basique, la science-fiction est un genre fictionnel se basant sur la science et ses découvertes. La science, ce n'est pas que l'intitulé réducteur des cours dispensés à l'école (biologie, chimie, physique). Ce sont aussi les sciences plus spécialisées, les sciences humaines, etc… Dès lors, Interstellar est un objet de science-fiction quasi ultime, brassant ses sujets et les connectant entre eux dans un balai parfois un peu mal rythmé mais terriblement entraînant. La démarche d'un Jules Verne moderne, alliant connaissances actuelles précises, sens de l'aventure, du merveilleux et de l'humain. Mais aussi envie d'aller plus loin que les concepts proposés habituellement (les vaisseaux qui font du bruit dans l'espace ? Oubliez ça ici ! ), de dépasser certaines limites.
Il est dès lors un peu dommage que Christopher Nolan ne dépasse pas les siennes. Si sa maîtrise des plans ( son directeur photo historique, Wally Pfister , n'est pas de cette partie mais son manque est minime), de l'action et du montage alterné ne sont plus à démontrer , il n'en reste pas moins prisonnier de ses scories habituelles : la gestion du temps qui passe reste hasardeuse (comme sur The Dark Knight Rises) ce qui a pour résultat que l'on sent peu les mois et les années qui passent. Et certains dialogues racontent plus qu'ils ne participent à la discussion entre personnages. Mais des limites pareilles face aux acquis de réalisation, je le répète, ce sont ses scories habituelles et l'ensemble est très très peu alourdi par ce genre de choses.
Dans le rôle de Cooper, Matthew McConaughey prouve une fois de plus que non, il n'est pas juste un acteur pour midinettes et que son Oscar, il ne l'a pas volé (sorry Leonardo). Ce père déchiré entre ses rêves d'espaces, sa mission de sauveur et son besoin , vital, de revoir ses enfants ne pouvait trouver meilleur interprète. Alors que la relativité du temps lui explose en pleine face, les larmes viennent couler sur la votre. Il est l'un des cœurs battants du film et l'empathie pour son personnage est presque immédiate.
Nolan a un sens aigu du casting et c'est sans surprise qu'il nous refait le coup d'un ensemble solide d'acteurs, parfois oubliés suite à d'hasardeux choix de carrières.
Ainsi, nous retrouvons le prometteur Wes Bentley ( Ricky dans American Beauty) qui avait presque disparu des écrans ; Topher Grace dont la carrière ne semble pas vouloir décoller malgré des qualités indéniables. On retrouve aussi des acteurs connus et reconnus comme Casey Affleck ( qui joue au monolithe ici, dommage ) ou la sublime Jessica Chastain. L'héroïne de Zero Dark Thirty loupe un peu le coche émotionnel mais transpire la détermination !
Nolan est aussi connu pour être fidèle envers ses acteurs, comme un magicien envers ses ingénieurs. Ainsi, la petite nouvelle de la bande, Anne Hathaway (impériale, as usual), qui n'a débarqué chez Nolan que lors de son dernier opus gothamite, joue la fille de Michael Caine, autre vieil habitué du Nolan-verse, lui qui est rappelé sans cesse par le réalisateur depuis Batman Begins.
Rayon habitués, Nolan fait une nouvelle fois appel à Hans Zimmer pour signer la musique de son film.
Loin de son style rentre-dedans (et ce n'est pas un reproche), Zimmer se la joue " The Thin Red Line" (une de ses plus belles compositions) avec un orgue d'église et du piano en sus. Un minimalisme orchestrale mais néanmoins puissant qui ne vient jamais parasiter la force des images.
Réputé, à tort, d'être un cinéaste froid (alors que les émotions sont toujours, toujours, le moteur des motivations de ses personnages) et poseur ( non, être respectueux des codes et de la grammaire ce n'est pas être poseur, c'est respecter son public ET tenter de le tirer vers le haut) , Interstellar possède le plus haut taux de séquences tire-larmes (sans être péjoratif) de toute la filmo de Christopher Nolan.
En rendant l'infiniment grand appréhendable pour le public par le prisme des sentiments d'êtres infiniment petits (pour l'Univers), Nolan livre un tourbillon d'émotions, de réflexions, le tout emballé dans un grand huit épique, parfois un peu ronflant mais terriblement réussi. Et n'est-ce pas ça, l'essence du cinéma ? Être remué dans toutes les couches de notre personne par un spectacle qui nous dépasse ?
Et nous comptons ces moments.
Ces moments où nous osons viser plus haut. Briser des barrières. Toucher les étoiles. Faire de l'inconnu du connu.
Nous comptons ces moments, fiers de nos prouesses.
Mais nous avons perdu tout ça.
Ou peut-être avons nous juste simplement oublié…oublié que nous sommes encore des pionniers.
Et que nous n'en sommes qu'au début.
Notre apogée ne peut pas être derrière nous ! Car notre destin est au-dessus de nous."
Le nouveau film de Christopher Nolan aurait pu ne pas être signé de sa main.
Alors que Christopher prend du galon en tant que réalisateur, son frère, le scénariste Jonathan Nolan (avec qui il a coécrit une bonne partie de sa filmographie actuelle) se fait lui aussi un nom. Et c'est vers Jonathan que se tourne un réalisateur chevronné pour lui écrire un script de conquête spatiale basé sur les travaux du physicien Kip Thorne. Le nom de ce réalisateur ? Steven Spielberg.
Mais Spielby est over-booké et le projet est reporté, sans cesse. Christopher sort The Dark Knight Rises et explose le box-office. Libéré de Batman, Nolan cherche un nouveau projet. Quand les négociations pour réaliser un James Bond tombent à l'eau, Chris négocie pour reprendre le scénario de son frère et y apporter des éléments qui lui sont propres.
Interstellar, tel qu'il nous est présenté en salle, n'est donc pas un film de Spielberg réalisé par un autre…mais un film purement Nolanien (je vous invite d'ailleurs à lire ma chronique sur les thèmes et obsessions du réalisateur ici. Interstellar vient prouver que je n'ai pas tort mais cela pourrait vous donner des indices sur le déroulement du film), avec des influences dedans.
Des influences cinéphiliques digérées qui font que le produit final est original et s'inscrit dans la ligne d'auteur du réalisateur. Oui, Nolan a vu 2001, oui Nolan a vu Le trou noir. Oui, Nolan passe après eux. Mais il a des choses à dire, des choses à raconter, une sensibilité différente, une vision différente. Et si les points de départs sont purement Spielbergiens ,le père absent, l'admiration de l'aviation, la lutte à corps perdus face à une machine implacable ( la désertification ici ), la ligne d'arrivée est cohérente avec le reste de l'œuvre de Christopher Nolan : c'est ce que François Truffaut appelait un auteur !
Dans un futur indéterminé, l'humanité est à l'agonie. Une lente et terrible désertification se profile. D'immenses dust bowls ravagent les villes et les récoltes. Le choix de mener sa vie comme on l'entend a presque disparu, le monde a besoin de fermiers et pas d'intellectuels. L'humanité renie ses exploits et ses découvertes : faire rêver ne doit plus être inculqué, le monde a besoin de concret (petite mentalité étriquée de bureaucrate). C'est dans ce monde bientôt mort qu'évolue Cooper,dit Coop. Fermier veuf , il élève son fils Tom, propulsé successeur désigné de son père et sa fille, Murphy. Intelligente et brillante, Murph possède une complicité énorme avec son père, ancien pilote de la NASA qui n'a jamais pu partir dans les étoiles. Quand l'occasion d'enfin partir se présentera sous la forme d'un trou de ver capable de faire franchir des distances incroyables en peu de temps dans l'espace, Coop devra choisir entre revoir ses enfants ou faire un petit pas pour l'homme et un saut de géant pour la survie de l'humanité.
Navigant entre drame familial tendance mélo, peinture alarmante de ce que le futur peut nous préparer comme retour de manivelle et œuvre de Hard SF , Interstellar n'en perd pourtant jamais le nord ni son public. Et ce durant 2H49 de métrage. L'ambition de compter une odyssée de l'espace basée sur les sciences dites dures tout en créant le cœur émotionnel autour des sciences dites molles ( âneries que cette dénomination d'ailleurs) et la métaphysique accouche d'un film ambitieux et didactique sur des notions scientifiques célèbres mais finalement assez nébuleuses pour le grand public.
Et la vulgarisation marche à plein pot. Parce que ces notions forment la base des aventures des héros du film, les dangers qui les guettent ne sont plus théoriques ou hypothétiques, place à la pratique. Et quand on est pionnier d'un domaine, la pratique se découvre à la dure !
Science-fiction…science-fiction… Dans son acceptation la plus pure, la plus basique, la science-fiction est un genre fictionnel se basant sur la science et ses découvertes. La science, ce n'est pas que l'intitulé réducteur des cours dispensés à l'école (biologie, chimie, physique). Ce sont aussi les sciences plus spécialisées, les sciences humaines, etc… Dès lors, Interstellar est un objet de science-fiction quasi ultime, brassant ses sujets et les connectant entre eux dans un balai parfois un peu mal rythmé mais terriblement entraînant. La démarche d'un Jules Verne moderne, alliant connaissances actuelles précises, sens de l'aventure, du merveilleux et de l'humain. Mais aussi envie d'aller plus loin que les concepts proposés habituellement (les vaisseaux qui font du bruit dans l'espace ? Oubliez ça ici ! ), de dépasser certaines limites.
Il est dès lors un peu dommage que Christopher Nolan ne dépasse pas les siennes. Si sa maîtrise des plans ( son directeur photo historique, Wally Pfister , n'est pas de cette partie mais son manque est minime), de l'action et du montage alterné ne sont plus à démontrer , il n'en reste pas moins prisonnier de ses scories habituelles : la gestion du temps qui passe reste hasardeuse (comme sur The Dark Knight Rises) ce qui a pour résultat que l'on sent peu les mois et les années qui passent. Et certains dialogues racontent plus qu'ils ne participent à la discussion entre personnages. Mais des limites pareilles face aux acquis de réalisation, je le répète, ce sont ses scories habituelles et l'ensemble est très très peu alourdi par ce genre de choses.
Dans le rôle de Cooper, Matthew McConaughey prouve une fois de plus que non, il n'est pas juste un acteur pour midinettes et que son Oscar, il ne l'a pas volé (sorry Leonardo). Ce père déchiré entre ses rêves d'espaces, sa mission de sauveur et son besoin , vital, de revoir ses enfants ne pouvait trouver meilleur interprète. Alors que la relativité du temps lui explose en pleine face, les larmes viennent couler sur la votre. Il est l'un des cœurs battants du film et l'empathie pour son personnage est presque immédiate.
Nolan a un sens aigu du casting et c'est sans surprise qu'il nous refait le coup d'un ensemble solide d'acteurs, parfois oubliés suite à d'hasardeux choix de carrières.
Ainsi, nous retrouvons le prometteur Wes Bentley ( Ricky dans American Beauty) qui avait presque disparu des écrans ; Topher Grace dont la carrière ne semble pas vouloir décoller malgré des qualités indéniables. On retrouve aussi des acteurs connus et reconnus comme Casey Affleck ( qui joue au monolithe ici, dommage ) ou la sublime Jessica Chastain. L'héroïne de Zero Dark Thirty loupe un peu le coche émotionnel mais transpire la détermination !
Nolan est aussi connu pour être fidèle envers ses acteurs, comme un magicien envers ses ingénieurs. Ainsi, la petite nouvelle de la bande, Anne Hathaway (impériale, as usual), qui n'a débarqué chez Nolan que lors de son dernier opus gothamite, joue la fille de Michael Caine, autre vieil habitué du Nolan-verse, lui qui est rappelé sans cesse par le réalisateur depuis Batman Begins.
Rayon habitués, Nolan fait une nouvelle fois appel à Hans Zimmer pour signer la musique de son film.
Loin de son style rentre-dedans (et ce n'est pas un reproche), Zimmer se la joue " The Thin Red Line" (une de ses plus belles compositions) avec un orgue d'église et du piano en sus. Un minimalisme orchestrale mais néanmoins puissant qui ne vient jamais parasiter la force des images.
Réputé, à tort, d'être un cinéaste froid (alors que les émotions sont toujours, toujours, le moteur des motivations de ses personnages) et poseur ( non, être respectueux des codes et de la grammaire ce n'est pas être poseur, c'est respecter son public ET tenter de le tirer vers le haut) , Interstellar possède le plus haut taux de séquences tire-larmes (sans être péjoratif) de toute la filmo de Christopher Nolan.
En rendant l'infiniment grand appréhendable pour le public par le prisme des sentiments d'êtres infiniment petits (pour l'Univers), Nolan livre un tourbillon d'émotions, de réflexions, le tout emballé dans un grand huit épique, parfois un peu ronflant mais terriblement réussi. Et n'est-ce pas ça, l'essence du cinéma ? Être remué dans toutes les couches de notre personne par un spectacle qui nous dépasse ?
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lundi 6 octobre 2014
Dracula que l'on encu...
Au commencent, il y eu un roman, publié en langue anglaise en 1897 : Dracula, écrit par Bram Stoker.L'histoire est connue de tous, du moins dans les grandes largeurs : l'arrivée en Angleterre DU vampire et de comment un petit groupe aidé par les conseils du Prof.Van Helsing va réussir à le repousser et finalement le détruire dans son château transylvanien.
Le cinéma s'emparera de l'histoire et ce média de masse imprimera à jamais la légende dans l'inconscient collectif dès les années 20.
Mais Dracula, ce n'est pas que le nom d'un comte transylvanien, c'est aussi l'un des surnoms de Vlad III "L'empaleur", Voïvode de Valachie ayant régné sur une partie de l'actuelle Roumanie au XVeme siècle. Son père, Vlad II était dit Dracul en raison de son appartenance à l'ordre du Dragon. La particule "a" en fin du mot signifie "petit" ou "fils de".
Dracula est donc le petit dragon (ou fils du dragon) encore que Dracul puisse également signifier "Diable" (mais l'ordre défendant la Croix face aux Croissants des Ottomans, difficile de penser que l'aspect diabolique soit vraiment associé à l'histoire qui nous préoccupe en ce moment).
Vlad III est connu pour ses actions violentes et sanglantes ( mais la plupart des sources de bases proviennent des Ottomans, une certaine prudence, qui n'a semble-t-il jamais été de mise dans les récits historiques vulgarisés, est donc à appliquer sur tout ceci) et son goût prononcé pour empaler ses adversaires. Surtout les turcs ottomans dont il a été l'otage royal durant une bonne partie de sa vie avant de monter sur le trône.
Stoker n'a jamais admis s'être vraiment inspiré de Vlad III pour créer son vampire mais les théories sur la chose n'ont cessé d'être répandues et, en 1993, un film va définitivement mélanger les deux et ils seront désormais indissociables.
Le Dracula de Francis Ford Coppola commence donc par une séquence absente du roman : la venue au monde du Vampire après une vie humaine. Vlad "Dracula" l'empaleur devient le vampire Dracula sous les yeux du public après qu'une ruse ottomane ait poussé sa femme au suicide. Rongé par la haine envers un Dieu qu'il avait défendu et la peine d'avoir perdu l'amour de sa vie, Dracula erre sur Terre pendant 400 ans avant de retrouver Mina Murray qui pourrait être la réincarnation de sa défunte épouse.
Monstre dramatique et romantique, Dracula va tenter de la conquérir tout en assouvissant ses viles habitudes nutritives…
Les bonnes intentions de Coppola se sont transformées en pavés infernaux pour le mythe du vampire en général et pour le comte sanguinaire en particulier. En littérature comme en fiction visuelle, tout le monde y ira de sa petite version des origines du vampire ( de la plus proche de celle de 1993 à la plus éloignée) pour le meilleur mais plus souvent pour le pire…
Le meilleur.
Le pire. Dracula serait en fait Judas.
En 2005, Batman Begins relançait la chauve-souris gothamite depuis le début sous la férule de Warner Bros.
En 2006, Casino Royale faisait de même avec James Bond désormais sous la protection de Columbia Pictures/Sony.
Les deux films ont eu un succès tel que les autres studios commencent à envisager de lancer des films basés sur leurs franchises phares et revenant sur les débuts de ces héros connus du public depuis des années. Le tout contenant quelques réussites ( X-men First Class, Man of Steel) et beaucoup de déchets ( Jack Ryan : Shadow Recruit, The Amazing Spider-Man,… )
Le projet est d'abord initié en 2007 par Universal sous le titre Dracula year one avant de bifurquer vers Dracula year zero.
Deux excellents films...qui donneront de très mauvaises idées (germées pour les mauvaises raisons) aux concurrents.
Australien, le réalisateur souhaite tourner sur ses terres natales et jette son dévolu sur deux acteurs du crû pour incarner Vlad Dracula et son épouse : Sam Worthington ( Avatar) et Abbie Cornish (Sucker Punch).
Mais le budget du film est si colossal qu'Universal jette l'éponge. Proyas s'en va se focaliser sur son adaptation de Paradise Lost, qui elle aussi capotera.
Initié par le succès d'un héros ( Batman) c'est le succès d'une équipe qui va relancer la machine.
Avengers sort en avril 2012 et explose le box-office. Marvel Studios a mis sur pied un univers partagé au cinéma et cela donne des idées aux banquiers qui tiennent aujourd'hui les studios. Si la recette fonctionne ailleurs, pourquoi ne pas l'appliquer chez nous ? (oui, leurs réflexions primaires me laissent également sans voix).
En mai 2012, Universal annonce son envie de relancer le concept Van Helsing en le reprenant du début. En Juillet de la même année, le projet Dracula ressort des cartons suivi du reboot de La Momie.Le but semi-avoué est de lancer une nouvelle vague de films de monstres, revenant à leurs origines et de les faire évoluer dans le même univers pour culminer avec un film Van Helsing.
Dans le même temps, le studio Legendary Pictures ( qui chapeautait pour Warner Bros. toutes les productions en rapport avec la pop-culture et les adaptations des comics DC en particulier ) se voit remercier par Warner qui souhaite signer ses succès seul sans partager louanges et royalties. Universal signe donc un contrat avec Legendary. Le pacte peut sembler aller de soi, Universal possédant dans son giron un beau bestiaire nourrissant la culture populaire comme Dracula, Le Loup-Garou, La Momie…
Gary Shore, inconnu au bataillon, est engagé pour réaliser le film. Luke Evans prend la place de Sam Worthington et l'Australie est troquée contre l'Irlande. Les premières fuites apparaissent sur le net : l'histoire contera l'histoire de Vlad III qui, face aux armées ottomanes, fera un pacte avec la sorcière Baba Yaga pour acquérir un pouvoir capable de repousser l'envahisseur. Samantha Barks est engagée pour jouer la sorcière. Pourtant, elle n'apparaitra pas dans le film. Pour les raisons ci-dessous.
Le film est prévu pour le mois d'Août 2014 avant d'être repoussé au mois d'Octobre. Car de multiples reshoots vont être exigés par Universal, ce qui retardera la sortie du film.
Film dont je vais vous entretenir maintenant…
1462, neuf ans après la Chute de Constatinople. Le Prince Vlad règne sur la Transylvanie. Ancien janissaire au service des Ottomans, Vlad a été libéré de son service et tente de maintenir la paix en son royaume. Il a renié son passé de guerrier et rangé son armure ornée d'un dragon au placard.
Un jour, deux évènements vont sceller son destin : 1° la découverte des preuves que des éclaireurs turcs sont passés sur ses terres et sont morts en traversant la montagne de la Dent Cassée. 2° La découverte d'une grotte dans la-dite montagne renfermant une créature sanguinaire prisonnière depuis des siècles…
(Bon déjà, pour la véracité historique c'est déjà mal engagé - Vlad janissaire, la bonne blague… - et Baba Yaga déjà expulsée du film pour cause de reshoot.)
Les éclaireurs turcs n'étaient qu'un prélude : un émissaire de Mehmed II le Conquérant ( qui prit Constantinople ) arrive à la cour de Vlad ,flanqué d'une bande de janissaire psychopathes. Celui-ci réclame un tribut en argent à Vlad ainsi que 1000 garçons pour servir dans l'armée du Sultan pour combattre en Hongrie et au siège de Vienne (oui, oui, celui de 1529…quel visionnaire ce Mehmed. Au fait, quand on veut prendre la chrétienté par surprise, on n'annonce pas ses cibles un siècle à l'avance non plus ! Je dis ça je dis rien, en stratégie militaire je ne suis qu'un amateur.) ainsi que le fils de Vlad comme otage royal.
Refusant de livrer son enfant, Vlad tue les hommes venus le chercher et s'attire les foudres de la guerre. Son seul espoir réside dans la créature vivant dans la grotte, un vampire d'après les registres du monastère où il a fait quelques recherches, et qui pourrait lui fournir la force nécessaire pour défaire les troupes turques.
Commençons par les points positifs : Luke Evans est un bon acteur, il croit en son personnage et lui donne de l'épaisseur. Et deux trois bonnes idées parsèment le film. Voila…
Pour le reste : les incohérences sont légions ( comment un vampire coincé dans une grotte ,dont il faut être un alpiniste aussi fortiche que le Lénonidas de 300 pour l'atteindre, peut-il être LA peur des habitants et vivre sur un sol composé des os de centaines de personnes ? ), les incongruités sont effarantes. D'ailleurs, l'entrée de la grotte change selon qu'elle a été tournée pour la version "Baba Yaga " et la version "vampire centenaire": on passe d'une grotte toute simple à une entrée de style pseudo-romain pour appuyer le fait (jamais clairement dit dans le film) que le dit-vampire, incarné par le toujours classe et flippant Charles Dance, soit en réalité…Caligula. Vous avez dit " n'importe quoi " ?
Le rythme et l’enchaînement des scènes sont trop rapides pour qu'une empathie quelconque puisse nous lier au sort des personnages, certaines semblant même sortir de nulle part ou avoir été placée au mauvais endroit du film.
Certains personnages, également sortis de nulle part, acquièrent une importance capitale pour certaines séquences (celle de l'incendie provoquée par les villageois est flagrante: celui qui lance le mouvement est clairement mis en évidence par la réalisation et le montage, signe , sans doute, que son personnage avait une importance dans des scènes probablement coupées : c'est ça ,soit le réalisateur ne connaît rien à la grammaire cinématographique. Pareil pour le bohémien qui souhaite servir Vlad.).
Tout cela vient renforcer le sentiment qu'il manque une pelletée de scènes et que certaines ont été rajoutées à la va-comme-je-te-pousse pour donner un peu de liant à l'ensemble.
Les scènes de combats sont hachées et difficiles à lire, c'est fouillis et peu emballant visuellement, que ça soit lors de corps à corps plus ou moins classiques ou lorsque que Vlad fait appel à des hordes de chauve-souris qui ressemblent plus à un essaim géant de mouches qu'à des chiroptères une fois en mouvement à l'écran. Pour un homme capable de plier à sa volonté les créatures de la nuit, il ne fait appel qu'à une seule espèce d'entre elles.Et pas la plus dangereuse hein. Non, une horde de petites bestioles qui font, au mieux en Europe, 10 cm de long et pèsent moins de 30 grammes. Je n'ose imaginer ce qu'un réalisateur couillu aurait pu nous faire avec l'arsenal complet du vampire : chiroptères géants, loups, etc…
Dracula est ici une sorte de super-héros dramatique et maudit ( mort d'un être cher, entrainement pour devenir un guerrier imparable , acquisition de super-pouvoirs et un costume à emblème dont l'apparition rappelle celle du bat-costume dans Batman Begins mais en moins bien : quand on sait pas pomper, on ne pompe pas !).
Le thème du héros contraint de se damner volontairement pour préserver les siens n'est pas nouveau ( Ghost Rider, Anakin Skywalker, Spawn) mais fonctionne toujours correctement pour peu qu'il soit bien traité.
Ce n'est clairement pas le cas ici et ce ne sont pas les clins d'œil appuyés ( le name dropping de certains noms connus des adorateurs du livre de Stoker comme le col de Borgo ou les trois femmes vampires) ni l'idée d'une armée vengeresse en fin de film qui viendront sauver celui-ci ni sauver le spectateur d'un ennui gêné ( le film dure une heure et demi et semble en durer le double) renforcé par la sensation d'assister à un immense gâchis tant les bases auraient pu être solides.
Les sous-entendus thématiques sont clairement naïfs , manichéens et limites racistes tant seuls les transylvaniens chrétiens sont représentés comme pouvant faire preuve de noblesse, les musulmans et leur alliés étant des malades sadiques et malveillants ( on vous rappelle que les territoires conquis tombaient sous la liberté de culte et ce plus d'un siècle avant l'édit de Nantes ? ).
Des intentions initiales d'Alex Proyas, il ne reste presque rien car Gary Shore a tout envoyé valser : quelques crocs, du sang qu'on essaye un maximum de cacher et des nuées de chauve-souris réputées buveuses de sang des centaines d'années avant que la race des chiroptères vampires ne soit découverte.
La fin est là pour bien nous montrer qu'il s'agit ici du premier acte d'une franchise et on n'en demandait pas tant.
Dracula Untold aurait du le resté, untold.
Publié par
Geoffrey
à
23:54
1 commentaires
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dimanche 5 octobre 2014
Original : des origines sans origine ou originalité
Deadpool, le mercenaire avec une grande gueule et un pouvoir régénérateur à la Wolverine, est devenu en quelques années une sorte d'idole des comics chez nous : les publications en VF se multiplient autour de ce croisement improbable entre Spider-Man (pour l'humour et le costume "fallait oser"), une gaufre trop cuite (pour la tronche grillée) et une tortue ninja fan de Rambo (pour les armes en pagaille dont le poids total ferait chanceler un Hulk sous amphétamines).
C'est donc tout naturellement que Panini Comics décide d'enfin rééditer les deux premières mini-séries que Marvel avait consacrées à ce malade mental dans un seul et même volume sobrement intitulé : Les Origines (notons qu'il s'agit du troisième "Best of Marvel" à contenir ce mot dans le titre).
Premier truc qui fait tiquer : le titre est mensonger. En effet, Deadpool, comme le léger texte d'introduction nous le dit, n'apparaît pas pour la première fois dans ces pages mais dans celles de la série New Mutants qui deviendra plus tard X-Force. Ensuite, les origines de cet anti-héros sont obscures et seuls quelques éléments seront distillés au fil des pages afin de créer un mystère semblable à celui entourant Logan/James Hewlet/Wolverine.
La première partie date de 1993 et est scénarisée par Fabian Nicieza et dessinée par Joe Madureira.
Le mercenaire Tolliver est mort et tous les pourris de la planète souhaitent mettre la main sur son héritage mais pour cela, il faut retrouver les différentes parties de son testament. La chasse est ouverte et Deadpool en est. Un Deadpool encore un peu prototype puisqu'il n'est pas encore le barjot total et absolu que nous connaissons aujourd'hui. Il est juste encore plus bavard qu'un homme politique à qui on ne coupe pas le micro.
Alors, cette mini-série prend place dans la continuité de X-Force et n'est pas vraiment auto-contenue : dès lors, si vous n'avez pas un BAC+15 en histoire mutantes ou un rédactionnel de la part de Panini, vous aurez du mal à vous y retrouver. Mais Panini a pensé à vous. Non, je déconne, démerdez-vous pauvres pigeons fans de Deadpool, nouvelle vaches à lait que vous êtes !
Plongé dans un univers qu'il est censé connaître mais qu'il ne connait pas, le lecteur qui découvre cette histoire va louper pas mal de chocs lors des révélations. Cela dessert l'empathie que l'on pourrait avoir pour certains personnages.
L'écriture n'aide pas, l'histoire étant fouillis et parfois incompréhensible d'incohérences. C'est qu'il s'agit ici de singer les héros Image Comics, maison fondée l'année précédente par les stars montantes du dessin de Marvel et dont les ventes colossales ont surtout reposé sur les prouesses des dessinateurs et pas sur leurs pauvres scénarios (Spawn faisant un peu figure d'exception).
Serait-ce du côté graphique que le salut viendra ? Eh bien pas entièrement. Joe Madureira n'est pas encore le Madureira d'aujourd'hui, celui qui explose la rétine (mais qui ne sait pas tenir une cadence d'un numéro par mois). Alors c'est bien mais pas top, on sent le potentiel mais il est encore inexpérimenté et cela se voit parfois.
La seconde mini-série date de 1994 et cette fois, c'est Mark Waid, scénariste venu de chez DC, qui s'y colle. Avec encore un débutant aux crayons, Ian Churchill.
Waid a fait ses devoirs et se place dans la continuité de la première mini-série mais décide de ne pas en faire une spin-off de X-Force. Croisé lors de la première partie, Black Tom Cassidy est mourant et place un contrat sur Deadpool : il est convaincu que le facteur de guérison du mercenaire peut le sauver. Dans le même temps, son cousin Sean Cassidy, alias le X-Men Banshee/Le Hurleur, ancien membre d'Interpol, cherche à mettre la main sur le mouton noir de la famille. Il est aidé par Théresa, sa fille, alias Cyren. Leur route va donc croiser celle de Deadpool (qui a un passé avec Cassidy et un de ses partenaires d'Interpol) qui va flasher sur Cyren.
Le rythme est prenant, il se passe des choses, les personnages doutent (les affaires de famille, c'est souvent un bon terreau à exploiter) et Deadpool commence à vraiment placer des blagues dans sa logorrhée interminable.
Ian Churchill offre de belles planches mais a du mal à tenir les délais, raison pour laquelle certaines sont dessinées par d'autres. Le mix n'est pas indigeste car il semble y avoir eu un effort pour harmoniser les traits entre dessinateurs… et la colorisation aide également à cette homogénéité !
Un album en demi-teinte donc mais que les fans de Deadpool ne peuvent pas laisser passer, ne serait-ce que pour découvrir le héros avant que son concept actuel n'existe vraiment.
Dans une intégrale X-force, ça aurait sans doute eu plus de poids et de consistance... mais là, c'est comme si on vous servait l’assaisonnement sans le plat principal.
C'est donc tout naturellement que Panini Comics décide d'enfin rééditer les deux premières mini-séries que Marvel avait consacrées à ce malade mental dans un seul et même volume sobrement intitulé : Les Origines (notons qu'il s'agit du troisième "Best of Marvel" à contenir ce mot dans le titre).
Premier truc qui fait tiquer : le titre est mensonger. En effet, Deadpool, comme le léger texte d'introduction nous le dit, n'apparaît pas pour la première fois dans ces pages mais dans celles de la série New Mutants qui deviendra plus tard X-Force. Ensuite, les origines de cet anti-héros sont obscures et seuls quelques éléments seront distillés au fil des pages afin de créer un mystère semblable à celui entourant Logan/James Hewlet/Wolverine.
La première partie date de 1993 et est scénarisée par Fabian Nicieza et dessinée par Joe Madureira.
Le mercenaire Tolliver est mort et tous les pourris de la planète souhaitent mettre la main sur son héritage mais pour cela, il faut retrouver les différentes parties de son testament. La chasse est ouverte et Deadpool en est. Un Deadpool encore un peu prototype puisqu'il n'est pas encore le barjot total et absolu que nous connaissons aujourd'hui. Il est juste encore plus bavard qu'un homme politique à qui on ne coupe pas le micro.
Alors, cette mini-série prend place dans la continuité de X-Force et n'est pas vraiment auto-contenue : dès lors, si vous n'avez pas un BAC+15 en histoire mutantes ou un rédactionnel de la part de Panini, vous aurez du mal à vous y retrouver. Mais Panini a pensé à vous. Non, je déconne, démerdez-vous pauvres pigeons fans de Deadpool, nouvelle vaches à lait que vous êtes !
Plongé dans un univers qu'il est censé connaître mais qu'il ne connait pas, le lecteur qui découvre cette histoire va louper pas mal de chocs lors des révélations. Cela dessert l'empathie que l'on pourrait avoir pour certains personnages.
L'écriture n'aide pas, l'histoire étant fouillis et parfois incompréhensible d'incohérences. C'est qu'il s'agit ici de singer les héros Image Comics, maison fondée l'année précédente par les stars montantes du dessin de Marvel et dont les ventes colossales ont surtout reposé sur les prouesses des dessinateurs et pas sur leurs pauvres scénarios (Spawn faisant un peu figure d'exception).
La seconde mini-série date de 1994 et cette fois, c'est Mark Waid, scénariste venu de chez DC, qui s'y colle. Avec encore un débutant aux crayons, Ian Churchill.
Waid a fait ses devoirs et se place dans la continuité de la première mini-série mais décide de ne pas en faire une spin-off de X-Force. Croisé lors de la première partie, Black Tom Cassidy est mourant et place un contrat sur Deadpool : il est convaincu que le facteur de guérison du mercenaire peut le sauver. Dans le même temps, son cousin Sean Cassidy, alias le X-Men Banshee/Le Hurleur, ancien membre d'Interpol, cherche à mettre la main sur le mouton noir de la famille. Il est aidé par Théresa, sa fille, alias Cyren. Leur route va donc croiser celle de Deadpool (qui a un passé avec Cassidy et un de ses partenaires d'Interpol) qui va flasher sur Cyren.
Le rythme est prenant, il se passe des choses, les personnages doutent (les affaires de famille, c'est souvent un bon terreau à exploiter) et Deadpool commence à vraiment placer des blagues dans sa logorrhée interminable.
Ian Churchill offre de belles planches mais a du mal à tenir les délais, raison pour laquelle certaines sont dessinées par d'autres. Le mix n'est pas indigeste car il semble y avoir eu un effort pour harmoniser les traits entre dessinateurs… et la colorisation aide également à cette homogénéité !
Un album en demi-teinte donc mais que les fans de Deadpool ne peuvent pas laisser passer, ne serait-ce que pour découvrir le héros avant que son concept actuel n'existe vraiment.
Dans une intégrale X-force, ça aurait sans doute eu plus de poids et de consistance... mais là, c'est comme si on vous servait l’assaisonnement sans le plat principal.
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