mercredi 6 août 2008

A la recherche du divin perdu.

De tous temps,les hommes et les peuples auxquels ils appartiennent ont adorés des panthéons de dieux divers et variés. Ceux-ci étaient loin d’avoir la pseudo perfection du dieu chrétien. Ils étaient souvent colérique,bons vivants etc…en un mot : humains. Humains mais avec des capacités surhumaines. Et bien que le polythéisme fut aboli par l’arrivée des religions monothéistes,ces panthéons ont continué de vivre,plus dans la culture que dans la foi mais ils sont encore aujourd’hui bien présents.

Presque chaque peuple a son panthéon : les Grecs ont les dieux de l’Olympe,les Vikings ont les Asgardiens,etc…. Et comme je le disais ces panthéons sont devenus des références culturelles propres à leurs pays en particulier et à la culture en général.

Mais qu’en est-il des peuples déracinés ? Ont-ils embarqué leurs panthéons avec eux ou en ont-ils inventés de nouveaux ? Les super-héros américains ne seraient-ils pas la figure moderne des panthéons que les immigrants auraient laissés derrière eux ? On serait tenté de le croire tant les héros en collant possèdent de nombreux points communs avec les dieux.
Si l’on prend des héros comme Batman ou Spider-man,la parentée est flagrante : ils sont des figures emblématiques,des esprits animaux et prédateurs. Les chauve-souris et les araignées n’étant pas connus pour être de gentilles bêtes. Leurs ennemis sont d’ailleurs souvent d’une nature proche :l’épouvantail,le joker ne sont-ils pas eu aussi des créatures effrayantes (et tirés du folklore ? le joker venant d’un jeu de carte et qui sait depuis quand la carte existe et l’épouvantail étant même devenu un archétype jungien,poison ivy qui représente la nature florale contre la nature faunique qu’est Batman); et la plupart des adversaires de Spider-man sont d’ailleurs bien souvent associés à des animaux comme le scorpion,Octopus qui évoque une pieuvre,la chatte noire qui comme Catwoman pour Batman n’est pas restée une adversaire très longtemps. John Michael Strazinsky l’a d’ailleurs fort bien compris dans le début de son run sur Amazing Spider-man. Black Panther et White Tiger en sont également de bons exemples.


























Thor est encore plus facile à classer dans la catégorie des dieux car il en est un,issu du panthéon Asgardien.
On pourrait aussi citer les nouveaux dieux que ce soit ceux de l’industrie : Iron Man, War machine,etc… ou encore l’humain fait divin : les mutants de l’univers marvel.
Y aurait-il un besoin culturel inhérent chez l’humain à se rattacher à des figures mythologiques ? Voir même de vouloir combler un manque ? Le manque du messie par exemple ? Car c’est bienun messie que Jerry Siegel et Joe Shuster créent en la personne de Superman ou tout du moins un protecteur. Leurs origines juives ayant sans doute joués (consciemment ou pas) un rôle dans leur création. Car si Superman n’est pas un messie à proprement parlé il en a quelques traits comme le fait de venir du ciel et de posséder des aptitudes hors de portées des simples mortels. A la rigueur on peut le considérer comme une interprétation du Golem,le protecteur du peuple juif qui devient ici le protecteur de l’humanité entière. Son pendant féminin,Wonder Woman possède également des origines mythologique : elle est une princesse amazone vivant sur Paradise Island(une île uniquement peuplée de femmes,ça ne vous rappelle pas Lesbos?) et parle le grec ancien. Et avec Superman et Batman elle forme ce qu’il est coutumier d’appeler chez DC comics « La Trinité ». Le nom est sans équivoque quant au caractère divin de ces personnages.





On retrouvera beaucoup de ces influences divines (polythéistes ou monothéistes selon les héros ) comme chez les clones marvéliens de Batman : Daredevil et son effrayent costume de Diable (avec en plus un sonar de chauve-souris comme super-pouvoir) ou un sigle de Lune pour Monn Knight qui orne son torse mais aussi ses gadgets,et n’oublions pas sa fortune qui évoque beaucoup celle de Bruce Wayne. La lune étant là encore un aspect divin ( n’a-t-elle pas été adorée d’une manière ou l’autre dans diverses cultures ?) car Moon Knight est l’avatar terrestre de Khonshu, l'un des dieux de la Lune.












Et n’oublions pas le coté « tragédies grecques » qui frappent les amours de beaucoup de ces héros (combien des petites amies de Murdock furent assassinées par sa némésis Bullseye? et n'oublions pas Typhoid Mary ennemie acharnée de DD et petite amie de Matt).




























On pourrait encore parler longtemps de l'aspect mythologiques de nombreux autres héros et même de ceux cités ici dont je n'ai fait que survoler le coté divin.

mardi 5 août 2008

Je prendrais bien un verre de rouge sang pour sang.


Qui connaît deux mots d’anglais sait que" bat" veut dire chauve-souris. De là à se faire rencontrer Batman et des vampires il n’y avait qu’un pas. Qui a été franchi.

"Batman et Dracula" fait partie de la collection Elseworld de DC (l’équivalent des What if… marveliens.). Gotham subit les assauts du prince des vampires et de ses légions infernales. Face à un adversaire redoutable et retord, Batman saura-t-il défendre sa ville ?
On pouvait craindre le pire de la rencontre de ces deux icônes et c’est finalement le meilleur qui s’en dégage. Le récit débute sur Batman enquêtant sur une série de meurtre étranges : des jeunes gens sont retrouvés exsangues portant deux marques à la base du cou. Ainsi la première rencontre entre les deux créatures de la nuit prend – t – elle son temps avant de se produire. Et Batman devant un adversaire dont il reniait l’existence va devoir faire preuve d’inventivité lors de ce premier combat pour survivre jusqu’à l’aube.
Le dessin est de Kelley Jones dont le style emprunt de gothisme offre au chevalier noir un look des plus effrayant : des oreilles pointues haut perchées et une cape qui n’en finit pas dans certaines cases,donnant bien à Batman un aspect effrayant les criminels.
Cet album peut sembler étrange au premier abord,non pas parce que Batman affronte une créature surnaturelle mais parce que le récit nous montre surtout un Bruce Wayne plus humain et moins froid qu’à l’accoutumée. Et la fin de l’album offre des pistes intéressantes pour les suites qui furent publiées aux USA. Car c’est bien une rampe de lancement que cet album,d’où un léger manque de vrais enjeux scénaristiques au profit de quelques effets gores et d’une intrigue parfois alambiquée dont le but est de détruire l’image de Batman pour partir vers de nouveaux horizons plus tard.

Le même mois Panini nous gratifiait de Batman contre le moine fou. Et ici aussi Batman affronte des vampires. La différence est de taille cependant : ce récit s’insère dans la continuité, ce passant peu après "year one" et avant "long halloween". Le dessin et le scénario sont de Matt Wagner qui avait déjà signé ''Batman et les monstres'' qui est en fait la première partie de l’histoire. Wagner modernise ici l’une des premières aventures du Batman des années 40 en réutilisant le moine vampire mais aussi Julie Madison la première fiancée de Bruce Wayne. Wagner réussit à faire du neuf avec du (très) vieux en réactualisant les liens entre les différents personnages et donne même à son récit un léger aspect 30’s en hommage au débuts officiels du Gotham Knight, en effet à l’époque le héros solitaire combattait le surnaturel, c’était avant que la série ne trouve son identité propre.
Deux très bons albums donc que les fans de la chauve-souris se doivent de posséder dans leur bibliothèque.

jeudi 31 juillet 2008

Next,et c'est pas de la télé-réalité!


Le dernier roman de Michael Crichton est passé relativement inaperçu. Et pour cause,il aurait mieux fait de ne jamais sortir dans nos vertes contrées. Pourtant le pitch était prometteur.
John Burnett a eu un cancer. Mais celui-ci a subi une rémission. Hors son médecin traitant, peu scrupuleux, a vendu son sang à un laboratoire de génétique qui a breveté ses gènes hors du commun. John n’est donc même plus propriétaire de son patrimoine génétique. Pour contrer le labo dans sa quête de récupérer encore de son ADN, John disparaît. Sa fille et son petit-fils deviennent alors la proie du laboratoire qui lance deux chasseurs de prime à leurs trousses. De la science-fiction ? A peine et cela fait peur mais voila Crichton oublie de faire peur en noyant le lecteur sous des intrigues secondaires sans importance dont deux particulièrement capillotractées et lorgnant vers le délire total plus que vers le sérieux scientifiques auquel il nous a pourtant si souvent habitués. Sans compter un nombre incroyable d’articles de presse entre chaque chapitre. Hors,paradoxalement, ce sont les articles qui sont la meilleure partie de ce roman tant ils amènent des sujets délicats et intéressants sur le tapis.
Dommage car avec un tel sujet de chasse à l’homme, Crichton aurait pu (su !) livrer un grand roman de poursuite tout en nous faisant réfléchir sur les risques et avantages de la politique des labos de génétiques actuels. Il n’en est rien et cela est d’autant plus décevant de la part de l’auteur de Jurassic Park que son précédent roman,État d’urgence, était trépident de bout en bout tout en livrant au fil des pages des infos sur les études climatiques,tout cela amené de manière fluide sans trop de gros sabots dans le récit.
Ce qui est loin (très loin) d'être le cas dans ce roman.

mercredi 30 juillet 2008

Wall-E


Le nouveau petit bijou Pixar est sorti sur les écrans ce mercredi. On en a beaucoup entendu parler de la première partie du film qui devait être muette...c'est en partie vrai mais uniquement parce que le vocabulaire du petit robot est assez limité. Et pour compenser ça les auteurs ont fait preuve de créativité visuelle...d'une manière encore plus poussée que par le passé. Ce qui nous vaut une première partie des plus réjouissante qui fera néanmoins plus sourire (de grand à béat) que rire. Mais qu'importe,le résultat est qu'on s'attache rapidement au petit robot et à sa quête.

La seconde est plus conventionnelle avec l'apparition des humains et de la critique de la société actuelle (mais de manière tellement bien vue que l'on oublie vite que c'est la mode en ce moment) dans une sorte de 2001 l'odyssée de l'espace sous acide.

Notons que le générique de fin emprunte aux grands courants artistiques de l'histoire de l'humanité et est un régal pour les yeux. Chaudement recommandé.

dimanche 27 juillet 2008

Scully et Mulder tombent à l'eau,qu'est-ce qui reste?


1997. Kevin Nivek est le chef de la sécurité du Président des USA. Lors d’une visite officielle du chef d’état dans un complexe militaire un commando s’infiltre dans le dit complexe mais avant d’avoir pu accomplir leur mission, ils sont stoppés par « l’ombre » une redoutable tueuse au service d’une organisation secrète. Cependant ces derniers avaient enclenchés un mécanisme explosif avant de se faire liquider.On retrouvera un corps étrange dans les décombres. Le président s’en sors indemne mais Nivek est viré : il fallait un bouc émissaire. Nivek décide donc d’enquêter sur le pourquoi du comment en commençant par interroger sa petite amie Melly,qui pratiqua l’autopsie du corps humanoïde trouvé dans les restes de la base militaire. Mais bien vite le corps et Melly disparaissent.

Le chant des Stryges c’est un peu le meilleur de X-files en BD. Une intrigue mêlant action, aventure et suspens sur fond de complot. Eric Corbeyran livre d’ailleurs jusqu’à présent ses meilleurs scénarios car il semble savoir où il va, au contraire de certaines autres de ses séries qui se terminaient en eau de boudin (Le territoire, pour ne citer qu’une d’entre elles). Découpée en « saisons » de 6 chapitres chacune (dont la 2ème arrive bientôt à son terme), la série ne ménage pas les lecteurs grâces à des rebondissements bien vus et surtout par des questions qui ne trouvent des réponses qu’à la fin d’un cycle. Ce qui diffère de X-files, son modèle assumé, car des réponses claires et précises on en attend encore de cette série.

Le dessin de Richard Guerineau est réaliste, rythmé et se prête parfaitement à l’ambiance glauque et noire de la BD. Cependant à partir du volume 5 la colorisation passe d’une couleur à la main à celle par infographie. Même si cette dernière est loin d’être honteuse,cela crée une légère coupure dans l’ambiance de la série,la rendant de fait un peu plus légère.

Le principal défaut de la série vient de son rythme de publication : un album de 44 pages par an ce n’est pas une torture mais presque. Tant le suspens entre chaque album est insoutenable. Que se soit dans l’intrigue principale de la saison ou dans les subplots{notamment le triangle amoureux Kevin-L’Ombre(dont on apprendra le vrai nom en cours de saison 2)- Melly} tout est savamment orchestré pour mettre nos nerfs à rude épreuves. Reste à espérer que la fin de la saison soit à la hauteur du reste de la série et que Corbeyran ne nous fasse pas du Corbeyran comme à son habitude pour résoudre l’intrigue,mais je ne m’inquiète pas trop : cette série a déjà montré qu’elle était son exception confirmant la règle.

mercredi 23 juillet 2008

A Dark Victory.

Dès les premières minutes de "The dark knight" le ton est donné. Le film sera violent, dur, implacable. Autant que l'adversaire de Batman,j'ai nommé le Joker. Le décès prématuré de Heath Ledger risque par ailleurs d'amplifier le sentiment d'avoir assisté à une prestation qui cache le film. Et ça serait manqué le film lui-même que de ne retenir que la performance,remarquable au demeurant, de Ledger. Là ou Batman Begins était surtout intéressant pour la psyché de Bruce Wayne et se terminait en excellent film d'action mais un peu linéaire,The Dark Knight se paye le luxe d'un scénario très bien construit,complexe et retord. Passant sans anicroches du thriller au drame en n'oubliant pas des séquences d'actions qui n'ont plus rien de brouillon par rapport à certaines scènes du premier opus.

Christian Bale incarne toujours avec justesse le justicier de Gotham en se battant la nuit et en jouant les play-boy insouciant le jour (certaines de ses apparitions en play-boy surjoué sont par ailleurs bien rafraîchissantes dans l'ambiance sombre du film). Maggie Gyllenhaal remplace au pied levé Katie Holmes et le rôle prend soudain une ampleur bien plus dramatique. Le reste du casting est au diapason,en particulier Aaron Eckart qui campe un Harvey Dent des plus crédible dans sa chute vers Harvey Pile-ou-Face.


Depuis un an la pègre est sous pression. Batman leur mène la vie dure et la police même corrompue fait son boulot. Le nouveau procureur est un fonceur dont la popularité à Gotham éclipse celle de l'homme chauve-souris. Il est le meilleur d'entre eux en somme. Mais l'anarchie va pointer le bout de son nez en la personne d'un psychopathe clownesque défiguré: le Joker.



Ce dernier est un ennemi bien plus intéressant que Ra's al Ghul dans Batman Begins. Ra's voulait détruire Gotham,le Joker lui veut faire bien pire: lui "voler son ame". En faire un monde sans règles ni lois (un no man's land ??? ;) pour les fans du comics) . Et il a un plan bien huilé pour ça.

Je ne rentrerai pas dans les détails pour ne pas gâcher la surprise des spectateurs. mais sachez que tout est bien agencé,de l'apparition du batpod (la batmoto en vf) aux autres gadgets dont un en particulier fait très SF mais renforce le coté chauve-souris de Batman en métaphorant sur le sonar des chauves-souris,un peu comme Daredevil chez Marvel.

Le film se fini comme il a commencé: dramatiquement. Rendant d'ors et déjà le prochain opus diablement excitant. Seul bémol:la longueur du film est un peu excessive,10 minutes de moins n'auraient pas fait de tort mais je ne ferai pas la fine bouche. Et je retournerai le voir d'ici peu..peut-être autant de fois que Batman Begins,que j'ai vu 6 fois au cinéma et d'innombrables fois depuis en DVD.







jeudi 17 juillet 2008

Wanted

Wesley Gibson n'est personne,il a job de merde dans une boîte sans nom. Sa boss le harcèle,sa copine le trompe...avec son meilleur ami. Et Wesley fait semblant de ne rien voir et encaisse tout pour ne pas avoir de drame dans sa vie. Jusqu'au jour où il rencontre Fox.

Ce pitch peut sembler familier. Il peut vous rappeler celui d'un excellent comics nommé Wanted aussi. Mais la comparaison s'arrêtte là. Aucun super-vilains ne dirigent le monde dans cette version. Aucun super-héros n' a jamais existé non plus. Alors adaptation ou film original vogant sur un illustre nom pour avoir un beau succés commercial? Un peu des deux sans doute. Certaines scènes et situations proviennent bien du comics de Millar et Jones mais le reste est clairement éloigné.Cela n'en fait pas un mauvais film pour autant. Au contraire. C'est un peu (la comparaison est facile certes) Matrix dans le monde réel,tout le monde a les mêmes aptitudes,les gun fights sont originaux (on aurait aimé voir ça dans matrix reloaded et revolutions).Attention je suis un fervent défenseur des Matrix mais les deux derniers volets furent avares en gun fights inventifs au profit de longues batailles de kung-fu parfois à la limite de l'indigeste.



Ici les aptitudes sont exploitées à fond,que ça soit avec des flingues,des couteaux ou même les voitures. Certes le scénar n'est pas des plus recherché mais il se tient suffisemment bien et les rebondissements n'étants pas ceux du comics on se laisse avoir par l'histoire. On regrettera cependant certaines pistes narratives inexploitées (comme les multiples tatouages de Fox).


Pas un chef-d'oeuvre certainement mais un excellent divertissement non-débilisant aux diverses influences(une scène en particulier m'a même fait penser à La tour sombre de Stephen King).




Sans compter la musique de Danny Elfman toujours aussi bon dans ce qu'il compose.