vendredi 23 janvier 2009

Du LSD sur LCD.


5 ans après avoir conclu leur trilogie Matrix (et 2 ans après avoir signé le scénario de l’adaptation de V pour Vendetta),les frères Wachowski quittent les ambiances sombres pour le monde du flashy avec Speed Racer,l’adaptation d’un dessin animé japonais devenu culte aux USA.

En s’attaquant à leur premier film pour la famille les frangins signent là une œuvre bâtarde et simplette dont les quelques lignes sérieuses du scénario ne sauvent pas d’une bêtise dont on les croyait incapable.


Speed Racer a la course dans le sang. Son père fabrique des bolides surpuissants et son frère Rex est un pilote hors pair…mais lorsque ce dernier meurt dans un rallye pour ne pas avoir succombé à la pègre, le monde de Speed bascule. Devenu le plus jeune pilote prodige, il résiste lui aussi aux magouilles et avec l’aide de Racer X il va tenter de faire tomber les escrocs qui polluent le monde des Grand Prix.

Bon,ça aurait pu être un bon film si les Wacho n’avait pas succombé à la facilité et si Joel Silver leur producteur adoré avait su les tenir un peu en laisse. Certes on assiste à des scènes montées brillamment (sont loin d’êtres manchots) mais à trop partir dans les délires visuels et les clins d’œil au monde des mangas et des animes japonais et bien on remercie la génétique de ne pas vous avoir fait épileptique (quant aux épileptiques en question,pour votre bien éloignez vous de ce film,vous risqueriez la crise mortelle).

Noyés dans un déluge d’effets spéciaux tous très cheap et souvent ratés-entendez par là que ça se voit mais à mort- (quoique que cela est sans doute voulu ils sont par conséquent réussis, paradoxale non ?) les acteurs ont peu de place pour jouer…ce qui est dommage avec un casting comprenant l’acteur montant Emile Hirsh (into the wild,the girl next door),John Goodman,Susan Sarandon,Christina Ricci (dont on espère que c’est une perruque qu’elle a sur la tête ) et Mathew Fox (Jack dans « Lost »).
Les quelques traits d’humour font mouches par contre,comme quoi tout ne peux être pourris au royaume des Wacho. Sans compter quelques idées visuelles qui même si elle ne sont pas révolutionnaires prouvent qu’ils ont encore des chances de réaliser quelque chose de bluffant dans le futur.

Néanmoins,si l’on met son cerveau sur « OFF » le spectacle visuel est de toute beauté (oui c’est kitsh et cheap mais c’est beau) et l’inventivité dans les armes embraquées sur les bolides est bien fun (encore une fois à conditions expresse d’éteindre son encéphale). Mais à force d’en faire trop (des circuits irréalistes,des véhicules défiant toutes lois de la gravité au point que même Néo ne pourrait en faire autant et un manque d’enjeux dramatiques) les frères risquent de perdre le peu de fans qu’ils leur restaient depuis Matrix Reloaded (qui fut conspué injustement mais j’y reviendrais sans doute un jour). Speed Racer c'est un peu l'anti-thèse de de la course de Pod dans Star Wars épisode I: La menace Fantôme: George Lucas n'en faisait pas assez et bien ici c'est tout le contraire!!











Un film à regarder mais pas à voir finalement (encore paradoxale,je me demande si les frangins ont voulu qu’on se triture le cerveau sans que l’on s’en rende compte cette fois-ci…).

lundi 19 janvier 2009

C'est la guerre!



Le gouvernement Terrien vient d’entrer en Guerre contre la CIC la compagnie de colonisation des autres planètes. En effet, un étrange phénomène baptisé « Mur » est apparu et divise le système solaire, coupant les colonies de l’influence de la Terre. L’histoire suit les membres de l’escadrie Purgatory qui est composée essentiellement de membres ayant un passif judiciaire. Ce sont eux qui vont entrer en premier dans le Mur et découvrir ce qu’il est : un trou de ver dont la rétractation ou la dilatation déplace ce qu’il contient dans l’espace-temps. Mais ce n’est là qu’un effet secondaire, la vraie fonction du trou de ver est la destruction pure et simple…et la Terre en est la cible. Utilisant un créneau d’heure restreint suite à un voyage dans le temps qui les a ramenés quelques heures en arrière ,l’escadrie va tenter de sauver le monde. Plus complexe qu’il n’y parait,Universal War One est le gros œuvre de Denis Bajram. Il combine habilement space opera et voyage spatio-temporel le tout saupoudré d’action et de suspense. Si vous accrochez au premier tome il vous faudra être fort pour ne pas succomber à l’envie d’acquérir au plus vite les 5 autres volumes et de la dévorer aussitôt achetés.




Au fil des pages la tragédie planétaire qui se joue défile devant nos yeux mais Bajram nous conte également les tragédies personnelles des protagonistes qui les ont poussés vers l’armée Terrienne. Car la force de cette histoire c’est également la psyché des héros qui est bien fouillée et évite ainsi le manichéisme.

Un récit maitrisé de bout en bout servi par des dessins remarquables ,que demandez de plus ??

lundi 12 janvier 2009

Bordel of God !

Jesse Custer est révérend dans un bled paumé du Texas. Et par un beau dimanche matin, alors que son église est pleine à craquer (pour une fois que ça arrive) ,sa vie va changer…Mais revenons un peu en arrière. Au Paradis c’est la panique, Génésis s’est évadé. Génésis est le fruit (béni de vos entrailles) de l’union entre un séraphin et une démone. Cet être d’un genre nouveau pourrait rivaliser avec Dieu le paternel si elle se trouvait une conscience...et devinez où elle va aller la chercher ? Bref Jesse Custer est touché par la « grâce » mais au moment de l’impact toutes ses ouailles se retrouvent réduites en bouillies, alléluia mes frères.
Cherchant à comprendre ce qui sest passé, il se retrouve bientôt avec des emmerdes de la taille l’Empire State Building aux fesses. Les anges ont réveillé le Saint des Tueurs pour l’envoyer ad patres, sa mémé le cherche et le Graal, une organisation qui gère la lignée divine depuis des temps immémoriaux et dirige le monde en secret, lui en veut.
En cours de route il apprend également qu’à la naissance de Génésis, Dieu a démissionné de son poste ,effrayé par le pouvoir de Génésis. En quittant le paradis, Dieu est coupable aux yeux de Jesse d’abandonner les hommes. S’en est trop,il décide de ramener le Seigneur sur le trône du Ciel même si il doit le ramener par la peau du cul pour ça. Dans sa folle aventure il sera rejoint par Tulip,son ex-petite amie devenue tueuse à gages (il y a une raison à ses deux états) et Cassidy un « sympathique » vampire irlandais (qui n'est pas tout à fait décrit comme le vampire basique que l'on rencontre habituellement,ça change)...et par le pouvoir divin de Génésis à savoir la « voix de Dieu » : tous ceux qui entendent Jesse Custer doivent lui obéir. Un don assez pratique pour se tirer d’affaires délicates.




























Vous l’aurez compris,Preacher est une série assez barée,plus irrévérencieuse et dialoguée qu’un film de Tarantino et le langage châtié que j’emploie depuis le début de cet article n’est que de la pisse de chaton en comparaison de ce qui vous attend dans cet œuvre qui aurait été mise à l’index depuis un bout de temps si ce foutu révérend avait été un putain de cureton de campagne(Notons que le fameux Da Vinci Code est bel et bien à l'index,sacré Vatican và). On doit le scénario de cette série savoureuse à Garth Ennis, scénariste irlandais (pourquoi les British sont meilleurs scénaristes que les ricains en matière de comics ? Mystère mais c’est un fait quand on voit Neil Gaiman,Warren Ellis,Mark Millar ,Alan Moore etc…) et les dessins sont de Steve Dillon (bref pas la tasse de thé de tout le monde car il est réputé pour toujours dessiné le même visage mais tant pis cette série est une bombe quand même). Les couvertures sont elles signées Glenn Fabry dont le style réaliste et trash convient parfaitement à ce road-movie divin qui filera des crises cardiaques à tous les fidèles fanatiques de la crucifixion.Il est fort probable d'ailleurs que le film "Dogma" de Kevin Smith ait été fortement influencé par "Preacher".
On retrouvera ensuite Ennis et Dillon sur la série consacrée au Punisher,le justicier expéditif de Marvel avec un résultat moins bon scénaristiquement mais tout aussi jouissif quant au plaisir coupable qu’il procure à la lecture.

Votre maire veille !

Mitchell Hundred est le maire de New-York. Mais avant cela il a été le premier et le seul super-héros de la ville (et du monde). Un étrange accident lui a conféré le pouvoir de parler aux machines, des plus simples à mécanisme aux plus complexes. Avec l’aide de Kremlin et de Bradbury, ses seuls amis à connaitre son secret, il s’est lancé dans la lutte contre le crime sous le nom un brin ridicule de « L’Illustre Machine ». Avec ses pouvoirs il a également sauvé l’une des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001. Voulant vraiment faire bouger les choses il se présente en tant que candidat indépendant à la mairie de la ville qui ne dort jamais.



Bien que la série soit surtout axée sur la politique et tous ses coups tordus (la série télé « A la Maison Blanche » n’est pas loin) elle se penche aussi par flashbacks interposés sur les exploits costumés de Hundred et de ses combats contre son « Lex Luthor » : Jack Pherson, qui est plus souvent évoqué que vu dans la série . Et ce pour mieux nous surprendre quand le sujet est abordé de manière directe dans le tome 4 . Et comme l’ identité de Mitch est connue du grand public, ces flashbacks servent le récit sans le desservir au contraire de beaucoup d’épisodes de Lost par exemple. Lost qui s’est offert le scénariste de Ex-Machina : Brian K. Vaughan (déjà évoqué sur ce blog dans l’article sur le Tome 2 de la 8éme saison de Buffy contre les vampires).




Mitch Hundred fait donc de la politique sans se soucier de sa réélection. Il veut faire bouger les choses et la série aborde ainsi de nombreux sujets sensibles,de la dépénalisation de la marijuana à la guerre en Irak en passant par le mariage Gay. Tout est abordé et Hundred aborde tout. Il ne se dégonfle pas. Il n’est pas comme tous ses maires que l’on voit danser le long des golfes pas très clairs. Mais son impulsivité naturelle risque de lui jouer de vilains tours et le mystère sur les origines de ses pouvoirs (ainsi que ceux de sa némésis Jack Pherson) restent obscurs. Des rebondissements en perspectives à n’en pas douter nous attendent dans les prochains volumes de cette série ô combien recommandable et recommandée.








Aux dessins on trouve Tony Harris qui offre de bien belles planches mais dénuée de « vie »,se dernier s’inspirant de photos pour réaliser ses œuvres il n’est pas étonnant de trouver que les personnages soient figés,toutes impressions de mouvements étant absentes. Mais peu importe ce petit détail graphique qui se révèle peu agaçant car l’intrigue et les dialogues subliment les différents volumes de la série.


mardi 30 décembre 2008

Australia

7 ans après « Moulin Rouge »,Baz Luhrmann revient avec « Australia ». Loin d’un Pearl Harbor australien comme certaines bande-annonces de la Fox auraient voulu nous faire croire(l’attaque sur Darwin ne monopolise que 10 minutes du film), il s’agit ici d’une fresque épique divisée en trois temps distincts mais formant un tout bien homogène.




Le réalisateur voulait rendre hommage aux grands films des années 30 tout en parlant de l’histoire de son pays, en particulier le sort réservé aux aborigènes et aux métis issus de l’union avec des blancs. En effet les métis étaient enlevés par le gouvernement pour en faire des serviteurs pour les blancs. Une situation qui dura jusqu’aux années 70.




Lady Sarah Ashley,épouse de Lord Ashley part pour l’Australie rejoindre son mari qu’elle soupçonne de se servir de ses terres lointaines pour assouvir des vices adultérins loin de l’Angleterre. A son arrivée,elle est accueillie par Drover,un homme de confiance de son mari chargé de l’amener à Faraway Dows,le domaine de Lord Ashley. Mais à leur arrivée,ils découvrent Ashley mort,assassiné par un aborigène semble-t-il. Mais il s’agit sans doute qu’une querelle commerciale,notre bon Lord étant sur le point de briser le monopole du commerce de la viande bovine dans le pays. On se doute que Sarah aidée de Drover briseront ce monopole, tomberont amoureux et seront séparés pour mieux se retrouver. Car ici il s’agit bien d’utiliser les clichés du genre (jusqu’au happy end pourtant si peu présent chez Luhrmann) mais les clichés sont là pour servir l’histoire qui s’avère passionnante, prenante…et ce malgré plus de 2h30 films. Parce que même en nous servant du cliché,le réalisateur le fait avec parcimonie et on craint alors pour les héros de l’histoire.




Une histoire qui prend place dans des des paysages magnifiques à faire pâlir les décors africains et américains. La savane, les étendues sauvages et les canyons américains sont ici pulvérisés par l’Australie qui, avec la Nouvelle-Zélande , possède sans aucun doute les décors naturels les plus impressionnants. Les grands films Hollywoodiens devraient bientôt y tourner en extérieur et délaisser les studios qu’ils y ont construits.