mercredi 4 septembre 2013

Batman : Vengeance Oblige !

DC Comics a lancé la collection Earth One ( Terre-1) qui consiste a reprendre depuis le début un super-héros dans des histoires déconnectées de la continuité et dans un format bien loin des comics puisqu’il s’agit de grands albums types européens avec une pagination importante, bref des graphic novels comme le veut l’expression. Après Superman en Juin (pile à temps pour la sortie de Man of Steel dis donc, le hasard fait bien les choses ), c’est au tour de l’homme chauve-souris de profiter de l’initiative.
C’est Geoff Johns qui se charge d’écrire et c’est Gary Frank qui assure (comme une bête) les dessins.

Thomas Wayne, héritier d’une des familles ayant fondé Gotham City et propriétaire d’une compagnie d’ingénierie médicale, se présente à la mairie de la ville. Sa femme, Martha Wayne-Arkham est sa directrice de campagne. Ayant reçu des menaces de mort, Thomas, pour rassure sa chère et tendre, rappelle l’un de ses amis de l’armée, Alfred Pennyworth. Le soir de l’arrivée d’Alfred, la famille Wayne cède à l’une de ses habitudes, une sortie en famille et en famille seulement, au cinéma. En sortant de la salle, la famille Wayne est assassinée par un voyou sous les yeux de leur fils unique : Bruce. Convaincu que l’adversaire politique de son père, Oswald « Le Pingouin » Cobblepot est derrière cet acte odieux, Bruce décide de se venger…

Il y a , à mon sens, une différence entre une réinterprétation et une réécriture. La réinterprétation conservera les bases supposées immuables et modernisera la vision des choses ou trouvera un angle inédit. La réécriture, elle, passera un coup de gomme sur certains aspects pour que l’écrivain fasse ce qu’il veut sans être embêté par des éléments qui nuirait à son inspiration. Personnellement, j’éprouve plus de respect pour la personne livrant une réinterprétation inédite que pour un auteur qui réécrit pour s’assurer une certaine facilité dans son travail. Malheureusement, Geoff Johns réécrit.

Johns, dont j’apprécie souvent le travail, que ce soit sur l’univers de Green Lantern  ou encore le récent Flahspoint , ne livre pas une mauvaise histoire. Mais il est surtout un auteur de blockbusters de bande-dessinée  peu subtil. Attaquons d’abord ce qui ne va pas avant de passer aux qualités de l’ensemble !

1° L’auteur change l’angle d’attaque de Bruce Wayne : la vengeance ! Batman n’agit pas par vengeance, ce n’est pas un justicier qui cherche à se sentir mieux en tabassant voire en assassinant les gens.

2° Le Batman présenté ici se lance dans sa quête en n’étant pas assez préparé ! Son entrainement physique et mental est à des lieues de ce qui a forgé Batman : que ce soit sous l’aile de Frank Miller, de Scott Snyder ou encore de Christopher Nolan dans les récents films, Bruce parcourt le monde pour apprendre comment combattre le crime. Johns nous livre un Bruce resté sur place et formé par un soldat efficace mais vieillissant : Alfred ! Faire d’Alfred un vétéran n’est pas une mauvaise idée en soi par contre, il a souvent été insinué que le majordome engagé par Thomas Wayne avait un passé chargé.

3° Et là ça risque d’en choquer plus d’un : James Gordon est un pleutre, un pourfendeur de nano-dangers. Un tel coup dans la légende, c’est très out of character. Trop !
Il y a des bases à respecter lorsqu’on s’attaque à un mythe et tant pis si elles sont trop restrictives pour l’imagination de l’auteur. S’il ne sait pas faire avec des thèmes imposés, qu’il laisse la place à un autre !

4° Geoff Johns a semble-t-il été puisé son inspiration autant dans les récits des comics mais aussi dans les films centrés sur le croisé masqué, ceux de Burton et de Nolan. Ce n’est pas un défaut en soit que de se baser sur ce qui a été fait concernant les diverses versions du point de départ de Bruce Wayne, presque chaque auteur qui tente l’exercice a emmagasiné les travaux précédents, c’est la preuve de l’intérêt qu’ils portent au personnage.
Ainsi, Le Pingouin maire de Gotham est une idée apparue dans Batman Returns (Batman : le défi ). Gotham est une ville pourrie, à la Police corrompue. Que le maire soit un être aussi abject que Le Pingouin est un passage de palier supérieur mais logique. Le souci, c’est ce qu’il a pris à Nolan.
Christopher Nolan utilise une imagerie réaliste pour raconter une histoire totalement irréaliste. Johns lui, passe à côté de cet aspect et tente d’être super-réaliste (au détriment du côté super-héros du coup) et va même jusqu’à emprunter quelques lignes de dialogues du film Batman Begins !




Et enfin, difficile de penser que Bruce Wayne est sain d’esprit. Je suis le premier à admettre que cet homme a un problème , une chauve-souris au plafond…et une grosse ! En faire le descendant, par sa mère, d’une famille d’azimutés est un procédé tellement peu subtil que j’hésite encore entre la consternation et la franche rigolade.

Néanmoins, tout ceci est disséminé dans un récit assez bien foutu et plaisant qui ne rentrera pas dans les annales pour avoir révolutionné le genre mais qui se laisse lire. L’intrigue prend parfois des détours inattendus (quoique très hard et sombre, comme ce serial-killer homme de main) et apportre quelques idées intéressantes (mais là encore manquant de subtilité) comme les jumeaux Dent : Harvey et Jessica. Le Futur double-face de cet univers sera peut-être un binôme ? On passera sur certaines facilités amenant Batman a interprété des indices qui auraient pu le mener n’importe où si on y réfléchit deux secondes.

Les dessins de Gary Frank sont très bons et dynamiques. Assez réalistes, ce qui est une bonne chose pour décrire l’état des rues de Gotham, ils bénéficient du talent du dessinateur en matière de story-telling, ce qui rend l’ensemble lisible facilement sans crainte de se perdre dans le sens de lecture des cases.
Batman Terre-Un est au final un bon petit moment de lecture à défaut d’être un bon Batman. Ce n’est qu’à la condition de ne pas s’attendre à voir évoluer une copie du Batman que l’on connaît que les défauts ne vous feront pas sortir de la lecture cependant. Vous voila prévenus !

lundi 2 septembre 2013

George Lemaître tourne et tourne encore, vite, une dynamo !

Et voila, nous y sommes. Le point de non-retour. Le moment où je signe mon suicide éditorial ! 
Comment ? En attaquant le « parfait », en critiquant l’incritiquable ! 
Mais décrété par qui, pour quoi ?

Aujourd’hui, perdu dans une foule à genoux et béate d’admiration, je me lève, je me tiens bien droit. 
Je me dépoussière un peu en frottant mes mains contre mes manches et ma paire de jeans. 
Je deviens un point noir dans un horizon qui semblait dégagé. 
La série The Big Bang Theory ne me fait plus rire ou sourire. 
La série The Big Bang Theory n’éveille en moi qu’envie de vomir, de hurler, de me révolter. 
Car la série The Big Bang Theory cultive et diffuse une mentalité pourrie, une branche putride de l’humour facile, celle de la moquerie. 
La championne du « rire avec les geeks » a révélé son vrai visage il y a déjà quelques temps, le visage de « rire des geeks ».

Je n’aime pas le terme « geek », je ne me revendique d’ailleurs pas de ce mot, insultant au demeurant.
Je ne le revendique pas, car je ne m’y reconnais pas. Tout comme je ne me reconnais en aucune des caricatures grossières véhiculées par ce show.

Pourtant, au début, tout allait bien. Une Lune de Miel ! Les blagues nécessitant un sacré bagages culturels me faisaient rire. Et quels bagages : comics, films, littérature, etc…si vous n’êtes pas sacrément calés, tout ça vous passe au dessus de la tête. Pourtant, le ver était dans le fruit depuis le tout début.

La série débute alors que Penny emménage devant l’appartement de Léonard et Sheldon, deux geeks de niveau mondial. Penny servira en fait au spectateur de point de repère « normal » ( je hais ce mot) dans un monde anormal. Si Léonard est le geeks le moins loufoque de la bande c’est à dessein : il faut que la ménagère palpite de voir une relation amoureuse s’esquisser dans la série et c’est impensable que cela arrive avec les monstres de foire.

Penny donc, la fille américaine normale ( et là franchement, avec le recul, j’aurai dû avoir peur tout de suite ) : maligne mais pas intelligente, superficielle, tout en maquillage et soutifs rembourrés, blonde évidemment ! Le ressort comique de la série est Sheldon Cooper, une personne tellement intelligente que les règles sociales et les interactions humaines lui sont inconnues car elles ne répondent à aucune logique ! Totalement déconnecté, son comportement est donc incongru et ses confrontations avec Penny, qui le remet toujours à sa place comme une bonne disciple de Brice de Nice , amusent. Amusaient.








L’aptitude de Penny à savoir casser les gens lui vient naturellement ( sous-entendu : l’américain normal se doit de remettre dans le rang les gens qui en sortent ? ) et elle se fait la main sur les deux autres amis de Léonard et Sheldon : Howard et Raj, le scientifique venu d’Inde. Si Léo et Sheldon ont un style vestimentaire un peu désuet pour leur âge ( ils sont fringués comme des ados…ils sont chercheurs universitaires et leurs collègues sont habillés de manières plus classiques ), Howard et Raj sortent tout droit des années 80 dans ce qu’il y a de plus effrayant dans ces mots ! ( à tel point que lorsque j’ai vu les premières images avant de regarder la série, je croyais sincèrement que celle-ci se déroulait dans les 80’s, une sorte de suite non-officielle à That’ 70’s Show ).

Howard et Raj ont du mal avec la gent féminine. Leur inaptitude à « conclure » est là encore un ressort comique de la série. Et joue peu ou prou sur le même registre d’inadaptation sociale, comme avec Sheldon. De là à dire que ces personnages sont redondants, il n’y a qu’un pas. Mais, petit à petit, tout ce petit monde va trouver chaussure à son pied.

Je théorise ici l’effet Penny : pour vivre en couple, tu dois renier ton moi profond ! Car je vous l’ai dit plus haut, le ver était dans le fruit dès le début. Ce ver, c’ était la belle Penny. Les personnages vont donc passer d’inadaptés à handicapés mentaux remis sur les rails par les gens « normaux » à la moindre sortie de route, que celle-ci soit énorme ou qu’elle consiste en un simple étalage culturel. C’est systématique ! C’est de la moquerie ! C’est de l’insulte ! Les ignorants font la morale , l’ordre social établi n’est pas sujet à des remises en cause et celui qui se permet une pensée originale est marginalisé, conspué, rabaissé ! 
C’est tout cela The Big Bang Theory !
C'est la négation de la différence de pensée, c'est la négation du droit d'être en harmonie avec soi-même, c'est la négation que la normalité n'existe pas ! 


samedi 31 août 2013

La Guerre Pacifique.

5 ans.
5 années que Guillermo del Toro n’avait plus sorti de film. Il y a des raisons, bien sûr. L’homme est connu pour multiplier les projets et ne pas avoir le temps de les mener jusqu’au bout : le plus récent étant Le Hobbit, qu’il devait réaliser et la faillite de la MGM et autres tuiles chronophages l’ont mené à quitter le projet pour ne pas rester coincé ad vitam (ça lui a quand même mis 3 ans dans les gencives mine de rien).


Et puis, un projet l’a attrapé et il a voulu le réaliser en priorité : Pacific Rim.

Un film hommage au cinéma japonais de monstres (kaiju movies) tels que Godzilla ou Gaméra et un hommage aux animes (prononcez « animés ») japonais toujours, comme Evangelion, Patlabor ou encore Gundam voire Goldorak à la rigueur !



Del Toro aime mélanger des univers pourtant pas vraiment cloisonnés quand on y pense. Dans Hellboy 2, il mixait le fantastique et la fantasy (les personnages de contes et les elfes), dans Le Labyrinthe de Pan et L’échine du diable il s’évertuait à faire cohabiter fantastique et drame enfantin sur fond de guerre civile espagnole,etc…










Mais il signe ici son premier vrai blockbuster. Son film le plus large, le plus épique…et surtout, surtout, le meilleur film de l’été ! Si si ! La vie alien n’est pas venue sur Terre depuis les étoiles. Non, elle est apparue dans l’Océan Pacifique, passant par « la faille », un portail entre deux dimensions. Et cette vie était grande, très grande. Pour combattre ces monstres venus d’ailleurs, le monde a mis ses ressources en commun pour mettre au point un programme de défense inédit :le programme Jaeger, deux pilotes reliés par leurs esprits dans le corps d’une machine de 2500 tonnes. (L’idée vous paraît bête ? Sachez qu’en fiction, aucune idée n’est bête : il y a juste le bon ou le mauvais traitement de celle-ci !). 
Mais le programme est un échec et le monde se tourne vers une nouvelle solution : bâtir un mur géant le long des côtes Pacifique. Mais le directeur du programme ne croit pas en l’obsolescence des Jaegers et décide de jouer le tout pour le tout !





On va évacuer directement les petites réserves et défauts du film : oui, le scénario est linéaire et convenu, certains clichés sont devenus des stéréotypes ( conflit d’égo sortis de Top Gun, le personnage japonais ultra-respectueux de la hiérarchie joué par la mimi Rinko Kikuchi, etc…) mais ces clichés éculés sont paradoxalement une belle force du film car ils permettent la création d’un rythme soutenu !

On notera aussi un beau concept de science-fiction dont les possibilités ne sont pas assez exploitées : la dérive. Pour piloter un Jaeger, il faut être deux. En effet, ces monstres d’aciers ne pouvaient pas être piloter de manières conventionnelles ( Goldorak c’est bien beau mais faut pas déconner non plus) : le robot se pilote par la pensée, mais la charge est trop forte pour un pilote, on en connecte donc deux entre eux qui vont , en dérive, partager leurs souvenirs et certaines de leurs pensées. Le film n’exploite pas assez cette idée car elle n’est pas au centre de l’intrigue…mais Del Toro, bien conscient de ça, a déjà exprimé que si suite il y a, la dérive serait exploitée ! Notons que dans Gundam, seuls les humaines génétiquement modifiés pour être plus intelligents et plus rapides sont capables de piloter des robots géants.

Pacific Rim est au fond un film militariste comme Aliens, Top Gun, etc…le terrain est balisé c’est donc au  niveau du décorum et de la mise en images qu’il faut aller pour ne pas avoir le sentiment d’avoir déjà vu le film. Et tout a été fait pour plaire. À commencer par une intro de 10 minutes en deux temps : la première partie nous narrant comment le monde a réagi face à l’invasion et la seconde en montrant le héros en action et poser les bases de son trauma. C’est carré, c’est ciselé, c’est d’une efficacité redoutable.

Les images ensuite : entre un directeur photo inspiré qui crée des images contrastées et très colorées et des décors et des costumes faits pour être mis en valeurs, c’est un régal pour les rétines. Les plans sont beaux en profiter sur grand écran c’est comme visiter une expo de peintures. Ensuite, les plans tournés par Del Toro ( qui shoote tout, pas de seconde équipe chez lui, il filme même les inserts, c’est vous dire ) sont longs, pas de montage épileptique du coup ! Il y a là une vraie générosité de la part du bonhomme qui a décidé d’en mettre plein la vue mais aussi de permettre de prendre mesure de cette débauche ! C’est pourquoi les combats ne sont pas expédiés à vitesse grand V comme dans Transformers par exemple : les robots et les kaijus pèsent des tonnes et leurs mouvements s’en ressentent, ils sont lourds et donc plus lents !

Ensuite, Del Toro s’intéresse surtout aux humains de son récit et à leur environnement. Leurs traumas sont vite expédiés mais ils sous-tendent toutes leurs interactions. Le climat politique mondial ensuite bien plus profond et pensé qu’on ne pourrait le croire : d’une mondialisation forcée face à un ennemi commun et dont on retrouve les traces assez facilement ( Kaiju est un mot japonais, Jaeger est allemand, les personnages, mêmes les américains, parlent plusieurs langues et pas les plus faciles.) on passe a un repli sur soi via l’image du mur qui représente le protectionnisme national (je survis et tant pis pour la gueule des autres) et l’exploitation par les états des plus faibles . Et il prend aussi en compte le regard de l’homme de la rue face à des menaces qu’il saisit mal ( ce que Man Of Steel, dans le même genre de destruction massive, ne faisait jamais ).
C’est en filigranes, mais c’est bel et bien là !




En même temps, j'ai prévenu que je la trouvais mimi comme tout !

Del Toro aborde ici de manières plus direct son obsession pour le travail de H.P Lovecraft (depuis des années il essaye de mettre sur pied une adaptation de Les montagnes hallucinées mais le film Prometheus , fort proche , a mis fin à son rêve). Si certaines allusions avaient déjà été perçues dans Hellboy, elles sont ici plus exploitées : la créature digne des grands anciens piégées dans une dimension parallèle dans Hellboy trouve un moyen de passer dans Pacific Rim, le look tentaculaire de certains kaijus renvoie au mythe de Cthulhu,etc…








Pacific Rim n’est donc pas une tentative de marcher sur les traces du succès de Transformers mais bien de rendre hommage à divers genres de films délaissés par la plupart des occidentaux.Guère étonnant que Legendary Pictures, le studio derrière Pacific Rim sorte l’an prochain un remake de Godzilla qui s’annonce bien différent que celui sorti en 1997 ! (et là je vais me faire occire mais il était pas si mauvais, juste balourd dans ses personnages et pas original : on lorgnait entre King Kong et Aliens).  Il est étonnant que Pacific Rim n’ait pas eu le succès escompté, la réaction des gens face au concept étant souvent dédaigneuse. Les mêmes personnes qui ne trouvent rien à redire à King Kong (un monstre géant attaque la ville) ou Transformers ( des robots géants sauvent le monde).







Pacific Rim est LE meilleur film de cet été . Et oui, un bon traitement d’une idée, une véritable envie de faire plaisir et de se faire plaisir font que le film de Guillermo Del Toro permet de prendre un pied terrible. Ah, et restez pendant le générique, vous pourriez avoir des surprises !

lundi 29 juillet 2013

Le bleu est une couleur chaude.

Retour aujoud’hui sur la bande-dessinée qui a « librement inspiré » (c’est marqué sur le sticker ornant l’album ) la dernière palme d’or au festival de Cannes : La vie d’Adèle. Drôle de titre, aucune Adèle ne joue un rôle dans cette histoire, je commence à comprendre (et à craindre ) le « librement inspiré ».

Emma visite la maison de Clém’ ,sa compagne , qui vient de mourir. La mère de Clémentine lui donne accès à l’ancienne chambre de sa fille où se trouvent les journaux intimes de la jeune femme.
Au travers de ces journaux, Emma va redécouvrir un pan de la vie et des sentiments de la fille de 15 ans qu’était Clémentine jusqu’au dénouement inéluctable annoncé dès les premières pages.

Le bleu est une couleur chaude…difficile au premier abord de donner raison à ce titre. Les séquences « dans le présent » sont certes colorisées mais il fait sombre, il fait gris, c’est le Nord. Les flash-backs sont en noir & blanc (enfin, plutôt beige et brun foncé) et seule la chevelure d’Emma, bleue, ressort durant la lecture. 
Un bleu effacé mais bien présent. Mais pas chaud. Il est le reflet d’un bleu à l’âme qui hante Clémentine. Le bleu est la couleur de la mélancolie. Le dessin n’a rien d’exceptionnel, il est agréable mais un peu vide dans ses décors.




Le scénario n’a rien d’exceptionnel non plus, c’est une histoire d’amour somme toute assez simple dans un contexte qui ne doit pas l’être quand on est ado : celui de l’homosexualité. La narratrice commence son récit à 15 ans, est-ce pour cela qu’une certaine naïveté, touchante au demeurant, transpire du texte ? 
Loin des clichés habituels sur les lesbiennes on retrouve plutôt les clichés sur les parents (certains sont ouverts à mort, d’autres fermés comme c’est pas possible…enfin si, le pire c’est que c’est possible . Je parle ici du cliché d’opposer les deux visions alors que je suppose que dans la vrai vie, ce n’est pas forcément un schéma récurrent.).

La caractérisation de la marginalisation de la différence en milieu scolaire, elle, me semble juste et peut-être même adoucie, le but de la BD ne semble pas d’être un catalogue des violences verbales pu physiques que les homos peuvent subir, on ne ressent jamais un quelconque côté militant : c’est appréciable de ne pas lire un texte qui vous dit quoi penser sur le sujet.

La force du récit réside dans sa simplicité. C’est une histoire d’amour. Point ! Avec un décorum précis et peu connu (les statistiques parlent, il y a plus d’hétéros que d’homos et à moins d’être un télépathe, on ne peut connaître complètement la situation des gens et ce qu’ils vivent) mais c’est tout .  
Les sentiments des personnages sont souvent intériorisés, leurs réactions souvent retenues ( ce qui tranche avec certains extraits hystériques au possible de l’adaptation cinéma ).

On aurait pu penser que faire mourir le personnage principal dès le début était un effet narratif éculé mais au final, c’est peut-être grâce à cet artifice pathos facile que le récit glisse vers le nœud de l’histoire : les sentiments. 
Profonds , les sentiments. 
Être amoureux n’oblitère pas les autres aspects de la vie ni les autre sentiments. Et c’est là que le souvenir nostalgique d’une couleur qui marqua Clémentine donne tout son sens au titre. Parce que l’amour réciproque et partagé réchauffe, échauffe. Le bleu est une couleur chaude depuis le début, il fallait arriver à la fin pour le voir.


Le bleu est une couleur chaude est un récit simple, certains diront simplistes (et ils auront peut-être même raison ) mais qui touche juste malgré la naïveté adolescente de la narration et quelques dialogues allant trop vite à l’essentiel et semblant trop littéraires pour sonner vrai .
Mais jamais on ne s’ennuie au fil des 156 pages , jamais on ne décroche de sa lecture. Une œuvre belle, pas aussi bouleversante qu’elle devrait l’être ( depuis Love Story on est immunisé aux effets d’une histoire qui commence par la mort de l’amour d’une vie mais cela s’explique peut-être du fait qu’il s’agit d’une première œuvre ?)  mais attachante ,très attachante. Vivement conseillé !

jeudi 18 juillet 2013

Culture en pagaille.

Wouhou !
Ce cri, assimilable à la joie intense mais aussi à l’une des expressions favorites d’Homer Simpson, est ici inscrit parce que l’article que vous êtes sur le point de lire est le 400me publié sur ce blog. Je dois humblement admettre que je n’avais pas d’idée précise pour cet événement. Devais-je marquer le coup ? Devais-je juste écrire un article de fond et non une simple critique . Je tergiversais.

Et puis, j’ai demandé l’avis de certains lecteurs sur la page Facebook de ce blog. Et une amie qui m’est chère m’a proposé ceci ( je vous livre le tout in texto ) : « Et pourquoi pas "la culture en pagaille" au sens littéral ? »
Vaste sujet ? Sans doute. Et puis , donner le nom du blog à un article, cela peut sembler un brin arrogant…c’est surtout une idée brillante. Que je vais ici prendre à rebrousse-poil ! ( Du coup, le premier qui dira que Geoffrey est un homme plein de surprises…et bien aura raison ! )

Impossible d’attaquer l’ensemble de la culture sans écrire 678 essais de plusieurs milliers de pages chacun, ça serait le bordel …la pagaille ! Mais il y a, en jouant sur les mots, ce qui me sera sans doute pardonné ( oui, il m’arrive d’être présomptueux) ,bel et bien moyen de parler de «  Culture en Pagaille » : une idée toute simple en fait. Faire le « making-of » de ce blog…Autant le dire tout de suite : si peu vous chaut mes états d’âme ou mes motivations, vous allez vous faire chier comme des rats morts ! Quoique…je n’ai pas exclu de faire de l’humour non plus.

Bien,vous êtes encore là ? Venez pas dire que je ne vous ai pas prévenu que ça pourrait vous emmerder à mort !

Si c'est pour faire cette tête-là, fuyez pauvres fous !!!

Commençons par le plus simple : pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que je refusais de me limiter à un seul secteur culturel : certains parlent de livres, d’autres de films, etc…je voulais parler de tous les aspects culturels qui me plaisent et des coups de cœur ou de gueule présents dans ces sujets. D’où la pagaille du blog qui en suit, aucune autre ligne directrice que celle de parler de ce que je veux, quand je veux, sans restriction.

Et la culture, qu’est-elle pour moi ? Je pourrais sans doute vous balancer des définitions toutes faites venues de certains dictionnaires généraux ou bien en rapports avec certains domaines d’études. J’irai au plus simple : elle est affaire de choix. Personne ne peut emmagasiner toute la (les) culture(s) du monde. Il y a un éventail presque infini dans lequel, selon nos sensibilités et nos curiosités, nous irons piocher. Et il se trouve que la part culturel qui m’intéresse est composée du cinéma, de la musique, de la lecture, du théâtre, de l’histoire, des histoires, de l’archéologie, des mythologies, etc…et à l’intérieur-même de ces catégories, d’autres choix ! Certes, il existe des bases communes , parmi lesquelles la langue ( dans une population donnée ) ou certains phénomènes d’ampleur populaire ( tout le monde connaît Star Wars, Superman ou Le Petit Prince).Aucune curiosité ne peut être absolue et une personne cultivée ne sera pas l’autre en raison de ses choix culturels. Nous pouvons avoir les mêmes bases et pourtant se retrouver totalement à l’opposé des goûts des autres.

Et au travers de ce blog, je pense que mon affirmation trouve un écho favorable : ce sont mes choix culturels que j’ai ici chroniqués (et plus tard, parce que ma plume a été repérée, j’ai aussi eu la chance d’avoir à écrire sur des sujets imposés sur le site blurayactu.com ).

Ça n’étonnera sans doute personne, c’est le cinéma qui a été l’un des déclencheurs de ma soif d’aventures à travers divers média. Qui eux-mêmes, par leurs références affichées ou non, m’ont poussé à m’ouvrir à d’autres choses. Pour le curieux, un simple artefact culturel est une poupée russe ! Et ma curiosité (qui ne sera jamais un vilain défaut ! ) est comparable à celle d’un jeune de chat !  ( ce qui n’est pas le seul trait de caractère que je partage avec ce bel et fier animal ). Cependant, il a fallu des années pour que je devienne cinéphile : la lecture était mon plus grand passe-temps (et niveau chronophagie, c’est peut-être encore lui qui gagne ).

Bon, où j’en étais moi ? Ah oui ! Donc, l’envie de parler sur les choses que j’aime, je l’ai depuis un bail. L’envie d’écrire dessus, c’est plus récent. Et aucunement motivé, au départ, par le bien commun. Il s’agissait de flatter mon égo  blessé. En effet, lors d’une conversation sur un réseau social fort connu et qui a servi de décor à un film de David Fincher, j’ai , un peu, étalé ma science de la citation obscure pour impressionner une jeune demoiselle loin d’être en détresse. Ce à quoi, un ami que nous appellerons Pierrot ( domicilié à ********) pour garantir son anonymat, lui fit remarquer que j’étais tout bonnement incapable d’écrire mes propres textes…Ouch ! Ça fait mal. Il me fallait laver l’affront ! Et impressionner la dame ? Ah ah je ne répondrai à cette question qu’en présence de mon avocat !

Pas ce genre d'avocat ! Vous le faites exprès ou quoi ? 

Au début, mes textes étaient assez petits, pauvres en style…je pense m’être amélioré très vite mais je confesse qu’il m’a fallu choper le truc. Vous pouvez vérifier, les premiers articles n’étaient pas très bien écrits ou structurés (euh, à la réflexion, n’allez pas vérifier, PLEASE !!!!! Allez quoi, je vous enverrai un « Mon chéri »…euh, non, plutôt un demi ! )

Je ne me souviens pas des premiers chocs littéraires qui ont frappé ma petite tête. Je me souviens par contre du choc des images. J’avais un peu moins de 4 ans quand je suis entré dans une salle de cinéma la première fois. C’était dans un cinéma qui n’existe plus maintenant : le Marignan ( ah, vous le sentez le syndrome « poupée gigogne »  maintenant ? ). C’était pour assister à la projection du film de Disney « Le Livre de La Jungle ». Ma réaction devant la toile géante au fond de la salle : «  Quelle grande télévision ! » . Ah, innocente jeunesse…

Un truc que j'ai pas compris. Pourquoi Sherkan ne gagne-t-il pas à la fin ? J'aime quand les gros chats gagnent à la fin...

Le second, ça a été quelques années plus tard. Lors d’une soirée organisée par mes parents, un film passait à la télévision. Impossible donc que je le regarde devant tout le monde, ça n’aurait pas été tr ès poli. Ma mère l’enregistra donc…et le regarda avec moi le lendemain ou le surlendemain. Vous vous souvenez de la première fois que vous avez vu Star Wars vous ? Moi oui ! Je me souviens  même des publicités enregistrées et se situant avant le film tellement j’ai usé cette casette vidéo ( et c’ était l’époque ou des speakerines présentaient encore le film de la soirée, toute une époque). Il y a des chocs dont on ne se remet jamais !

Si je suis sorti des chemins balisés en lecture, c’est parce que Star Wars m’avait donné soif. Soif de nouveautés, Tintin sur la lune ne m’avait jamais fait rêver. Quand on a fait le tour de ce que tout le monde connaît ( et paradoxalement, tout le monde connait Star Wars ) il ne nous reste plus qu’à tenter l’inconnu (ou du moins, le moins connu). Et de fil en aiguille, de train en train, de port en port, jamais encore je te le jure je n’avais oublié ton…je m’égare ! Bref, vous pouvez remercier George Lucas, c’est un peu grâce à lui que je vous fais part de mes vaticinations de manière si fréquente !
Allez, tous en chœur : Merci George !!! … Tsss, vous pourriez y mettre du votre un peu quand même….



Donc, tout ça c’était pour établir un semblant de contexte historique. Si nous rentrions dans des détails plus techniques maintenant ? Je vous rassure , ça ne sera pas aussi long que la pavé que vous venez d’avaler !

Premièrement, vous avez sans doute remarqué que l’adresse web du blog ne correspond pas au titre. C’est que, un brin gaffeur, j’ai d’abord créé le blog avec la bonne adresse…avant de faire une fausse manipulation. J’ai bien tenté de recréer l’adresse correcte mais le site m’a chanté pendant une bonne heure que «  cette adresse est déjà utilisée » bla bla bla et patati et papata…j’ai donc du créer un plan B, une solution de replis. Aujourd’hui encore, si vous tendez l’oreille, vous pouvez entendre le vent porter mon cri de désespoir
« POUR KE WAAAA ???? »

Ah ça pour crier en chœur « Merci George » y a personne mais pour tenter de capter ma détresse, ça y a du monde hein !!!!! Vous ne me méritez pas….

Bon, je suis magnanime et d’une grande clémence, je continue donc ma petite histoire sans fin. Tel le fin stratège Parménion, tel un Lancelot lancé dans la quête du Graal ou un John Rambo perdu en Afghanistan, je n’ai pas qu’une seule méthode pour écrire.
Parfois, je me laisse porter sans vrai travail structuré avant de me lancer, on y va et on voit bien ce qui en sort ( en général, j’ai un verre ou deux dans le nez ou un rail de coke dans le même organe), parfois, je prends des notes ( par écrit quand je lis ou mentalement quand je regarde un film ou une série et j’articule ça à l’avance, parfois même pendant la séance ) et d’autre fois, quand j’ai un soucis, je la joue comme les scénaristes des anciens James Bond qui déterminaient les scènes d’actions avant de les inclure dans le scénario qu’ils allaient écrire : j’accumule donc mon iconographie et j’essaye de trouver du liant pour tout ça. Vous imaginez pas comme ça peut aider et le résultat est souvent très bon ( et non, je ne vous dirai pas quels articles ont bénéficié de ce traitement, à vous de le découvrir ! ).

Voila, je pense avoir fait le tour du propriétaire de «  Culture en pagaille ». J’espère que vous avez apprécié le voyage durant 400 articles. Vous en reprendrez bien 400 autres  ?

mardi 16 juillet 2013

Suce moi ça !

En 2011, Panini éditait les deux premiers volumes de la série American Vampire. Lorsque cette «  maison d’édition » a perdu les droits du catalogue DC Comics, c’est l’éditeur Urban Comics qui a repris les commandes. Urban n’a pas souhaité continuer directement dans la lancée de Panini et a opté pour l’édition,sous le titre American Vamprie Legacy, de deux mini-séries dérivées suivant les aventures de Felicia Book.

Hors, voici qu’Urban relance enfin la série mère en sortant les trois premiers tomes ( dont les deux premiers correspondent à ceux édités par Panini ).

Il aurait été, à mon avis, plus avisé de ne pas séparer l’univers de cette série en deux titres. En effet, American Vampire Legacy 1 se déroulait en 1941 et le tome 2 dans les années 50.
Le tome 3 d’American Vampire tout court se déroule en 1943. Tout rapatrier sous le même titre et dans l'ordre chronologique était plus logique à mon sens. Reste que séparer série-mère et spin-off l'est tout autant.

Bon, passée cette petite remarque, que dire sur le retour en fanfare de Skinner Swett et de Pearl Jones son « enfant de la nuit » ? Que c’est encore du tout bon !

Cela fait maintenant 18 ans que Pearl Jones a été transformée par Skinner Sweet en vampire américain. Elle est la seconde de son espèce, une espèce plus forte et plus résistante que le vampire le plus commun, le carpatique ! Pearl ne souffre pas de voir le soleil se lever le matin mais reste dépendante du sang humain. Un sang que lui fournit son mari, Henry. Mais Henry vieillit et commence à se sentir inutile. C’est à ce moment que l’organisation anti-vampire « Les vassaux de Vénus » le contacte pour qu’ils prennent part à une mission de l’armée dans le Pacifique.




Encore une fois, Scott Snyder, le scénariste ( entre autres choses de Batman et Swamp Thing ), joue avec son concept de revivre l’histoire de l’Amérique Moderne ( de la fin du XIX jusqu’au la fin du XX si tout se passe bien ) en suivant une jeune vampire. Ici , la guerre contre le Japon va lui permettre d’introduire une nouvelle espèce de suceur de sang dans son arbre de l’évolution des espèces. Car l’idée la plus brillante de Snyder est bien celle-ci : les vampires ont évolués au fil des âges et ce foisonnement d’espèce lui permet non seulement de faire cohabiter les diverses variantes du mythe mais aussi de jongler avec leurs représentations : personnes de tous les jours, aristocrates dégénérés ou purs monstres comme dans ce tome.

Snyder n’en oublie pas de faire vivre ses personnages, de faire évoluer leur relations et d’explorer leur psyché. À ce titre, l’épisode centré purement et simplement sur Skinner Sweet nous éclaire encore un peu plus sur son passé et sur pourquoi il aurait « sauvé » la vie de Pearl en la transformant. Depuis le début, ce salopard de première offre bien plus que ce qu’il présente au monde et son côté monstrueux est finalement très…humain.




Les dessins de Rafael Albuquerque sont d’une force viscérale. Son trait anguleux est d’une grande efficacité et tranche dans le lard des personnages soumis à de rudes épreuves. Enfin, ce tome se trouvent être charnière puisqu'il  vient redistribuer certaines cartes dans l’intrigue ! Vivement octobre pour le tome 4 !

mercredi 26 juin 2013

Lisons un peu dans notre Forteresse de Solitude.

En novembre dernier, sortait un énorme bouquin ( grand fortmat, 300 pages ) sur les coulisses de la trilogie que Christopher Nolan a consacré à Batman.
Pour la sortie au cinéma de Man of Steel, point de délais et c’est donc quelques jours après son apparition dans les salles obscurs que sort Man of steel : Dans l’univers légendaire de Superman.

Bon, on va pas tourner autour du pot trop longtemps sinon on risque de ne pas manger la confiture : ce making-of livresque n’est pas aussi fouillé, pas aussi soigné que celui consacré aux travaux de Christopher Nolan. Il s’agirait plutôt d’un bel art-book amélioré.

Car visuellement, ça claque. Des centaines de dessins préparatoires, de concepts ( avortés ou non ) sont présentés . La recherche et la réflexion autour de l’architecture, de la faune et de la flore de Krypton sont présentées.
Même la langue et l’alphabet ont fait l’objet d’idées avancées ( on se demandé dès lors pourquoi TOUS les aliens parlent anglais). La méthode de travail de James Cameron pour créer la planète Pandora dans Avatar est ici appliquée au monde d’origine de Superman ( pour un temps de présence réduit, fatalement ) et il est intéressant de lire les processus qui ont conduit à l’élaboration de tout ceci.

Pareil en ce qui concerne la partie terrienne de la chose qui consistait à trouver des endroits typiquement américain sans jamais tomber dans la caricature facile de l’imagerie des petites et grandes villes. On regrettera qu’aucun mot n’ait été écrit sur la conception musicale et sonore par contre.




Non, là où le bas blesse, c’est au niveau des anecdotes de tournages. On en sait finalement très peu sur cet aspect très important. Contrairement au livre sur Nolan qui détaillait pourquoi-ci, pourquoi ça, celui-ci survole la chose. Et c’est bien dommage, on aurait aimé faire plus qu’effleurer la surface. La couverture est par contre superbement ouvragée et évoque l'aspect cote de maille du costume de Superman dans le film, le symbole en S est en relief et donne envie de le tripoter ( non, ce n'est pas sale) pendant des heures.

Et si  40€ pour un beau livre est sans doute un prix assez commun pour ce type d’ouvrage, il n’en reste pas moins que le même prix pour le livre sur Batman ( chez le même éditeur, Huginn & Munnin ) nous donnait accès à presque le double de page, dans un format plus grand. C’est dommageable car les « making-of » écrits publiés chez eux jusque là (Alien, la trilogie TDK) était épais et super intéressants.

La traduction est en partie de Ed Tourriol, traducteur de comics, et elle est de qualité. Mais on notera une ou deux erreurs factuelles qui me semblent être des soucis de traduction, comme lorsque Superman est confondu avec le Dr Manhattan…dans la bouche de Zack Snyder.

Ce livre n’en reste pas moins une pépite visuelle explorant tout l’aspect créatif et donne donc un éclairage intéressant et clair sur les divers processus de création d’un univers nouveau et entier qui parlera à tous. La pertinence cinéphilique est par contre trop absente pour les obsédés ( comme moi ) de tournage et de mise en scène.

Les art-books consacrés aux derniers films de Zack Snyder, Watchmen et Sucker Punch, outre-Atlantique, ont l’air plus fouillés ( 70 pages environ de plus ) et malheureusement, n’ont jamais fait l’objet d’une traduction dans nos contrées.

 C'est déja une autre épaisseur.