samedi 28 juin 2014

Transformers : l'âge d'une bande de cons.

Michael Bay retrouve ses robots transformistes après l'interlude Pain & Gain.

Changement de statu quo et de casting pour relancer une saga qui avait fait le tour de son sujet dès le premier film ( oui, j'ai bien aimé le troisième mais j'assume mon propos ) à tel point que la mythologie autour des films ne cesse de s'enrichir et de se décharner en même temps, tant chaque nouvel élément vient contredire ce qui fut mis en place précédemment.
Mais commençons par le commencement voulez-vous ?

Je dois vous prévenir d'entrée de jeu car désormais j'emploie la méthode Game of Thrones : le matériel de base servant de matière première à certaines adaptations étant disponible depuis des lustres, je ne considère pas que je peux vous spoiler mais juste mettre en lumière le manque d'intérêt que vous pouviez porter à la chose avant que ça ne devienne à la mode (je ne vous juge pas). Vous avez eu des années pour vous mettre à jour et si vous ne l'avez pas fait, et bien c'est dommage mais c'est votre problème, pas le mien ( sauf si vous étiez dans le coma, auquel cas je vous demande de m'excuser).

5 ans ont passé depuis la bataille de Chicago.
Les autobots ne sont plus alliés des USA et les decepticons restants sont pourchassés par la C.I.A qui en profitent pour également poursuivre les autobots et revendre leurs carcasses à une société cherchant à créer une nouvelle révolution technologique ( oui, ils singent Apple et ce jusque dans la calvitie de Steve Jobs ).

Le chef de ce programme de la C.I.A s'est allié ( on ne nous dira pas comment ) avec un alien transformers d'un genre inhabituel et dont les ambitions, floues et contradictoires,rappellent par moment un Brainiac du pauvre (pour savoir qui est Brainiac, cliquez ici ).
Cade Yeager, mécanicien en robotique has-been , répare et revend des tas de vieilleries pour subvenir à ses besoins et ceux de sa fille , Tessa. Un jour, il rachète un vieux camion pour le retaper en tirer ce qu'il peut. Il découvre vite qu'il est tombé sur Optimus Prime. Et dès ce moment, sa vie et celle de sa fille vont être changées.




Bon alors, le premier tiers du film se tient : la présentation des situations et des nouveaux personnages est rapide, il y a de l'action, de l'humour pas trop lourd ( Mark Whalberg a un comportement protecteur envers sa fille qui rappelle celui de Bruce Willis dans Armageddon du même Bay ) et voir des gentils se faire descendre comme des chiens donne un petit pincement au cœur. Et puis voila. Les deux autres tiers alignent les 3 L : long, lent et lourd.

Long, même avec un rythme adéquat, vos fesses l'auraient senti passé : le film dure 2H45.
Lent : malgré une action presque non-stop, comme l'empathie pour les personnages n'existe pas ( au choix : des dialogues affligeants qui donnent envie qu'ils la ferment ou se fassent buter pour qu'ils la ferment, une caractérisation  des personnages proche de celle d'un porno des années 80,etc…) et bien on s'en fout de ce qui peut bien se passer à l'écran et on finit par risquer de s'endormir, seuls les bruits et les explosions parviennent à tenir vos yeux ouverts.
Lourd : les situations WTF s’enchaînent à vitesse grand V, les personnages (dont certains sont des génies parait-il) se révèlent plus cons que mes pieds ( ouh la la, Galvatron est un méchant, comment est-ce possible quand les pièces d'origine proviennent de Megatron, le salaud ultime de l'univers ? En plus, avec un nom pareil. Moi aussi je me demande comment ça a pu merder dans les grands largeurs ce projet…).


"Je comprends pas pourquoi mon Optimus Prime 2.0 ressemble tant à Megatron alors que j'ai bossé depuis le cadavre de ce dernier pour mettre au point mon prototype. Franchement, je ne pige pas." Steve Jobs 2.0

Alors, non, tout n'est pas à jeter, il y a quelques bonnes idées dans ce foutoir sans nom : l'action est souvent filmée à niveau d'homme , on voit des humains chassés par d'autres humains ou des humains peu lâchés par la caméra pendant que des géants/dieux se mettent sur la tronche comme des bourrins sans éducation.
L'idée de prendre une technologie alien pour en l'améliorer en en faisant un produit déclinable est aussi bien vue et dans l'air du temps (on ne fait que ça de nos jours : améliorer ce que l'on a : il n'y a plus de rupture technologique depuis un moment) et  il y a même parfois une recherche, minime mais réelle pour donner un nom cohérent au produit : on s'inspire de Bumblebee, le bourdon, pour créer Stinger, le dard. Mais c'est tout et c'est peu.

Un couteau pour Transformes (donc de la taille d'une épée pour humain) se transforme bien pratiquement en fusil d'assaut avec une gâchette calibrée pour l'homme. Du très grand art.

L'amélioration et le modèle de base. Sans être un bobo-hipster désespérant (oui, vous avez repéré un pléonasme), je préfère le vintage sur ce coup-ci.

Les facilités d'écritures et de scénarios sont du pur foutage de gueule : Optimus se répare tout seul en scannant un  nouveau camion (et obtient donc un nouveau look quand il prend une forme humanoïde, logique) alors qu'il semblait juste avant ça que le remettre en état demanderait un sacré travail boulot. Et là boum, c'est magique.
Les autobots qui se cachent, comme BumbleBee, ont un nouveau look niveau véhicule mais une fois sur deux jambes, Bee est toujours le même (illogique et ce depuis le premier film où son look n'a jamais changé quand il marche d'ailleurs. C'est d'une cohérence dans l'illogisme qui confine au génie).
Même Steve Jablonsky, qui avait signé la musique des trois premiers volets, n'arrive plus à limiter les dégâts,signant la pire B.O de la saga : sans âme ni saveur.



Mais surtout, surtout…on retrouve encore la marque de fabrique de tous les films depuis Revenge of the fallen : envoyer chier la mythologie du premier film.
Dans Transformers, on nous expliquait que, et je cite : Avant le début des temps , il y avait "le cube". Personne ne sait d'ou il vient, seulement qu'il détient le pouvoir de créer des mondes et de leurs donner vie.
Ce fameux cube a crée Cybertron, la planète des transformers et lorsque la guerre entre autobots et decepticons a éclaté, le cube a disparu.  C'est la base de tout le premier film : Megatron, le leader decepticons, a retrouvé la trace du cube sur Terre, a été piégé dans les glaces de l'ère glaciaire etc…
Dans le second volet, on nous explique que Megatron n'est pas le leader, c'est un séide du Fallen.
Dans le troisième volet, on nous balance que Mégatron venait sur Terre pour rencontrer Sentinel Prime et mettre au point un plan pour amener cybertron sur Terre pour forcer les humains à devenir esclaves de leur race et reconstruire Cybertron comme des petites fourmis serviles.
Et dans ce volet, on vient nous balancer que "les créateurs de Tout" viennent reprendre leurs créations.
Attends, c'est pas LE CUBE le créateur de tout ? Parce que c'est ce que croit Optimus dans le premier et il semble avoir oublié ce détail dans ce volet (la fin est explicite ! ).
Même le titre est un mensonge puisque la seule extinction dont on vous montrera quelques images, est celle des dinosaures. Des gros dinosaures bien faux qui sont une insulte à ceux de Jurassic Park et de The Lost World ( qui ont respectivement 21 et 17 ans au compteur nom de dieu ! ).

Bref, la saga Transformers repose sur du vent, un vent qui souffle dans la direction qu'il faut aux scénaristes car ils sont incapables d'écrire dans les limites établies par eux-mêmes, et ce film est le film de trop.

lundi 23 juin 2014

Le jour sans fin le plus long.

Adaptation d'un roman japonais lui-même décliné en manga nommé All you need is kill, Edge of Tomorrow est le film de SF que personne ne semblait attendre. À tel point qu'il est en train de se prendre une sévère branlée au box-office alors qu'il ne le mérite absolument pas. Pire, Warner Bros, le studio qui l'a produit a maintenant tellement peur de la SF au cinéma qu'il a décalé la sortie de Jupiter Ascending, le prochain film des réalisateurs de Matrix, le faisant passer de Juillet à Février pour être certain de ne pas avoir une mauvaise année fiscale. Ambiance….

Le monde est assailli par une pluie de météorites et très vite, d'étranges créatures surnommées mimics se répandant sur la surface du globe. Toute l'Europe est aux pattes des envahisseurs. Toute ? Non, une île résiste encore et toujours ; l'Angleterre.
Le sergent William Cage est un planqué : porte parole de l'armée Américaine, il exhorte depuis des années les gens à se porter volontaire dans une guerre contre la menace alien. Il survit loin du front et en est fier.
Du jour au lendemain, il est envoyé au front et meurt dans les premières minutes de l'assaut, juste après avoir réussi à tuer un mimic étrange. Cage se réveille alors la veille de la mission et il ne tarde pas à comprendre qu'il est coincé dans une boucle temporelle : renaissant à chaque mort, il va peu à peu apprendre sur le tas comment devenir une machine de guerre et peut-être sauver l'humanité.

Dire que l'on attendait plus rien de Doug Liman est un doux euphémisme. L'homme a lancé la saga Jason Bourne au cinéma et s'est ensuite perdu dans des productions peu emballantes, à l'image du désastreux Jumper.
Et là soudain, l'état de grâce. La réalisation, si elle n'a rien d'originale, est nerveuse, musclée. Les phases de relâchement, pour le personnage comme pour les spectateurs, ne sont pas tirées en longueur. Le montage joue à fond du potentiel de l'histoire et l'overdose de répétitions n'est jamais atteinte tant on alterne entre allitérations qui se suivent ou ellipses qui nous font comprendre que le personnage a vécu des choses que l'on ne nous a pas montrées pour ne pas alourdir le récit.
Les acteurs principaux sont très bons : Tom Cruise, en pleutre presque content de son sort avant d'être envoyé à l'abattoir est étonnant et casse son image de sauveur imbattable ( forcé qu'il est de s'entraîner pour le devenir ) , Emily Blunt , en combattante très humaine mais aussi très froide et méthodique quand il le faut vient confirmer qu'il est grand temps qu'elle explose au cinéma !







Les niveaux de références sont aussi bien trouvés : c'est une sorte de Seconde Guerre Mondiale 2.0 qui se déroule : l'assaut final lancé d'Angleterre, le débarquement en Normandie, l'Europe infestée d'un ennemi monstrueux pris en tenaille sur deux fronts, etc…tellement évidement et ancré dans l'inconscient collectif que la plupart des spectateurs ne feront pas le rapprochement.
On a ensuite une lecture plus militaire : finalement, à la guerre comme à l'entrainement, toutes les journées se ressemblent pour un soldat. Le concept est juste poussé plus loin puisque la même journée se répète pour le sergent Cage. Sa solitude est touchante : il a beau tissé des liens avec certaines personnes, dont Rita, le personnage incarné par Blunt, il est condamné à se souvenir de moments que ses "amis" ne peuvent connaître. Il voit inexorablement ses camarades mourir encore et encore et encore. L'histoire d'amour qui se construit est vraiment traitée de manière subtile et poignante (combien de fois pouvez-vous voir l'amour de votre vie se faire abattre avant de péter un boulon ?).
On pense aussi aux jeux vidéos dans ce qu'ils ont de plus ludiques : tu commences un niveau, tu meurs, tu recommences en évitant les pièges que tu as vus la première fois, etc…




Edge of tomorrow est un excellent film de science-fiction/action, peut-être le meilleur de Tom Cruise dans ce genre depuis Minority Report et assurément quelques coudées au dessus de Oblivion sorti il y a un presque un an. Et il ne mérite pas de se faire snober de la sorte ! Courez en salle, il faut sauver le soldat Cage !


lundi 9 juin 2014

Cœur de Silence.

Silence (ou Hush, en V.O) est un adversaire particulièrement récent dans le bestiaire de Batman.Un adversaire assez intime puisqu'il s'agit de l'ami d'enfance de Bruce Wayne. Thomas Elliot , brillant médecin issu d'une famille riche est aussi jaloux de Bruce Wayne qui a eu la chance de voir ses parents mourir et ne plus l'importuner. Battu après avoir mis au point un plan audacieux et cruel, il est de retour.

Il faut placer cette histoire dans son contexte. La série "Batman", écrite par Grant Morrison vient d'entrer dans l'arc narratif R.I.P lorsque Paul Dini, scénariste de "Detective Comics" se lance dans la rédaction de cette histoire. Silence revient à Gotham pour tuer son meilleur ennemi avant l'organisation du Gant Noir ( celle derrière R.I.P).

Adepte des plans tordus, Silence va trouver le point de pression idéal pour agir sur Bruce ET Batman. S'en prendre à Selina Kyle.



Palpitant. Voila le mot pour résumer cette petite saga en six parties.
Paul Dini connaît son bat-verse sur le bout des doigts et joue avec les petits apports qu'il a lui-même mis en place (les flashbacks sont savoureux dès lors qu'on connaît le run de l'auteur sur Batman, run qui devrait être prochainement disponible en intégralité chez Urban Comics, joie).  Dini joue avec la tension du lecteur et de Batman et nous montre un chevalier noir prêt à presque tout.

Sans se lancer dans de grands discours introspectifs, juste en montrant les actions de Batman, le lecteur est amené à comprendre, si jamais il en doutait vraiment, que Selina Kyle est la femme de la vie de Bruce Wayne et qu'il pourrait franchir quelques lignes morales s'il venait à lui arriver malheur, voir pire.
Le dessinateur Dustin Nguyen (personnellement, un de mes préférés ayant travaillé sur la chauve-souris gothamite) offre des planches pleines de punch : son découpage de l'action est aux petits oignons et les ambiances entre ombre et lumière sont à la limite de la perfection ( le maître de ce genre reste bien entendu Mike Mignola).




Cœur de Silence est un récit réussi, mené tambour battant sans pour autant zappé les relations entre les personnages et est l'occasion de  nous montrer un Batman à sang chaud, plus meurtri et impliqué que d'habitude.

jeudi 22 mai 2014

Quelle ère est-il ?

14 ans.
La franchise X-men au cinéma a 14 ans.
Mine de rien, cela fait donc 14 ans que les super-héros ont pris possession de nos salles de ciné.
Oh certes, on a vu Superman et Batman débarquer bien avant, mais l'engouement pour le genre n'a pas été de leur fait.

Après quelques errements ( X-men : l'affrontement final et X-men Origins : Wolverine) la franchise avait besoin de sang frais : c'est pourquoi Bryan Singer, le réalisateur des deux premiers épisodes de la saga a mis en place son come-back. Mais, lié par contrat à la Warner ( à qui il devait encore un film, Jack et le haricot magique, dont je le soupçonne de l'avoir sciemment bâclé pour être vite tranquille et se venger gentiment de ne pas avoir pu continuer son histoire de Superman entamée avec Superman returns), il laisse les commandes à son ami Matthew Vaughn et devient simplement producteur.
X-Men First Class débarque et donne un second souffle à la franchise en s'intéressant aux événements qui ont fait se rencontrer Chales Xavier et Erik Lensherr.

Lors de la sortie de First Class, Matthew Vaughn parlait de ses plans pour la suite, en particulier de lier la "balle magique" de l'affaire JFK à Magneto. Mais, comme un effet de miroir, Vaughn doit quitter le projet pour raisons privées (en vérité, il part réaliser l'adaptation de Secret Service, un comics scénarisé par son pote Mark Millar, le créateur de Kick-Ass). Singer, producteur, négocie son retour en tant de réalisateur et décide de prendre un chemin fou et risqué : lier les deux sagas.

Days of future past est avant tout un arc narratif de la série Uncanny X-men paru dans les années 80 ( deux ans avant Terminator, James Cameron n'a jamais caché son amour des comics).
Dans un avenir sombre, les mutants sont parqués ou éradiqués. Rachel Summers (fille de Cyclope et Jean Grey), renvoie l'esprit de Kitty Pride dans son jeune corps pour empêcher le meurtre du sénateur Kelly, point de départ de la traque aux mutants.



Cette saga, retentissante pour l'époque avait été adaptée dans le dessin animé des années 90 (et se servait du mutant Bishop en lieu et place de Kitty).

Cette nouvelle adaptation voit cette fois-ci Wolverine remonter le temps et débarquer dans son jeune corps.
Le résultat est …ébouriffant, stimulant, bandant ! Bryan Singer a encore augmenté son niveau de jeu technique et se paye donc le luxe d'écraser son propre X-men 2, souvent considéré comme le meilleur de la saga. En une scène, mettant en scène un mutant capable de super-vitesse, il démontre un savoir faire qui renvoie sa scène d'ouverture avec Diablo/Nightcrawler dans X2 pour une bagatelle à la portée de n'importe qui.


Des doutes sur Quicksilver ? Vous n'en aurez plus après ça. 

Je parlais d'un jeu de miroir plus haut dans les situations qui ont amené Vaughn et Singer a réaliser les derniers épisodes. Ce jeu de miroir est aussi bien présent dans le film en lui-même.
La scène d'ouverture d'abord. X-men s'ouvrait sur l'horreur des camps de concentration nazis.
Days of future past s'ouvre sur les campes de concentration que l'humanité a mis en place contre les mutants et ceux qui les aident. Mais le jeu de miroir ne se limite pas à citer la saga, il est aussi présent dans le film.
Le futur est froid et sombre et se déroule uniquement de nuit ( Terminator citait X-men, X-men citera donc Terminator. L'art se nourrit et s'influence de lui-même tout en se démarquant et se diversifiant ) quand le passé, les années 70, est baigné de soleil et de couleurs. Les héros du futur sont tous des soldats en uniformes, les héros du passé sont en habits civils,Wolverine est doublé à l'adamentium dans le futur, ses os n'en sont pas recouverts dans le passé (n'ayez crainte, il tranche toujours aussi facilement dans le lard) ,etc…Tout résulte d'une réflexion sur la réflexion (ouuuh, je vous sens perdus d'un coup).


Les thématiques du film sont nombreuses et variées. Les thématiques sociales sont un fondement de la saga : la fin d'une guerre (celle du Vietnam) servant de point de départ à une nouvelle (contre les mutants), la frilosité et la peur du changement des sociétés, l'acceptation (ou non) des personnes différentes ou en sous-nombres ( les mutants ce sont les noirs qui se battent pour leurs droits civiques, ce sont les juifs qu'on extermine, les musulmans qu'on conspue, les gays que l'on tabasse). Même les théories quantiques sur le temps sont abordées. Le script est riche mais jamais lourd.

L'enjeu du film empêche tout relâchement, à peine sent-on que le deuxième acte est plus lent, car il remet l'échiquier en place, avant le troisième et dernier acte d'une redoutable efficacité narrative. Rien n'est à jeter, que ce soit dans la réalisation, soignée, la photo ou le montage. L'écriture est sérieuse sans oublier le fun ( on rit souvent mais sans tomber dans le rire moqueur : il ne s'agit pas de ridiculiser les héros, il s'agit , pour eux comme pour nous, de relâcher un peu de pression et de repartir au feu!).

Et au feu, on retrouve James McAvoy qui nous offre un Xavier bien différent de la première fois: désabusé, en proie au doute et limite junkie. Michael Fassbender confirme, si besoin était, tout le bien qu'on peut penser de lui : son personnage est encore une fois le plus intéressant et tire la couverture à lui à chaque apparition et ce même s'il n'est plus le personnage principal du film.
Hugh Jackman nous sert le même Wolverine que d'habitude (la recette n'a pas besoin de changer de toute façon) et Jennifer Lawrence offre autant de nuance à son personnage de Mystique que le pouvoir mutant de cette métamorphe.




Le film, jouant sur les retombées des voyages dans le temps ne va rien s'interdire et les surprises seront au rendez-vous. Enfin, ne partez pas avant la fin du générique, une scène post-générique est incluse et si elle pourrait être cryptique pour le néophyte, le fan de comics va pisser dans son pantalon.

Rendez-vous dans deux ans (si tout va bien) pour X-men : Apocalypse !

mercredi 30 avril 2014

Matrice Artistique.

Matrix a 15 ans cette année.
Pour marquer le coup, il se peut que quelques articles sur le sujet voient le jour ( ce n'est pas une promesse).
En attendant, aujourd'hui j'aimerais vous entretenir d'un ouvrage jamais traduit en français et qui revient sur les gros travaux qu'ont été les story-boards et le design de production.

À l'inverse de nombreux ouvrages estampillés " The art of..." et qui sont des making-of plus pu moins complets, les frères Wachowski ont gardé les éléments techniques pour les dvd's avec les disques de bonus Matrix Revisited (ensuite, chaque épisode a eu droit à son revisited).

The art of The Matrix est un beau livre d'art de presque 500 pages à 80% exclusivement graphique. Ne vous attendez pas à une études des mythes, symboles et autres aspects philosophiques et pop-culturels de la chose.

Les story-boards sont présentés par leurs dessinateurs respectifs pour faire un léger topo mais le tout ressemble presque à un comic book sans texte. Et quel comic-book. 


 On retiendra particulièrement les dessins de Steve Skroce, dessinateur de comics qui officia sur Amazing Spider-Man vers la fin des années 90 (j'ai d'ailleurs d'assez bons souvenirs des numéros qu'il a dessiné).



L'étude de ces dessins préliminaires permet d'avoir quelques surprises, comme des passages jamais filmé ( la poursuite entre Trinity est les agents, au début du film, devait être plus longue et comprendre une course poursuite sur le toit d'un métro aérien !!!). 

Les dessins de production sont signés Geof Darrow, lui aussi dessinateur de comics. Ses travaux sont bourrés de détails, à tels points qu'il a été impossible de tout mettre à l'écran, un vrai plaisir des yeux.






Au milieu de l'ouvrage, le script final (celui qui a servi pour le tournage) n'apporte pas grand-chose, si ce n'est quelques dialogues supplémentaires mais intéressants. 
Plus intéressants, des passages venus de versions antérieures du scénario sont présentés et ceux-ci abordent des sujets laissés de côté : comment gère-t-on sa vie une fois éveillé dans le monde réel alors que votre famille, vos amis et liaisons romantiques sont toujours connectées à la Matrice ? Et comment les agents s'en servent pour traquer les nouveaux adeptes de Morpheus. 
On en viendrait à regretter que ces passages aient été supprimés (un peu comme certains passages du projet originel de Avatar *).

Si vous n'êtes pas réfractaires à l'anglais et que Matrix est ou a été votre film de chevet, voila un bon moyen de passer derrière le miroir et d'essayer de choper le lapin blanc !

 *le film de James Cameron prévoyait au départ de se focaliser sur les dangers de natures insectoïdes de Pandora, avec des "guêpes" aux contours coupant comme des rasoirs. Mais aussi introduire le personnage d'une journaliste couvrant les actes des militaires et pestant de voir ses sujets censurés ainsi que le personnage d'un scientifique devenu fou après que son avatar ait été dévoré par des prédateurs durant de longues heures avant qu'il ne meure. Son esprit n'a pas supporté la charge et il hante les quartiers pénitentiaires depuis.

lundi 21 avril 2014

Fata Morwenna.

La belle collection Lunes d'encre nous revient avec Morwenna  ( Among other things, en V.O ) de Jo Walton.


Morwenna "Mori"  et sa sœur jumelle sont victimes d'un terrible accident : Mori est gravement blessée et une de ses jambes la fait atrocement souffrit tandis que sa sœur meurt. La mère des deux filles étant folle, Mori s'échappe et trouve finalement refuge chez son père (et les 3 sœurs de celui-ci ) qui la place dans une école où elle s'intègre mal mais où elle peut assouvir sa passion pour les écrits de SF et de Fantasy. Et parler aux fées aussi, et apprendre la magie, etc…
Cela lui sera utile pour se faire des amis, trouver un monde intérieur et combattre sa folle de mère (une sorcière) qui semble vouloir sa mort.

Devant la bonne presse faite à ce roman et les prix qu'il a amassé, il me faisait de l’œil depuis que les éditions Denoël avaient annoncé avoir remporté la timbale lors de l’acquisition des droits.
Sur le papier ( oui, jeu de mots) tous les éléments étaient réunis pour plaire.

"J'avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j'en ai."

Malheureusement le résultat final est loin de tenir les promesses et du pitch et du prestige des prix qu'il a reçu.

Présenté sous forme de journal intime, le roman ne se présente pas en chapitres mais en entrées de date.Une structure intéressante et relativement bien vue pour aider à vraiment entrer dans l'esprit de Mori. Néanmoins, une telle approche peut vite montrer ses limites tant son journal parle de tout et parfois seulement de l'intrigue principale.

C'est finalement le journal d'une fille traumatisée, déracinée et qui trouve du réconfort dans les romans (une foule, une multitude de romans. Les références frôlant même parfois le simple name dropping* ) qu'il nous est donné de lire. Les références de ces livres sont consultables en cliquant ici (attention, la liste est en anglais et certaines œuvres n'ont jamais été traduites dans nos vertes contrées).

L'intrigue avance lentement (détail qui ne pardonne pas quand le nombre de pages est relativement restreint) tant au niveau de sa vie qu'elle reconstruit peu à peu qu'au niveau de l'aspect fantastique de la chose, aspect finalement trèèèès diffus et sujet à caution ( la greffe a du mal à prendre chez moi,et je pense qu'elle hallucine, tout simplement, suite au décès de sa jumelle).

"Il y a des choses affreuses dans le monde, mais il y a aussi des livres magnifiques."

La vision du monde de Mori est souvent sans concession,elle a l'esprit rigide d'une ado qui, malgré son douloureux passé, ne connaît finalement pas grand chose de la vie et cela peut franchement agacer sauf lorsqu'on partage son avis.C'est aussi une critique bien vue du système scolaire aliénant, privilégiant l'obéissance et la bêtise humaine (le sport est parfois plus important que les points).
L'un de ses gros défauts est qu'il est une ode à la différence mais loupe le coche d'être une charge contre l'intolérance.
Le rendu des premiers émois sentimentaux et sexuels est bien écrit, entre pudeur féminine et adolescence impudique mais je n'étais sans doute pas le public visé pour ce roman.
Alors non, il ne s'agit pas d'un mauvais roman. Mais on a fait une montagne himalayenne d'un simple escalier (attention, un escalier style Vatican mais un escalier quand même).

Heureusement pour moi, les prochains romans à sortir dans la collection Lunes d'Encre sont plus ma tasse de thé.

* notons à ce sujet une drôle de chose : en page 29, Mori annonce avoir lu Futur Intérieur ( Christopher Priest, excellent roman annonçant mon préféré de cet auteur : Les extrêmes) et en page 304, cette dernière semble découvrir le titre et veut absolument le commander pour le lire.





















Heureusement que ces deux-là arrivent!

lundi 14 avril 2014

Bienvenue au Spider-Man Inférieur.

James Horner s'est fait virer après avoir composé la bande-originale du premier Amazing Spider-Man (le reboot inutile et profondément raté de la saga Spider-Man au cinéma).
Il fallait donc le remplacer, n'est-il pas ?

Mark Webb n'a aucune intégrité artistique et cède à tous les caprices des fans ayant descendu ses choix : le nouveau costume ne leur plait pas ?On le change!

L'actrice qui joue Mary-Jane dans le second opus ne leur plaît pas ? On la coupe au montage (et on l'annonce en grandes pompes dans la presse pour marquer le coup. Elle a du se sentir bien la pauvre)!

James Horner ne leur plaît pas ? On va chercher celui qui a dynamité les adaptations DC récentes sous l'égide de Christopher Nolan (aaah, la quête de caution artistique).

Hans Zimmer, contrairement à beaucoup de compositeurs à Hollywood, n'oublie jamais de remercier une personne dans les livrets de ses bandes-originales et ne cachent pas les auteurs de musiques additionnelles (l'académie des Oscars estime que la paternité d'une musique revient à celui ou celle qui a écrit 70% de l'œuvre. Là où beaucoup ont des "assistants" limite anonymes, Zimmer cite des noms et lance des carrières.). Hans Zimmer aime travailler au contact des gens et a lié des amitiés avec un nombre pas croyable de musiciens venus d'horizons très divers.

Puisque Spider-Man est un univers tout a fait étranger à son approche des super-héros, il a donc choisi de s'entourer pour créer une toute nouvelle approche. S'il est presque certain que les sessions d'écriture ont été stimulantes vu les protagonistes, difficile de trouver quelque chose de vaguement écoutable ici.

Hans Zimmer, mon compositeur préféré (je le rappelle avant qu'on ne m'accuse de partialité), et son équipe chient magistralement dans la colle et nous fourgue une B.O indigne d'eux : il y a plus d'idées dans deux têtes que dans une mais quand on est 7, il finit sans doute pas y avoir trop d'idées qui se superposent  et cela ne crée pas une dissonance artistique mais juste…du bruit. Le nouveau thème principal, loin des ambiances dépressives de Gotham City ( oui , ils ont pigé que Spidey est un héros solaire ) ressemble plus à un générique de JT américain qu'autre chose ( c'est la partie la moins ratée).

Reste une idée intéressante cependant : les vocalises ont toujours été un élément apprécié par Zimmer (tout le monde se souvient de son emploi de la voix de Lisa Gerrard dans Gladiator par exemple, les fans se souviendront qu'elle a aussi bossé sur quelques autres B.O de Zimmer après cela : M:I-2 , Tears of the Sun, King Arthur) , et l'élément vocal est ici employé d'une manière rappelant les chansons sans en être une : une voix masculine, presque étouffée, distille une ambiance sur de l'électro en ne se cachant pas derrière du latin ou un pseudo-langage mais de manière directe, en anglais, cherchant à créer une sorte d'aliénation audio. Intéressant donc et juste à demi-loupé.

Avec du LSD, l'écoute doit peut-être valoir le coup. Clean, c'est une torture auditive de tous les instants. Nul n'est à l'abri des casseroles, Zimmer en a déjà eu avant cela, mais celle-ci ne restera pas confidentielle.