vendredi 18 mars 2011

L'amour dans la peau.

Nouvelle adaptation d'un écrit de Philip K. Dick, "The adjustment bureau " (L'agence en VF, titre qui fait plus penser à la C.I.A qu'autre chose, mais bon, passons encore une fois sur la débilité de beaucoup de traductions) n'atteint pas le niveau d'un Minority Report ou d'un Blade Runner…et j'ai envie de dire " et alors ? "

Il nous arrive tous à un moment ou un autre de maudire le destin , de ne pas le comprendre. Que l'on y croit ou pas, cette notion est si encrée dans notre inconscient collectif qu'il est impossible de ne jamais se demander pourquoi certaines choses nous arrivent. De se demander si quelque part, quelqu'un ne tire pas certaines ficelles. David Norris ne se pose pas la question car David Norris sait, car David Norris les as vus. Ils sont déjà parmi nous : les agents du destin, les membres de l' adjustment bureau .

Jeune député briguant un mandat au sénat, David (Matt Damon) perd les élections. Ce soir-là il rencontre par hasard Elise ( Emily Blunt) . Elle chamboule David qui chamboule alors son discours de défaite. Et en chamboulant son discours, David s'assure de ne pas se faire oublier et de pouvoir repartir à l'assaut d'un mandat aux prochaines élections. Une rencontre avec une jeune femme crée une voie vers le succès politique. Un effet domino inattendu…un simple hasard ,vraiment ? Et qui sont ces hommes au look année 50 qui semblent le suivre de près ? Un jour David voit le revers de la réalité, il voit le réajustement que ces hommes font subir à certains. Au pied du mur, ils lui révèlent qui ils sont et les conséquences si il venait à divulguer leur existence. Mais pire que tout : ils lui interdisent de revoir Elise et font tout pour que ça n'arrive jamais. 3 ans plus tard, David n'a pas oublié Elise…et le hasard la remet sur son chemin. Dès lors il va devoir affronter une force implacable et aller contre " le plan ".

Aaaah l'amour. Ce sentiment qui nous pousse à nous dépasser. Le sujet a été maintes fois ressassé et n'a plus rien d'original. Le contexte par contre peut l'être. Et il l'est ici. Peut-être un peu trop. En effet, en ne dansant jamais uniquement sur le registre de la science-fiction pure, du fantastique ou du film d'amour, le film risque de ne pas trouver son public. Car le public en général aime pouvoir ranger un œuvre dans une catégorie précise (et je parle autant du public américain qu'européen, l'humain est ainsi fait!). Mais en soit, cela est plutôt rafraichissant de voir que le mélange des genres existe encore. Malheureusement, en mélangeant les genres il faut leur accorder à chacun de l'attention et celle portée par le scénariste-réalisateur au développement de l'histoire d'amour est un peu faible. Qu'importe les approximations des dialogues car l'embryon de sentiments qui émane de la réalisation est magnifié par la superbe musique de Thomas Newman ( Meet Joe Black, Road To Perdition, Finding Nemo,…) qui compense, et brillamment, sans trop en faire se que le réalisateur n'a su faire.


L'autre défaut à pointer du doigt est que le réalisateur n'a pas poussé plus loin sa réflexion sur certains concepts présents dans son film : la paranoïa d'être toujours surveillé n'est qu'esquissée, les réécritures du plan qui créent des bug (ou divers strates de réalité ? ), les effets domino quand le " Destin " se met en place, ou encore les portes qui mènent en des points précis et qui marchent en fonction du substrat du sol… mais un film ne durant pas 10 heures, il est impossible de voir ces concepts exploités à fond (mais les voir même un peu au cinoche vous arrachera des sourires de mômes). On notera aussi que la nature des agents n'est jamais révélée mais reste néanmoins fort ancrée dans le religieux même si chacun est libre de les voir comme il l'entend (extra-terrestres,anges, ou tout autre concept qui vous parle). Cependant, on peut les voir comme une métaphore de l’administration (métaphore à peine voilée quand on voit le fonctionnement interne de ce bureau ) et de son obsession pour que tout se passe sans accrocs ni états d'âme. Dans une société humaine,montrez de l'humanité dans la gestion est tout bonnement impensable voyons !

Au final, The adjustment bureau est un film un peu batard, un peu hybride…comme si K.Dick se distillait dans du Neil Gaiman qui ne se serait pas foulé. Mais son rythme, ses interprètes ( Matt Damon en tête…et on le comprend quand on voit Emily Blunt) transmettent une force qui fait qu'on ne s'ennuie pas une seconde et qui nous fait sortir de la salle avec cette envie soudaine et brute. Une envie de tomber amoureux.

lundi 14 mars 2011

Daredevil : 2 cornes, 1 polar. La période Brubaker.(4/5)

Ed Brubaker est un bon. Un solide scénariste qui manie les genres mais il en est un dans lequel il excelle : le polar ! Si sa science du dialogue n'égale pas celle de Bendis, il caractérise suffisamment ses personnages et mène rondement ses intrigues, ce qui compense. Au point où je peux difficilement dire si j'ai préféré la période Bendis ou la période Brubaker. Comme je le disais,Brubaker est un as dans le domaine du polar : que cela soit du polar pur jus comme dans sa série " Criminal " ou un peu plus super-héroïque comme " Sleeper" ou "Incognito" (toutes ces séries sont dessinées par Sean Philips, la fidélité envers certains dessinateurs est récurrente chez Brubaker et Daredevil ne fera pas exception!) ou encore la très bonne série " Gotham Central" qu'il faisait tourner en alternance avec le scénariste Greg Rucka. Pour Daredevil il va suivre la voie tracée par Bendis : faire de la vie du héros un enfer. Et avec l'aide de son compère Michael Lark au dessin,le plaisir des mots rejoint le plaisir des yeux.

Comme je l'ai dit précédemment, le style de Maleev est devenu le style de dessins de la série et puisque le nouveau scénariste continue sur la lancée ,il fallait donc un homme capable suivre le mouvement. Et un tel homme Brubaker en a un sous la main : Michael Lark. Pour écrire Daredevil,Brubaker a du abandonner les rues pourries de Gotham City…et il l'a fait en emportant son dessinateur ! Les deux hommes se connaissent donc bien et leur alchimie n'est plus à démontrer lorsqu'ils arrivent sur la série de tête à cornes ! Un plus indéniable qui fait démarrer les choses sous les meilleurs auspices !

La première mission de Brubaker et de Lark sera de faire sortir le diable de sa boîte. En effet,Matt est en prison et pour sortir il devra s'évader…en passant par la case "association contre-nature".Et ensuite,prouver qu'il était innocent! Il commence sa quête pour prouver son innocence en tentant de questionner un étrange personnage qui s'est fait passer pour Daredevil durant son incarcération ! Une fois cet écueil passé on pourrait penser que les choses s'améliorent, mais non ! Murdock va en baver de plus en plus et pas seulement lui, ses proches aussi et surtout sa femme ! Perturbé et ne sachant plus quoi faire ,Matt va commettre des erreurs de jugements et succomber à certaines tentations. Le héros a cessé d'être tout blanc il y a déjà plusieurs années et Brubaker nous le rappellera autant que Bendis ne l'avait déjà fait (et Brubaker a eu moins de numéros pour le faire). Comme un clin d'œil à ses fans, il fera appel à son complice Greg Rucka le temps d'un arc narratif pour l'aider dans l'écriture. L'arc " Cruel et inhabituel" donne une grande importance à une enquête menée par Dakota North, une détective privée qui travaille pour le cabinet " Nelson,Murdock et Blake ". C'est une ancienne de la C.I.A et elle a été engagée sur les recommandations de son amie Jessica Jones qui ne pouvait plus tenir ce rôle ( pour cause de polichinelle dans le tiroir).


Rucka a prouvé qu'il était très à l'aise dans l'écriture de personnages féminins forts sur Gotham Central en faisant de l'officier Montoya l'héroïne officieuse de ce comic book pourtant choral. Il était donc tout indiqué pour s'attaquer à Dakota North !

Vers la fin,Brubaker semble peu inspiré. Il crée le personnage de Lady Bulseye. Et une version féminine d'un personnage qui existe déjà ce n'est pas franchement original à la base. Pourtant Brubaker va l'utiliser de manière bien différente que si il s'était agi de remplacer Bulseye qui était indisponible puisque pris par d'autres scénaristes dans le cadre plus global du Marvelverse. C'est à l'occasion de l'arrivé de cette tueuse experte que Michael Lark est remplacé pour la première fois. Par Clay Mann qui s'en tire plus que bien et qui devient en un épisode un artiste à suivre.

Le temps d'un épisode, Clay Mann remplace Michael Lark. Pour le meilleur !


David Aja remplaçant Lark le temps d'un épisode centré sur Le Caïd.

Lark sera remplacé une seconde fois lors d'un épisode centré sur le Caïd, par David Aja (qui lui aussi a déjà travaillé pour Brubaker,sur Iron Fist!).Un épisode clé qui raconte la vie de rédemption de Wilson Fisk…une vie qui lui sera enlevée par l'organisation criminelle connue sous le nom de " La Main" ( et qui donc est à la base du clan des Foot dans les Tortues Ninja, comic qui se voulait comme une parodie des comics de l'époque où il fut créé, mais c'est une toute autre histoire!).La Main possède le don de réssusciter les gens mais ceux-reviennent à la vie comme adepte et serviteur de la Main (et certains alliés de Murdock vont être assassinés et raménés à la vie!!). Que veut La Main ? Se trouver un nouveau chef et elle met en place une sorte d'épreuve pour définir qui mérite de prendre sa tête. Que Daredevil, ennemi récurrent soit un candidat potentiel étonne, car jamais au grand jamais Murdock n'accepterait d'en prendre la tête…à moins que…comme je le disais plus haut : il lui arrive parfois de succomber à certaines tentations...


mercredi 9 mars 2011

Daredevil : 2 cornes, 1 polar. La période Bendis.(3/5)

À partir du numéro 26,c'est le tandem Brian Michael Bendis au scénario et Alex Maleev aux dessins qui reprend les rênes de la vie de l'homme sans peur. Et ce n'est pas peu dire qu'ils vont la mettre sans dessus dessous.

Bendis s'est fait connaître en scénarisant une série dérivée de Spawn : Sam et Twitch ou encore le thriller Torso inspiré d'une enquête menée par Eliott Ness. Il n'est donc pas étonnant qu'il plonge Daredevil dans un environnement proche du roman noir et du polar ( pour une analogie simpliste mais directe : comme Christopher Nolan avec Batman dans The Dark Knight).

Bendis coupe aussi Daredevil autant que faire se peut de la continuité Marvel et pour ainsi profiter d'une liberté d'action accrue (pas de parasitage dû à des cross-overs à répétition!!).

Les dessins d'Alex Maleev confèrent à l’ensemble une ambiance sombre et menaçante. Le bougre s'est fait la main sur Batman,héros urbain d'une ville pourrie, il était donc tout indiqué pour s'occuper du curieux cas de Matt Murdock. Si son trait est très figé au début, il gagne en fluidité et en vie au fil des différents épisodes. En imprimant sa marque sur Daredevil, il a définit un style graphique propre à la série qui est encore suivi par ses successeurs jusque maintenant.

La force de Bendis,outre son imagination pour mettre le héros dans la mouise , se sont les dialogues qu'il écrit. il donne une voix propre à chaque personnage, ce qui permet de les définir encore plus que ne le fait déja le scénario (rappelons qu'aux USA, le scénariste n'inclut les dialogues qu'une fois les dessins réalisés).




Profitant à fond du passé de la série et de ses protagonistes,Bendis tisse peu à peu sa toile (certains lui reprochent de faire du remplissage et d'étirer artificiellement ses intrigues). Une toile qui va voir Matt Murdock franchir certaines limites. Et lorsqu'on franchit certaines limites il faut s'attendre à prendre un coup de bâton en retour.
Bendis a bien compris que Murdock est un personnage assez impulsif de nature et l'impulsivité vous fait faire des conneries. Et plus il en fait,plus il risque d'être encore plus impulsif pour s'en sortir : un cercle vicieux que Bendis calme un peu en fin de parcours. Un parcours où il aura joué avec les nerfs des lecteurs et de Matt tout en explorant la notion relative d'identité secrète, des responsabilités qui vont avec (et ces responsabilités sont légèrement différentes selon l'éducation et le caractère que l'on a, la confrontation verbale entre Matt,Peter Parker et quelques autres est là pour le prouver) et les mesures à prendre quand elle révélée au grand jour ( Matt engage Jessica Jones comme garde du corps. Jones est une héroïne crée par Bendis dans sa série Alias et une scène de Daredevil est d'ailleurs reprises dans cette série avec des détails en plus,quand certains détails n'apparaissaient que dans Daredevil. Une scène croisée intéressante mais anecdotique si l'on ne suit qu'une des deux séries).

Jessica Jones la nouvelle venue dans l'univers Marvel désarçonnée face à Typhoïd Mary,ennemie intime du Diable rouge.

Bendis conclut son long parcours sur Daredevil en laissant le héros dans une merde noire dont il ne peut se sortir qu'en adoptant la tempérance et en laissant son caractère de cochon un peu en dehors de l'équation.

À Ed Brubaker et Michael Lark de continuer les mésaventures de Matt Murdock...quant au tandem Bendis-Maleev,il a remis le couvert plusieurs fois, que ce soit sur Spider-Woman (une série en 7 numéros seulement,faute de ventes suffisantes snif snif) ou sur Scarlet (pas encore dispo chez nous). Leur prochaine collaboration se fera sur Moon Knight, second "batman" marvelien après Daredevil. Et je ne résiste pas à l'envie de vous montrer un bout de ce comic que j'attends avec impatience !!!!






mardi 8 mars 2011

Daredevil : La Renaissance. ( 2/5 )

Dans les années 90,Daredevil n'a plus vraiment la cote.Il n'est que l'ombre du diable qu'il était: les ventes sont désastreuses et les scénarios encore plus. La piètre qualité ne fait qu'entraîner l'homme sans peur vers les abysses.

Seul un miracle pouvait sauver le Diable de Hell's Kitchen. Il y en a eu deux ! Marvel veut en effet à l'époque redonner un coup de fouet à sa production et redorer son blason de " Maison des idées". Marvel engage Joe Quesada et Jimmy Palmiotti et les place à la tête d'un nouveau label : "Marvel Knights". Ce label avait pour but de relancer divers héros (ou groupes de héros) maltraités au fil des ans par des équipes créatives peu inspirées. Dans le viseur des 2 compères se trouve Daredevil qu'ils veulent vraiment relancer en grandes pompes (les autres titres lancés au début du label avaient eux été imposés par Marvel si je me souviens bien) : ils recrutent Kevin Smith au scénario des 8 premiers numéros. Smith est un cinéaste mais aussi un grand fan de comics, il suffit de regarder son film " Les Glandeurs" (Mallrats en V.O) pour s'en convaincre. Quant aux dessins,c'est Quesada lui-même qui s'en chargerait.

Pour relancer la machine,Smith imagine une histoire permettant de passer en revue tout le beau monde gravitant autour de l'homme sans peur. Des personnages importants mais aussi une intrigue qui permet de reparler des croyances religieuses de Matt Murdock (il est catholique). Tendu de bout en bout (il verra de nombreuses blessures et quelques morts dont une particulièrement choquante),le récit trouve une conclusion aussi tragique que lumineuse et relance Daredevil vers le chemin des intrigues soignées.


Le second arc narratif sera scénarisé par David Mack. Mack est connu pour son comic " Kabuki" auquel il imprime un style visuel et artistique particulier. Ce style sera " copié" par Quesada ( sans aucun doute sur les directives scénaristiques de Mack) pour servir l'histoire. Une histoire classique de vengeance et de manipulation mais servie avec brio. Le Caïd décide de briser Murdock (encore !!) qui n'en demande pas tant,surtout après la tragédie qui l'a marqué dans les épisodes précédents. Le Caïd lui met dans les pattes Maya Lopez,une jeune fille sourde et muette, en espérant que ce handicap rende Murdock plus enclin à se lier à la jeune femme. Une femme dotée d'une habilité surprenante : elle peut reproduire à l'identique tous les gestes qu'elle a observé : se battre,jouer du piano,etc...elle peut potentiellement tout faire! Pendant que Matt se rapproche de Maya, Wilson Fisk convainc cette dernière que l'assassin de son père n'est autre que..Daredevil !


L'amour et la haine se déchaînent alors dans un maelström émotionnel intense. Cet arc voit le départ de Joe Quesada du titre. En effet ce dernier est devenu entre temps rédacteur en chef de toute la maison Marvel. Le titre vivotera quelques mois avant qu'une autre équipe ne s'empare du titre et le marque de façon indélébile. Mais ça c'est " suite au prochain épisode" comme le dit la formule consacrée !

Daredevil : Introduction (1/5)

S’il est communément admis que je suis fan de Batman,il n’en est pas moins vrai que je porte un attachement tout particulier à un héros tout aussi torturé (si pas plus) : Daredevil.

Daredevil c’est l’avocat aveugle Matthew « Matt » Murdock. Tout jeune il a sauvé un vieillard en lui évitant de se faire écraser par un camion transportant des déchets radioactifs. Malheureusement le conducteur arrivait trop vite et son embardée pour éviter le garçon s’est terminée en accident. Les fûts de déchets se sont renversés et Matt en a reçu sur le visage. Ses yeux sont morts en un rien de temps. Mais sous l’action des radiations, ses autres sens se sont surdéveloppés. Il vit dans un monde sombre mais un monde remplit de bruits et d’odeurs qu’il perçoit mieux que quiconque. Son ouille lui permet même de « voir » à la manière d’une chauve-souris (j’en vois déjà qui se disent qu’ils viennent de comprendre pourquoi je l’apprécie du coup ).

Matt a été élevé par son père Jack,un boxeur pro. Il lui a raconté toute sa vie que sa mère était morte mais Matt découvrira plus tard que c’est faux. Sa mère, Maggie, est rentrée dans les ordres alors qu’elle était enceinte et après avoir accouché elle confia l’enfant à un Jack mis devant le fait accompli. Jack a mis beaucoup de temps à se remettre du départ de Maggie et à accepter la présence de ce fardeau en couche-culotte. Il a élevé le petit à la dure sans pour autant ne pas l’aimer. Son éducation catholique rongeait sa conscience et la vie de Matt.Matt que les enfants du quartier surnommait « casse-cou » (Daredevil) pour se moquer de son respect envers les règles…respect tout relatif puisqu’il ne commettait ses mauvais coup que sous le couvert d’un masque. Après l’accident du jeune homme,le comportement de Jack commença à changer, en mieux. Pendant ce temps,Matt découvre l’étendue de ses talents et est pris en charge par un mystérieux sensei du nom de Stick mais le tempérament de Matt lui fait renoncer a terminer sa formation. Mais Matt s’en moque un peu,il vit enfin malgré son handicap et la fac de droit est presque à portée. Mais c’est toujours quand le ciel s’éclaircit que le destin vous rappelle qu’il n’en a pas fini de vous en faire baver. Refusant de perdre lors d’un combat truqué, Jack est assassiné en représailles. Mais les assassins ont commis une erreur, celle de croire qu’ils ne seraient pas punis. Si leur appartenance à la Mafia leur donnait une immunité face à la justice des hommes,elle ne leur garantissait rien face à la vengeance d’un jeune homme qui venait de perdre (du mois cette nuit-là) tout espoir…et un homme sans espoir est un homme sans peur.



Cette nuit-là Matt les traque un à un dans un tourbillon de violence et de rage incontrôlées qui finiront par la mort accidentelle d’une prostituée. Une mort provoquée par Matt. Celui-ci s’en voudra pendant des années. Mais toutes les naissances se font dans le sang et les cris. Celle du justicier Daredevil ne fera donc pas une exception. Loin de moi l’idée de raconter toutes ses aventures. Je me contenterai de viser sa résurrection éditoriale. En effet, vers la fin des années 90,Daredevil est en perte de vitesse,les ventes ne sont plus ce qu’elles étaient du temps de l'homme qui a fait d'un petit héros de seconde zone un mythe : Frank Miller.Miller revoit les origines de Matt en les rendant dramatiques et surtout il introduit de nouveaux personnages tragiques comme Elektra, la petite amie de Matt à l'université qui deviendra son ennemie quand il est Daredevil. C'est aussi Miller qui fait du Caïd du crime, Wilson Fisk,l'ennemi le plus dangereux et acharné de Murdock ou encore de Bullseye l'assassin qui ne rate jamais son coup comme Némésis récurrente. Presque tout ce qui fait Daredevil aujourd'hui est basé sur les travaux de Miller. Miller a redynamisé le titre,fournit une nouvelle mythologie à la série et bouleversé durablement la vie du héros. Du suicide de sa petite amie à la destruction de son cabinet d'avocat par Fisk en passant par la trahison de son ex-fiancée qui vend son identité en échangé d'un fix, Miller aura fait sombrer Matt Murdock. Qui s'est relevé de tout...ou presque. Il aura besoin d'un coup de pouce pour sortir du fond du top des ventes.

Deux hommes vont sauver le Diable des tréfonds du classement des ventes : Jimmy Palmiotti et Joe Quesada…mais ça ce sont les histoires du prochain épisode !

Coup de projecteur.


Une fois n'est pas coutume,l'article qui suit n'est pas de moi. Il s'agit du texte d'une pétition.



Suite à la parution de l'article http://www.lesoir.be/culture/livres/2011-03-03/marcel-ayme-et-george-orwell-a-la-poubelle-825731.php dans le journal Le Soir, nous, citoyens, écrivains, éditeurs, enseignants, politiciens et autres acteurs de la société civile voulons témoigner notre indignation face à cet acte barbare que constitue la destruction de milliers de livres.

En effet, si nous concevons qu'une institution comme l'Association des Ecrivains Belges de langue française ne puisse conserver tous les ouvrages dans ses locaux, nous ne pouvons cependant accepter que ces livres finissent leur existence à la poubelle sans avoir auparavant pris les mesures suivantes :

Contacter tous les membres de l'AEB afin de les informer de la situation et leur demander si ils ne souhaitent pas venir voir les livres destinés à la destruction.
Contacter les responsables de l'opération « Mort au pilon » afin de voir si une collaboration serait possible.
Contacter des associations citoyennes telles que « Des livres pour l'Afrique », la Bibliothèque de rue qui offre aux sans-abris à Bruxelles la possibilité d'avoir accès à la littérature, …
Contacter l'Ambassade d'Haïti pour donner ces ouvrages à un pays en reconstruction.
Contacter les écoles, les hôpitaux, les prisons qui essaient, sans moyens, de constituer une bibliothèque.
Organiser des journées portes ouvertes afin que le public puisse venir chercher les livres qui l'intéresse.

Nous nous indignons aussi des propos tenus par Monsieur Jean-Pierre Dopagne, président de l'AEB, lorsqu'il affirme, dans le même article, que certains auteurs comme Balzac ne font plus partie du cursus scolaire, ce qui est faux.

Nous déplorons qu'une association littéraire, ayant pour mission de défendre la littérature, emploie des moyens aussi barbares et prive, par manque manifeste de réflexion et de connaissance des réseaux associatifs, des citoyens d'un accès à certains ouvrages qu'ils ne sont pas en mesure de se payer.

C'est pourquoi nous demandons à Monsieur Jean-Pierre Dopagne et aux membres de son Conseil d'administration qui étaient au courant du sort qui serait réservé à ces livres de prendre leur responsabilité et de stopper instamment la destruction de livres tant que toute solution alternative n'aura pas été envisagée



Non à la destruction de livres par l'AEB


dimanche 6 mars 2011

The brightest star !

Jack Knight est de retour !

Difficile de chroniquer ce troisième tome de " Starman" sans tomber dans la redite de ce que j'ai déjà pu dire à son sujet précédemment.

Dans ce 3me tome de l'intégrale de la série scénarisée par James Robinson on retrouve aussi les 4 numéros de la mini-série consacrée à Ombre,le super-vilain le plus original jamais inventé. Dans un récit à la 1re personne ce dernier nous narre ses premiers " exploits " et sa lutte presque 2 fois centenaire contre une famille, les Ludlow, vouée à l'éradiquer de la surface du globe. Robinson approfondit la psychologie d'Ombre et le fait si bien qu'on en vient presque à regretter que la fin de la mini-série nous ramène à la série-mère. Chaque épisode est dessiné par un artiste différent,illustrant ainsi chaque nouvelle époque traversée par l'immortel Ombre !

La série-mère, parlons-en. Le seul défaut que j'ai vraiment trouvé dans ce volume concerne la caractérisation de Batman. En effet, Jack va devoir s'allier au chevalier noir lors d'une tentative de sauvetage. Batman y est décrit comme un sale enfoiré sans humour et uniquement obsédé par Gotham. Bref il y a fort à parier que Robinson n'aime pas Batman et il nous le fait savoir! Mais bon,si c'est le seul défaut de ce comic on va pas se plaindre non plus ! Un comic "mainstream" avec les qualités d'un titre " Vertigo " ça ne se refuse pas !

Reste que le prix est élevé (50€) mais l'écrin est magnifique et la traduction de qualité.

Voila,pas de redite mais un article assez court du coup.