Courant du mois de janvier, une amie me fait part de la citation de Georges Duhamel comparant le cinéma comme rien de moins qu'un "amusement d'ilotes, un passe-temps d'illettrés! ". Pris par le temps, les cours et de multiples œuvres à lire, à écouter ou à contempler (et parfois même à chroniquer), j'ai laissé le temps passer. Mais sans jamais oublier cette affirmation provenant d'un écrivain. Un être supposément instruit. Si chaque être humain sur cette planète a le droit d'avoir une opinion (à défaut que chaque être humain puisse l'exprimer librement), en tant que cinéphile mais aussi dévoreur de pages devant l'éternel (quel qu'il soit) je ne peux que me sentir visé et méprisé par un homme qui ne me connait même pas. Et malgré mon envie violente de laisser mes émotions parler (et on sait que lorsque je le fais, je ne suis pas des plus polis, cfr cet article) , je vais tenter de contre-argumenter cette déclaration de façon posée, réfléchie et logique.
Mais avant toute chose penchons sur le contexte de cette déclaration publiée dans " Scènes de la vie future". Il s'agit d'un ouvrage publié en 1930 et qui s'inspiredu voyage de Duhamel aux USA en 1929. Voulait-il parler des américains en particulier lors de cette sortie ? Et d'ainsi participer à cette grande cause qui consiste machinalement à considérer nos cousins d'outre-Atlantique comme de parfais imbéciles sans aucune culture ni éducation ? Hemingway était américain et a reçu un prix Nobel de littérature. Et il n'est qu'un exemple parmi tant d'autres . J'imagine qu'il lui est arrivé d'aller au cinéma de temps en temps. Si c'est le cas, Mr Duhamel considère donc le brave Ernest comme un ignare. J'avoue user d'un syllogisme assez frappant mais il n'est pas interdit au syllogisme d'être parfois d'une logique implacable!
Ensuite, prenons la peine, non, le temps (car s'instruire n'est pas une peine) d'ouvrir un dictionnaire (dans ce cas précis le Larousse 2006) pour clarifier (au cas où) la signification d'illettré et d'ilotes… je tiens juste à signaler avant même d'ouvrir ledit ouvrage que je sais déjà que si j'étais illettré je n'aurais aucune chance de lire les définitions.
ILLETRÉ : adj. et n.1Qui ne maitrise ni la lecture ni l'écriture. 2Qui n'est pas lettré, inculte.
ILOTE : n.m 1 Hilote: esclave d'état à Sparte. 2Homme réduit au dernier degré de misère, de servilité ou d'ignorance.
Tout ceci n'est certes guère reluisant mais force est de constater une logique dans ses propos : sans éducation de l'écriture et de la lecture il vous sera dur de percer dans le monde du travail et vous risquez donc en effet de vous retrouver dans la misère. Au moins son discours ne se contredit pas. On peut sans doute le décoder comme suit : "le cinéma est un plaisir de masse et il est de notoriété publique que la masse est un mouton de Panurge."
Maintenant que diverses bases sont posées, entrons dans le vif du sujet.
De tous temps, l'homme a tenté de représenter son environnement, ses pensées, ses rêves. Des chevaux de Lascaux aux visions futuristes de Spielberg…en passant par le dessin au départ, et lorsqu'il inventa le langage, l'homme trouva un autre support : les mots ! Pas une évolution ( du moins pas dans le sens artistique), un ajout (et quel ajout j'en conviens)! Avec les mots viennent les concepts, avec les concepts viennent des idées de plus en plus précises, de plus en spécifiques et explicables,les associations d'idées... Les mots sont devenus symboles sur une page, les dessins sont devenus peintures sur une toile, photos dans un cadre… images en mouvement sur une toile (quoique : illusion de l'image en mouvement soit plus juste).
figure 1 :l'homme peint ce qu'il voit.
figure 2 :l'homme peint ce qu'il imagine.
Le cinéma est pourtant un vivier artistique et littéraire. Un véritable agglutinement de différents arts préexistants et que faire coexister est un art à part entière! Cela va de la photo (le cinéma ce n'est que la projection de 24 images par seconde pendant près de deux heures, c'est la persistance rétinienne qui donne l'illusion du mouvement comme je le disais plus haut, un tour de magie optique, un tour de saltimbanque ? D'ailleurs le directeur photo sur un film donne sa texture à l'image comme un photographe préparant son cliché), au dessin (tant et tant de croquis pour les story-board, les décors, les costumes, les concepts, etc…), en passant par la musique ( l'art qui parle sans mot ni illustration visuelle, faisant vivre nos émotions jusque dans nos inconscients). Au niveau de l'art graphique l'on peut même rajouter l'infographie qui est un élément récurrent avec l'avancée des effets spéciaux. Et aussi la littérature. Je le faisais remarquer dans cet article, mais pour faire un film il faut un scénario.
story-board de Matrix.
story-board de Underworld.
story-board de L'attaque des clones.
l'infographie au service du rendu final du film.
Un morceau de musique, composé spécialement pour un film.
Un scénario cela s'écrit n'en déplaise au copain Georges ,or Neil Gaiman (romancier mais aussi scénariste télé,ciné et BD ) déclarait qu'il était infiniment plus aisé d'écrire un roman qu'un scénario. Paradoxal ? Pas vraiment: un bon auteur agencera sa description suffisamment intelligemment et avec de bien belles métaphores pour que l'imagination du lecteur fasse le reste et comble les manques de détails. Un scénario doit être plus spécifique pour que le rendu sur la planche ou sur l'écran corresponde parfaitement à la vision du scénariste. Voila déjà un point qui parle en la faveur de ceux qui font le cinéma. Et un scénario, n'est-ce pas une sorte de livret d'une pièce de théâtre ? Un art visuel également…et pourtant les adorateurs de Molière ou de Shakespeare n'ont pas droit aux insultes.
Et ce scénario, ce livret moderne, il faut le jouer : tenir et interpréter un rôle n'est pas donné à tout le monde, c'est tout un art et des plus respectés.Et il faut également le faire jouer. Le réalisateur se doit donc d'être metteur en scène,de diriger ("to direct") ses acteurs. Ce n'est pas pour rien que les anglophones parlent de " director" pour parler d'un réalisateur. Ce faisant, ne place-t-il pas ,même inconsciemment,la mise en scène plus haut que la virtuosité technique dans le maniement de la caméra ?
Et enfin,ce scénario peut aborder tous les sujets et tous les genres, comme le peut la littérature ! Et comme la littérature, les histoires racontées par le cinéma peuvent être enrichissantes et développer des idées,des concepts, faire se questionner le spectateur,...( Matrix et Inception ne posent-ils pas la question " où est la réalité ? ". Mieux que ça, pouvez-vous me prouver là maintenant que nous ne sommes pas dans la Matrice ?).
Steven Spielberg derrière sa machine à écrire.
deux pages d'un scénario.
un acteur (Heath Ledger) , interprétant un rôle.
Ceux qui s'amusent à aller au cinéma ne sont certes pas souvent conscients du travail effectué. Mais cela en fait-ils des illettrés pour autant ? Et ceux qui vont voir leurs films en V.O sous-titrées alors ? Ou des esclaves ? Des esclaves de qui au fait ? Voila un moyen d'expression qui transcende les classes. Que vous soyez riches ou pauvres, face à un film ne sommes-nous pas tous égaux : tous spectateur d'une réalité qui n'est pas la nôtre ? Que le film soit d'une bêtise abyssale ou d'un niveau de réflexion supérieur et nécessitant un engagement intellectuel de la part du spectateur ne semble rien changer pour Duhamel car il met tous les spectateurs au même niveau et donc tous les films au même niveau. Mais pourquoi ? Sans doute à cause de cette croyance absurde que les mots sont supérieurs à l'image! Pourtant un homme qui par son instruction et son travail acharné dans son apprentissage n'a-t-il pas dit un jour "Un dessin vaut mieux qu'un long discours ! " ? Cet homme s'était Napoléon Bonaparte. Et il n'est pas arrivé là où il était en étant inculte ! (bien que certaines rumeurs le disent en guerre contre l'orthographe).
Un dessin vaut mieux qu'un long discours...et pourtant "il écrivait des lettres bouleversantes à Joséphine devant Moscou qui brûlait" .
Bien sûr, le cinéma de par son accessibilité et sa surexposition a aujourd'hui une place centrale dans le monde artistique, et il serait faux de nier que c'est grâce à l'image en mouvement,le mouvement qui capte le regard de l'homme. Mais l'image en mouvement n'est - elle pas une extension métaphorique de la littérature au final ? Car une image en mouvement est changeante de nature, comme les pages d'un livre qui ne sont jamais identiques.Comme les mots qui courent sur des pages blanches et qui ,bien que fixes, s'effacent alors que nos yeux glissent vers leurs voisins de lettres et d'encre noir !
De plus, comme tous les arts, le cinéma a une histoire. Riche, très riche pour un moyen d'expression pourtant relativement récent comparé à ses grands frères. Et la retranscrire ici serait certes très intéressant mais également terriblement long. Sachez seulement que les frères Lumières ne sont pas la seule genèse de cet art et que c'est Georges Méliès qui réalisa le premier ce que cette nouvelle invention pouvait apporter à l'art visuel. Comme tous les arts il peut être décortiqué, analysé, débattu : on écrit des livres sur le cinéma et les réalisateurs : preuve en est que le cinéma peut donner naissance à des livres entiers et pas juste à une phrase toute simple dont les vers assassins n'empoissonnent qu'un peu plus l'âme de celui qui les a écrits! Et nourrissent la révolte de celui qui y répond !
Attention cependant,le livre "100 ans de cinéma" ne parle pas de cinéma, il s'agit d'une rétrospective sur le football italien !
En assénant cette phrase comme une vérité absolue, Duhamel tente de faire du cinéma un art bas de gamme. Mais les arts sont par essences poreux. Ils assimilent et laissent filer de la substance. Ce faisant ils imprègnent aussi bien nos esprits avides que leurs divers cousins artistiques. Ils se croisent, s'influencent, s'interconnectent et tentent désespérément de cartographier les aspirations, les craintes, les joies, les angoisses, les folies, etc…de l'être humain. Les arts sont donc sans fin et sans frontières. Et tenter d'en imposer un par rapport à l'autre, de les classer par valeurs est un acte d'une immense bêtise indigne d'un être supposément lettré et ouvert d'esprit! Bien entendu, sa déclaration vise plus le public que le cinéma lui-même, une porte de sortie sans aucun doute. Le but de tout art est de provoquer une ou des émotions. De faire vibrer le récepteur d'une quelconque manière. Et que ce qui est provoqué sont positif ou négatif, le but aura été atteint, faire ressentir des émotions. Toutes les formes d'arts en sont capables, toutes méritent donc une place égale (d'un point de vue humain par contre il est évident que chacun en fonction de ses ressentis et affinités effectue un classement des arts qu'il préfère aborder). L'art quel qu'il soit ne doit pas être réservé à une élite, ce n'est pas comme ça que l'on peut tirer les humains vers le haut. Si ce sont toujours les mêmes et leurs descendants qui s'élèvent alors il n'y a aucune amélioration de la condition humaine de possible.En traitant les amateurs de cinémas d'illettrés, Duhamel glorifie l'élite littéraire sans même comprendre qu'il la discrédite.
Si des illettrés et des pseudo-ilotes se rendent sans aucun doute au cinéma (et je ne parle pas forcément des hordes de sans-gênes qui envahissent de plus en plus nos salles…on peut avoir un cerveau et aucune manières correctes), ils ne constituent sans doute pas la majorité des spectateurs. Et même si c'était le cas, le déferlement constant sur l'écran de la somme de divers arts, et leur intérêts même bas pour ceux-ci une fois en dehors de la salle, n'est rien d'autre qu'une ouverture artistique dont les gens n'ont sans doute pas conscience mais qui les fait néanmoins rentrer dans un monde emplit de ce que l'homme fait de plus beau. Et qui ne les laisse pas indifférents.
De nos jours cependant, le discours envers le cinéma s'est fait bien moins violent de la part des écrivains. Parce qu'ils ont évolué pour la plupart directement dans un monde où il existait peut-être ? Pas forcément, car la BD aussi fait partie de leur monde et c'est elle qui est la cible le plus souvent des bien-pensants dont le regard sur les lecteurs decet art est le même que celui que Duhamel avait sur les spectateurs adeptes des salles obscures. Je ne suis pas un illettré, et j'aime à penser que je ne suis pas totalement inculte (mais face à l'ensemble des connaissances humaines je m'incline humblement devant certains)… et si je suis l'esclave de quelque chose, c'est de mon amour pour le cinéma, la lecture, le Louvre, les dessins de quelques époques que ce soit du moment qu'ils provoquent en moi un sentiment plaisant, la photo ( de celle que je prends à celle que j'admire ou qui m'interpelle), la musique et les chansons…et de tant d'autres choses qu'il me reste et me tarde de découvrir.
Pour conclure,rendons à César : le titre est une citation de Jean Cocteau : cinéaste...et écrivain!
nb : quelques uns de mes films de chevet : Rencontre du 3me type,1941,Les aventuriers de l'arche perdue, The Fountain, Matrix, Inception, The dark knight,Porco Rosso,Blade Runner, Alien,Aliens,Agora,Garden State,Les poupées Russes,L'Empire contre-attaque,Kill Bill, Pulp Fiction,Retour vers le futur,...
Vietnam, durant la guerre. De mystérieuses créatures connues sous le nom de chiroptères attaquent un village. Des soldats américains en embuscade sont vite repérés par les monstres et l'affrontement commence. Soudain une jeune fille armée d'un sabre surgit et décime tout ce qui bouge sur son passage, chiroptères comme humains sont la proie de la furie aux yeux rouges.
Okinawa, de nos jours. Georges est un sino-américain. Soldat engagé dans les US marines durant la guerre du Vietnam, il est retourné sur la terre de ses ancêtres après le conflit. Il tient un petit restaurant et il a adopté 3 enfants. La dernière arrivée dans la famille est une jeune fille. Elle s'appelle Saya mais elle ne se rappelle pas de sa vie avant son arrivée chez son "père". Saya est une jeune fille souriante, toujours affamée et qui doit subir des transfusions de sang régulièrement. Alors que la rumeur se répand qu'un serial killer particulièrement sanglant rôde dans la région, Saya va être confrontée à son passé. Un passé qu'elle ne soupçonnait pas et qui va la conduire elle et ses deux "frères" en face de l'horreur totale et les mener dans un tour du monde pour traquer l’origine du mal qui a chamboulé leur vie et tenter de percer les mystères du passé de la jeune fille...un passé plus lointain qu'il n'y parait au premier abord !
Vous l'aurez compris, Blood+ est la suite du film Blood The Last Vampire. La série va s'attarder à mettre en lumière ce qui était resté dans l'ombre concernant les origines de l'héroïne et révéler ce que sont vraiment les chiroptères ! Saya dans sa lutte est aidée par le Red Shield, la fameuse organisation qui travaillait avec elle dans les années 60 et par Hagi, un homme mystérieux dont la main droite est bandée en permanence. Très vite il apparait que Saya a une sœur jumelle : Diva…et que celle-ci est bien moins axée sur la préservation de l'espèce humaine que ne l'est Saya. Saya dont le sang semble mortel pour les chiroptères, c'est pourquoi son épée est munie au niveau de la garde d'un coupe pouce qui répand son liquide sanguin dans de fines cannelures gravées sur son katana!
La série dure 50 épisodes et est clairement divisée en divers arc narratifs, bien que ceux-ci soient tous reliés par l'intrigue principale. Les 3 premiers épisodes posent vraiment les bases et on pourrait croire que la série met donc du temps à décoller. Si cela est probablement vrai lors d'une diffusion d'un épisode par semaine, il en est tout autrement lors d'un visionnage en continu. L'animation est fluide mais n'égale jamais celle de son ainé malheureusement. Au niveau du scénario, il est suffisamment complexe sans être alambiqué et il construit au fur et à mesure une mythologie qui lui est propre et qui donne envie d'en savoir plus en mélangeant pêle-mêle : complot, manipulation génétique, action, romance et réflexion sur l'humanité. Les capacités des créatures néanmoins restent très axées séries animées, avec la surenchère qui va souvent avec et il ne faudra donc pas s'étonner de voir les chiroptères dotés de plus de capacités que dans le film (si le fait de se changer en humain était déjà présent, le contrôle de leur corps ne s'arrête pas là). Et au fur et à mesure que l'on avance, on se rendra compte que divers types de chiroptères existent, à commencer par les "chevaliers",ceux qui ont reçu directement le sang de Saya ou de Diva ( comme une création de vampire classique). Les autres quant à eux proviennent de diverses expérimentations produites depuis les années 60 dans le but de tester les application pharmaceutiques ou autres que peut avoir le sang de " vampire" ...mais jusqu'à présent les effets secondaires sont désastreux !
L'une des forces de l'intrigue ce sont ses protagonistes nombreux : il ya finalement peut de manichéisme (même chez Diva, mais encore faut-il voir le tout dernier épisode pour s'en rendre compte…et cette prise de conscience en est presque déchirante tant on avait finalement pas compris le personnage) et chacun a ses raisons d'avancer (l'amour inconditionnel, l'envie de connaitre la vérité, la vengeance, la recherche scientifique,…). La série n'hésite pas à sacrifier ses personnages quand on ne s'y attend pas mais rarement gratuitement. En outre, certains épisodes centrés sur des moments de détentes permettent de relâcher la tension et de faire vivre les héros en dehors de l'action et du suspens. Et elles sont salutaires,le combat shakespearien entre les deux jumelles étant parfois éprouvant...et tragique. Derrière la haine, se cache de l'amour et c'est au dernier moment que l'on s'en rendra compte. Le combat final n'en sera que plus dramatique et cruel.
La bande originale est signée par Mark Mancina ( Twister, Speed, Speed 2) et produite par Hans Zimmer . Zimmer était le premier choix des producteurs mais il avait à l'époque trop de projets sur le feu et a donc confié le score à un ancien membre de son studio.Mais à l'écoute il est fort probable qu'il ait mis la main à la pâte quand même!
Blood+ est parfois lent mais il compense par une caractérisation des personnages assez fine, une mythologie intéressante et une bande-originale agréable à l'oreille. Le tout provoquant des émotions diverses et variées. Une nouvelle série dont le design sera signé par CLAMP (un groupe de mangakas féminin dessinant dans un style shojo) est prévue dans un futur proche.
Tout commence dans une rame de métro dans le Japon d'après la seconde guerre mondiale,peu avant la guerre du Vietnam. Un homme prend peur en apercevant une jeune fille. Alors que celui se lève pour s'enfuir, la jeune fille en fait et autant et le pourchasse armée d'un katana. À la station suivante, l'homme (enfin ce qu'il en reste) est retrouvé dans une mare de sang. Les deux agentssemblant enquêter la dessus n'inquiètent aucunement la demoiselle , après tout, elle travaille avec eux. Elle s'appelle Saya, elle n'est pas humaine. Elle inspire à ses "collègues" autant de crainte que d'admiration. Très vite, David, qui semble être son supérieur la prend à partie et lui confie une nouvelle mission : sur une base américaine située au Japon, des jeunes filles ont disparu de l'école. David soupçonne que " les chiroptères" ne soient impliqués et charge Saya d'infiltrer l'école, de mener une enquête et d'éliminer les dits chiroptères le cas échéants.
Mais que sont donc ces drôles d'oiseaux ? À la base le mot chiroptères désigne les chauves-souris mais ici il sert surtout à désigner une sorte de monstre vampirique capable de prendre une forme humaine mais qui sous sa véritable apparence ressemble à une chauve-souris géante avide de sang. Dès lors que l'un deux a montré son vrai visage, le film plonge dans une haletante course poursuite entre proie et chasseurs, Saya et les chiroptères étant chacun un peu des deux.
Il n'y pas grand-chose à raconter sur Blood The Last Vampire. Le film ne durant que 48 minutes on peut comprendre que l'intérêt réside surtout dans l'animation fluide du métrage. Au final on apprend peu de chose sur Saya et encore moins sur les chiroptères. Reste que le rythme, l'animation et un agréable traitement dans le doublage (les américains parlent anglais, les japonais parlent leur langue) en font un agréable divertissement qui marque l'esprit. Cela aurait pu en rester là. Mais une série télé de 50 épisodes a vu le jour quelques années plus tard : Blood +.
Eli est un clochard.Au bout du rouleau, il se trouve au dessus d'un toit et est prêt à sauter. Belle est une pute, dont le mac se sert comme d'un punching-ball en ce moment. Seven est un tueur à gages sur le point d'être lui éliminé. Et Matthew est un jeune homosexuel passé à tabac. Ce petit monde n'aurait jamais dû se rencontrer de leur vivant. Mais voila, ils sont morts. Et chacun d'eux se retrouvent sur un bateau voguant sur le Styx. Direction : l'enfer. Car si Dieu est amour, il y a néanmoins des règles à respecter: pas de places pour les suicidés dépressifs,les assassins, les sodomites ou les filles de mauvaise vie qui pourraient pourrir l'ambiance et tacher les si jolis petits nuages blancs du Paradis.
Arrivés sur place, chacun se voit attribuer son enfer perso. Belle est collée dans une chambre miteuse et sert de " vide couilles" aux gardes de sécurité. Seven subit des tortures pour briser son esprit,Matt est interné pour être soigné et Eli vit comme une ombre,un oublié de la vie. Quand l'un d'eux décide de s'évader il va emmener malgré lui les 3 autres dans son expédition. Et en chemin ils vont trouver un allié des plus inattendus.
Évadés de l'enfer est un roman court, jubilatoire, hérétique,empli d'idées blasphématoires pouvant conduire à l'Index ( comme la vision que l'on peut avoir de Lucifer quand on prend les choses de son point de vue) ,diablement bien construit et écrit par Hal Ducan, l'auteur d'un immense dyptique (immense en nombre de pages) composé de Velum et Encre. Ne les ayant pas lus je ne peux dire si le style de l'auteur s'est plié au jeu de réduire son écriture pour livrer cet inédit Folio SF ou si il a juste eu envie d'écrire une œuvre bien plus courte et compacte. L'enfer prend ici la forme d'un New York décalé, comme si il surgissait d'un univers parallèle. Avec des règles tout droit sorties d'un épisode de la 4me dimension. Les évadés le remarqueront vite dans leur lutte pour vivre décemment…dans la mort.
Duncan lance des idées et des concepts à une vitesse folle et arrive à créer l'exploit de ne pas nous laisser sur notre faim en en lançant tellement sur si peu de pages (à peine 200) comme en nous expliquant en 3 lignes pourquoi les fleuves de l'Enfer sont ceux de l'enfer grec et que c'est pourtant le Dieu chrétien qui trône au firmament, tout en n'oubliant jamais de faire " vivre" ses personnages et de les caractériser. Une sorte de Neverwhere de Neil Gaiman à la sauce infernale. La fin est ouverte mais d'une manière plus poétique que commerciale…mais je ne serais pas contre de me laisser emmener dans d'autres sphères comme le purgatoire et le paradis. L'action débridée et sanglante, le suspense, la magie,l'horreur ,la connaissance biblique, les dialogues aux accents tarantinesques,l'humour, des anges, des démons,tout ça est envoyé dans votre tronche comme un melting-pot pourtant tellement cohérent. Duncan s'amuse même avec les procédés narratifs passant de l'un à l'autre sans se soucier des convenances. Cela ne fait que désarçonner le lecteur qui, si il est ouvert d'esprit et je pense qu'il l'est si il achète ce genre d'ouvrage, s'accrochera encore plus aux pages, époustouflé par la facilité avec laquelle Hal Duncan jongle avec tout son bazar.
Autant le dire d'entrée de jeu : je me méfie en général comme de la peste de la fantasy française! La fantasy est un genre que les anglo-saxons maitrisent à mon sens bien mieux. Mais de temps en temps surgit une exception brillante. J'avais déjà parlé de " Ayesha". Aujourd'hui je vais vous parler de "Druide"d'Oliver Peru ( en réalité Olivier Peru) aux éditions Eclipse. Mr Peru est surtout connu comme scénariste et illustrateur de bande-dessinées et il signe d'ailleurs la couverture de son roman. Il ne faut jamais juger un livre sur sa couverture…sauf dans ce cas précis (et si en plus votre exemplaire est dédicacé alors là vous risquez comme moi de ne plus vous sentir).
En 1123 après le Pacte, le monde est divisé : 2 royaumes se partagent le Nord, les tribus unies dirigent le sud et au centre se trouve la forêt , la Mère verte, royaume des druides que ne peuvent violer les hommes. Lorsqu'un massacre est perpétré dans une forteresse du royaume du Sonrygar, le druide Obrigan de l'ordre des loups est dépêché sur place avec ses deux apprentis pour élucider les meurtres. Mais ce qu'ils découvrent là-bas dépasse l'abomination. Cette boucherie ravive les tensions entre les royaumes du nord et Obrigan se voit octroyer 21 jours pour élucider le mystère, après quoi le roi Yllias du Sonrygar lancera ses troupes contre le Rahimir car il est convaincu que ses voisins sont responsables.
En commençant son roman comme un thriller ,Oliver Peru attrape le lecteur pour ne plus le lâcher ensuite. On tourne les pages sans savoir s'arrêter à temps (ce faisant vous risquez de ne pas entendre votre réveil après une nuit de lecture intense…oui ça sent le vécu !). L'aspect original ensuite place le lecteur en mode " je veux en savoir plus". En général les sages en fantasy sont des mages ou des magiciens. Utiliser les druides est bien plus rare (de mémoire je ne me souviens avoir vu des druides que dans le cycle Rigante de David Gemmell). Pourquoi ont-ils le droit de régner sur la forêts ? Quels sont leurs dons, etc… si très vite le lecteur risque de faire une parenté facile avec les Jedi de la saga de Lucas c'est pour mieux se rendre compte que ce n'est que parce que les deux partagent certains archétypes communs, rien de plus.
En cours de route cependant, le roman semble changer d'orientation. Ce qui avait commencé comme une sorte de polar se transforme en fantasy plus classique. Mais classique ne veut pas dire ennuyeuse et le style de l'auteur fait mouche aussi bien dans les descriptions des lieux que des situations parfois fort violentes (on est dans de la fantasy,des batailles on en aura) mais toujours avec une certaine poésie. Peru écrit aussi bien qu'il ne dessine (si ce n'est mieux) et les phrases se lisent avec fluidité et avidité. Bien entendu, on pourra se dire que finalement ce n'est encore qu'une sempiternelle lutte entre le bien et le mal…mais le manichéisme est tout relatif tant les personnages sont complexes et en proie à certains conflit internes. Cependant une attention toute particulière est portée sur les liens fraternels. Les druides ( du moins ceux de l'ordre des loups) sont souvent élevés par deux. Obrigan a deux disciples : Tobias et Kesher et ces derniers se considèrent comme des frères. Avec tout ce que ça implique comme la jalousie quand une fille accorde son attention à l'un et pas à l'autre. Mais aussi la peur de se séparer. Obrigan quant à lui (et on l'apprend très vite) a perdu son frère de sève il y a de nombreuses années et si il y survit, ce souvenir est encore vivace en lui. Ces liens fraternels (et cette rupture de lien) sont rendus avec plus de justesse que tout le reste (qui est déjà d'un niveau admirable,dois-je le rappeler ?) sans doute parce que Oliver Peru avait lui-même un frère, feu Stéphane Peru disparu trop jeune , avec qui il avait travaillé sur divers projets artistiques (et que les fans de bande-dessinées et de comics connaissaient, si ce n'est bien, au moins de nom).
Druide n'est pas exempt de défauts (certains personnages méritaient d'être plus approfondis, mais quel pavé cela aurait-il été à lire ?) mais ceux-ci sont minimes. Je ne sais pas si une suite est prévue, mais ce monde mérite d'être exploré plus avant, surtout que seuls le Nord et la Forêt sont passés en revues…que cachent les terres du sud ?? En tous cas n'attendez pas un hypothétique tome 2 et lancez vous dans l'aventure " Druide", vous n'en sortirez pas déçu.
Après avoir été hué après la projection de son film "The Fountain" à la Mostra de Venise, Darren Aronofsky est pourtant devenu soudain le réalisateur adulé du moment quand est sorti " The wrestler". Son nouveau film, " Black Swan " croule sous les critiques élogieuses et son interprète principale,Natalie Portman a remporté un oscar pour son rôle ! Voila ce qui s'appelle faire la nique aux critiques professionnels qui n'avaient rien mais alors rien compris au magnifique et profondément bouleversant "The Fountain" !
Nina est danseuse. Appliqué au point de frôler la perfection, elle en oublie de vivre. Mais d'un tempérament fragile et effacé elle ne s'en rend pas compte. Quelques semaines avant le début de la saison, le chorégraphe Thomas Leroy décide de commencer celle-ci avec l'ultra rabâché "Lac des Cygnes " mais en revoyant la chorégraphie classique et en changeant donc d'interprète principale! À partir de là ,Nina n'a plus qu'un objectif: devenir la reine des cygnes. La descente aux enfers peut commencer.
En se concentrant énormément sur Nina et ce que son entourage lui fait subir, Aronofsky crée peu à peu une atmosphère pesante, sombre, limite glauque. Le film est construit pour aller en crescendo et les effets chocs ne manquant pas, ceux qui n'arrivent que vers la fin du film sont particulièrement éprouvants. Les nerfs et les émotions du spectateur seront donc mis à rudes épreuves, l'horreur étant très psychologique elle n'en est que plus puissante! Entre une mère castratrice mais énormément aimante, un patron qui est un vrai connard mais capable d'attention sincère, Nina ne navigue pas en terrain facile. Ajoutez à cela les privations et les dégâts physiques ( les os craquent,les ongles explosent,les séances de kiné font mal) que peuvent provoquer la dévotion totale à cet art qu'est la danse et on obtient un portrait peu reluisant de la vie de la jeune fille. L'arrivée d'une petite prodige un peu délurée,Lilly jouée par Mila Kunis, dans la troupe commence à plonger Nina dans la paranoïa,le délire hallucinatoire auto-destructeur et une lente progression vers le délire de persécution,rien que ça !
Natalie Portman mérite son Oscar. Rarement un personnage aura à ce point su exister et nous transmettre ses sentiments. On souffre avec elle,on aime avec elle on se révolte avec elle. Car c'est de ça qu'il s'agit ici : la révolte. De comment le cygne blanc qu'elle a été toute sa vie commence à découvrir à travers la folie le cygne noir qui sommeille en elle. Face à un Vincent Cassell, salopard génial et pourtant tellement humain, qui tente de la forcer à trouver ce cygne noir, Portman est magnifique. Elle aussi s'est dédié à son art en maigrissant et en se formant à la danse en un temps assez court. Un jeu de miroir pas anodin puisque le reflet que l'on a des choses et de soi-même (au niveau conscient et inconscient) se trouve être au cœur du film.
Tout comme le réalisateur adopte un profil bas en ne cherchant pas à en mettre plein la vue (sauf quand il le faut), le compositeur habituel de Aronofsky, Clint Mansell, a adapté son travail à la musique du "Lac des cygnes",fusionnant cet oeuvre et son travail à un niveau presque sub-atomique qui force le respect ! Une dévotion totale qui tend vers un seul objectif : fournir un film parfait. La perfection n'est pas de ce monde mais ceux qui tentent de vraiment l'atteindre non pour la gloire mais pour le geste valent la peine d'être respectés.
En brouillant les pistes du réel et de l'imaginaire issu de la folie de Nina, le réalisateur nous fait douter jusqu'au bout de l'issue du film qui apparait pourtant tellement logique. Surtout quand on sait que "The Wrestler "et "Black Swan" était au départ un seul et même projet. Dans "The Wrestler",le personnage de Mickey Rourke devait initialement tomber amoureux d'une ballerine. Et tandis que lui assiste à sa "résurrection ", la ballerine entame sa chute. Black Swan est le miroir de "The Wrestler" : un vieux moche bousillé par la vie se relève, une jeune et jolie jeune femme qui a la vie devant elle entame son inexorable déclin. Et il y a tant de niveaux de lecture au point de vue de l'histoire tout comme au point de vue cinématographique que je ne peux me lancer dans une analyse longue et complète sans trop en révéler sur ce film. Si vous aimez être bousculés, si vous aimez que le conformisme du cinéma américain s'efface de temps à autres pour vous étonner,si vous voulez être pris aux tripes ( et être mis mal à l'aise,mis à mal même parfois), alors foncez voir Black Swan. Un vrai plaisir que les cinéphiles vont aimer décortiquer et un putain de bon film ( que dis-je ? un chef-d'œuvre !!)pour les autres !
Je parle trop rarement de musique à mon goût dans ces pages virtuelles. Sans doute parce qu'il est moins aisé de mettre des mots sur des notes (ah,on me dit dans l'oreillette que les paroliers font ça sans arrêt..).
Alors que leur nouvel album ne sortira qu'officiellement le 28 mars, il m'a été donné l'occasion d'écouter en avance le nouvel opus du groupe néerlandais " Within Temptation ". Il s'agit d'un groupe de '' métal symphonique ". J'avoue que la multitude des termes censés définir un style musical de nos jours me laisse pantois…et perdu. Pour ceux qui ne connaitraient pas on peut comparer le groupe à "Evanescence"… mais en mieux: chanteuse plus jolie ( ^^ ) dont la voix est moins aigüe et qui permet donc d'écouter l'album en entier d'une seule traite sans se faire exploser les tympans et une musique plusprenante, plus dynamique et moins aggressive…et qui ne donne pas envie de se tirer une balle. Niveau musical on est à mi-chemin entre la musique de films à grand spectacle et la chanson, c'est ce qui fait qu'on adhère directement ou pas au groupe. Les paroles sont souvent empreintes de références directes ou parfois obscures à la religion, aux sentiments de révolte ,de regret, d'amour difficile…aussi sombres que lumineux, les morceaux d'un album ne s'orientent donc pas dans une seule direction.
Pour leur dernier album, "The Unforgiving" (dont la pochette a été dessinée par Romano Molenaar, dessinateur ayant officié chez les comics de l'éditeur Top Cow),le groupe s'est un peu remis en question musicalement. Je pense qu'on peut parler d'une approche plus hard rock tout en gardantbien entendu des passages symphoniques marqués, mais moins grandiloquents du fait de l'absence d'un gros orchestre en soutient. Les paroles sont plus orientées récit qu'auparavant. Un changement bienvenu qui prouve que le groupe ne se repose pas sur ses lauriers et ses acquis et cherche à proposer autre chose à ses auditeurs tout en restant fidèle à eux-mêmes. Allez,j'ose le dire : c'est leur meilleur album !